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Pascal Prache, procureur du Parquet national financier (PNF), était l’invité du Face-à-Face de ce mardi 26 mai sur BFMTV et RMC.
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00:00Vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Pascal Prache.
00:04Merci de répondre à mes questions ce matin. Votre parole est rare.
00:07Vous êtes le procureur du parquet national financier.
00:10De très nombreuses questions à vous poser.
00:12Je voudrais simplement remonter le fil de ces quelques derniers jours et des prochains.
00:16Mardi dernier, 19 mai, on apprenait qu'un juge d'instruction allait enquêter sur Edouard Philippe
00:21pour des retournements de fonds publics.
00:23Mercredi, le 20 mai, ouverture d'une information judiciaire à l'encontre de Dominique de Villepin.
00:27Là encore, pour des tournements de fonds publics.
00:29Jeudi, le 21, le palais de l'Elysée a été perquisitionné dans le cadre d'une enquête pour favoritisme.
00:35Parallèlement, il y a Nicolas Sarkozy qui est en ce moment même jugé en appel de sa condamnation
00:38sur les soupçons de financement libyens.
00:40Marine Le Pen qui saura le 7 juillet si elle peut se présenter à l'élection présidentielle.
00:44Tout ça, d'une manière ou d'une autre, c'est le parquet national financier.
00:48Au fond, c'est vous qui faites ou qui défaites la politique ?
00:51Surtout pas, madame de Malherbe. Surtout pas.
00:53Parce qu'en fait, le rôle du parquet national financier, d'abord, c'est avant tout de faire respecter la
00:58loi,
00:58d'appliquer la loi.
01:00Vous savez, le parquet national financier est composé de magistrats du parquet,
01:04donc notamment pas de jeux d'instruction.
01:05Les jeux d'instruction n'appartiennent pas au parquet national financier.
01:08Et ces magistrats du parquet sont là pour appliquer la loi
01:10qui est votée par les députés, les sénateurs, et qui représente la souveraineté nationale.
01:14Et le parquet national financier, dans cette dimension-là, se borne à exécuter la loi.
01:18D'ailleurs, nous avons prêté serment, nous, magistrats, d'appliquer la loi,
01:21et c'est ce que nous faisons.
01:22Vous comprenez évidemment, ma question est provoquante,
01:24mais au fond, on se dit qu'il n'y a quasiment pas un candidat à l'élection présidentielle
01:28qui vous échappe, enfin, dans les principaux, et cette fois-ci comme les précédentes.
01:32Qu'est-ce que ça invite chez vous comme réflexion ?
01:35Que nos politiques sont tous pourris, ou alors au contraire,
01:39que précisément, on est dans une démocratie où on peut tous juger,
01:43et évidemment avec la question du calendrier électoral ?
01:45Alors, surtout pas. On ne peut absolument pas dire, effectivement,
01:47qu'il y a un positionnement des hommes politiques ou des femmes politiques
01:52qui nous conduirent à considérer qu'ils sont ainsi tous susceptibles d'être inquiétés.
01:55Ce n'est pas vrai.
01:56Et je crois, au contraire, que le rôle du parquet national financier,
01:59précisément en faisant respecter la loi,
02:01est de s'assurer de procéder à un certain nombre de vérifications
02:04qui nous permettent, dans un certain nombre de cas,
02:06d'identifier que telle ou telle procédure ne tient pas,
02:09ou que telle ou telle procédure est susceptible de donner lieu à des poursuites.
02:12Et d'ailleurs, je voudrais aussi préciser un point,
02:13parce que vous l'évoquiez en préambule,
02:16le parquet national financier ne traite pas de toutes les affaires
02:19que l'on appelle affaires politico-financières.
02:21Par exemple, quelques-unes des affaires que vous avez citées
02:24ne relèvent pas du parquet national financier, mais du parquet de Paris.
02:26Et par ailleurs, nous savons aussi que nous sommes confrontés
02:29en période préélectorale, et nous l'avons en tête,
02:32de même que vous, sans doute, je pense, dans la sphère médiatique,
02:34nous sommes aussi confrontés en période préélectorale,
02:37potentiellement, à des tentatives d'instrumentalisation de l'autorité judiciaire.
