- il y a 6 heures
Plongez au cœur de la réalité des maires de France ! Découvrez le quotidien intense de ces élus locaux, confrontés aux défis de la vie de village, aux responsabilités familiales et aux exigences administratives. Des parcours inattendus se dessinent, où la passion pour le service public se mêle à une vie privée souvent mise à rude épreuve.
Ces maires, loin de l'image du notable d'antan, sont aujourd'hui les premiers interlocuteurs de leurs administrés. Ils jonglent entre les réunions tardives, les conseils précieux demandés par les citoyens et la gestion des services de proximité. Leur rôle est essentiel, ancré dans le quotidien, bien que parfois sous-estimé.
Explorez les témoignages de ceux qui ont embrassé cette fonction, souvent par surprise, et qui déploient une énergie considérable pour leur commune. Entre engagement associatif, vie publique et défis personnels, ils illustrent la complexité et la richesse de ce métier unique.
Ces maires, loin de l'image du notable d'antan, sont aujourd'hui les premiers interlocuteurs de leurs administrés. Ils jonglent entre les réunions tardives, les conseils précieux demandés par les citoyens et la gestion des services de proximité. Leur rôle est essentiel, ancré dans le quotidien, bien que parfois sous-estimé.
Explorez les témoignages de ceux qui ont embrassé cette fonction, souvent par surprise, et qui déploient une énergie considérable pour leur commune. Entre engagement associatif, vie publique et défis personnels, ils illustrent la complexité et la richesse de ce métier unique.
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00:00...
00:14Bonjour !
00:15Est-ce que vous auriez une minute pour répondre à des questions ?
00:17Bonjour !
00:20...
00:25Quelle image as-tu des maires de France ?
00:30...
00:32J'ai pas trop d'avis sur la question, moi la politique c'est pas mon truc.
00:36Le maire c'est l'élu le plus proche de nous autres, les communs des mortels.
00:42Le maire dans une petite bourgade connaît à peu près tout le monde, c'est plus proche d'un ami
00:48ou d'un ennemi.
00:50C'est quoi ta relation avec ton maire ?
00:52Ma relation avec mon maire, comment dire, c'est compliqué.
00:57Je suis plutôt du genre cauchiste et il est pas tellement de gauche.
01:00C'est quelqu'un d'abord qui écoute ses administrés.
01:03Pour moi être un bon maire, c'est être au clair et être en paix avec ses blessures narcissiques
01:09pour pouvoir se consacrer à l'intérêt général et non pas utiliser le conseil municipal comme un hochet névrotique.
01:25C'est le premier service public.
01:28La mairie c'est le premier des services publics.
01:31Parce qu'effectivement quand on a un problème, on peut rentrer en mairie.
01:34Alors moi je suis mère et mère, c'est ça.
01:36J'ai trois enfants, trois enfants en bas âge.
01:38Mes journales commencent à 6h et elles finissent souvent vers minuit parce que je sors de réunion très tard.
01:44Les gens aujourd'hui me demandent conseils pour plein de choses, même à la limite si c'est bien de
01:50se marier ou pas, etc.
01:52On n'est plus des notables, vous savez quand vous étiez maire en 1950, vous représentiez quand même quelque chose.
01:57Aujourd'hui le maire c'est tombé dans le quotidien des gens, le maire c'est le maire quoi, bon
02:01c'est tout.
02:03Voilà et puis c'est bien que ça soit comme ça aussi parce que voilà on cherche pas la gloire.
02:20Je me déplaçais dans le village, on est venu me voir en me disant est-ce que tu souhaites te
02:23présenter avec nous sur la liste partielle pour les municipales ?
02:26Au début j'ai dit non et puis ensuite j'ai dit oui et je me suis retrouvé élu de
02:312005 à 2008 et j'étais adjoint en charge des associations et j'étais élu communautaire aussi.
02:38Tout ça, ça m'a pris la main et puis le coude et puis l'épaule et puis ça m
02:44'a passionné, ça m'a plu et du coup voilà c'est comme ça que ça s'est fait, par
02:51hasard.
02:54La vie de terrain que j'ai ici en ayant les pieds sur terre, ça m'aide énormément pour prendre
02:59des décisions ensuite au niveau des collectivités et vice versa.
03:05Il faut arriver à combiner les deux et souvent la vie publique prend le dessus sur la vie professionnelle et
03:11la vie familiale.
03:13En 2020, en plein temps dans le Covid, j'avais des problèmes de santé.
03:17Du coup j'ai demandé à un membre de l'équipe municipale de prendre ma place en tant que maire
03:22en pensant que ça allé alléger ma charge de travail.
03:24Mais un an après, j'ai candidaté pour le conseil départemental et du coup je me suis remis une charge
03:31de travail supplémentaire.
03:33Et du coup ce qui fait que aussi ça a contribué au fait que notre couple est explosé.
04:06On voit que c'est les vacances, le courrier se ralentit singulièrement.
04:12On parle souvent du maire mais je ne pourrais pas vous parler du rôle de secrétaire.
04:23Secrétaire de mairie, vous savez, c'est vraiment le double du maire.
04:28Je la sollicite quotidiennement.
04:32Lola, est-ce que tu peux me renseigner sur le droit de préhension sur un terrain en zone artisanale ?
04:41Savoir s'il y a un droit de préhension communale dessus.
04:44Ils ne sont pas encore j'allés chez le notaire pour faire le droit de préhension.
04:50Oui, bonjour à l'Amérique Jacoté, maire d'Esenier, près de Charme.
04:55Voilà, il y a une transaction qui s'effectue sur ma commune.
04:59Je n'avais pas du tout en tête un jour d'être maire.
05:03Ma compagne était conseillère municipale et le maire de l'époque, comme il était patron d'une boîte,
05:09il a souhaité recentrer ses activités et revenir à la pérennité de son entreprise.
05:14Et donc, trois mois avant l'élection, la liste constituée était orpheline, il n'y avait plus de maire.
05:20Et ma compagne, qui était sympathique, elle leur a glissé à l'oreille, il va être en retraite.
05:24Et quand ils sont arrivés chez moi, j'ai donc ouvert la porte et puis j'ai lancé à ma
05:29compagne,
05:29je lui ai dit « Tiens, ils viennent te voir, c'est pour la liste sûrement. »
05:32Elle me dit « Non, non, c'est pas elle qu'on vient voir, c'est toi. »
05:35J'ai beaucoup moins.
05:37Elle me dit « On a une liste, mais on n'a plus de maire. »
05:53Moi, j'ai grandi à Annemasse, donc à côté de Genève, en quartier prioritaire de la ville.
05:58Puis après, j'ai fait mes études à Lyon, puis à Paris.
06:01Rien ne me prédisposait à être maire de mon village.
06:04Et en fait, j'ai rencontré mon compagnon qui, à l'époque, venait du Trièvre.
06:08Et donc, c'est comme ça qu'après, j'ai fait la rencontre de mon village parce que je cherchais
06:11un travail.
06:12Et donc, j'ai d'abord été recrutée en tant que secrétaire de mairie.
06:15On a créé la Commune Nouvelle et il y a eu toute cette dynamique.
06:18Aussi, une très grande amitié avec le maire qui m'a recrutée.
06:20Et puis, en 2018, j'ai eu envie vraiment de plus m'impliquer encore sur ce village
06:25parce qu'il s'était fait plein de choses.
06:27Et je me sentais coincée derrière mon bureau de secrétaire de mairie.
06:29Donc, j'ai changé de travail.
06:31Et là, je me suis vraiment investie aussi dans le tissu associatif.
06:34Et puis après, assez naturellement, quand les élections de 2020 sont arrivées,
06:37mon ancien maire m'a dit « Moi, je suis trop âgée.
06:38Ça ne va pas être moi, ce sera toi qui prendras la relève.
