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  • il y a 1 jour
Entre 1990 et 2023, le nombre de cancers chez les femmes françaises a explosé de 104% d’après une étude parue dans le magazine The Lancet. C’est le plus haut pourcentage d’Europe. Quel est le lien entre cancer et changement climatique ? Pourquoi les femmes sont-elles les plus touchées ? Et enfin, quelles responsabilités ont les pouvoirs publics dans cette situation ?

Retour sur une soirée exceptionnelle en présence de la militante Camille Etienne, de la fondatrice de Cancer Colère, Fleur Breteau et du toxilocologue Xavier Coumoul. Une soirée animée par Maud Benakcha, journaliste vidéo à Libération.

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Transcription
00:00Nous on a beaucoup d'enfants d'agriculteurs qui viennent nous voir en disant
00:02bah en fait ma mère est morte ou mon père est mort
00:05et l'autre bah en fait il est obligé de continuer à utiliser des pesticides parce qu'il n'a
00:09pas le choix.
00:10Ne pas avoir le choix d'être exposé à des produits toxiques
00:13c'est la réalité aujourd'hui des agriculteurs agricultrices, des femmes de ménage, des boulangers.
00:18C'est aussi la réalité du reste de la population, enfin votre réalité, notre réalité.
00:23Nous sommes exposés quotidiennement à des molécules toxiques, des polluants éternelles
00:27comme l'épifas ou le cadmium dans nos produits du quotidien.
00:30Il y a un vrai problème massif d'une industrie chimique qui crée un empoisonnement général de la population.
00:36Qu'est-ce qu'on fait ?
00:38La conséquence directe de cette situation c'est la hausse hallucinante du nombre de cancers.
00:43En particulier chez les femmes françaises, elles ont connu plus 104% des cas entre 1990 et 2023
00:49d'après une étude publiée dans le magazine britannique The Lancet.
00:53Pour analyser ce scandale qui pollue le quotidien, on a réuni trois invités.
00:57Fleur Bretot, militante, fondatrice du collectif Cancer-Colère et elle-même atteinte d'un cancer.
01:02Camille Etienne, militante, voix de l'écologie et de la santé.
01:05Xavier Koumoul, professeur de toxicologie à l'université Paris-Cité et directeur à l'Inserm.
01:10Ce stream de Libération, il a été vécu en direct sur Twitch et en public à l'Académie du Climat
01:15le 10 avril
01:16dans le cadre du Climat Libé Tour, ce tour de France des enjeux de biodiversité et de climat de la
01:21rédaction de Libération.
01:22Moi je suis Maude Benakcha, journaliste au service vidéo de Libé.
01:25Et pendant cette discussion, préparez-vous parce qu'on va parler racisme, secret industriel
01:30et surtout comment en terminer avec une situation de survie des agriculteurs
01:34qui sonne comme une alerte pour nous, le reste de la population.
01:38Prendre les responsabilités pour sortir de ce choix qui n'en est pas un.
01:42C'est le suicide ou la maladie.
01:46Xavier, pour rentrer dans le cœur du sujet scientifique et pour décortiquer ce soir notre situation sur le lien entre
01:53cancer et pollution,
01:54plus précisément, toi tu travailles depuis des années sur, je cite,
01:58les mécaniques cellulaires et moléculaires d'action des polluants environnementaux.
02:01Qu'est-ce que ça veut dire ? C'est quoi ?
02:04Alors on travaille sur plein de polluants différents.
02:07On a beaucoup commencé à travailler sur des polluants persistants.
02:11Si on parle de cancer féminin, évidemment le sein est un organe extrêmement important
02:17pour la reproduction et la nutrition des bébés.
02:20Et donc du coup, le sein, il a énormément de cellules grasses qui sont riches en lipides
02:27qui lui permettent de constituer, entre guillemets, une partie du lait.
02:31Parce que le lait est évidemment un nutriment qui est très gras.
02:35De ce fait, dans ces graisses, on va avoir un certain nombre de polluants qui peuvent se stocker.
02:41Des polluants qu'on n'arrive pas à éliminer pendant un certain nombre d'années.
02:44Donc on a beaucoup travaillé sur des dioxines, ce qu'on appelle des PCB.
02:47Alors c'est assez médiatisé au niveau notamment de la vallée du Rhône.
02:51Et on s'est rendu compte que ces polluants, à la fois sur des échantillons cliniques
02:56de personnes qui avaient été opérées, et puis à la fois en utilisant des modèles in vitro,
03:02donc typiquement des cellules qu'on va cultiver,
03:05qu'un certain nombre de ces polluants peuvent favoriser des processus métastatiques.
03:11La métastase, c'est un enjeu majeur lorsqu'on parle de cancer,
03:14parce que dans 90% des cas, c'est ça qui tue.
03:17Donc il faut savoir qu'à 5 ans, 99% des cancers du sein qui sont non métastatiques,
03:24enfin plutôt 99% des femmes qui ont un cancer non métastatique survivent.
03:28Et bien ça, c'est une bonne nouvelle, d'une certaine manière,
03:30même si, voilà, évidemment l'impact psychologique, on sait qu'il est énorme.
03:33On y reviendra de toute façon.
03:34Voilà, je parle de ça, et j'ai un peu les frissons de parler de ça à côté de Fleur,
03:37parce qu'évidemment, c'est pas simple d'en parler.
03:39Mais bon, c'est la réalité.
03:40Et c'est vrai que lorsque le cancer est métastatique, les taux de survie sont beaucoup plus faibles.
03:45Donc la métastase, c'est un vrai enjeu.
03:47Et c'est un vrai enjeu parce que la réglementation sur les produits chimiques
03:50ne tient pas compte de ces processus-là.
03:52Le cancer, c'est quelque chose de très complexe.
03:54Quand on dit, on a un cancer, il ne faut pas s'arrêter là.
03:57Il faut dire, quel organe ?
03:58Et après, un cancer triple négatif, comme on dit.
04:02Voilà, c'est une classification bien particulière
04:04qui fait qu'on est capable, pour un cancer du sein,
04:09de dire qu'en fait, il y a plein de catégories
04:10qui ont plus ou moins un pronostic qui est...