02:41Et il est impératif que nous soyons-nous très attentifs
02:43lorsque des faits sont portés à notre connaissance par des plaintes,
02:46par des signalements, ou par le travail journalistique que vous menez.
02:49Nous sommes amenés donc à faire un certain nombre de vérifications
02:52avant d'ouvrir des enquêtes,
02:53et ce n'est pas parce que nous ouvrons une enquête
02:55que, mécaniquement, il y aura derrière une poursuite.
02:58L'objectif, c'est de procéder encore une fois à des vérifications.
03:01Et si, à la sortie, nous considérons qu'il y a matière à classement 108,
03:04eh bien, nous procéderons à un classement sans suite,
03:06ou alors à une poursuite, si nous considérons qu'il n'y a pas de fonction.
03:07Mais vous comprenez bien évidemment,
03:09et on va prendre le temps de regarder dans le détail,
03:11un par un, chacun des cas que je viens d'évoquer,
03:14pour comprendre aussi ce qui peut être reproché,
03:17et quelles sont les peines encourues.
03:19Mais évidemment, vous parlez du calendrier.
03:22Le calendrier, on est à un an de l'élection présidentielle.
03:25Quel est l'impact pour vous ?
03:26C'est-à-dire, au fond, soit vous ouvrez une enquête,
03:29et évidemment, même si, comme vous le dites,
03:30une enquête ne veut pas forcément dire qu'à la fin, il y aura condamnation,
03:34ça jette la suspicion dans un moment politique.
03:37Soit vous ne le faites pas en vous disant,
03:39bon, ben, c'est pas le moment,
03:39parce qu'il va y avoir les élections présidentielles,
03:41et dans ce cas, vous pourriez ensuite vous voir reprocher
03:45de ne pas avoir enquêté sur ceux qui pourraient être élus.
03:49Je crois que c'est exactement la problématique
03:50à laquelle nous sommes confrontés.
03:51En premier lieu, je ne pense pas que ce soit l'ouverture d'une enquête
03:54qui jette la suspicion.
03:55Un peu quand même.
03:55Non, parce qu'une enquête, elle est déclenchée sur la base d'une plainte,
03:59sur la base d'un signalement,
04:00ou encore une fois, sur la base d'investigations journalistiques.
04:02On l'a fait encore récemment, en début d'année, par exemple,
04:05sur l'Epstein Files.
04:06Donc, c'est un sujet sur lequel, évidemment,
04:08nous sommes années à nous positionner,
04:10mais dans une perspective, encore une fois, de vérification.
04:13Le deuxième point, c'est que, bien sûr, il faut que la loi avance,
04:16parce que, encore une fois, nous avons prêté serment,
04:18et nous sommes là pour appliquer la loi,
04:19mais nous sommes aussi dans un système
04:21où nous sommes particulièrement attentifs au débat électoral,
04:24parce que nous sommes des citoyens,
04:26et nous ne pouvons pas l'ignorer.
04:27Et donc, l'objectif, lorsque nous déclenchons des investigations,
04:31encore une fois, aux fins de vérification, notamment,
04:33eh bien, c'est de pouvoir aller suffisamment vite
04:35pour que les décisions d'orientation
04:37soient prises le plus loin possible de l'échéance électorale.
04:40Ce parquet national financier que vous dirigez désormais,
04:43donc, vous êtes le procureur,
04:45il a été très largement critiqué par un certain nombre de politiques.
04:48Nicolas Sarkozy avait parlé d'une justice politique rendue avec haine.
04:52Ça, c'était plus largement.
04:53Marine Le Pen avait dit du parquet national financier
04:55qu'il allait, je cite,
04:56« à l'encontre de notre État de droit ».
04:58À propos de l'élection de 2017,
05:01elle disait, c'est un parquet politisé
05:03dont les magistrats sont choisis, je le crois,
05:05en partie sur des critères politiques,
05:07qui sont toujours les mêmes.
05:09Voilà ce qu'elle disait du parquet national financier.
