00:00Alors la vraie star de Cannes, ma maman, et ce photographe génial qui prend la photo,
00:05c'est mon papa, très amoureux visiblement, photographié à la plage de Jeanne d'Arc
00:09près de fille Vilskigda. Je ne suis pas sûre de l'année, c'est 1958-1959,
00:16elle a déjà le physique de la star qu'elle sera de l'autre côté de la Méditerranée
00:20à Cannes, dans la ville des stars.
00:22Tant ensoleillée avec forte rafale de vent, ça c'était mon papa,
00:26mère belle à forte au large, ça c'est ma maman, et ça fait de moi la Miss Météo de
00:31la Méditerranée.
00:32C'est le livre que tu as promis à ta mère d'écrire sur son lit de mort ?
00:35Oui, elle m'en parlait avant, mais au moment où ce terrible saut dans l'inconnu se produit,
00:43je pense qu'elle avait besoin de ne pas disparaître, elle avait besoin d'un bout d'éternité,
00:49et cette promesse que je lui ai faite au crépuscule de sa vie,
00:54ça lui a permis de savoir qu'elle ne disparaîtrait pas, qu'elle allait encore exister,
01:00y compris pour des gens qu'il n'avait jamais rencontrés de son vivant.
01:03Une maman pied-noir, d'origine pied-montaise,
01:05mais elle va reconstituer un peu son Maghreb natal sur ces derniers mois,
01:09en étant entourée de femmes maghrébines.
01:12Et d'hommes, il y a femmes et hommes, je le découvre moi-même petit à petit,
01:17parce qu'au fond quand j'allais la voir, elle faisait plutôt le vide autour d'elle,
01:20je ne voyais pas ses contacts, ses relations, sauf une fois où j'ai vu qu'elle mélangeait autour d
01:26'elle
01:26des pieds-noirs et des Français ou pas Français d'origine maghrébine.
01:32Et le fait est que la femme merveilleuse qui va nous accompagner,
01:37parce que c'est lourd, moi j'habite à mille kilomètres de chez ma mère qui habite le sud de
01:40la France,
01:41Aïcha, elle est marocaine, je l'appelle Sainte Aïcha.
01:45L'infirmière qui est extraordinaire, l'infirmière en chef, elle s'appelle Zahra,
01:50elle, elle est algérienne, je dirais parisienne, d'origine algérienne,
01:54mais bien que vivant dans le sud de la France.
01:56Il y a une autre infirmière qui est marocaine,
01:59le fils d'Aïcha, c'est l'homme de confiance de ma mère,
02:02le jardinier Ali, il est d'origine tunisienne.
02:04Enfin, je veux dire, il y a tout le maghréb,
02:07et sans ces personnes,
02:08elle n'aurait pas pu vivre aussi sereinement sa fin de vie,
02:13et même avant.
02:15Ils ont témoigné d'une telle chaleur humaine.
02:18Enfin, voilà, c'est toute la Méditerranée qui était là.
02:21Moi, je peux dire que c'est ma mère qui m'a appris à aimer,
02:23parce que son amour pour moi m'a obligée à apprendre à aimer
02:27en élargissant mon cœur au maximum.
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