04:13Voilà, voilà.
04:14Donc nous, les mécanismes cellulaires et moléculaires,
04:16c'est tout simplement de voir, un petit peu comme lorsqu'il y a un processus
04:20de transmission de courrier à la poste,
04:22de voir comment le relais se fait de l'étape initiale,
04:26qui est on dépose une lettre à la poste,
04:28jusqu'à la transmission dans la boîte aux lettres de quelqu'un.
04:31Tout un tas de relais qui sont donc un enchaînement d'événements.
04:34Et au-delà de ce que tu dis sur la présence des seins
04:38et de ces matières grasses,
04:39est-ce qu'il y a une explication sur pourquoi
04:41est-ce que c'est particulièrement les femmes qui sont touchées ?
04:44Plus 104% entre 1990 et 2023,
04:48pourquoi c'est particulièrement les femmes ?
04:50La question des expositions, elle est complexe,
04:52parce que c'est vrai qu'il y a eu des changements aussi
04:54des modes de vie, il faut le dire.
04:55Sur le tabac, par exemple, il y a eu une émore en évolution,
04:58mais ce qu'il faut voir, et c'est un chiffre qui est important,
05:00c'est que pour les cancers du sein,
05:0220% des femmes ont moins de 50 ans.
05:05Or, il y a souvent un argument qui est avancé pour dire
05:07s'il y a plus de cancers chez les femmes, etc.,
05:10c'est parce qu'il y a plus de dépistage,
05:12il y a un vieillissement plus important.
05:14Ça ne marche pas pour quelqu'un qui a moins de 50 ans ?
05:16Voilà.
05:17Et donc ça, c'est un chiffre qui est en augmentation.
05:19C'est en augmentation pour le sein,
05:20c'est en augmentation pour le pancréas.
05:21Donc il y a probablement une explication environnementale
05:24qui est liée à nos expositions chimiques.
05:26Probablement pas qu'eux, parce qu'on sait que, par exemple,
05:28les déficits de sommeil, ça peut avoir un certain impact.
05:31Donc toutes les expositions, ce qu'on appelle l'exposome,
05:33l'exposome, c'est l'ensemble de nos expositions,
05:36peuvent avoir une incidence.
05:38Après, ce qui est important à préciser,
05:40c'est que souvent nos expositions chimiques ne sont pas volontaires.
05:43On est exposé à des pesticides non volontairement.
05:46Évidemment, le tabac, l'alcool, oui, souvent on y reviendra là-dessus.
05:50Voilà, mais les expositions chimiques, les pesticides,
05:53les phtalates, les bisphénols, je peux faire toute une liste.
05:55Je ne vais pas faire ça, parce que sinon, il y en a pour une heure.
05:57Je ne veux pas faire de men-spreading.
05:59Du coup, ça, c'est un vrai enjeu pour les années à venir.
06:03Et un chiffre sur lequel on reviendra,
06:05tu as répondu avec Fleur à une interview croisée
06:07qu'on a publiée dans Libération, qui était vraiment super.
06:10Enfin, vraiment, merci d'avoir pris ce temps.
06:11Vous étiez devant l'Assemblée nationale.
06:13C'est une interview qui est signée Lorraine Malka,
06:15et qui était vraiment très belle.
06:18Donc merci d'avoir pris ce temps.
06:19Et dedans, vous dites plein de choses,
06:22mais Xavier, tu dis notamment moins de 5 %.
06:24Voilà, scientifiquement, la part strictement liée
06:26à la génétique est très faible.
06:28Moins de 5 % pour les cancers du sein, par exemple.
06:30Donc pendant cette discussion,
06:32on va essayer de trouver les 95 % restants.
06:35Camille et Tienne, est-ce que sur une petite introduction,
06:39sur le début de la discussion,
06:40est-ce que tu peux nous dire pourquoi
06:41est-ce qu'on peut relier changement climatique et cancer ?
06:45Allez.
06:46Bonjour.
06:47Bonjour.
06:47Je parle plus que moi.
06:49Non, très rapidement, de mille manières.
06:52Mais je dirais que la première,
06:54c'est qu'on a vraiment longtemps sous-estimé
06:57les facteurs environnementaux.
06:58En tout cas, ça a été étouffé, à mon avis, à dessein,
07:02pour empêcher une réglementation,
07:04notamment au niveau des pesticides,
07:06changer radicalement de modèle agricole, par exemple.
07:09où j'ai commencé à travailler sur les polluants éternels,
07:12sur les pifaces.
07:13C'est fascinant, je suis partie après un an à Oxford,
07:17j'ai fait mon terrain d'études sur ça.
07:19Donc j'ai eu la chance de rencontrer plein, plein, plein de chercheurs.
07:22Notamment, il n'est pas le temps que la semaine dernière,
07:24notre ami.
07:25Et donc en fait, là, c'est l'état dans lequel je suis en ce moment,
07:28c'est juste passer plein de temps avec des chercheurs,
07:30des toxicologues, des chimistes,
07:32à qui je pose la question,
07:34ça fait combien de temps que vous savez ça ?
07:36Est-ce que ça vous inquiète ?
07:39Et ce qui me fascine, c'est quand même de voir
07:42l'espèce de consensus qu'il peut y avoir
07:44sur le fait qu'on est exposé de plus en plus
07:48à une contamination chimique massive,
07:51qu'on en connaît peu,
07:53qu'il y a beaucoup de molécules auxquelles on ne connaît pas,
07:56et qu'on est, pire que ça,
07:57on est aussi exposé à ce qu'on appelle un effet cocktail.
08:00Et que de quoi on se retrouve, on ne reviendra après, peut-être ?
08:03Mais vas-y, tu peux continuer.
08:04Non, mais du coup, juste en introduction,
08:05en fait, c'est que moi, ce qui m'inquiète beaucoup,
08:06c'est que j'ai eu l'impression d'avoir,
08:09j'ai grandi dans une famille avec une mère très écolo,
08:12très anti-pesticides.
08:13Donc pour moi, c'était la question
08:15sur l'environnemental, c'était le pesticide.
08:17Quelques années, je découvre l'épiphase,
08:19je me dis, ah, mais en fait, c'est le truc d'épiphase.