05:12Et à propos de la campagne de 2017,
05:13elle disait, pendant l'élection présidentielle,
05:15comme par hasard,
05:15ce sont précisément les deux candidats
05:17qui pouvaient accéder au second tour
05:18qui ont vu se déclencher contre les foudres
05:21du parquet national financier.
05:22Elle parlait de François Fillon et d'elle-même.
05:25Je crois qu'il faut rappeler, à nouveau,
05:27une fois de plus,
05:28que le parquet national financier
05:29travaille sur la base des éléments
05:31qui sont portés à sa connaissance,
05:32qu'il est composé de magistrats
05:33qui ont prêté serment,
05:34qui sont là pour appliquer la loi
05:36avec impartialité,
05:37parce que c'est un sujet absolument essentiel
05:39et consubstantiel à l'action des magistrats.
05:41C'est une règle déontologique majeure
05:43que nous portons quotidiennement.
05:45Et le deuxième point,
05:46et j'insiste encore là-dessus,
05:47c'est qu'il faut se souvenir
05:48dans quelles conditions
05:49le parquet national financier
05:51a été créé en 2013.
05:52Et c'était notamment
05:53à la suite de l'affaire Jérôme Cahuzac.
05:55Et je crois que nos concitoyens
05:56sont aussi très attentifs
05:57à ce que le principe d'égalité
05:59des citoyens devant la loi
06:00soit préservé et soit protégé.
06:02Et le parquet national financier
06:04est là également,
06:05toujours dans un principe
06:06de contradictoire,
06:07dans un principe de travail
06:09à charge et à décharge
06:10pour mener les investigations
06:11qui permettent aussi
06:12de démontrer à nos concitoyens
06:14que précisément,
06:15ce principe est préservé.
06:16Et je crois que plus généralement,
06:18le parquet national financier,
06:19en travaillant ainsi,
06:20de cette manière-là,
06:22encore une fois,
06:22avec impartialité,
06:23à charge et à décharge,
06:25concourt à la solidité
06:26du pacte républicain.
06:27Pascal Prache,
06:28je le rappelle,
06:29vous êtes le procureur
06:29du parquet national financier.
06:31Les deux dernières affaires,
06:33ça remonte à la semaine dernière,
06:35Edouard Philippe
06:35ou Dominique de Villepin.
06:36Edouard Philippe
06:37va donc faire l'objet
06:38d'une enquête
06:38menée par un juge d'instruction
06:40pour harcèlement moral,
06:42favoritisme,
06:42détournement de fonds publics,
06:43prise illégale d'intérêt
06:44et conclusion.
06:46C'est donc la conclusion
06:47que vous avez actée
06:50à l'issue de cette enquête
06:51qui a donc conduit
06:53à la nomination
06:55de ce juge d'instruction.
06:56De quoi s'agit-il ?
06:57Je crois qu'il faut d'abord
06:59repréciser des choses.
07:01Concernant la situation
07:02notamment d'Edouard Philippe
07:03puisqu'il n'est pas
07:03la seule personne visée
07:04par cette plainte
07:05qui a été déposée
07:06fin 2023,
07:08une enquête préliminaire
07:09a été diligentée
07:10par le parquet national financier
07:11et en 2025,
07:12alors que nous nous orientions
07:13vers la clôture
07:14de cette enquête préliminaire
07:15et vers une prise de décision,
07:17est-ce que nous allions poursuivre
07:18ou pas
07:18et qui est-ce que nous allions poursuivre,
07:20une plainte avec constitution
07:21de parti civil
07:22a été déposée par la victime
07:23et à partir de ce moment-là
07:24par le plaignant
07:25et à partir de ce moment-là
07:26l'ouverture d'informations judiciaires
07:28est automatique.
07:29Et donc c'est dans ces conditions-là
07:30qu'un magistrat instructeur
07:32a été désigné dans ce dossier.
07:33C'est désormais lui
07:34qui va diriger l'enquête.
07:36Quand vous dites automatique,
07:37ça veut dire que
07:38en quelque sorte
07:39vous voulez prévenir
07:41toute critique
07:41qui pourrait être faite
07:42d'une forme d'acharnement.
