00:00Des êtres vêtus d'ivoire avancent et me regardent, cagoulent sur le visage,
00:08leurs yeux seuls paraissent, noir absolu, effrayant, une démarche sans humanité,
00:17gouffre, ils m'attirent, fuirent, pressent le pas, ils sont derrière moi,
00:24se rapprochent sans effort, je m'arrête, ils font de même, penchent leur tête de concert,
00:33regard oblique, êtres irréels, sont-ils d'ici, d'ailleurs, ou de nulle part, pourquoi moi,
00:43la rue abandonnée de toute vie, eux, moi, le vide,
00:49ils me montrent du doigt un ciel différent, une ouverture dans le cosmos,
00:57ils insistent, là-haut, semble-t-il me dire,
01:03l'apesanteur se retire, mon corps flotte, monte, toujours plus haut,
01:10ce qui était précis devient détail, perplexité du moment léger,
01:19la tâche devient un océan laiteux, une clarté trop vaste pour être regardée,
01:27impossible de savoir si cela contient ou dévore,
01:32et soudain, les sentinelles masquées, aux étoffes opalines,
01:40me montrent la terre, et, plus rien,
01:46le monde nouveau refermé, mes pieds ancrés sur un trottoir d'une grisaille sans nom,
01:55ai-je rêvé ?
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