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  • il y a 5 minutes
Dans son édito du 18/05/2026, Paul Sugy revient sur les critiques qui visent le film «L’Abandon», lequel relate les derniers jours avant l’assassinat du professeur d’histoire-géographie Samuel Paty.

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Transcription
00:00Oui, il faut croire que ce film dérange, Romain, pour des raisons qui sont souvent inexprimables,
00:03car au fond irrecevables, et que l'on cherche donc à maquiller sous des faux prétextes
00:06ou des critiques pudiques mais insidieuses.
00:09Prenez déjà la critique de cinéma publiée sur le site du UF Post,
00:12dont les journalistes écrivent cette phrase curieuse
00:14« C'est un malaise profond qui nous habite, une fois la projection du film achevée,
00:19pas à cause de son contenu, mais à cause de tout ce qui l'entoure. »
00:23Alors si ce n'est pas le contenu du film, mais ce qui l'entoure, de quoi parle-t-on
00:26?
00:26On nous avait surtout expliqué dans cet article que le producteur du film, Stéphane Simon,
00:30a travaillé avec Thierry Ardisson ou Michel Onfray.
00:32Je ne savais pas que c'était interdit.
00:33Là-dessus, les journalistes poursuivent.
00:36« L'idée derrière ce projet était de ne pas laisser s'éteindre la mémoire de Samuel Paty,
00:40une mission tout à fait honorable. Merci. »
00:43Bon, et il continue.
00:44« Utiliser le cinéma aussi vite pour raconter ces derniers jours,
00:47l'est sans doute un peu moins honorable. »
00:50Pardon, mais qu'est-ce qui n'est pas honorable dans ce film ?
00:53En quoi ça n'est pas honorable, précisément, d'employer le cinéma à faire mémoire,
00:57et en particulier à faire mémoire d'un professeur dont on peut légitimement se dire
01:00qu'il est un martyr de notre République ?
01:02Alors qu'on s'entende, je suis disposé à entendre des critiques sinoches,
01:04mais expliquer que ce n'est peut-être pas un grand film,
01:07et à vrai dire, c'est même un peu aussi mon sentiment.
01:09Mais par contre, critiquer l'honorabilité des intentions de ses auteurs,
01:12là je trouve que c'est extrêmement déplacé,
01:15et que c'est vraiment faire peu de cas de tout ce qu'il y a derrière justement ce film,
01:18et que l'on ferait mieux de méditer un petit peu plus.
01:21Rebelote à Cannes ce week-end, c'est ce que vous nous dites,
01:25il n'a toujours pas été très bien accueilli sur la croisette.
01:27Non, c'est le moins qu'on puisse dire,
01:28et là une vidéo particulièrement immonde fait le tour d'Internet,
01:31il faut regarder cette vidéo pour le comprendre,
01:33ce sont des streamers, des créateurs de contenu sur Internet,
01:36si vous voulez, peu ceux qui se présentent aujourd'hui comme des journalistes,
01:39mais qui sont d'abord sur les réseaux sociaux,
01:42alors eux n'ont pas aimé du tout le film,
01:44à en croire leur réaction au micro d'un certain Raphaël Garcia,
01:47qui se fait appeler Paf le meilleur, donc un youtubeur ou un vidéaste cinéphile,
01:53qui interroge successivement plusieurs créateurs de contenu,
01:55dont le premier indique qu'il s'attendait, je le cite encore,
01:58à un truc pas terrible, mais au moins à quelque chose
02:01qui n'allait pas diaboliser encore plus les musulmans.
02:03Il faut quand même être à côté de la plaque pour dire
02:06que c'est un film qui diabolise les musulmans,
02:08or ce dont il est question ici, c'est de terrorisme,
02:11terrorisme islamisme, le terrorisme.
02:13Et donc il en est énervé.
02:15Un autre dont le nom est imprononçable, Grim Kujo,
02:18se plaint lui d'un film, dit-il,
02:20fait pour l'extrême droite et le Rassemblement National,
02:23au motif que là encore les musulmans dans le film
02:24auraient le mauvais rôle, dit-il,
02:26et que les blancs seraient les gentils.
02:28Alors, au fond, sous le strass et les paillettes de Cannes,
02:30ce film sur l'abandon de Samuel Paty,
02:32à sa triste fin, fin qui a été précipitée tour à tour,
02:35et on le sait, à la fois par la mécanique du mensonge,
02:37la férocité de la propagande islamiste sur les réseaux sociaux,
02:40la folie d'un droit d'asile dévoyé
02:42et l'insuffisante réaction de l'éducation nationale.
02:44Ce film, au fond, fait surgir le réel,
02:46et c'est ça qui dérange,
02:47au milieu d'une casse qui aurait préféré
02:49que le rêve dure encore ou que l'illusion se prolonge.
02:52Paul, c'est dommage d'avoir des polémiques
02:53face à un film comme celui-ci.
02:55On est bien d'accord.
02:56Et au fond, on n'est pas si habitué que cela à Cannes,
02:58à ce que la politique s'invite si près de soi.
03:00On aime bien les films politiques
03:02quand on dénonce de grands concepts abstraits
03:04comme le patriarcat,
03:05ou quand la scène se joue loin d'ici,
03:07je ne sais pas, en Amérique ou au Moyen-Orient.
03:09Mais là, voilà Samuel Paty qui surgit sous nos yeux.
03:12Nous aurions pu le croiser dans le métro
03:14et au fond, on sent bien que c'est cette proximité
03:16qui dérange.
03:17On n'est plus dans un concept abstrait,
03:18on est dans le réel.
03:19C'est aussi à ça que ça sert le cinéma.
03:21Sous-titrage Société Radio-Canada
03:23Sous-titrage Société Radio-Canada
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