00:00RTL Matin
00:01A 7h17, l'édito d'RTL Matin avec vous Etienne Jernet.
00:04La semaine dernière, ici même, Marine Le Pen le disait très clairement
00:07« Non, je ne suis pas de droite ».
00:09Et bien cette notion semble avoir échappé aux républicains,
00:12en tout cas à ceux qui passent avec armes et bagages du côté du RN.
00:15Dernier exemple en date, c'était hier à Marseille,
00:18quand une ex-républicaine, Marie-Pierre Calais,
00:20a décidé de porter les couleurs du parti lepéniste
00:22pour les sénatoriales du mois de septembre.
00:24Oui Thomas, les LR qui passent au RN ont sûrement leur raison.
00:28Il y a peut-être aussi un petit peu de sens du vent.
00:30Mais disons qu'il ferait bien de se préparer à un petit choc culturel.
00:34Car sur l'économie, oui, le RN est très souvent à la gauche du parti socialiste.
00:39Et ce que je dis n'est pas un jugement de valeur.
00:41Il faut se référer au dernier programme présidentiel.
00:44Car c'est là qu'on peut voir le projet dans sa globalité.
00:47Or, le programme de Marine Le Pen de 2022,
00:51selon les calculs de l'Institut Montaigne,
00:53représentait un plan de relance équivalent à 4% du PIB.
00:56A titre de comparaison,
00:58le plan de relance de François Mitterrand en 1981,
01:02c'était un point et demi de PIB.
01:04Toute la droite hurlait à l'époque à la soviétisation.
01:08Eh bien, le RN en 2022,
01:10c'est 2,6 fois plus socialiste que François Mitterrand en 1981.
01:14Sauf que, objection à votre honneur,
01:15on voit bien que ça bouge.
01:16Le RN est aujourd'hui tiré entre deux lignes.
01:18On va dire qu'elle est la ligne pro-entreprise de Bardella
01:21et l'autre plus sociale de Marine Le Pen.
01:22Oui, c'est vrai, ça a déjà bougé en 2024 au moment des législatives,
01:26mais pour l'instant, la patronne, c'est Marine Le Pen.
01:29Et sa ligne, elle l'a réaffirmé la semaine dernière,
01:31ici même, quand elle a dit sur la retraite,
01:34par exemple, qu'elle tenait,
01:35que ça tenait toujours la retraite à 62 ans,
01:38voire dans certains cas à 60.
01:39C'est-à-dire, à la fin,
01:40un système un peu plus généreux
01:42que celui laissé par François Hollande
01:44quand il a quitté le pouvoir.
01:45Alors, me direz-vous,
01:46il est possible, probable,
01:48que le candidat du RN,
01:49eh bien, ce soit Jordan Bardella,
01:51qui est présumé plus pro-business.
01:53Mais on peut aussi penser que, dans ce cas,
01:55Marine Le Pen se poserait encore plus
01:57en gardienne du Temple
01:58et en gardienne de sa ligne historique.
02:00Bon, et si Jordan Bardella gagnait la présidentielle ?
02:03Alors, c'est là que ça se complique
02:05pour les anciens de LR passés au RN
02:07et même pour ceux qui sont passés
02:08par le sas de décompression
02:10qu'on appelle l'UDR.
02:12Le parti d'Éric Ciotti.
02:12Le parti d'Éric Ciotti.
02:14Les désaccords de fonds, vous savez,
02:15dans l'opposition, ça se gère.
02:17L'UDR assume très bien, au fond,
02:19ces divergences avec le RN,
02:20ils le disent.
02:21Au pouvoir, c'est très différent.
02:23Une alliance électorale devient
02:24une alliance de gouvernement
02:25et ça exige un certain alignement.
02:28Dans cet ensemble, il faut bien le dire,
02:30le poids dominant, quoi qu'il arrive,
02:32sera le RN historique,
02:33celui qui a récupéré
02:35une bonne partie du vote ouvrier,
02:37autrefois acquis au Parti Communiste.
02:39Les anciens de la droite traditionnelle,
02:41de LR passés au RN,
02:43feraient donc bien
02:43de prendre quelques cours
02:45de marxisme accéléré.
02:46Le cardinal de Rey le disait,
02:48il faut souvent changer d'opinion
02:50pour rester du même parti.
02:51C'est lui aussi qui disait
02:52on ne sort de l'ambiguïté
02:53qu'à ses dépens.
02:54Oui, c'était souvent cité
02:55par François Mitterrand.
02:56Absolument.
02:56Merci beaucoup à vous,
02:57Étienne Germain,
02:58le directeur du PAN.
02:58Sous-titrage Société Radio-Canada
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