07:44Acharnement,
07:44c'est un mot
07:45qui revient régulièrement
07:46notamment dans la bouche
07:47des avocats
07:48de Nicolas Sarkozy
07:49à propos de la justice
07:50qui feraient preuve
07:51d'un acharnement.
07:52Là, vous dites
07:52que c'est automatique,
07:53c'est la procédure.
07:53C'est la procédure.
07:54C'est-à-dire que
07:55nous n'avons même pas eu le choix
07:56de savoir si nous allions ouvrir
07:57une information judiciaire ou pas.
07:58C'est la loi.
07:59Et donc la loi s'est appliquée
08:00en l'espèce
08:01comme d'habitude.
08:02Quel sera le calendrier
08:03de cette enquête-là ?
08:04C'est une question
08:05qu'il faudrait poser
08:05aux magistrats instructeurs
08:06ou aux jeux d'instructions
08:07qui ont été saisis.
08:08Mais je crois
08:08en tout et là de cause.
08:09Nous serons, nous,
08:11très attentifs
08:11à notre niveau
08:12et en fonction
08:13des responsabilités
08:14que nous avons
08:14à ce que les investigations
08:16aillent aussi vite que possible.
08:18Maintenant,
08:18il ne faut pas perdre de vue
08:19que sur un certain nombre
08:20de dossiers
08:20et notamment les dossiers
08:21en matière économique
08:22et financière,
08:23ce sont des dossiers
08:24qui revêtent une certaine complexité
08:25et donc qui nécessitent du temps.
08:27Quand vous dites
08:27le plus vite possible,
08:29j'imagine que vous avez
08:29évidemment en tête
08:30le fait que dans un an
08:31c'est l'élection présidentielle,
08:32qu'Edouard Philippe
08:32est candidat à l'élection présidentielle,
08:34qu'il est en campagne
08:36et que donc
08:36quand vous dites
08:36le plus vite possible,
08:37est-ce qu'il est envisageable
08:39qu'il soit jugé avant ?
08:40Je crois que nous n'en sommes
08:41absolument pas là.
08:42D'ailleurs, peut-être
08:43qu'il ne sera pas mis en examen.
08:44Nous n'avons aucun élément
08:46en leçon.
08:47C'est encore une fois
08:48le magistrat instructeur,
08:49le juin d'instruction
08:49qui est en charge du dossier
08:50qui décidera
08:51quelle orientation
08:52il souhaite donner à son enquête.
08:53Et quel que soit le calendrier,
08:54c'est-à-dire qu'on peut se retrouver
08:55dans un mois,
08:57dans deux mois,
08:57dans six mois,
08:58voire même un mois
08:58avant l'élection présidentielle
08:59avec un Edouard Philippe
09:00qui potentiellement,
09:01bam, tout d'un coup
09:01est mis en examen ?
09:02C'est au juin d'instruction
09:03de décider la manière
09:04encore une fois
09:05dont il souhaite diriger son enquête.
09:06J'insiste sur ce point.
09:07Ce n'est pas que je ne souhaite pas
09:14juridiquement,
09:15il a son propre temps
09:16qui est le temps de la justice,
09:17qui est le temps de l'enquête.
09:19Mais est-ce qu'il va se dire,
09:20est-ce qu'une sorte
09:21de règle morale tacite
09:24existe ou non ?
09:25Peut-être allez-vous me dire
09:26que c'est totalement inapproprié
09:27qu'il se dise,
09:28je ne sais pas moi,
09:29que six mois avant
09:31l'élection présidentielle,
09:33il y a une sorte de
09:34on gèle tout
09:35et on se dit
09:35qu'on ne met personne
09:36en examen
09:36qu'il soit candidat.
09:37Ou est-ce que ça,
09:38c'est totalement farfelu comme idée ?
09:39Non, je ne peux absolument
09:40pas vous en dire plus.
09:41Vraiment, j'insiste sur ce point.