06:42On sera derrière toi. »
06:44Et c'est comme ça que je suis devenue maire en 2020.
06:49Bonjour.
06:51On vient voir comme vous travaillez bien.
06:53On peut rentrer ou pas ?
06:56C'est bon ? Merci.
06:57Hello, ça va ?
06:59Oui.
07:02Ah, donc là, il y a les meubles qui sont arrivés.
07:04D'accord.
07:06Donc là, ça va être la cantine.
07:08Pour les enfants de l'école, mais aussi pour les habitants.
07:12Là, il va y avoir un frigo.
07:14Et ici, il y a un petit plan de travail avec des meubles.
07:19Ça commence à prendre forme.
07:28Et là, on est dans la salle associative qui est à l'étage.
07:32Et qui pourra aussi servir de salle de motricité, si par aventure, un jour, on ouvre une maternelle.
07:37On a quand même fait des choses un peu particulières sur ce chantier.
07:41Là, vous voyez, c'est un enduiteur.
07:43Et derrière l'enditeur, c'est une isolation paille, avec la paille du Trièvre.
07:47C'est la terre du Trièvre aussi.
07:48Et si on regarde derrière,
07:52on voit qu'il y a une grande emprise avec la rue Balise.
07:55C'est de la géothermie de surface pour chauffer le bâtiment.
08:03En l'espace d'un mandat, tout a changé.
08:06Et je me dis, dans un moment où il y a tellement d'enjeux qui se posent devant nous,
08:10où moi, quand j'étais plus jeune, j'avais l'impression que l'histoire s'écrivait à côté
08:14et qu'on n'avait aucun moyen de pouvoir prendre les choses en main,
08:17c'est en faisant la rencontre de ce village que je me suis dit,
08:20mais en fait, on peut changer la vie.
08:32Là, on va monter un projet de maison de santé à 5 millions d'euros.
08:37C'est un investissement considérable entre la recherche de financement,
08:42le montage juridique du dossier,
08:45et puis aussi ce que ça va apporter à la population,
08:48c'est-à-dire un accès aux soins pour tous.
08:49Il y a quand même une satisfaction humaine à tirer de cette mission-là.
08:55Quand on a fait le lotissement, on a reçu 14 familles,
09:00quasiment tous des jeunes, qui ont des bébés et qui ont agrandi le village.
09:05Et on leur a fait le maximum qu'on a pu, c'est le pied.
09:10On a un pôle scolaire qui réunit 7 communes.
09:13Avant, chaque commune avait son instituteur avec une classe à plusieurs niveaux.
09:17Il y a des moyens qui ont été mis ensemble.
09:20Je pense que pour les parents qui ont maintenant un vrai périscolaire,
09:23il y a une vraie structure, c'est une aide.
09:26On rend service et on va combler des besoins pour les habitants du territoire.
09:32Et c'est ça la satisfaction, en fait.
09:34Construire une vision partagée sur un territoire qui emmène tout un collectif,
09:37moi, c'est ça qui me plaît, avec des réalisations très concrètes
09:41et qui se font assez rapidement et qui ont beaucoup de sens et beaucoup de cohérence.
09:44Je crois qu'il faut aimer les gens, d'abord.
09:46On ne peut pas être maire si on n'aime pas les gens.
09:49Madame Lucie Laure Pointillard, consentez-vous à prendre pour être vous
09:53M. Arnold André Clouseau, ici présent.
09:59Au nom de la loi, je déclare M. Arnold André Clouseau
10:02et Mme Lucie Laure Pointillard, unies par le mariage.
10:07Applaudissements
10:36Autrefois, il y avait dans nos campagnes,
10:37le curé, l'instit, le maire.
10:41Donc, si vous voulez, on se divise par trois, cette tâche sociale.
10:44Aujourd'hui, il n'y a plus de professeurs d'école, ils n'habitent pas sur place.
10:48De curé, il n'y en a plus.
10:49Eh bien, il ne reste que le maire qui rassemble ces 100%.
10:52Et donc, on doit tout faire.
10:54Et alors, nous, dans les communes moyennes,
10:56parce que je suis maire d'une commune de 5 000 habitants,
10:58on a la chance de pouvoir s'appuyer quand même sur des services
11:01qui sont quand même assez étoffés.
11:02Moi, j'ai une direction générale, j'ai un service financier,
11:05donc avec des techniciens qui, quand même,
11:07ont une approche assez fine de ces dossiers-là.
11:10Mais quand vous avez des maires qui ont 200-300 habitants
11:13et qui se retrouvent avec une secrétaire de mairie
11:15à les 5 ou 6 heures par semaine,
11:17eh bien, franchement, c'est extrêmement compliqué.
11:20Alors, je ne dirais pas qu'on est un papa,
11:22parce que ce n'est pas l'image du tout que je veux avoir.
11:24Ça ne me plaît pas du tout.
11:26Mais en tout cas,
11:27on est là pour accompagner les gens,
11:30pour les aider dans le quotidien.
11:32Et c'est épuisant.
11:40Actuellement, on a un gros chantier sur la commune.
11:43Il y a des éléments que je connais,
11:44mais moi, je ne suis pas dans les travaux publics et tout ça.
11:47On fait des réunions de chantier.
11:49C'est formateur, parce qu'on apprend des choses,
11:51on découvre des choses.
12:05Voilà, bon, on n'est pas en retard,
12:06on est pile poil à l'heure.
12:09Pile poil.
12:12C'est vraiment un adjoint qui est déjà là.
12:15Allez, c'est parti.
12:20J'ai juste une question, ici, là.
12:24Comment ça se fait que c'est décalé comme ça ?
12:26Ah, ok.
12:28Ça, c'est la traversée du village.
12:30Notre souhait, c'est de se mettre un peu à l'air du temps,
12:33avec à la fois la gestion intégrée des eaux priviales,
12:36ce qui est quand même quelque chose d'important pour le futur.
12:40Ça va nous permettre de faire brisser la température aussi,
12:42puisqu'on met des arbres et puis de la verdure.
12:44On aura plus cet aspect minéral.
12:47Dans cet espace-là, ça sera un espace de verdure,
12:50de l'herbe.
12:51Voilà.
12:52Donc l'eau de la route qui sera légèrement en pente comme ça,
12:55enfin comme une route classique,
12:56et l'eau donc sera absorbée ici.
12:58On aura plus ce phénomène d'eau stagnante
13:00ou d'eau qui va aller chez les voisins, etc.
13:02Tout sera rassemblé ici et absorbé.
13:08Ah, c'est des petits joueurs.
13:10Bien sûr que ça passe.
13:26Quand on est mère, on apprend tous les jours.
13:29On est DRH, on est chef de travaux, conciliateur, médiateur.
13:37Presque toutes les semaines, on apprend un nouveau concept.
13:39Il faut savoir ce que c'est que l'auto-voltaïque,
13:41il faut savoir tous les acronymes, les SCOT,
13:47comment on fait la mobilité durable, etc.
13:50On peut faire du service dans une inauguration,
13:52on peut faire aussi de l'installation de tables et chaises.
13:55On fait des dossiers à 4 millions d'euros,
13:58des dossiers de subvention, parfois on ne comprend pas trois lignes.
14:01Non, mais franchement, on fait de tout.
14:04Alors, il faut être compétent en matière de droits funéraires,
14:07en matière de droits familiales, en matière de droits fiscales.
14:11On m'a même un jour téléphoné pour demander comment s'écrivait un mot.
14:22Je suis professeur, professeur dans l'éducation nationale,
14:25de catalan et d'espagnol, au lycée climatique et sportif de Fort Rome.
14:30Entre les trajets pour aller au lycée et les réunions,
14:34je suis tout le temps sur la route.
14:36En moyenne, pour la mairie, je vais à Perpignan 4 fois par mois.
14:45C'est souvent des réunions qui durent une heure.