08:20Ensuite, on va nous parler du cadmium.
08:22Je me dis, ah, mais en fait, c'est...
08:23Ça ne s'arrête pas.
08:24Le point commun que j'ai entre tous les chercheurs
08:27que je rencontre, les chercheuses,
08:29c'est vraiment cette idée de dire,
08:31on prend le problème 20 ans, en retard, quelque part.
08:35L'industrie a déjà 20 ans d'avance sur nous.
08:37Parce qu'avec cette idée du secret industriel,
08:40en fait, ils connaissent des molécules
08:42que nous, on connaîtra peut-être dans 20 ans.
08:43Et donc, en fait, le temps que nous, on se dise,
08:47OK, qu'est-ce que c'est qu'on a identifié ?
08:49On a identifié ensuite la maladie que ça peut donner,
08:52l'effet que ça peut avoir sur la santé, sur les écosystèmes.
08:55Et ensuite, qu'on se batte comme des chiens
08:57face à des lobbies très, très puissants
08:59pour essayer d'interdire ces molécules-là.
09:01Pendant ce temps, c'est des milliers, des millions de gens qui meurent.
09:04C'est aussi simple que ça.
09:05Donc, en fait, je me dis qu'il faut vraiment
09:06qu'on arrive à prendre le problème un peu à l'envers
09:08et à se dire qu'il y a un vrai problème massif
09:11d'une industrie chimique
09:13qui crée un empoisonnement général de la population.
09:15Qu'est-ce qu'on fait ?
09:16Qu'est-ce qu'on fait en tant que société face à ça ?
09:19L'une des questions que tu as posées, c'est depuis quand ?
09:21Est-ce que vous savez, Fleur Bretot,
09:24dans ton livre Cancer-Colère,
09:25tu parles d'une personne,
09:27et j'aimerais bien t'entendre en parler,
09:28de Rachel Carson.
09:29Rachel Carson !
09:30Exactement, vas-y, parle-en, parle-nous de Rachel Carson.
09:33C'est qui ? C'est une biologiste ?
09:34C'est qui ? Elle fait quoi ? Elle raconte quoi ?
09:36C'est une Américaine qui était biologiste.
09:39Elle a sorti plusieurs livres,
09:41dont son dernier,
09:43Un printemps silencieux, en 1962,
09:45traduit et publié en France en 1963.
09:48Et personne ne savait ça,
09:51mais en fait, elle avait un cancer du sein très grave
09:53quand elle a écrit ce livre.
09:54Elle n'en a parlé à personne,
09:55parce que déjà, on la traitait de terroriste et d'hystérique.
09:58Ça vous rappelle quelque chose ?
10:00Et elle a compilé toutes les études
10:02et les observations scientifiques aux États-Unis
10:06qui montraient le lien direct
10:07entre la violence chimique
10:09et, tout à coup,
10:10des troupeaux qui tombaient malades
10:12dans toute une région.
10:13Des lacs où il n'y avait plus de poissons,
10:15plus d'oiseaux.
10:16Où d'un coup, il y avait des villes entières,
10:18les gens tombaient malades.
10:20Où l'eau rendait malade.
10:23Donc, elle a tout documenté.
10:25Ça a fait un énorme scandale.
10:27Ce n'est pas du tout passé
10:28comme une lettre à la poste.
10:30Ça a fait un énorme battage médiatique.
10:33Et elle a écrit ce livre qui est magnifique.
10:35Quand vous le lisez à la fin,
10:36non seulement vous apprenez ce que c'est que la biologie,
10:39mais vous apprenez aussi ce que c'est que...
10:40Enfin, ce n'est pas qu'on apprend.
10:42On devient un peu biologiste.
10:45Et c'est un livre de poésie aussi.
10:47C'est magnifique.
10:47C'est très bien écrit.
10:50Donc, c'est un peu lunaire,
10:51mais on comprend quand on sait
10:53que c'était son dernier livre.
10:54Donc, elle a mis toute son âme dedans,
10:56toute sa colère, son âme dedans.
10:58Et c'est splendide.
10:59Et donc, en fait, depuis 1962,
11:01on peut officiellement dire qu'on sait.
11:03On est en 2026.
11:05Oui.
11:07Dans ton livre, toujours Cancer-Colère,
11:09tu donnes beaucoup de chiffres.
11:10C'est très sourcé, ton livre.
11:13Et il y a un mot.
11:15Quand je l'ai lu, je me suis dit,
11:16mais oui, évidemment.
11:17À un moment, tu parles du mot de pesticide.
11:20Dans la salle, sur le chat, demandez-vous
11:22quelles sont les premières réactions que vous avez
11:24quand vous entendez ce pesticide
11:26et quels autres mots
11:28auxquels on devrait penser,
11:29en fait, normalement ?
11:32Rachel Carson les appelle les agrotoxiques.
11:35Alors, c'est vrai que, globalement,
11:37quand on dit le mot pesticide,
11:38on ne pense pas à vitamines ou bonbons.
11:41On sait que ce n'est pas dans cette catégorie-là.
11:43Mais elle, elle les appelle les agrotoxiques
11:45et les lobbies des pesticides
11:47les appellent les protecteurs des plantes.
11:53Pesticides, ça veut dire...
11:54Si, le site s'est tué.
11:56C'est comme dans Génocide.
11:57C'est fabriqué pour tuer.
11:58C'est-à-dire que, quand même,
11:59l'industrie de la chimie
12:01a recyclé les gaz
12:05utilisés pendant la Première et la Deuxième Guerre mondiale
12:07dans l'agriculture
12:09sans passer par une case recherche et développement.
12:11Je veux dire, ça a été...
12:12C'est passé de l'entrepôt au champ.
12:15Et après, ils disent qu'ils défendent les agriculteurs.
12:18Donc, on en est là aussi.
12:19Excusez-moi, je suis un peu énervée.
12:21Il y a trois.
12:26Parce que là, il se passe des trucs un peu graves.
12:29C'est vrai que je sature Instagram, tout ça,
12:32l'omnibus, Duplon 2, 3, 12...
