00:00Red Line, le film qui a coulé Madhouse, ou presque.
00:03Une réalisation d'un protégé de Kawajiri, c'est lui-même qui l'a embauché,
00:07et qui a depuis longtemps déployé ses ailes, j'ai nommé Takeshi Koike.
00:11Tout fan de Lupin connaît bien ce nom,
00:12puisque c'est le réalisateur des dernières sorties cinématographiques du petit-fils d'Arsen.
00:18Sur Red Line, sorti en salle japonaise en 2010, il n'y a qu'une chose à dire, c'est
00:22du pur spectacle.
00:23Une rangie visuelle de 1h40, le scénario connaît pas.
00:27Ici, ce qui compte, c'est la vitesse, les bolides, les tronches pas possibles et l'amour.
00:31Je vous donne un petit contexte quand même.
00:33On va suivre JP, pilote de course auto-vaisseau mobile,
00:37qui va concourir à la Red Line, une course qui se déroule tous les 5 ans dans un lieu aléatoire.
00:42Bizarrement, pour cette édition, le lieu choisi est la planète Robo World,
00:46qui n'est autre que le territoire d'un conglomérat militaire.
00:49JP, peu importe le lieu, est là pour gagner et vaincre ses adversaires,
00:53tous plus loufoques les uns que les autres, à l'exception peut-être de Sonoshi.
00:57Mais tout comme JP, chaque concurrent est déterminé à arriver le premier,
01:00même s'il faut recourir aux grands moyens, et surtout aux gros moteurs et approches détournées.
01:06Mais le président de Robo World, lui aussi, est déterminé à ce que la Red Line ne puisse avoir lieu
01:10sous ses yeux.
01:11Alors, ce film, c'est un peu le projet fou qui n'aurait jamais dû être validé.
01:15C'est une production de 7 ans où tout a été fait à la main.
01:18Chaque image, séquence, animation que vous voyez est dépourvue de travail numérique.
01:23Et pour ça, il se raconte qu'il a fallu produire plus de 100 000 dessins.
01:27Et pas 100 000 dessins réalisés par les premiers venus,
01:29mais avec une équipe de personnes les plus efficaces de la japanimation.
01:32De toute manière, je n'ai pas besoin d'argumenter, il suffit de regarder.
01:36Techniquement, c'est de mon avis, une des 3-4 productions les mieux animées que je n'ai jamais vues.
01:41Et je ne parle même pas des effets graphiques, de perspectives, de distorsion ou de la composition de l'image.
01:45C'est brillant.
01:47Quasiment chaque séquence est un jackpot visuel.
01:49Tu joues, tu gagnes.
01:50Et c'est ça Redline.
01:51Un cadeau pour Vomirette.
01:52Là où ce long métrage se démarque, outre sa qualité technique sans pareil,
01:56c'est sur sa direction artistique orientée comics.
01:59C'est bien le point central que l'on peut critiquer si on n'est pas fan de ce genre
02:03de rendu.
02:03Ici, pour les ombres, aucun dégradé n'est permis.
02:06C'est des aplats de noir profond, point barre.
02:09Ce qui permet de faire ressortir les couleurs dont l'usage ne semble pas avoir de limite.
02:13La réalisation parfaite n'existant pas, le souci avec ce travail atypique des ombres
02:18est qu'il densifie l'image au point de la rendre parfois presque étouffante.
02:23Autre petit bémol, le scénario, qui n'a rien d'original,
02:26mais dont le contexte permet néanmoins d'observer des choses jamais vues.
02:29Que cela soit certains charadesign, des scènes de course totalement déjantées,
02:34ou des événements dignes d'une after-party sous LSD.
02:37La drogue, c'est mal.
02:38Redline a des parties prises et quelques faiblesses,
02:41mais c'est un film que tout fan de Japanimation doit avoir vu au moins une fois.
02:44Ce ne sera peut-être pas votre réalisation préférée,
02:47mais vous aurez regardé quelque chose d'unique,
02:49avec un travail d'animation intemporel, un graphisme spectaculaire,
02:53et des aiguilles de cadran qui vont au-delà du rupteur.
02:57C'était Bleach, à la prochaine, tchuss !
02:59Sous-titrage Société Radio-Canada
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