14:47Il faut savoir que pour aller à Perpignan,
14:49il faut quasiment deux heures et deux heures pour remonter.
14:53Donc, c'est très, très, très fatigant.
14:56Si on parle en temps de réunion,
14:59il y a les réunions en comité de commune, en syndicat, etc.
15:02Là, ça représente deux à trois réunions par semaine.
15:12Je le dis souvent, je connais, sur les 500 habitants,
15:15je connais tout le monde,
15:16mais je connais quasiment aussi tous les chiens de tout le monde
15:19parce que quand je vois ce chien,
15:20je sais que c'est à Madame Untel,
15:22donc il faut que j'appelle Madame Untel.
15:23Des fois, il va falloir aller chercher les médicaments pour Juliette
15:27ou emmener Robert faire des courses
15:30parce qu'il n'aura pas de quoi se véhiculer.
15:32Donc, ça fait partie aussi de ce qu'on a dans la tête tout le temps,
15:35les violences intrafamiliales.
15:37On y pense peu, mais nous, on gère ça aussi.
15:39Vous avez la personne qui vous appelle à 9h du soir
15:42qui veut qu'on enferme sa femme.
15:44Vous avez les drones qui tournent
15:46et qu'il vient filmer des gens
15:48qui sont en petite tenue dans leur salle de marque.
15:52Le maire doit tout régler.
15:53On a l'impression qu'on sert vraiment à quelque chose
15:55parce que dans la journée,
15:57on va arriver à solutionner plein de petites choses.
15:59On a retrouvé le chien d'A Madame Untel,
16:01quelqu'un s'est perdu,
16:03on va leur enseigner.
16:04Et après, il y a toute la question aussi
16:06de la gestion des risques naturels,
16:08des crues torrentielles,
16:10de l'adaptation au réchauffement climatique,
16:12de la gestion des canicules
16:13parce qu'on est quand même l'acteur
16:15quand il y a une crise qu'on vient chercher.
16:16Aujourd'hui, on demande à un élu
16:18d'être à la fois politique mais aussi technicien.
16:21Donc ça devient très compliqué
16:22et donc certains démissionnent.
16:24Il y a énormément de maires
16:26qui aujourd'hui considèrent
16:29que c'est un sincère dos d'être élu local.
16:50qui viennent se relier dans notre vie d'élu.
16:54Énormément d'interactions,
16:56une richesse d'interactions sociales énormes
16:58et puis des sujets de quotidien
17:00et des sujets de long terme
17:02pour préparer l'avenir de la commune.
17:04« J'ai l'impression qu'on va se prendre le rage. »
17:12« C'est quoi les commerces ?
17:13C'est quoi la vie de village ?
17:14Pourquoi est-ce qu'on a envie de vivre ensemble ? »
17:16« Comment est-ce qu'on fait le jour
17:17où on a une énorme crise sociale
17:18et où ça va nous retomber dessus ? »
17:20« Comment est-ce qu'on fait le jour
17:21où on a des incendies monstres,
17:22le jour où on a des inondations ? »
17:24« Comment est-ce qu'on va se nourrir ? »
17:25« Bonjour, ça va très bien et vous ? »
17:29Ça fait quelques années
17:30qu'on essaye de gérer la collectivité
17:32comme une entreprise.
17:33Le résultat quand même,
17:34c'est une casse sur les services publics sans nom.
17:39Je pense plutôt que quand on est dans une commune,
17:41le service public doit être efficace
17:43pour faire les trucs qui ne sont pas rentables.
17:45Parce que les trucs qui sont rentables,
17:46ils sont pris par les entreprises.
17:48Si on pousse cette logique encore plus loin,
17:50de se dire que la France doit être
17:51l'entreprise la plus efficace et la plus rentable,
17:54la plus rentable qui existe,
17:56qu'est-ce qu'on fait ?
17:58On se retrouve avec un expert
17:59qui vient nous voir,
18:00qui nous dit « mais il faut fermer les campagnes
18:01parce que ça coûte trop cher ».
18:28« Quelle image avez-vous des maires de France ? »
18:31« L'image que j'ai des maires de France,
18:34c'est une charge très lourde pour eux
18:37et ils ont de plus en plus de difficultés
18:39à gérer leur commune. »
18:40« C'est eux qui prennent cher en tout premier lieu,
18:42c'est quand même le premier rempart. »
18:48« Je crois que la difficulté aujourd'hui,
18:50c'est que les gens sont dans une attente
18:53du tout et tout de suite.
18:54Et quand je veux tout et tout de suite,
18:56le temps de l'administration,
18:58c'est pas le même. »
19:00« Ah, moi je trouve que c'est triste aujourd'hui
19:02quand on entend des maires qui démissionnent.
19:05Non, moi je pense que c'est important
19:06qu'on ait des maires après. »
19:08« Entre le temps à la mairie,
19:10le temps dans les réunions,
19:12le temps où il faut aller partout
19:13voir tout le monde, etc.
19:14c'est un boulot de fou. »
19:23« Allez, bien voir,
19:24je te règle ton problème tout de suite. »
19:27« Comment elles s'appellent les personnes ? »
19:28« Allez, souvez-vous, cher ami. »
19:35« On va donc ouvrir officiellement
19:37la réunion de conseil municipal. »
19:40« À l'ordre du jour,
19:41elles ne sont pas très importantes,
19:43mais des questions diverses,
19:44vous verrez où il faudra
19:46donner un petit habit
19:47qui est important pour nous. »
19:49« On parle beaucoup du maire,
19:50le maire est seul,
19:51le maire prend des décisions
19:52seuls souvent, etc.
19:53Mais il a quand même
19:53un conseil municipal
19:54et c'est avec le conseil municipal
19:55qu'il délibère
19:56sur quand même 90% des choses. »
19:59« Un maire seul ne fait rien.
20:00En fait, le maire, son job,
20:03c'est un chef d'orchestre. »
20:05« Dans mon conseil municipal,
20:07j'ai de l'extrême gauche
20:08à l'extrême droite,
20:09en passant par le centre,
20:11en passant par des apolitiques,
20:13des verts, etc.
20:14Mais quand il s'agit de discuter
20:16de la couleur de la peinture
20:17de la salle polyvalente
20:18ou de savoir si on fait le marché
20:20le jeudi ou le vendredi,
20:21on n'a pas besoin
20:22d'être de droite, de gauche, voilà.
20:23« Donc, au sujet de l'antenne 5G,
20:27on a reçu une demande préalable
20:28de travaux,
20:29toute simple, sans explication.
20:31Je ne vous cache pas
20:32que j'étais un peu colère.
20:34On ne peut pas s'opposer.
20:35On ne peut pas s'opposer à l'antenne.
20:37Ils ont le droit
20:37d'implanter leurs antennes
20:39où ils veulent, en gros.
20:40Et dès l'instant
20:41que vous dites non,
20:42tac, avocat.
20:43Donc, qu'est-ce qu'on a fait ?
20:45On a dit,
20:45on va prendre des mesures préservatoires.
20:47On va dire qu'on est défavorables
20:50en leur disant
20:50que je souhaitais
20:52qu'ils reviennent vers moi
20:531. Déjà, je voudrais
20:54qu'elles soient implantées
20:55sur le domaine communal
20:57parce qu'il n'y a pas de raison
20:58qu'un mec qui n'habite pas
20:58la commune touche des subsides
21:00alors que si on la met
21:01sur nos terrains,
21:01c'est la commune
21:02qui en garde le bénéfice.
21:05Et puis 2.
21:06On voudrait qu'ils la mettent
21:06plus loin.
21:08Qui est contre ?
21:09Sur l'homme, ça ?
21:12Bon, j'ai noté
21:13que le conseil municipal,
21:14si ça devait revenir
21:15officiellement en délibération,
21:17on serait rentré
21:18vers un choix négatif.