09:42Mais il n'y a pas,
09:43en tout cas vous ne vous retiendrez pas,
09:45ni vous ni le magistrat instructeur,
09:46il n'y aura pas de retenue
09:48à l'idée
09:48de mettre en examen
09:50potentiellement
09:51un ou une candidat
09:52à l'élection présidentielle.
09:53Je crois que le sujet,
09:54ça sera encore une fois
09:55celui de l'application de la loi
09:56mais en essayant aussi,
09:57comme j'évoquais à l'instant,
09:58de faire en sorte
09:59que les investigations
10:00aillent suffisamment vite
10:01pour ne pas percuter directement
10:03le calendrier électoral
10:04autant que possible.
10:05Est-ce que vous pouvez nous dire
10:05tout de même un mot
10:06de ces investigations ?
10:07Quel est le chef possible
10:10d'inculpation ?
10:11Je ne peux absolument rien
10:12vous dire là-dessus
10:12parce que pour qu'il y ait
10:13une mise en examen,
10:14il faut que sur,
10:15vous savez,
10:15vous avez listé d'ailleurs
10:16des infractions
10:17qui apparaissent dans ce dossier
10:18et qui concernent encore
10:19une fois potentiellement
10:20plusieurs personnes,
10:21il faut vérifier point par point...
10:23Une ancienne adjointe,
10:24au moins,
10:25d'Edouard Philippe ?
10:26Absolument.
10:27Il faut vérifier point par point
10:29si les infractions tiennent
10:30sur chacune d'entre elles
10:31et donc il est beaucoup trop tôt
10:32pour déterminer
10:33si ce sera le cas.
10:33Une ancienne adjointe
10:34à qui on reproche précisément
10:35d'avoir eu en quelque sorte
10:36une double casquette,
10:37c'est à peu près ça l'idée
10:38si j'essaye de résumer
10:39je crois pour ceux
10:40qui nous écoutent,
10:41c'est-à-dire à la fois
10:42effectivement adjointe
10:43et en charge de la dépense
10:47du budget
10:47qui avait été alloué
10:48à une structure.
10:49C'est essentiellement fondé
10:51sur l'attribution
10:52de subventions effectivement
10:53avec des possibilités
10:55de mise en cause
10:55au regard des règles
10:56de la commande publique
10:56mais encore une fois
10:57c'est l'information judiciaire
10:58qui doit nous permettre
10:59d'y voir plus clair
11:00et j'insiste sur ce point.
11:01Je crois que le principe
11:02d'une part d'efficacité
11:04de l'action judiciaire
11:05et d'application de la loi
11:06doit s'appliquer
11:07et on sait par ailleurs
11:08quel principe de présomption
11:09d'innocence
11:10et c'est aussi
11:11au magistrat du parquet
11:11que je suis
11:12qui est également
11:12garant des libertés individuelles
11:14de le rappeler.
11:15Ça m'en touche une
11:16sans faire bouger l'autre.
11:16Voilà la réponse d'Edouard Philippe.
11:19Très bien,
11:20je n'ai pas de commentaire
11:21à faire là-dessus
11:21et je pense que
11:22l'objectif en tout état de cause
11:24quel que soit
11:24le positionnement
11:25des uns et des autres
11:26c'est que la justice
11:27avance avec sérénité
11:29encore une fois
11:30dans la perspective
11:30de l'application de la loi.
11:31Je précise qu'Edouard Philippe
11:32citait Jacques Chirac
11:34Dominique de Villepin
11:35lui aussi
11:36est donc l'objet
11:36désormais d'une enquête
11:38du parquet national financier
11:40notamment au vu
11:41de deux statuts
11:43de Napoléon
11:44qu'il aurait reçu
11:45alors qu'il était
11:45ministre des affaires étrangères
11:47l'une d'une valeur
11:48de 50 000 euros
11:49l'autre de 75 000 euros
11:51et qu'il n'a fini par rendre
11:52que récemment
11:53alors que ces statuts
11:54ont été décriés
11:55par la presse.
