00:00Que va-t-il chercher à Pékin ?
00:03D'être remis en selle.
00:05Demandez au général, ça se passe très mal pour lui en Ukraine.
00:09Non ?
00:09Ah oui, c'est clair.
00:10Non, mais une fois plus, il va chercher de la respectabilité
00:13et puis je pense qu'il va aussi faire du business.
00:16Oui.
00:17Il a un projet de gazoduc en tête ?
00:18Oui, il va faire du business.
00:19Pardonnez-moi.
00:20Il va faire du business pour livrer plusieurs milliards de mètres cubes de gaz russe à la Chine.
00:26La Chine qui a quelques problèmes d'approvisionnement à cause de cette guerre en Iran
00:29et lui, il veut en profiter pour faire aboutir son projet de gazoduc.
00:32C'est bien résumé, Sergeï ?
00:33Ce n'est pas facile.
00:35Non, mais il n'y a pas que ça.
00:37Ça veut dire qu'en fait, cette force de Sibérie numéro 2,
00:41la Russie la propose aux Chinois depuis des années
00:44et les Chinois leur disent, écoutez, vous vous débrouillez mais vous le construyez vous-même.
00:49Nous, on ne veut pas investir dans ce truc-là
00:51parce qu'il y a le premier gazoduc qui est là,
00:53qui est prévu pour 38 milliards de mètres cubes par an
00:57et les Chinois le reçoivent très volontiers.
00:59Et en fait, les Russes n'ont plus de gaz en plus pour ce deuxième gazoduc.
01:03Il faut qu'ils construisent un truc de Yamal,
01:06ça veut dire entre 5 et 6 000 kilomètres.
01:09Et les Chinois, c'est hors de question pour les Chinois d'investir dans ce chantier gigantesque.
01:16Mais c'est une rencontre économique d'abord et avant tout.
01:21Mais la rencontre économique que décrit Sergeï,
01:22ce balancement, ce pas de deux quoi,
01:26qui a du mal à se conclure,
01:29il est aussi idéologique.
01:30Parce qu'en fait, dans la vision eurasienne, n'est-ce pas,
01:34qui domine quand même parmi les conseillers de Poutine,
01:36c'est-à-dire la Russie dit adieu à l'Europe,
01:38elle se tourne vers l'Asie
01:41et dans l'Asie, elle se ressource et retrouve sa puissance.
01:44Mais pour ça, il ne faut pas que la Chine,
01:46elle devienne elle-même trop occidentale, n'est-ce pas ?
01:48C'est l'angoisse des conseillers de Poutine
01:51d'une Chine qui d'un coup prendrait la place des États-Unis,
01:54tout simplement,
01:55et réglerait les affaires du monde comme les États-Unis hier.
01:58Pour ça, il faut continuer à travailler la Chine, si je puis dire.
02:01Et alors là, on a un spectacle qui est quand même étonnant,
02:05parce que si vous voulez,
02:06oui, enfin, c'est pour aller très vite,
02:08mais malgré tout, vous avez d'un côté ces Russes
02:11qui ont tous lu Dostoyevsky,
02:13qui reviennent un peu des bas-fonds de l'enfer
02:16pour essayer de tendre vers le ciel
02:18et se convertir,
02:19enfin, avec une espèce de métaphysique,
02:21toujours russe, qui est assez forte.
02:23Et de l'autre côté, vous avez des Chinois confucéens
02:25totalement matérialistes.
02:27À mon avis, qu'est-ce qui, culturellement,
02:30c'est l'assemblage le plus détonnant
02:32qui soit en termes de mentalité ?
02:35C'est ça, c'est ça.
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