12:35On est vendredi soir, donc c'est chaud.
12:37Dis-toi qu'en face,
12:38et toutes les personnes qui sont là dans la salle,
12:41c'est-à-dire à peu près plus de 250 personnes,
12:43il y avait les deux tiers qui ont levé la main
12:44en début de séance pour dire
12:45« Nous aussi, on est en colère ».
12:47Voilà, donc des pas seuls autour de la salle.
12:48Objectif 100% à la fin.
12:51Et donc, oui, en fait,
12:52ce sont des agro-toxiques qui sont fabriqués
12:54pour tuer les pesticides.
12:57Et le problème, c'est qu'ils sont persistants
12:59dans l'environnement.
13:00Aujourd'hui, quand on fait...
13:02Comme l'association Avenir Santé Environnement,
13:04quand on fait des tests sur les cheveux des enfants,
13:06on retrouve des produits
13:07qui sont interdits depuis 30 ans.
13:12Quand on parle d'épifaces,
13:13il y a une partie d'épifaces,
13:15déjà, on ne sait pas les mesurer dans l'air,
13:16qu'on ne sait pas les mesurer dans les sols.
13:19On sait les mesurer à peu près dans l'eau.
13:22Mais là, une grosse partie,
13:23on ne sait pas les filtrer.
13:27Objectif, je vous ruine le week-end aussi.
13:29Mais en fait, c'est ça aussi.
13:30On est dans un monde de technosolutionnisme
13:34où on se dit, en fait,
13:35la technologie va nous sauver des pesticides
13:37qui sont eux-mêmes une pseudo-technologie.
13:39mais alors qu'on fabriquait des carottes bio
13:41et des pommes bio
13:43qui ne s'appelaient pas bio
13:44parce que c'était des carottes et des pommes.
13:47Et ça marchait, quoi.
13:49Et à partir du moment où l'industrie de la chimie
13:52a mis son nez dans l'affaire,
13:55là, on s'est retrouvés avec des problèmes
13:57et notamment chez les agriculteurs en premier lieu
14:00et leur voisinage.
14:02Et nous, on a beaucoup d'enfants d'agriculteurs
14:04qui viennent nous voir en disant,
14:05en fait, ma mère est morte ou mon père est mort
14:08et l'autre, en fait, il est obligé
14:10de continuer à utiliser des pesticides
14:12parce qu'il n'a pas le choix.
14:13La banque ne finance pas sa transition agricole
14:15vers des pratiques d'agroécologie.
14:19Et donc, tous les matins,
14:20ma mère ou mon père se lèvent en disant
14:22les pesticides ont tué mon compagnon, ma compagne.
14:25Mais en fait, je dois continuer.
14:26Donc, c'est le suicide ou la maladie.
14:29Et c'est vrai que sur le lien aux agriculteurs,
14:32on y reviendra, sur la filtration.
14:35Je t'ai vu réagir sur le fait de filtrer.
14:37Toi, c'est l'un de tes sujets,
14:38notamment sur les PIFAT.
14:40Est-ce que tu veux des PIFAT ?
14:41C'est un peu chiant comme...
14:43Non, mais peut-être qu'on a une passion de filtration.
14:45Je ne sais pas.
14:46En réalité, parce que c'est vraiment le...
14:49C'est exactement ce que...
14:50C'est le réflexe technosolutionniste
14:53qu'il y a eu après ce qu'on a des PIFAT.
14:55Ça a été de dire, regardez,
14:57en fait, il s'agit uniquement...
14:58La solution magique, ça va être...
15:00Pas de souci, on va continuer à produire
15:02et puis on va juste l'enlever.
15:03C'est exactement pour moi dans la même veine
15:05que l'idée de séquestrer le carbone,
15:08l'idée vraiment qu'on...
15:09Et puis, une seule solution.
15:11C'est l'agence du chaos qu'ils sont en train de faire.
15:11Une seule solution, alors qu'en fait, ça n'existe pas.
15:13Sauf qu'en fait, même au-delà philosophiquement
15:15de ce que ça veut dire,
15:16juste même concrètement,
15:18parce que je me suis dit,
15:19OK, très bien, on va aller voir
15:20vraiment les meilleurs spécialistes sur la filtration.
15:22Oui ou non, ça marche, dites-moi.
15:23Au moins, comme on sache.
15:24En réalité, on ne peut pas, aujourd'hui,
15:27filtrer réellement l'épiphase
15:28pour plein de raisons.
15:29La méthode la plus efficace,
15:31c'est ce qu'on appelle l'osmose inversée,
15:33ce qu'on utilise en mer
15:33pour transformer de l'eau salée
15:35en eau douce pour les marins.
15:37C'est extrêmement énergivore.
15:39Donc, c'est-à-dire qu'en termes d'empreintes carbone,
15:41mais c'est stratosphérique,
15:42ça coûte un pognon de dingue,
15:44pour reprendre les termes de notre président.
15:47Donc, en fait, je ne sais pas comment
15:48notre société va avoir les capacités
15:50de dépolluer l'eau.
15:51Il y avait d'ailleurs le Forever Lobbing Project
15:52qui avait essayé de regarder
15:54ce que ça coûterait de dépolluer l'eau.
15:56C'est impensable.
15:57C'est-à-dire que c'est l'effondrement
15:59même du système capitaliste.
16:01Juste l'idée de la dépollution de l'épiphase,
16:03ça incarne ça.
16:04On n'a pas les capacités, aujourd'hui,
16:06réellement de dépolluer l'eau d'épiphase.
16:09Et ensuite, il y a deux derniers problèmes techniques
16:11assez intéressants,
16:12c'est qu'on se retrouve avec un substrat d'eau,
16:14enfin, un substrat de toxiques,
16:17dont, qu'est-ce qu'on va en faire ?
16:18Je veux dire, on va juste les rejeter
16:20un peu plus loin, brillant.
16:22Et après, on a de l'eau
16:23qui est complètement déminéralisée.
16:24Donc, en fait, on a de l'eau
16:25qu'on ne peut pas utiliser
16:26sans rajouter ensuite derrière.
16:29Vous voyez, c'est juste que ça ne va pas fonctionner.