21:33Je viens de la banlieue parisienne,
21:36dans le 78 plus précisément.
21:38Je me suis installée au trangé
21:39du fait de la qualité de vie
21:41pour les enfants.
21:42Et on a trouvé une maison
21:44qui nous plaisait bien,
21:45donc on s'est dit pourquoi pas.
21:54Au trangé, ça faisait un an et demi
21:56qu'on n'avait plus de maire.
21:58Il n'y avait personne
21:59qui voulait se présenter
22:00par rapport aux responsabilités.
22:01Ils cherchaient un maire
22:02désespérément.
22:06Je me suis dit que je tente.
22:12Il y avait déjà un début de liste
22:14qui avait été fait.
22:15Mais personne ne voulait être maire
22:16et était élue à l'unanimité.
22:19Après, vu que personne
22:20ne voulait être maire
22:20en même temps,
22:21ils n'avaient pas
22:21beaucoup de choix non plus.
22:23Et oui, si on pouvait faire
22:24l'EPV, délib et la trésorerie.
22:27Je peux signer ça
22:27et puis c'est bon.
22:30Il n'y a pas eu
22:31de passation de commandement
22:32ou de passation d'information.
22:35Il n'y a personne
22:35qui m'avait appris
22:37directement ce qu'il fallait faire.
22:39Il n'y a pas eu
22:41d'apprentissage.
22:43En compta, il n'y a pas de problème.
22:45J'ai déjà bossé là-dedans,
22:45en plus en compta public.
22:47Mais tout ce qui est
22:48urbanisme voirie,
22:49j'ai dû apprendre.
22:50Et puis l'histoire de la commune,
22:51j'ai dû l'apprendre totalement.
22:53Donc c'était un peu compliqué
22:55les débuts.
22:55Et puis vous êtes une femme.
22:57C'est ça.
22:58Femme, jeune.
22:59Des fois, on ne me prend pas
23:00au sérieux.
23:01Ou je ne suis pas crédible aussi
23:02quand les gens rentrent
23:03dans la mairie
23:03et ils pensent que je suis
23:04la secrétaire.
23:05Souvent, c'est ça.
23:06Quand on parle d'un maire,
23:07c'est monsieur le maire.
23:08Donc j'en reprends certains.
23:10C'est compliqué.
23:18Est-ce que vous avez tous
23:19la note de synthèse ?
23:20C'est bon ?
23:21On peut démarrer ?
23:22Oui.
23:23Alors, qui veut être
23:24secrétaire de séance ?
23:26C'est toi ?
23:28J'ai fini le système.
23:29Donc c'est bon.
23:30Allez, c'est donc toi
23:32qui t'occuperas du PV,
23:33du conseil.
23:34Quand vous êtes élue,
23:35vous vous retrouvez
23:36dans un espèce d'entonnoir
23:38où vous subissez
23:40les réunions,
23:41les thématiques,
23:42les sujets.
23:43Et il y a vraiment
23:44un très gros travail
23:45de prise de hauteur
23:45et de prise de liberté politique
23:47pour construire son propre agenda.
23:49Et je trouve qu'il y a
23:50assez peu d'élus
23:50qui ont cette audace.
23:52C'est-à-dire de dire
23:53« Moi, ce sujet-là,
23:54il y a des agents
23:54de la fonction publique
23:55qui peuvent très bien le suivre.
23:57Je ne sais pas.
23:57Je parle d'entretien
23:58de voirie, d'éclairage.
23:59C'est ce qui me vient
24:00tout de suite en tête.
24:01Et de choisir
24:02pourquoi j'ai été élue moi.
24:03C'était quoi mon projet
24:04et c'est quoi
24:05qui me tient à cœur.
24:06Et de prendre le temps
24:07pour avancer sur mes dossiers.
24:09Avancer sur ma vision des choses.
24:11Porter de l'innovation.
24:13Ouvrir des champs
24:14qui n'existaient pas avant.
24:15Qu'est-ce que je veux dire par là ?
24:16C'est que demain,
24:17si on décide de relancer
24:19un centre de vacances,
24:20si ce n'est pas la commune
24:21de Châtel qui le fait,
24:22ça ne se fera pas.
24:22Ça demande vraiment
24:23une énergie politique,
24:25une volonté politique,
24:26un équilibre économique
24:27qui n'est pas facile à trouver.
24:28Mais nous, on peut y arriver.
24:29Et je pense que si on le fait,
24:30on peut rouvrir
24:31ce centre de vacances.
24:32Donc là, je pense
24:33qu'on comprend
24:34pourquoi on met
24:34de l'argent public.
24:35C'est absolument essentiel
24:36sur la vie du village.
24:37Vivre, c'est bouger.
24:39Ce n'est pas rester
24:39avec des liens
24:40aux comptes qui s'efforment
24:41sur la tête des gens.
24:42Puis il faut respecter
24:43les gens qui vont
24:44vivre dedans.
24:45C'est devenu totalement insalubre.
24:53Il y a vraiment
24:55un côté très nourrissant
24:57de voir des moments
24:58d'effervescence
24:59sur le village
25:00avec les gens
25:02qui construisent ensemble.
25:03Enfin, moi, je sais
25:04qu'il n'y a rien de plus beau
25:05que de voir un collectif
25:07qui a envie
25:08de faire des projets ensemble,
25:10de les concrétiser
25:11et avec une convivialité,
25:13une joie de vivre retrouvée.
25:17Après, sur le côté négatif,
25:21alors je dirais
25:22que c'est la difficulté
25:24de concilier tout
25:27avec des journées
25:28qui n'arrivent pas
25:28à faire plus de 24 heures.
25:30La fonction de maire,
25:30dans le temps,
25:31elle a beaucoup évolué.
25:33Les anciens maires,
25:34il n'y avait pas Internet,
25:36par exemple.
25:36Internet, c'est une arme redoutable.
25:38C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
25:39on peut vous joindre
25:40à toutes les heures
25:41du jour et de la nuit,
25:41vous envoyez des mails.
25:43Avant, quand on voulait
25:44discuter avec le maire,
25:45il fallait se déplacer.
25:46il fallait venir.
25:48Le métier a complètement
25:49été transformé.
25:50Mon prédécesseur, lui,
25:52qui avait une activité,
25:54il passait un peu le soir,
25:57il discutait un petit peu
25:58avec la secrétaire
25:59le temps qu'elle était là,
26:00il travaillait une heure le soir.
26:02Voilà.
26:06Moi, je veux dire,
26:08c'est mon quotidien,
26:08la mairie.
26:09C'est vrai qu'être rélu,
26:10c'est un impact
26:11assez important
26:12en fait sur notre vie privée.
26:13Les réunions,
26:14en fait,
26:14ça peut être un petit peu
26:15tout le temps.
26:16Il y a des choses la semaine,
26:17il y a des choses le soir,
26:18il y a des choses le week-end.
26:21Et ça nécessite
26:22de s'organiser un petit peu
26:23et ce n'est pas toujours évident
26:24pour les gens qui sont autour.
26:32Est-ce qu'on va aussi bénéficier
26:36à ces problématiques-là
26:37ou est-ce qu'il y a
26:39un autre...
26:48On va s'actérir,
26:49il y a un principe.
27:10Il y a eu quand même
27:11un tournant
27:12dans la fonction de maire.
27:14Moi, je suis maire
27:15depuis 2017
27:15et je vois que depuis 2020,
27:17la fonction,
27:18elle a totalement changé
27:19et il y a eu un événement
27:21qui s'appelle le Covid.
27:22Et ce Covid,
27:23vraiment,
27:24il a eu un impact
27:25sur le comportement
27:27ou plutôt l'attente
27:29des concitoyens
27:30par rapport
27:31à leur élu de proximité.
27:33Aujourd'hui,
27:34on me contacte
27:3524 heures sur 24,
27:377 jours sur 7.
