00:00Vous vouliez regarder un petit film d'animation sur le pouce avec votre bento ?
00:03Et bah c'est bien mal barré !
00:05Bonjour tout le monde, aujourd'hui on attaque une réalisation de 2h12,
00:08ça plaisante zéro, et heureusement ça va bien se passer, normalement.
00:13Second film de Monsieur Yoshikazu à passer dans mes connais pas,
00:15après Venus Wars, c'est Crusher Joe.
00:18Et ce dernier n'est pas tout jeune, puisqu'il date de 1983.
00:21Comme souvent, ça c'est l'année de sortie en salle japonaise,
00:24parce que chez nous c'est une toute autre histoire,
00:26il a fallu attendre 39 ans, et donc l'année 2022,
00:30pour la parution chez DBEX de cette grosse boîte.
00:33Le film est de fait arrivé directement en combo DVD et Blu-ray.
00:36Sans trop s'étendre, sachez simplement que Crusher Joe est à l'origine une série de romans
00:40écrite par Haruka Takashiho, publiée de 1977 à 2016,
00:45et tout bonnement illustrée par Monsieur Yoshikazu.
00:48Aussi pour la bande-annonce, j'ai un synopsis long comme le bras à lire,
00:51donc c'est parti !
00:53Année 2100, les humains ont colonisé une bonne partie de leur galaxie.
00:57Dans cet immense espace, la guilde des Crusher, réunie en conseil,
01:00se charge, moyenne en paiement, des travaux les plus difficiles et dangereux.
01:04Terraformation, transport, destruction d'astéroïdes,
01:07nettoyage et repérage de couloirs spatiaux.
01:10Malgré la nature souvent rude des tâches qui leur sont confiées,
01:13les Crusher obéissent à une poignée de règles strictes.
01:15Pas de mission illégale, ou non éthique,
01:17et toute mission est menée à son terme.
01:19Coûte que coûte !
01:20Ce dévouement total à leur mission vaut au Conseil des Crusher
01:23une formidable réputation dans l'univers connu.
01:26Et parmi toutes les équipes de Crusher,
01:28il en est une d'élite, celle de Crusher Joe.
01:31Ayant accepté une mission de transport d'apparence anodine,
01:34l'équipe de Joe se réveille à la sortie d'un saut hyper spatial,
01:37sans passagers, sans documents, sans paiement,
01:39et avec les forces spatiales aux trousses
01:41et leur licence de Crusher révoquée.
01:43Mais Joe, Alphine, Talos et Ricky
01:45sont bien décidés à mettre la main sur ceux qui ont cherché à les doubler.
04:22Première chose à dire que vous ne pouvez percevoir,
04:24malgré ces plus de deux heures,
04:25le film ne traîne pas sa durée comme un boulet.
04:27Je ne dirais pas qu'on ne voit pas le temps passer,
04:29mais si le film vous parle sur les 15-20 premières minutes,
04:32à mon avis, vous n'aurez aucun souci à poursuivre jusqu'à la fin.
04:35Ce qui est tout de même assez remarquable
04:37pour une réalisation de 1983,
04:39où on pourrait s'attendre à ce que ça devienne vite ronflant.
04:42Ceci s'explique par deux choses
04:43si on met de côté le scénario
04:45qui tient plutôt bien en haleine le spectateur
04:47et sur lequel je n'ai rien à dire en particulier.
04:49Premier élément, l'animation.
04:52J'entends par là aussi bien son exécution,
04:54car c'est vraiment très bien animé,
04:55que son utilisation.
04:57Il y a très peu de scènes statiques
04:59où un vaisseau n'est pas en mouvement,
05:00un personnage n'est pas en train de gesticuler.
05:03Même un pauvre personnage qui fait office de figurant
05:05aura bien souvent des réactions, des mimiques.
05:07Ça m'a vraiment interpellé.
05:08Deuxième élément qui dynamise cette réalisation,
05:11le nombre de plans.
05:13Je ne sais pas comment ils se sont débrouillés,
05:14mais avoir produit autant de scènes,
05:17cadrages différents sur plus de deux heures,
05:19c'est vraiment un travail de titan.
05:20D'autant qu'il y a tout de même
05:21pas mal d'environnements distincts,
05:23entre les vaisseaux spatiaux, les villes, la forêt,
05:25les bâtiments modernes et anciens,
05:27en intérieur, en extérieur,
05:29et même des scènes aquatiques
05:31ou dans des marais.