16:31On n'a pas les moyens, aujourd'hui,
16:32réellement, sincèrement,
16:35de dépolluer l'eau d'épiphase.
16:36Donc, ce n'est pas une solution.
16:37L'urgence vitale, absolue et nécessaire,
16:40ça va être de couper les robinets.
16:42Après, quand il y a des clusters,
16:44ce qu'on appelle des hotspots
16:44à des endroits très pollués,
16:46on va pouvoir essayer.
16:47Il y a des mécanismes
16:48pour remplacer de la terre.
16:50Mais ça, ça doit venir
16:51en dernière instance.
16:53L'absolu, heureusement,
16:54c'est de couper le robinet
16:54de la contamination.
16:56Parce que sinon,
16:56c'est comme si on mettait
16:57des dépensements
16:58sur une hémorragie interne.
16:59C'est absurde comme réponse.
17:01Il y a des agriculteurs
17:01qui ont dû quitter
17:04leurs terres agricoles
17:05parce qu'ils ont utilisé
17:08des bouts d'épandage
17:10issus de papeteries
17:12bourrées de pifases
17:13depuis des années.
17:14Leurs sols sont tellement
17:15blindés de pifases
17:16qu'ils ont dû quitter
17:17en 24 heures
17:19leurs terres,
17:20toutes abandonnées.
17:21C'est dans l'Est de la France
17:22et dans la Meuse.
17:23Ils portent plainte.
17:26Les chiffres de santé publique
17:29en Europe
17:29sur les conséquences des pifases,
17:32c'est entre 50 et 80 milliards d'euros
17:35par an.
17:36Et pour décontaminer
17:37des hotspots,
17:38donc pas toute l'Europe,
17:39décontaminer des hotspots,
17:41c'est 2000 milliards d'euros
17:43sur 20 ans.
17:45Voilà.
17:46Donc là,
17:48les pifases sont utilisées
17:49pour consolider
17:50l'effet des pesticides
17:51au cas où ils n'étaient pas
17:52assez balèzes.
17:53Donc on en a aussi
17:55dans l'agriculture.
17:56Xavier,
17:57on parlait tout à l'heure
17:57de l'effet cocktail.
17:59Donc on est vendredi soir,
18:00peut-être qu'on aurait pu
18:02en prendre,
18:02mais est-ce que tu peux nous faire
18:03du coup
18:04un cours de mixologie scientifique
18:06sur l'effet cocktail ?
18:08Oui,
18:09alors c'est pas très compliqué
18:09parce qu'en fait,
18:10dans notre vie de tous les jours,
18:11on sait que lorsqu'on prend
18:12un médicament,
18:14il y a certains autres médicaments
18:16qui nous sont interdits.
18:18Ça,
18:19c'est typiquement
18:20un effet cocktail.
18:21A plus B,
18:22typiquement,
18:24voilà,
18:24dans certains cas,
18:25il vaut mieux pas
18:26prendre deux médicaments ensemble.
18:27L'effet cocktail,
18:29c'est,
18:29alors,
18:30en environnement,
18:31c'est compliqué,
18:31parce que l'exposome chimique,
18:33c'est 100 000 molécules au moins.
18:35Je parle juste
18:35des molécules originelles,
18:37c'est-à-dire,
18:37je parle pas des métabolites,
18:38bon bref,
18:38je vais pas rentrer trop
18:39dans le détail,
18:40mais donc,
18:40si je prends un échantillon de sang
18:42de toutes les personnes
18:42dans la salle,
18:43je fais une analyse,
18:45on va dire,
18:45sur leurs expositions,
18:46on va trouver forcément
18:47des molécules qui vont être
18:49toutes différentes
18:50dans le sang
18:50et multiples.
18:52Donc,
18:52c'est ça l'effet cocktail,
18:53c'est le fait d'être exposé
18:54à A plus B plus C plus D plus E
18:58et que,
18:59lorsqu'on fait la somme des effets,
19:00on ne retrouve pas,
19:01en fait,
19:01la somme des additivités
19:03des molécules.
19:05Pour être plus clair,
19:061 plus 1 égale 3,
19:07c'est ça l'effet cocktail.
19:08Parfois,
19:081 plus 1 égale 0,
19:09ça peut arriver,
19:11parfois,
19:111 plus 1 égale 2,
19:12ça peut arriver,
19:13mais on peut avoir,
19:14en fait,
19:14ces trois scénarios.
19:16Le 1 plus 1 égale 0,
19:18les deux molécules s'antagonisent,
19:201 plus 1 égale 2,
19:21ça,
19:22c'est ce qu'on attend
19:22et souvent,
19:23on le constate malgré tout.
19:25Mais parfois,
19:25on a 1 plus 1 égale 3,
19:26voire 4,
19:27voire 5,
19:27voire 6,
19:28voire 7,
19:28etc.
19:29C'est ça l'effet cocktail,
19:30c'est le fait que
19:30la combinaison des deux molécules
19:32ne donne pas le résultat
19:33qui est attendu
19:34par une simple addition
19:35de leurs effets.
19:36Et l'enjeu aussi,
19:36c'est que ces effets cocktail,
19:37ils ne sont pas analysés.
19:38Alors,
19:39il y a plein de choses
19:39qui ne sont pas analysées.
19:41Si on prend,
19:42voilà,
19:42en fait,
19:43la réglementation des produits chimiques,
19:44pour faire simple,
19:45il y a un point clé
19:46qui est l'autorisation
19:47de mise sur le marché.
19:49L'autorisation de mise sur le marché,
19:50ce qu'on appelle l'AMM,
19:51c'est quand on dit aux industriels
19:53vous pouvez commercialiser
19:54votre molécule.
19:55Bisphénol,
19:56phtalate,
19:56pesticides.
19:58Il y a un avant
19:58et il y a un après.
20:00L'avant,
20:00c'est la réglementation.
20:02L'industriel souhaite
20:03commercialiser son produit
20:05avant de le commercialiser.
20:07Il y a une procédure réglementaire
20:08qui est importante
20:09parce que sinon,
20:10s'il n'y en a pas,
20:10on commercialise tout.
20:12On peut y revenir
20:13parce qu'il y a une omnibus
20:14qui est dans le secteur.