27:38On peut m'envoyer des messages
27:39à 3 heures du matin,
27:404 heures du matin.
27:41Si à 7 heures du matin,
27:42je n'ai pas répondu,
27:43je vais recevoir 18 points
27:44d'interrogation en me disant
27:45« Mais vous pouvez me répondre ? »
27:46J'entends des maires
27:47de petites communes,
27:48ils sont désespérés.
27:50Des fois, je les vois,
27:51je regarde sur leur bureau,
27:52ils ont 500, 600 mails de retard.
27:54Parce que ça leur fait peur
27:56d'ouvrir le truc.
27:57Ils ont peur.
27:58Non, mais c'est vrai,
27:59c'est une réalité.
28:00On parle toujours
28:00de la charge mentale
28:01pour les maires de famille,
28:03mais la charge mentale
28:03des maires,
28:04M-A-I-R-E,
28:05est, je pense, similaire.
28:06C'est 7 jours sur 7,
28:07365 jours par an.
28:08Il n'y a aucun arrêt
28:09à aucun moment.
28:11Voilà, donc,
28:12on a tous des situations,
28:13on est en vacances,
28:14voilà, on a oublié
28:15de couper notre portable
28:16alors qu'on est en train
28:16de faire une marche.
28:18Et d'un seul coup,
28:19on apprend que, voilà,
28:20tel agent communal
28:21s'est blessé
28:22ou qu'il y a eu
28:23quelque chose d'important.
28:24Enfin, voilà,
28:25il n'en s'arrête jamais,
28:26en fait.
28:26Moi, ça fait 25 ans
28:27que je dors avec le portable
28:28sur la table de nuit.
28:29Tant qu'on n'est pas maire,
28:30on ne se rend pas compte
28:31de ce que c'est
28:32d'être maire.
28:33Quoique,
28:33on peut être adjoint,
28:34on peut être premier adjoint,
28:36deuxième adjoint.
28:37Le sens de la responsabilité
28:38n'est pas le même
28:39parce que tout repose sur toi
28:40et s'il y a un problème,
28:41c'est toi qui payes
28:42et qui payes pénalement.
28:45Il est notamment responsable
28:46de la sécurité,
28:47de l'hygiène,
28:48de la tranquillité.
28:49Vous êtes censé tout savoir
28:52et vous avez surtout,
28:53le maire a une responsabilité terrible.
28:56C'est-à-dire,
28:57au bout,
28:57il est responsable.
28:59Ce qui se passe,
29:00c'est que notre chômage
29:01est comme un chômage
29:01qui vient de chez moi.
29:02Oui, qu'est-ce qu'elle a ?
29:04Elle roule dessus.
29:06Il n'y a pas assez de place.
29:07Pourquoi elle a un camion ?
29:08Quand elle vient
29:09avec la camionnette,
29:10oui.
29:12Elle ne peut pas rentrer
29:13avec la camionnette chez vous ?
29:14Comment tu veux rentrer là-dedans ?
29:16Autoportée,
29:17la tourneuse.
29:17Oui.
29:18Ce n'est pas possible
29:19de tourner là.
29:23Soit on pète l'entrée là
29:24et puis on la fait plus large.
29:26On pète l'entrée là,
29:27oui,
29:27tu vas laisser comme c'est là.
29:33de toute manière,
29:34ma fille,
29:34elle a dit
29:35si elle ne peut pas
29:35mettre la voiture là,
29:37elle rentre
29:38sous ton machin d'herbe.
29:39Moi,
29:40je voudrais seulement
29:41qu'on puisse mettre
29:43la camionnette
29:43et descendre au moins
29:44le truc.
29:45Qu'elle puisse au moins
29:46mettre une voiture
29:47comme ça.
29:48On ne peut pas
29:49mettre la camionnette là,
29:50comme ça.
29:51Je ne peux pas
29:52la faire rentrer
29:52pour décharger.
29:54On sera à un niveau
29:55les deux ?
29:55On sera à un niveau
29:55sur ce niveau-là.
29:56Oui,
29:56ça va s'arranger.
29:57Ne vous inquiétez pas.
29:59C'est pour ça
29:59que je ne vous ai pas
29:59pris au téléphone.
30:00Vaut mieux
30:00qu'on en parle devant.
30:02Parce qu'au téléphone,
30:03vous mourriez en guirlandais.
30:04Ah bah oui,
30:04je rigolais.
30:05Ah bah oui,
30:06je vous connais.
30:06C'est tout à fait légitime
30:07de râler
30:08quand on n'a pas pu dormir
30:09parce qu'il y avait
30:09un concert
30:09sur la place du village.
30:11Mais en même temps,
30:13c'est bien aussi
30:14d'avoir un concert
30:14sur la place du village
30:15parce que c'est
30:15de l'animation culturelle
30:17et le maire,
30:18il est là
30:18pour justement,
30:21quand c'est possible,
30:23régler ce genre
30:24de problème.
30:25Généralement,
30:25c'est des problématiques
30:26qui sont privées.
30:27La commune qui doit
30:28ou qui peut intervenir
30:29et puis il y a du juridique
30:31qui peut venir
30:31et se mettre là-dedans
30:32qui fait qu'on marche
30:33toujours un petit peu
30:34sur des oeufs.
30:35Et il y a des situations
30:36qui ont commencé
30:37en 2020
30:37qui ne sont toujours pas réglées.
30:38Et quand on voit
30:39qu'on patine comme ça,
30:40c'est parfois difficile
30:41parce que ça prend
30:42en fait énormément d'énergie
30:44pour pas grand-chose
30:45en termes de résultats
30:46et en termes collectifs.
30:48J'ai des collègues
30:48qui se sont retrouvés
30:49avec des coups de poing
30:50et des trucs comme ça
30:51en disant,
30:51attends, je suis le maire,
30:52tu sais pas qui je suis,
30:53je suis le maire moi ici.
30:54C'est moi un peu le shérif.
30:55Et paf !
30:56C'est le côté sombre
30:57de la fonction de maire ça.
31:20Ça, c'est une bibliothèque municipale.
31:23Tout le monde peut venir
31:24chercher des livres.
31:26Nous avons une adscène
31:27qui fait bibliothécaire.
31:29Bon, là, c'est la salle
31:30de, une petite salle
31:31de brassage
31:32où il y a les ordinateurs,
31:35il y a tout ça.
31:36Ici, c'est maternelle,
31:38grande section.
31:39Pour le moment,
31:40je pense qu'on est tranquille
31:41encore trois ou quatre ans
31:42avec les enfants
31:44que nous avons
31:44qui sont rentrés.
31:45Mais je ne me fais pas d'illusion.
31:47Je pense qu'à long terme,
31:48il y aura une école cantonale
31:50à Domper
31:50avec le peu d'enfants
31:53qui restera.
31:54On a eu la chance
31:55avec notre lotissement
31:56de nous faire amener
31:57du personnel,
31:58des enfants.
31:59Mais ça va être très compliqué
32:01dans les années à venir.
32:03Mon premier mandat
32:04de 2014 à 2020,
32:08ça s'était pas trop mal passé.
32:09Bon, il y a toujours
32:10des petites bisbrouilles,
32:11le coq qui chante.
32:13Ça, ça allait.
32:14Mais à partir du Covid,
32:15là, ça s'est empiré.
32:16Les gens sont devenus
32:17très agressifs.
32:19On vous traite
32:19de gros cons.
32:20On vous dit
32:21que vous n'auriez jamais
32:22dû être maire
32:23parce qu'incompétence,
32:24etc.
32:24Et ça me surprend surtout.
32:26Ce sont des gens
32:27que j'ai côtoyés à l'école,
32:28avec qui j'étais à l'école
32:29et qui deviennent
32:30intolérants comme ça.
32:31Et ça, c'est inadmissible.
32:32Moi, j'ai un cas particulier
32:34qui me vient en tête.