11:56Nous sommes dans un cas de figure
11:57qui est différent
11:58procéduralement
11:59du cas de figure
11:59que nous évoquions à l'instant
12:00puisque là
12:01c'est à la suite
12:02notamment d'articles de presse
12:03d'investigations journalistiques
12:04que nous avons choisi
12:06d'ouvrir une enquête
12:07une enquête cette fois-ci
12:08qui est une enquête préliminaire
12:09donc qui est bien dirigée
12:09par le parquet national financier
12:10qui n'est pas à confiner
12:11un jeu d'instruction
12:12et cette enquête préliminaire
12:13a vocation
12:14comme je l'évoquais tout à l'heure
12:15à procéder à un certain nombre
12:16de vérifications
12:16les faits sont-ils constitués
12:19représentent-ils une infraction
12:20sont-ils prescrits
12:21et donc c'est à l'issue
12:22de ces investigations
12:23que nous choisirons
12:24quels sont les éléments
12:26qui peuvent être retenus
12:27ou pas
12:27et je crois encore une fois
12:29que l'objectif
12:30de ces vérifications
12:30et vous l'évoquiez d'ailleurs
12:31tout à l'heure
12:32c'est aussi
12:33de pouvoir renseigner
12:34nos concitoyens
12:35et peut-être lever
12:36le poison du doute
12:37c'est une formule
12:38qui a pu être utilisée parfois
12:39ou au contraire
12:40considérer qu'il y a matière
12:41à poursuite
12:42mais en tout cas de cause
12:42ne pas laisser en suspens
12:44une interrogation
12:45sur la propriété
12:46Sur quelle infraction
12:47est-ce que vous enquêtez là ?
12:48C'est-à-dire
12:48qu'est-ce qui pourrait
12:49être reproché ?
12:51Nous serions potentiellement
12:52sur des faits
12:53de détournement de fonds publics
12:54ou de recettes
12:55de détournement de fonds publics
12:56donc encore une fois
12:57nous en sommes à ce stade
12:58sachant que ce sont
12:59des qualifications
13:00qui peuvent évoluer
13:01de l'enquête
13:02Est-ce qu'aujourd'hui
13:04un ministre
13:05en exercice
13:06peut recevoir
13:08des cadeaux
13:08d'une telle valeur ?
13:09C'est un vrai sujet
13:11évidemment qui se pose
13:12et d'ailleurs
13:12il me semble que désormais
13:14des règles déontologiques
13:15assez strictes
13:16existent au sein
13:17notamment des cabinets
13:18ministériels
13:18ou au sein des ministères
13:20je crois que
13:20nous sommes là aussi
13:22pour vérifier
13:22dans quelles conditions
13:23des cadeaux
13:24sont susceptibles
13:25d'être faits ou pas
13:25parce que derrière
13:26nous avons quand même
13:27un sujet majeur
13:28qui est celui
13:28de la confiance
13:29de nos concitoyens
13:31dans la classe politique
13:32notamment
13:32et en tout cas
13:33dans les élus
13:33et celles et ceux
13:34qui dirigent le pays
13:34Quand on offre
13:35des statuts
13:36d'une telle valeur
13:37à un ministre
13:37on les offre au ministre
13:38ou on les offre à l'homme ?
13:39Eh bien nous verrons bien
13:40ce que diront
13:40les investigations
13:41en l'espèce
13:42Et elles seront quand
13:43les investigations ?
13:43Là encore je pose
13:44la même question
13:44que pour Edouard Philippe
13:45Dominique de Villepin
13:46n'est pas officiellement candidat
13:47mais il l'est de plus en plus
13:49même calendrier
13:50dans un an c'est les élections
13:51à quelle vitesse
13:52allez-vous avancer
13:54dans les enquêtes ?