20:15Bref,
20:16tu en as un peu parlé.
20:17Mais en gros,
20:18il y a quand même
20:18une procédure réglementaire
20:20qui, à mon avis,
20:20est importante
20:21et qu'il ne faut pas
20:22jeter à la poubelle
20:22parce que si on la jette
20:23à la poubelle,
20:24on libéralise tout.
20:27Cette réglementation,
20:27elle est basée sur des tests.
20:29Vitro,
20:30vivo,
20:31vitro,
20:31des cellules,
20:32vivo,
20:32des animaux,
20:33souvent des souris.
20:34Une fois que c'est mis
20:34sur le marché,
20:35en fait,
20:36avant cette autorisation
20:37de mise sur le marché,
20:38l'humain n'a jamais,
20:39hormis quelques cellules humaines
20:41dans une vitro,
20:41mais n'a jamais été
20:42confrontée au produit.
20:43La réalité environnementale,
20:45c'est,
20:45en gros,
20:47les épandages agricoles,
20:48c'est l'exposition
20:49aux pifaces dans l'eau.
20:50On boit de l'eau,
20:51malgré tout.
20:52Il faut boire de l'eau,
20:53de toute façon.
20:54Bref,
20:55il y a un après
20:56l'autorisation
20:57mise sur le marché
20:58et c'est là
20:58que les scientifiques
20:59interviennent,
21:00font des études épidémiologiques.
21:01Oui,
21:01les agriculteurs,
21:02les agricultrices,
21:03leurs enfants sont exposés.
21:05On est capable
21:06de comparer
21:06des gens très exposés
21:08versus des gens
21:08moins exposés
21:09et de trouver des résultats
21:10que la réglementation
21:11ne trouve pas.
21:12C'est pour ça
21:13que dans les médias,
21:14quand vous entendez parler
21:15de telle agence dit
21:16le glyphosate n'est pas cancérigène,
21:18tel institut dit
21:19le glyphosate est cancérigène,
21:21vous ne comprenez pas
21:22parce que vous dites
21:22qu'il y a 12 institutions
21:24sûrement très,
21:26comment dirais-je,
21:27respectables
21:28et c'est vrai.
21:29Et entre les deux,
21:29beaucoup de conditionnels aussi.
21:31Beaucoup de conditionnels.
21:32Donc,
21:33le avant,
21:33le après,
21:33il est très important
21:34à considérer.
21:34et la réglementation
21:35n'évalue pas tout.
21:38Xavier,
21:39on a oublié un truc là quand même.
21:41C'est que la loi,
21:42elle prévoit quand même
21:43que pour qu'un pesticide
21:45soit mis sur le marché,
21:46il doit prouver
21:47qu'il est inoffensif
21:48pour la santé humaine
21:49et pour la biodiversité.
21:50Là, pour l'instant,
21:51c'est la fulère.
21:51Oui,
21:52mais la Cour de justice
21:54a condamné le gouvernement
21:56le 3 septembre dernier
21:57pour la deuxième fois
21:58pour non-respect
21:59de la réglementation
22:01sur la base
22:02des études scientifiques
22:03actuelles
22:03en disant
22:05vu les dommages
22:06faits à la biodiversité
22:07et les dommages
22:08pour la santé humaine,
22:09le gouvernement,
22:10vous ne respectez pas la loi.
22:12Donc,
22:13on vous donne six mois
22:13pour nous présenter
22:14un calendrier
22:15qui révise
22:17toutes les autorisations
22:18mises sur le marché
22:19de pesticides problématiques
22:21et vous avez deux ans
22:23pour changer
22:24votre système.
22:25Qu'est-ce qui s'est passé ?
22:28Eh bien,
22:28le gouvernement
22:28a fait appel
22:30au Conseil d'État
22:31et une semaine après,
22:32c'était le lobby des pesticides.
22:33Et voilà,
22:34donc,
22:35on voit de quel bord
22:36ils sont
22:37et effectivement,
22:38c'est très éclairant
22:39ce que tu dis,
22:40mais le problème,
22:41c'est qu'à la base,
22:42les pesticides,
22:43pour qu'ils soient autorisés,
22:45ils doivent montrer
22:46qu'ils sont inoffensifs.
22:47Et ce sont les laboratoires privés
22:48qui fournissent les données
22:50et qu'ils ne les publient pas
22:52nécessairement.
22:54Donc,
22:54ouais,
22:54c'est...
22:55L'expertise in serm pesticide,
22:56on n'avait pas accès aux données
22:57pour rebondir la suite.
22:58Ouais.
22:59Comment ça,
23:00vous n'aviez pas...
23:00On n'avait pas accès
23:01aux dossiers réglementaires,
23:03etc.
23:03Donc,
23:03on avait accès
23:04à la littérature scientifique
23:05qui abonde
23:06tous les résultats
23:07qui suivent
23:07l'autorisation
23:08de mise sur le marché.
23:09C'est-à-dire,
23:10voilà,
23:10quand moi,
23:11je fais des tests
23:12sur des cellules
23:12ou quand il y a
23:13des études épidémiologiques
23:14sur agriculteurs,
23:15agricultrices
23:16qui sont exposées
23:16ou non exposées.
23:17Mais comment...
23:18Enfin,
23:18pardon,
23:18je pourrais aller jusqu'au bout
23:19et rapproche-toi
23:20un tout petit peu
23:20du micro
23:21pour qu'on t'entend bien.
23:22Pourtant,
23:22je parle fort d'habitude.
23:23Du coup,
23:23ça veut dire que quoi ?
23:24Tu contactes
23:25et en face,
23:26on te répond
23:26genre non ?
23:27Moi,
23:28je n'ai pas contacté.
23:28Il y a une cellule expertise
23:29à l'Inserm
23:30qui fait ses contacts
23:31et qui a demandé
23:32à avoir accès
23:33aux dossiers réglementaires.
23:34Il doit y avoir
23:35ce qu'on appelle...
23:35Je ne suis pas juriste,
23:36du coup.
23:37Mais il doit y avoir
23:38un copyright
23:38ou plutôt une...