32:35J'avais refusé
32:36un permis de construire
32:37puisqu'il ne répondait pas
32:38à la législation.
32:40Eh bien, on est venu
32:41au bureau avec
32:45un petit cadeau
32:46assez hors-durier.
32:48Mais je veux dire,
32:49voilà, on applique
32:50la législation.
32:51Enfin, un maire
32:52est quand même avant tout
32:53un représentant de l'État.
32:55Il y a quand même
32:55un certain nombre de personnes
32:56qui viennent,
32:57j'aurais du mal à dire
32:58un pourcentage,
32:59mais qui viennent en disant
33:00voilà, la règle c'est ça.
33:02Mais comme toi,
33:03tu es maire,
33:04tu peux déroger.
33:06Donc, en fait,
33:07ils demandent de déroger.
33:08Donc, les gens savent la règle,
33:10mais ils disent,
33:11nous, nous, non.
33:13Comme tu es maire,
33:14tu peux déroger.
33:15Et donc là,
33:16on est obligé d'expliquer
33:17pourquoi nous,
33:18on ne peut pas déroger justement.
33:20Mais ce n'est pas toujours facile.
33:22On sert d'éponge.
33:24Moi, je vois la différence
33:25entre le début
33:26de mon premier mandat 2014
33:27et aujourd'hui.
33:29C'est beaucoup plus compliqué
33:30aujourd'hui.
33:31Les gens sont
33:31beaucoup plus agressifs.
33:33Partent du principe
33:33que tout est dû
33:34et que la mairie
33:36leur doit tout.
33:36À partir du moment
33:37où ils paient des impôts,
33:38ils pensent que
33:39la mairie leur doit tout.
33:40Mais il y a un petit nombre
33:41qui pensent que
33:42vu qu'on est payé
33:43par la commune,
33:44c'est eux
33:44qui peuvent nous donner
33:45des ordres.
33:46Voilà.
33:47Mais à tous,
33:48que ce soit la secrétaire,
33:49l'agent communal technique,
33:51moi, les adjoints.
33:52on est payé par la commune
33:55donc ils peuvent nous donner
33:56des ordres.
33:57Bah non.
33:57Un maire qui peut dire
33:58oui à tout,
33:59c'est le rêve absolu.
34:02Mais malheureusement,
34:03ça n'existe pas.
34:04Et l'intérêt collectif,
34:06ce n'est pas la somme
34:07des intérêts individuels.
34:11C'est le rêve absolu.
34:45On prend beaucoup de coups.
34:47On est percuté
34:48à longueur d'année,
34:49y compris sur les petites choses.
34:52Voilà.
34:53un exemple
34:54pour illustrer ça.
34:55Donc,
34:55je suis arrivé un matin
34:57en mairie,
34:57je travaille,
34:58donc je suis passé
35:00un petit peu en décalé.
35:01Et d'un seul coup,
35:02il y a une personne
35:03hyper énervée
35:03qui rentre dans la mairie
35:04et qui hurle après moi.
35:06Et en fait,
35:06ce qui s'était passé,
35:07c'est que
35:08c'est une personne
35:09qui voulait se faire mettre
35:09la fibre.
35:11Et l'installateur,
35:13qui est délégué
35:13par la région,
35:14puisque c'est la région
35:15qui a la compétence,
35:17donc avait simplement dit
35:18j'arrive pas à mettre la fibre,
35:19c'est de la faute du maire,
35:20il n'a pas déclaré
35:21votre maison
35:22et donc c'est de sa faute,
35:23donc adressez-vous à lui.
35:26Et ça,
35:26c'est une vraie violence
35:27parce qu'en fait,
35:27on a une certaine formation,
35:29on a une certaine connaissance,
35:31mais il y a des sujets
35:31comme celui-là,
35:32par exemple,
35:33il tombe dessus
35:34et la violence,
35:35elle reste.
35:36Et puis,
35:36sur l'instant,
35:37on n'a pas de réponse,
35:38en fait,
35:38puisque c'est pas nous.
35:40Mais non,
35:40je vais l'appeler quand même
35:41parce que...
35:55Il faut écouter les enfants,
35:57hein ?
35:57Il faut écouter,
35:58sinon je viens vous voir,
35:59moi.
36:02Non, mais...
36:04Il y a du mal.
36:07J'ai vécu un moment très difficile,
36:09une expérience avec un enfant.
36:11Je ne vais pas trop rentrer
36:13dans le détail
36:13parce que c'est un enfant
36:14qui avait un parcours de vie
36:15horrible,
36:16mais ça,
36:16on ne le sait pas
36:17quand on est maire.
36:18C'est quelqu'un
36:18qui n'était pas du village
36:19et il avait frappé
36:20un jeune du village
36:21et il l'avait blessé au sang.
36:23Donc,
36:23les gamins viennent
36:24et puis ils me disent
36:24« Ouais, il a mis un coup de poing. »
36:27Donc,
36:27je sors
36:28et le gamin
36:29ne sait pas que je suis le maire.
36:31Et moi,
36:31je ne lui dis pas
36:32tout de suite
36:32que je suis le maire.
36:34Je sors
36:34et lui,
36:35il m'agresse tout de suite.
36:36Il était déchaîné,
36:37le gamin.
36:38Il avait...
36:39Voilà,
36:39il a passé le cap,
36:40comme on dit.
36:41Et il a voulu me frapper aussi.
36:45Donc,
36:45j'ai mis ma main
36:46en opposition comme ça
36:47pour pas que...
36:48Voilà.
36:49Et...
36:49Il m'a donné
36:50le téléphone de sa maman
36:51parce qu'on n'arrivait pas.
36:53J'arrivais pas à le calmer.
36:54Et sa maman est venue.
36:55On s'est retrouvés dans le bureau.
36:57Le gamin était dehors
36:58et puis on a discuté.
36:59Elle nous a raconté
37:00le parcours de vie.
37:01Les gendarmes m'ont dit
37:01« Vous portez plainte. »
37:03Je dis « Vous savez,
37:04non. »
37:05Non, non,
37:05ce que je viens d'entendre,
37:06c'est...
37:07C'est juste très dur.
37:09C'est encore une émotion
37:10quand j'en parle
37:11parce que c'est un moment
37:12qui m'a marqué profondément
37:14dans ma fonction de maire.
37:15C'est un moment
37:15que je ne souhaite pas aux autres
37:16parce que...
37:17est ingressé
37:18par un enfant de 13 ans.
37:20Certes,
37:20on avance certainement
37:22sur son âge
37:22mais un parcours
37:24de vie difficile.
37:24Et quand il était calmé,
37:25le gamin,
37:26il est venu
37:26et on a discuté
37:27tous les deux.
37:28Voilà.
37:29Et aujourd'hui,
37:30on se salue.
37:31Il a grandi.
37:32Il a 4 ans de plus.
37:33Il a 17 ans.
37:33Et on est en bon terme.
37:38Il faut savoir
37:40encaisser les coups
37:41parce que c'est une fonction
37:43qui peut être très rude
37:45quelques fois.
37:47J'ai eu des menaces de mort
37:49à plusieurs reprises.
37:51Le premier sentiment,
37:52c'est un sentiment de culpabilité
37:54parce que vous vous dites,
37:55finalement,
37:55« Mais qu'est-ce que j'ai pu faire
37:56à quelqu'un
37:57pour qu'il souhaite ma mort ?
37:59On se sent coupable. »
38:03J'ai découvert ça
38:04dans la boîte aux lettres.
38:06Et par la suite,
38:07j'ai eu d'autres menaces,
38:09des photos de moi
38:11avec le crâne fendu,
38:13du sang qui coulait.
38:14Et plusieurs fois,
38:18dans la nuit,
38:18des appels anonymes
38:21du style,
38:22« On décroche,
38:23on ne sait jamais
38:24ce qui peut arriver.