13:54L'objectif
13:55vous l'avez compris
13:56je l'évoquais tout à l'heure
13:57c'est d'aller suffisamment vite
13:58pour que encore une fois
13:59notre calendrier judiciaire
14:01sur lequel nous n'avons pas
14:02toujours une totale maîtrise
14:03parce qu'il y a les services d'enquête
14:04il y a le positionnement
14:06des différents acteurs
14:07qui font que ce calendrier
14:08peut évoluer en permanence
14:09l'objectif est de faire en sorte
14:11que nous puissions avancer
14:12dans les délais
14:13les plus raisonnables
14:14mais je serais sans doute
14:16assez déplacé aujourd'hui
14:17de donner des dates précises
14:18ça ne correspond pas à la réalité
14:19l'objectif encore une fois
14:21c'est d'être réactif
14:22dynamique sur la conduite
14:23de l'enquête
14:23de façon à pouvoir
14:24éclaircir les choses
14:25Lorsque Marine Le Pen dit
14:27c'est un parquet politisé
14:28lorsqu'elle dit qu'en 2017
14:30l'élection a été largement chamboulée
14:32au minimum
14:32par les enquêtes
14:34du parquet national financier
14:36là il y a la date
14:37du 7 juillet
14:37alors ce n'est plus vous
14:38aux manettes
14:39mais la date du 7 juillet
14:40pour savoir si oui ou non
14:41Marine Le Pen
14:42pourra se présenter
14:43est-ce que
14:45la manière
14:46dont le calendrier électoral
14:47et le calendrier judiciaire
14:50sont à ce point
14:51imbriqués
14:52quand même
14:53à un moment ou à un autre
14:54pèse sur vos décisions
14:55de magistrats ?
14:56D'abord je voudrais rappeler
14:57tout de suite
14:58que notamment
14:59sur le dossier
15:00auquel vous faites référence
15:01notamment le dossier concernant
15:02Marine Le Pen
15:03ce n'est pas un dossier
15:04du parquet national financier
15:05c'est un dossier du parquet de Paris
15:06le deuxième point
15:07c'est ce que j'évoquais à l'instant
15:08c'est-à-dire que nous sommes
15:09sur une ligne de crête
15:10qu'il faut trouver en permanence
15:12d'une part
15:13si le parquet national financier
15:15ne se mobilise pas
15:15pour traiter
15:16telle ou telle procédure
15:17et bien
15:18une partie sans doute
15:19de nos concitoyens
15:19considérons que le PNF
15:21ne joue pas son rôle
15:22et alors que c'est encore une fois
15:23l'objectif
15:25qui lui a été assigné
15:26lorsqu'il a été créé
15:27c'est-à-dire
15:27de faire respecter la loi
15:28et de veiller au respect
15:30de l'égalité des citoyens
15:31devant la loi
15:31et si par contre
15:32le parquet national financier
15:33et c'est typique des questions
15:34évidemment que vous évoquez aujourd'hui
15:35le parquet national financier agit
15:37on viendra dire
15:38qu'il vient percuter
15:39le canon électoral
15:40je crois qu'il faut redire
15:41que le PNF
15:42comme les juillies d'instruction
15:42qui ne sont pas au PNF
15:43mais les juillies d'instruction
15:44notamment du tribunal judiciaire de Paris
15:46sont là
15:46tout simplement
15:47pour faire ce pourquoi
15:48ils ont été nommés
15:49c'est-à-dire appliquer la loi
15:51et bien évidemment
15:52essayer de le faire
15:53lorsque nous avons la possibilité
15:55de le faire
15:55notamment en termes de maîtrise
15:58pour que le calendrier judiciaire
15:59impacte le moins possible
16:00le calendrier électoral
16:01Y a-t-il d'autres dossiers
16:02sur lesquels vous travaillez en ce moment
16:03et dont on n'aurait pas connaissance
16:05et qui pourraient
16:06eux aussi
16:07à un moment ou à un autre
16:08avoir une conséquence politique ?