23:41secret industriel
23:42qui fait qu'on ne peut pas
23:43avoir accès
23:44à certaines données.
23:45Et tu sais,
23:46dans le colloque
23:47où on était,
23:47pesticides et cancers,
23:48il y a des chercheurs
23:49qui nous ont dit
23:49que dans le cas
23:50où on fait des études
23:52sur des pesticides,
23:53les laboratoires privés
23:55nous envoient
23:57des études,
23:57mais par carton.
23:58C'est-à-dire qu'ils envoient
23:59l'intégralité.
24:03Il faut retrouver
24:04un post-it
24:05dans 25 cartons.
24:06Et ils font exprès.
24:07Ils mettent
24:08l'intégralité
24:10comme ça,
24:10c'est impossible.
24:11L'intégralité
24:12de toutes les données,
24:13voilà.
24:14Et ils font exprès
24:15d'étaler ça.
24:15Donc, ça met des mois
24:17et des mois
24:17pour éventuellement
24:18trouver une info, Camille.
24:19Donc, c'est systémique.
24:21Ils font exprès.
24:22On a été vachement
24:22confrontés
24:23à ce problème-là aussi
24:24sur les PFAS
24:25quand on travaillait
24:25avec des nerds
24:26sur les données
24:27pour savoir
24:27dans quels produits
24:29il y avait des PFAS.
24:31Ça veut dire quoi,
24:31des nerds ?
24:32Des data analysts,
24:33des data...
24:34Tout ce que je ne savais pas faire,
24:35ils étaient là
24:35avec tout leur code coding.
24:37Je fais pas cette info,
24:38mais je leur disais
24:39il faut dresser ça.
24:39Et après, ils disent
24:40OK.
24:41Et en fait,
24:42c'est une chasse au trésor.
24:43C'est quand même fascinant.
24:44C'est-à-dire qu'on est exposé
24:46tous les jours,
24:47nous, dans notre vie,
24:47malgré nous,
24:48à des produits chimiques
24:49dans lesquels
24:50c'est un chemin de croix
24:51pour avoir accès
24:52ne serait-ce même
24:53qu'à leur nom.
24:54C'est-à-dire que c'est vraiment
24:55un travail de malade
24:57pour avoir accès
24:57à leur nom.
24:59Donc, ça, c'est assez terrifiant.
25:01Juste, je voulais rappeler
25:01sur le seuil,
25:02l'idée de la science réglementaire.
25:04En fait,
25:05on a souvent dans les débats publics
25:07en disant, ah, plus contaminé
25:08que le seuil réglementaire
25:10ou que le seuil toléré.
25:12En fait, il faut dire
25:12que même ça,
25:14j'étais au Danemark
25:15avec un Philippe Grandjean.
25:18Donc, c'est quelqu'un
25:19d'assez incroyable.
25:19Il travaille sur l'épiface
25:20et notamment sur,
25:21et piscine aussi un peu,
25:23mais sur l'épicine d'épiface.
25:25Xavier M.
25:26Il est très fort.
25:26Il est très fort.
25:27Il est beaucoup sur les neurotoxiques.
25:28Il est très fort sur les fœtus.
25:31Et en fait, il dit,
25:32mais attendez,
25:32il dit,
25:32moi, l'idée de seuil,
25:34je lui dis,
25:34ce serait quoi un seuil réglementaire ?
25:35Qu'est-ce qu'il nous faudrait
25:36qu'on pousse dans la loi européenne ?
25:37Bon, ça, il me dit,
25:38mais si tu veux,
25:39la réponse honnête,
25:40c'est que à des 0,0001 grammes,
25:44en fait,
25:44on peut déjà voir des effets
25:46sur les fœtus,
25:48des malformations ensuite
25:49qui se déroulent sur les fœtus.
25:50Donc, en fait,
25:50les chiffres qu'on voit
25:51et qu'on brandit comme ça
25:53avec le cadmium,
25:54il y a le fameux 20 mg par kilo
25:55que vous allez voir.
25:57En fait, même ça,
25:58en soi, c'est déjà trop.
25:59Il y a déjà des effets
26:01sur la santé
26:01à l'intérieur du ventre des mères.
26:05Donc, il faut rappeler quand même
26:06que les sciences réglementaires
26:07qu'on brandit
26:08sont fabriquées.
26:09Alors, on peut comprendre
26:10en tant que législateur
26:11qu'on a besoin d'avoir un seuil.
26:13En plus, ces seuils,
26:14c'est facile.
26:14Mais rappeler que ce n'est pas
26:14des seuils scientifiques.
26:16C'est facile de les augmenter
26:18quand on imprime avec l'épiphase.
26:19Et puis, voilà,
26:20c'est que la pollution augmente
26:22et les seuils augmentent
26:23comme ça.
26:25Et je voulais rappeler aussi
26:27que le professeur Matelin
26:29dans l'Est de la France,
26:31à l'Université de Strasbourg,
26:32fait des recherches
26:34sur le cancer du sein.
26:36Elle a étudié
26:36900 tumeurs du sein.
26:39Elle a retrouvé
26:40plus de 600 polluants.
26:41Et en regardant une tumeur,
26:44elle peut dire
26:45où la personne travaille
26:46et où elle vit.
26:47Si vous vivez près des vignes,
26:49il y a tout ce qu'il faut
26:50dans votre tumeur.
26:51Si vous vivez près
26:52d'un échangeur d'autoroutes,
26:54il y a tout ce qu'il faut
26:54dans votre tumeur.
26:55Voilà, ça retrace votre vie,
26:57en fait.
26:57Donc, le lien est...
27:00Donc, elle a fait
27:00des premières publications
27:03à l'automne dernier.
27:04Et voilà.
27:06Donc, on attend
27:06qu'elle termine.
27:07On attend.
27:08Tu faisais une moue
27:09sur les seuils,
27:10un truc à ajouter ou pas ?
27:11Oui, parce qu'en fait,
27:11les seuils reposent
27:12sur l'analyse
27:13substance par substance.
27:14Oui.
27:15Donc, c'est encore une fois
27:16pas l'évaluation
27:17de l'effet cocktail.
27:18Il y a plusieurs choses
27:18dans la réglementation.