38:25Qu'est-ce que vous voulez ?
38:26On veut ta mort ? »
38:28Voilà, etc.
38:28J'achoute aussi
38:29que peu de temps avant,
38:33il y a eu des coups de fil
38:34chez ma maman
38:35âgée de 92 ans.
38:37Donc là,
38:37vous voyez,
38:39il y a un moment
38:40où on ne peut plus accepter.
38:42Et puis on banalise.
38:43Si on accepte,
38:44on banalise.
38:46Après,
38:47on se dit,
38:47« Pourquoi ai-je accepté
38:49cette fonction ?
38:49Est-ce que je n'aurais pas été mieux
38:50chez moi,
38:51en famille,
38:52à faire mon jardin ? »
38:56c'est quand même compliqué,
38:57surtout chez les proches
38:59qui le vivent très mal.
39:00Ma famille l'a mal vécu.
39:28Le premier conseil municipal
39:29que j'avais fait,
39:30on a décidé de nouveaux tarifs
39:32pour la location
39:32de la salle des fêtes.
39:33Je me suis dit,
39:34autant commencer
39:35par un truc assez facile,
39:37mais cette décision
39:38votée à l'unanimité
39:40du conseil
39:40est mal passée
39:41dans la population.
39:43Et certains ont monté
39:44une campagne contre moi.
39:47Et puis,
39:48de là,
39:48en fait,
39:48il y a eu
39:49un harcèlement constant.
39:51Chaque décision
39:51que je prenais,
39:52de toute façon,
39:52il fallait que ça
39:53me fasse taper sur les doigts
39:55tout le temps.
39:55Donc ça a commencé
39:55à bien faire.
39:56Et là,
39:57dernièrement,
39:58il y a eu menace de mort
39:59en disant,
40:00si jamais il se produit ça,
40:02je vais sortir le fusil,
40:03je vais les dézinguer.
40:04Donc moi
40:04et mon compagnon,
40:05du coup,
40:06il y en a qui sont tellement agressifs
40:07qu'ils ont envoyé leurs enfants
40:08harceler les miens.
40:09Donc,
40:10c'est pas une vie.
40:11C'est pas une vie
40:12ni pour moi
40:12ni pour mes enfants.
40:26À ce moment-là,
40:27avec tout ce que je subissais
40:29comme harcèlement,
40:30rien qu'à d'aller à la mairie,
40:31j'y arrivais pas à réfléchir.
40:33Ou bêtement,
40:34j'allais derrière la salle des fêtes
40:35avec la musique dans les oreilles,
40:36je m'allongeais dans l'herbe,
40:37j'arrivais plus à remonter.
40:39Mais forcément,
40:40je vais pas mentir,
40:40il y a des jours où ça va,
40:41il y a des jours où ça va pas,
40:42mais parce qu'une dépression,
40:43on en sort jamais indemne.
40:49En fait,
40:49on se raccroche aux gens
40:50de la commune
40:51qui sont sympas.
40:52Par exemple,
40:53à la mairie,
40:53on a tout un mur
40:54avec des petits mots gentils,
40:56des gens soit qui sont passés
40:57avec leur camping-car,
40:58soit des administrés
40:59qui ont bien aimé
41:01un truc qu'on a fait,
41:03style la livraison
41:04du colis des aînés.
41:05On a reçu une lettre derrière
41:06de remerciements et tout.
41:08Donc,
41:09on se raccroche à ça.
41:17Aujourd'hui,
41:18en France,
41:1820% des mères
41:19sont des femmes.
41:20Comment vous expliquez ça ?
41:23C'est déjà dur
41:24pour tous les mères
41:24et je pense que c'est
41:26deux fois plus vrai
41:27pour les femmes.
41:28C'est compliqué
41:28de se faire une place
41:30toujours, je pense,
41:31en tant que femme.
41:33Et aussi,
41:34j'imagine que ça doit
41:35faire plus peur.
41:36Une femme
41:37qui a des enfants jeunes
41:38ne peut pas le faire.
41:42pour les enfants.
41:46Hello.
41:48Ça va ?
41:51Alors,
41:52là,
41:52je suis sur qui ?
41:53Colin.
41:54Donc,
41:54il faut qu'on fasse
41:55l'histoire géo.
41:58Quand je suis
41:58devenue mère,
41:59mes enfants
42:00avaient 6 et 8 ans.
42:02Il faut aussi
42:02savoir que j'ai divorcé,
42:03donc c'est moi
42:03qui élève mes enfants
42:05la majeure partie du temps.
42:06Donc,
42:06toute la semaine
42:07et puis un week-end sur deux, la moitié des vacances.
42:10Mais t'as vu, il s'appelle Monsieur Pélicier,
42:12exactement comme notre amour.
42:13C'est marrant, hein ?
42:15Et c'est vrai que le problème, c'est qu'en fait,
42:18tout le mandat électif se construit le soir, après le travail,
42:21et sauf que c'est le moment où tout le monde vous attend à la maison
42:24pour aller chercher les enfants à l'école,
42:26pour les accompagner à faire les devoirs,
42:28pour vivre sa vie de famille normale, jouer,
42:30faire à manger, être présent.
42:33Pour vendredi, t'as de l'anglais ?
42:35L'anglais, c'est déjà fait, j'ai déjà fait, j'ai fait un français et des maths.
42:39Aujourd'hui, la vie politique, qui est dominée quand même par des hommes,
42:43d'un certain âge, n'est pas du tout adaptée à une vie familiale épanouie.
42:47Et c'est vrai que bien souvent, on nous dit,
42:49et ça a été un peu les débats sur le statut de l'élu,
42:51on va vous rembourser plus de frais de garde, etc.
42:53Mais moi, ce que je demande, c'est pas ça,
42:55c'est que je demande le fait d'être présente avec mes enfants le soir.
42:58J'ai envie d'être mère et mère en même temps, épanouie.
43:03J'ai mis qu'un sans laisse à Pélicier.
43:05Moi, j'ai eu à connaître une situation en 2018,
43:08lorsque je suis tombée enceinte,
43:09où je me suis vue appeler l'assurance maladie pour leur demander,
43:13écoutez, je suis mère d'une commune de 5000 habitants,
43:17j'attends un enfant,
43:19est-ce que vous pouvez m'expliquer comment je vais assurer mes missions
43:24ou comment je vais être indemnisée durant ce congé maternité ?
43:29Et là, on m'a dit, écoutez, ma petite dame,
43:31on n'a pas de réponse à vous donner, on ne sait pas.
43:33Moi, en gros, il n'y avait absolument rien de prévu dans le statut de l'élu,
43:38qui est quand même un statut qui a été écrit il y a très longtemps
43:41par les hommes pour les hommes,
43:43rien qui prévoyait en fait une situation où une femme tombée enceinte.
43:47Et du coup, je suis venue avec mes jumeaux dans mon bureau
43:51et puis j'ai exercé mes fonctions tout à fait normalement,
43:55sans prendre un seul jour de congé maternité.
44:01Moi, depuis le début du mandat à l'Interco,
44:03je demande des conditions de visioconférence
44:05pour ne pas être obligée de traverser le territoire tout le temps
44:07et de pouvoir rester avec mes enfants le soir.
44:10Et ça fait six ans que je demande ça,
44:11il n'y a toujours pas les conditions de visioconférence
44:13qui ont été mises en place.
44:16Le portrait type du maire,
44:19c'est quand même un homme qui va avoir plus de 60 ans,
44:23qui est à la retraite, etc.
44:24Et pour eux, faire des réunions à 18h, c'est parfait,
44:27ça va très bien.
44:28Et on n'a pas envie de changer tout ça.
44:31Sauf que ça bloque l'arrivée des nouveaux,
44:34des nouvelles énergies.