16:10Vous savez
16:11je crois que c'est l'occasion aussi
16:12de rappeler
16:13qu'on entend souvent parler
16:15du parquet national financier
16:16en lien avec les affaires
16:18politico-financières
16:18le parquet national financier
16:20c'est 750 procédures
16:21c'est-à-dire 40 à 50 dossiers
16:23par magistrat
16:23ce qui est énorme
16:24ce qui est bien plus
16:25que ce qui était prévu initialement
16:26qui est sans doute trop aujourd'hui
16:28absolument
16:29et il faut savoir
16:31garder présent à l'esprit
16:32que la part
16:33que représentent les élus
16:34quels qu'ils soient
16:35les élus
16:36notamment
16:36les élus
16:37nous sommes confrontés
16:38à des situations
16:39qui concernent des maires
16:40assez régulièrement
16:41est entre 5 et 10%
16:43des dossiers
16:44que connaît le PNF
16:45c'est dire à quel point
16:46le parquet national financier
16:47travaille très largement
16:49sur des dossiers
16:50qui ne concernent pas des élus
16:51L'affaire Epstein
16:53un mot pour dire
16:54que vous aviez été saisi
16:55vous aviez ouvert une enquête
16:57pour blanchiment de fraude fiscale
16:58aggravée à propos d'une société
16:59offshore
17:00immatriculée aux îles Vierges
17:01détenue en partie
17:02par Caroline Lang
17:04il y a eu des perquisitions
17:05en février
17:06est-ce que cette enquête avance ?
17:08cette enquête avance
17:09de même que d'autres
17:10d'ailleurs
17:10qui sont en lien avec
17:11les Epstein Files
17:12et d'ailleurs aussi
17:13avec de l'entraide pénale internationale
17:15singulièrement
17:15avec par exemple
17:17sur un des dossiers
17:18avec les Norvégiens
17:18oui ce sont bien sûr
17:20des procédures qui avancent
17:21parce que ce sont des procédures
17:22dont nous nous sommes saisis
17:23sur la base des investigations journalistiques
17:25et qui font apparaître
17:26que des vérifications
17:27très significatives
17:27doivent être menées
17:28Solidarité internationale
17:29dites-vous
17:30ça c'est un des points
17:31aujourd'hui
17:32sur lesquels vous avancez
17:33avec tous les pays
17:34on a parlé récemment
17:35de la question de l'Algérie
17:37d'enquêtes
17:37qui devaient être menées ensemble
17:38de retrouver
17:39une forme de confiance
17:40des deux côtés
17:40est-ce que c'est le cas ?
17:41Oui
17:41aujourd'hui il faut savoir
17:43que quasiment un dossier
17:44sur trois
17:44du parquet national financier
17:46nécessite de l'entraide pénale
17:47internationale
17:48et que donc
17:49notamment dans ce cadre-là
17:50nous avons été amenés à échanger
17:51avec les autorités algériennes
17:52les autorités judiciaires algériennes
17:53qui souhaitent
17:54pouvoir récupérer
17:55un certain nombre de biens
17:57qui considèrent
17:58comme avoir été financés
17:59par de la corruption
18:00en Algérie
18:01et donc c'est dans ce cadre-là
18:02que nous avons échangé
18:03avec les autorités judiciaires algériennes
18:05lors d'un déplacement récent
18:06Vous étiez ?
18:07Absolument
18:08et c'est aussi l'occasion
18:10d'ailleurs de rappeler
18:11que nous sommes très attachés
18:12au parquet national financier
18:13à la notion aussi
18:13d'efficacité
18:14dans les plans judiciaires
18:15il faut quand même savoir
18:16que depuis sa création
18:18le parquet national financier
18:19a jugé plus de 700 personnes
18:21et a permis à l'État
18:22de récupérer
18:23plus de 12,5 milliards d'euros
18:26Dans les temps actuels
18:27on peut dire
18:27que c'est toujours utile ?
18:28Je crois que dans les temps actuels
18:29c'est toujours utile
18:30et quand on se souvient
18:31qu'un dossier sur deux
18:32du PNF
18:32concerne des affaires
18:33de fraude fiscale
18:34je crois que nous sommes au rendez-vous
18:36Merci beaucoup
18:36d'avoir répondu à mes questions
18:37ce matin
18:38Pascal Prache
18:38vous êtes procureur
18:39du parquet national financier
18:42vous êtes bien sûr
18:42à l'AMC-BFMTV
18:43à l'AMC-BFMTV
18:43à l'AMC-BFMTV
18:43à l'AMC-BFMTV
18:43à l'AMC-BFMTV
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