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Un homme croise des silhouettes irréelles aux étoffes opalines.
Leurs regards noirs l’entraînent vers une ouverture dans le cosmos, un espace où la gravité disparaît et où le réel se dissout lentement.
Un texte entre malaise existentiel, poésie noire et vertige cosmique.
Une nouvelle traversée de l’univers de Fuir le blanc.

🖋️ Un texte de Jean Genat — La Cage Invisible

#Malaise #Fantastique #Cosmos #Vertige #LiminalSpace #lacageinvisible
Transcription
00:00Des êtres vêtus d'ivoire avancent et me regardent, cagoulent sur le visage,
00:08leurs yeux seuls paraissent, noir absolu, effrayant, une démarche sans humanité,
00:17gouffre, ils m'attirent, fuirent, pressent le pas, ils sont derrière moi,
00:24se rapprochent sans effort, je m'arrête, ils font de même, penchent leur tête de concert,
00:33regard oblique, êtres irréels, sont-ils d'ici, d'ailleurs, ou de nulle part, pourquoi moi,
00:43la rue abandonnée de toute vie, eux, moi, le vide,
00:49ils me montrent du doigt un ciel différent, une ouverture dans le cosmos,
00:57ils insistent, là-haut, semble-t-il me dire,
01:03l'apesanteur se retire, mon corps flotte, monte, toujours plus haut,
01:10ce qui était précis devient détail, perplexité du moment léger,
01:19la tâche devient un océan laiteux, une clarté trop vaste pour être regardée,
01:27impossible de savoir si cela contient ou dévore,
01:32et soudain, les sentinelles masquées, aux étoffes opalines,
01:40me montrent la terre, et, plus rien,
01:46le monde nouveau refermé, mes pieds ancrés sur un trottoir d'une grisaille sans nom,
01:55ai-je rêvé ?
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