44:36Et c'est en ça que j'aimerais beaucoup demain
44:38que ce soit une présidente qui prenne la place sur l'intercommunalité
44:41parce que je me dis que ça lèverait énormément de frais à l'engagement
44:45et puis ça impulserait une autre manière de faire la politique.
44:48Ça, j'en suis sûre.
44:52C'est moi qui commence ?
44:54Et pourquoi tu as une carte PRUM ?
44:56Il faut une vraie énergie pour porter des projets,
44:58aller chercher des subventions,
44:59mobiliser ses équipes, mobiliser les habitants,
45:01faire les choses ensemble, en collectif.
45:04Et en même temps, une indemnité si faible
45:07qui fait qu'on est obligé de cumuler d'autres fonctions en tant qu'élus,
45:10de continuer une activité professionnelle pour remplir le frigo
45:13et en même temps, toutes les charges familiales.
45:16Et ça, en fait, ça colle pas.
45:31On lit de nos moutons,
45:34les rivières chantent notre liberté,
45:37les coteaux réveillent notre ferme.
46:08Pour aujourd'hui, être élu et faire correctement,
46:11son boulot, il faut avoir un peu d'argent.
46:13Parce que la bouffe et le loyer, ça se paye pas tout seul.
46:16Le revenu d'un maire d'une commune de 600 habitants,
46:18c'est de l'ordre de 650 euros par mois.
46:21Et ça vous prend 30 heures par semaine.
46:24Voilà, qu'il faut cumuler en plus de votre travail.
46:27Mon indemnité de maire passe quasiment
46:29dans les frais de garde d'enfants.
46:31Au-delà des difficultés personnelles que ça pose,
46:35moi, ce qui me fâche et me rend en colère,
46:39c'est de penser que la démocratie,
46:40elle est pas accessible à tous.
46:41Je pense qu'on est à la fin d'un système,
46:43comme on est à la fin de la Ve République,
46:45et qu'il va falloir revoir sa copie
46:47pour arriver à être plus efficace.
46:50Moi, je suis assez radicale.
46:51C'est que moi, je suis pour une professionnalisation du mandat.
46:54Alors après, il y a certains qui vous diront
46:55mais c'est comme ça qu'après,
46:57on va avoir des élus
46:58qui seront des professionnels de la politique.
47:01Mais c'est déjà le cas, en fait.
47:02On a déjà des élus
47:03qui sont des professionnels de la politique.
47:05En fait, c'est certaines personnes
47:06qui peuvent se permettre.
47:08Donc on détourne le regard.
47:10Moi, je pense qu'au contraire,
47:11d'offrir les conditions de professionnalisation
47:13de la fonction, c'est l'ouvrir à tous.
47:15Et après, si vous voulez pas
47:16qu'il y ait de cumul dans le temps,
47:17vous encadrez les mandats dans la durée.
47:19C'est-à-dire un mandat pour apprendre,
47:22deux mandats pour faire,
47:24trois mandats pour transmettre,
47:25et après, c'est terminé.
47:26Et puis vous retournez à la vie active.
47:28Moi, je suis pas contre
47:29que le statut de l'élu
47:29soit inscrit dans le code du travail,
47:31vous voyez,
47:31parce que je considère
47:33qu'un élu et un maire,
47:36au quotidien, ils travaillent.
47:37On n'enfile pas des perles.
47:40Non.
47:41Que serait la République
47:42sans ses maires ?
48:07À voter.
48:08Merci.
48:14Moi, j'arrête parce que je considère
48:16qu'il y a un âge pour tout.
48:17Je suis à l'aube de mes 70 ans,
48:19donc je pense que, voilà.
48:21Parce que les mandats de maire, c'est long.
48:23Oui, ça y est, ça tire à sa fin.
48:25Je suis content parce que, bon,
48:26il y a quand même des gens
48:27qui laissent un petit mot, tu vois,
48:28en disant, voilà, vous avez fait du bon boulot,
48:30vous pouvez partir,
48:31le sentiment du devoir accompli.
48:33Ça va vous faire drôle, quand même,
48:35un petit peu, hein ?
48:35Non.
48:36Non, mais c'est vrai.
48:37Non, non, sincèrement.
48:38Mais ça fait six ans que je dis que j'arrête,
48:40donc je suis préparé.
48:41Ah, les jeunes mariés !
48:42Ça va, ça se passe bien ?
48:43Toujours en couple ?
48:46Toujours amoureux ?
48:47Ça va, vous allez bien ?
48:48Très bien.
48:50Très bien.
48:55Diaboro.
49:00Chaumont.
49:11Donc, félicitations au nouveau conseil municipal.
49:20Rendez-vous pour l'élection du maire et des adjoints.
49:24Samedi prochain, on sera le 21 de même mois,
49:26à 10h, en mairie.
49:28Ce sera en mairie.
49:29Pas ici, pas ici, hein ?
49:31À partir de là,
49:33je serai en vacances.
49:36Félicitations.
49:37Bonne chance.
49:38Moi, je l'ai bien fait, j'enviens.
49:50Ah, mon remplaçant ?
49:52Mes félicitations.
49:54Bravo à toi.
49:55Belle campagne.
49:56Méritée.
49:56Donc, bienvenue à toi, ben voilà.
49:59Ça sera ta deuxième maison.
50:00Le boulot va commencer.
50:01Tu vas passer beaucoup de temps ici, donc, tu vas t'organiser.
50:05Tu te montrerai un petit peu comment, moi, je fonctionne.
50:08Tu feras comme tu voudras.
50:10Et puis voilà, puis après, on regardera, mais tranquillement.
50:13Il y a les futurs adjoints qui vont venir, on va en partie aussi.
50:16Oui.
50:16Ben, quand ils seront là, on fera une petite réunion à côté.
50:20Et puis, le sujet, le premier sujet qu'il va falloir prendre en compte,
50:24et dès ce matin, c'est l'école.
50:26Ce matin, on va prendre le numéro de l'académie et on va appeler Mme Bizet.
50:29Et puis, on va lui dire, voilà, le nouveau maire, il est presque installé.
50:35Et on vous écoute sur ce qui va le devenir de notre école.
50:39Qu'est-ce qu'ils ont dans la tête ?
50:40Parce que ça, on ne sait pas ce qu'ils ont en tête.
50:48On ne peut pas arrêter du jour au lendemain.
50:52Là, j'ai dit que je ne me représentais pas comme maire,
50:55mais j'ai quand même le souci de la transmission.
50:57Et c'est important de transmettre.
50:59Les formations de maire, ça n'existe pas.
51:03Donc, c'est vrai que ceux qui font un peu le cursus,
51:06conseillers municipaux, adjoints, et après-maire,
51:10il y a une logique.
51:12Mais celui qui fait maire comme ça...
51:16Et surtout, si on savait avant ce que ça comporte,
51:21je ne suis pas certain qu'on dirait oui.
51:30Bonjour.
51:31Est-ce que vous auriez une minute pour répondre à un micro-trottoir filmé ?
51:34C'est sur les maires de Fouz.
51:36Écoutez, votre question est assez extraordinaire
51:39parce que je suis là en vacances
51:42et j'ai été moi-même maire de Genève.
51:44Alors, on a l'avantage, si vous voulez, nous en Suisse,
51:47de ne pas avoir une sorte de reconduction tacite.
51:50Nous avons l'habitude, en ce qui nous concerne,
51:54d'être élu pour cinq ans, mais d'être maire une année.
51:57Parce que nous sommes collégialement élus.
52:00Il faut savoir trouver un dénominateur commun
52:03pour faire passer ces idées.
52:05Mieux partager le pouvoir,
52:06c'est aussi garantir une sécurité
52:09pour celles et ceux qui l'exercent.
52:11C'est un dénominateur commun
52:21pour celles et ceux qui l'exercent.
52:22C'est un dénominateur commun
52:41pour celles et ceux qui l'exercent.
52:54C'est un dénominateur commun
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