05:32C'est remarquable.
05:33Donc si on réunit les deux éléments,
05:35animations omniprésentes
05:37et des scènes toujours changeantes,
05:39les deux heures et quelques passent plutôt bien
05:40avec cette réalisation assez dynamique.
05:43Deux autres points aident à accrocher
05:44et divertir le regard.
05:45Ce sont les couleurs et le sens du détail.
05:48Particulièrement sur les charadesign,
05:50avec des tenues très variées et minutieuses,
05:52jouant avec de nombreux coloris.
05:54Les vaisseaux, les décors ne sont pas en reste,
05:56et on sera même parfois sur quelques scènes
05:58à la limite du psychédélique.
06:00Sans parler des explosions de toutes les teintes possibles.
06:03Tout ça est plaisant à regarder,
06:05c'est visuellement une belle réalisation
06:06maîtrisée de bout en bout.
06:08A côté, évidemment le film fait son âge
06:10sous certains aspects.
06:11Comme à propos de la musique par exemple,
06:13orchestrale la majorité du temps,
06:15elle est vraiment ancrée dans son époque.
06:17Ce n'est pas déplaisant,
06:18mais c'est notable.
06:19Elle pourra par instant faire penser
06:20à certaines grandes sagas de space opéra de l'époque.
06:23Donc, ça sonne juste en tout cas.
06:25Sur le scénario,
06:26comme je l'ai dit auparavant,
06:27pas grand chose à noter,
06:28la proposition est intéressante.
06:30Certains pourraient regretter néanmoins
06:31un manque de contextualisation
06:33de l'univers dans lequel nous sommes plongés.
06:35Peut-être que quelques informations supplémentaires
06:38sur les crocheurs
06:38n'auraient pas été de refus,
06:40il est vrai,
06:40ou encore sur le contexte politique
06:42et les interactions entre les différentes planètes,
06:44gouvernements et organisations supranationales.
06:47Il faut prendre ce film
06:48un peu comme une aventure déjà en marche.
06:50Ça ne m'a pas dérangé.
06:51Par contre,
06:52il y a bien 2-3 réactions
06:53de nos personnages principaux
06:55qui servent à faire avancer le récit
06:57que j'ai trouvées pour le moins peu convaincantes.
06:59Et ça rejoint une chose
07:00que j'avais noté dans le connaît pas numéro 16
07:02consacré à Venus Wars.
07:03Les personnages sont de temps en temps
07:05un peu trop naïfs.
07:06Ils sont jeunes
07:07et font tête baissée
07:08dans tout ce qui bouge
07:09ou se font manipuler
07:10sans trop de problème.
07:11De mon point de vue,
07:12on aurait gagné à viser un ton
07:14un peu plus sérieux.
07:15Sur toute la durée du long métrage,
07:16on est plutôt sur un côté
07:17bon enfant que mature.
07:19Avec entre autres,
07:20de nombreux petits gags visuels
07:22qui ne m'ont pas toujours
07:22semblé arriver au bon moment,
07:24mais qui au moins vont bien
07:25avec le visuel.
07:26Globalement,
07:27comme dans Venus Wars,
07:28il manque un degré de dramaturgie
07:30dans ce Crusher Joe
07:31et c'est selon moi
07:32son principal défaut.
07:34Ce point là
07:34est surtout subjectif
07:35et n'altère en rien
07:36la qualité technique du film.
07:38Donc finalement,
07:39si vous avez laissé tomber le bento
07:40et que vous êtes plutôt
07:41en mode digestion de la tartiflette,
07:43installez-vous devant ce Crusher Joe.
07:45Et si vous avez un système
07:46ambilight ou similaire
07:48sur votre téléviseur,
07:49c'est le moment d'en profiter.
07:50Ah et un petit détail
07:51que je n'ai pas évoqué pour terminer,
07:53il y a de nombreux clins d'œil
07:54ou même des personnages
07:56dessinés par des mangakas invités.
07:57Je vous laisse trouver tout ça.
07:59Sur ce, c'était Bleach,
08:01à la prochaine,
08:02tchuss !
08:02Sous-titrage Société Radio-Canada
08:04Merci.
08:04Merci.
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