27:20Quand on s'intéresse
27:20à la cancérogénicité,
27:21il n'y a pas vraiment
27:22de test spécifique
27:23sur les métastases
27:24dont je parlais tout à l'heure.
27:25Il n'y a pas de test
27:26pour tester les effets
27:27obésogènes.
27:31On ne teste pas le round-up,
27:32on teste le glyphosate,
27:33on ne teste pas la formulation,
27:35on ne teste pas les cocktails.
27:36Et on peut comprendre
27:37parce qu'en fait,
27:37on ne teste pas les cocktails
27:38parce qu'on est exposés
27:40tous à des cocktails différents.
27:41Mais malgré tout,
27:43voilà.
27:43Donc, il y a beaucoup
27:44d'aspects lacunaires
27:46dans la réglementation.
27:49Dans ton livre, Fleur,
27:51il y a une phrase
27:51qui est d'une violence
27:53assez rare.
27:53La chirurgienne...
27:54Enfin, rare non.
27:55D'une violence, point.
27:56La chirurgienne se lève
27:57et me tend un petit papier.
27:58Elle te dit
28:00« C'est important
28:00de rester optimiste
28:01dans cette guerre
28:01contre la maladie. »
28:03Cette phrase, déjà.
28:05Moi, ce que j'aimerais,
28:06c'est qu'on puisse
28:07s'arrêter sur le mot de guerre.
28:10Est-ce que c'est une guerre
28:11qu'on est en train de mener ?
28:14Déjà, première question.
28:15Deuxième question.
28:16Si on dit guerre,
28:17ça veut dire qu'il y a des camps
28:18qui s'opposent potentiellement.
28:21Qu'est-ce que tu en dis là-dessus ?
28:23Je n'aime pas trop ce vocabulaire.
28:25Pour moi, ça, c'est personnel.
28:27Cancer colère, on n'utilise pas forcément...
28:30Ce n'est pas notre vocabulaire non plus.
28:33Nous, on est en lutte.
28:34On est des citoyens.
28:35On est des citoyens en colère.
28:38On est des malades, ex-malades,
28:39futurs malades.
28:40On est des endeuillés,
28:42des aidantes.
28:46Et c'est pas...
28:48On est en train de...
28:50Pour moi, c'est vraiment pas une guerre
28:53parce que la guerre,
28:53c'est de la destruction.
28:54Nous, on est là pour la vie, en fait.
28:56Si on se bat,
28:58si on se lève tous les matins,
28:59si les malades aujourd'hui,
29:00c'est eux qui doivent se lever
29:01pour défendre la santé publique,
29:02alors qu'on a d'autres choses à faire,
29:04c'est bien qu'on a hyper envie de vivre, quoi,
29:07globalement.
29:08Donc, voilà, si on fait tout ça,
29:10c'est aussi parce qu'on sent
29:12que notre parole,
29:12elle peut aussi infléchir
29:15l'opinion publique
29:16parce qu'elle n'infléchit pas trop les politiques.
29:18On a besoin d'être beaucoup plus nombreux
29:20parce que si on compte que sur les bras de cancéreux
29:22pour changer les choses,
29:23on va pas y arriver.
29:24Ça, c'est sûr.
29:25Mais c'est vrai que ce qui...
29:29Nous, on est dans le camp de la vie
29:31et la vie, elle va pas faire la guerre aux pesticides.
29:34En fait, nous, on est là pour dire
29:35qu'on veut que nos droits soient respectés.
29:39On veut que notre sécurité sociale soit respectée.
29:42On veut que la vie soit respectée,
29:44que les enfants ne tombent pas malades
29:45dès leur conception.
29:47Je veux dire, c'est...
29:48Enfin, là, c'est un délire, quoi.
29:50En fait, on a envie de se dire
29:52quand on boit un verre d'eau,
29:53quand on mange une pomme,
29:56quand on voit passer un gamin manger une pomme,
29:58on va pas lui sauter dessus en dire
29:59« Tu l'as trouvé où, cette pomme ?
30:00Mais t'es malade ! »
30:01Donc, on veut pas ça, en fait !
30:03Et en fait, ils attaquent avec les pesticides.
30:05C'est ça, la violence chimique.
30:06C'est que comme on sait pas où elle est,
30:08elle s'infiltre,
30:09c'est angoissant,
30:11c'est anxiogène complètement.
30:14Et ça nous...
30:16Ça...
30:18Ça se répand partout.
30:21Et ça peut nous rendre malades
30:22comme ça peut ne pas nous rendre malades.
30:24C'est pas automatique non plus.
30:25Mais il y a quelque chose d'assez horrible.
30:29C'est-à-dire que ça se répand comme ça.
30:30Et personne n'est épargné.
30:31Il y a des pifas dans les jets privés.
30:34Et puis, il faut bien qu'ils s'hydratent aussi.
30:36Donc, ils vont forcément boire de l'eau.
30:37Et dans le Dom Pérignon,
30:38il y a aussi de la flotte.
30:40On revient sur la thématique de l'opposition.
30:43Mais sur l'opposition,
30:44en fait, on est de plus en plus nombreux.
30:46Il y a la justice de notre côté.
30:48Il y a des millions de citoyennes
30:49et de citoyennes,
30:50enfin de personnes,
30:51parce qu'il y a aussi des personnes
30:51qui n'ont pas de papier
30:52et qui sont en colère
30:53et qui sont au contact de produits toxiques.
30:55Et donc, voilà.
30:57Donc, on est du côté de la vie.
30:59On est du côté de plus de 80 %
31:01d'agriculteurs et d'éleveurs indépendants
31:03qui veulent une transition écologique
31:05mais qui n'arrivent pas à la...
31:05Oui, tu vas les voir.
31:06Les agriculteurs,
31:07t'en parlent beaucoup dans ton livre.
31:08On en a rencontré plein.
31:10Et c'est bouleversant
31:11parce que...
31:13Ils se sentent responsables.
31:15C'est comme les parents d'enfants malades.
31:17C'est-à-dire qu'ils partagent ça.
31:20Les agriculteurs,
31:21les éleveurs,
31:21avec les parents d'enfants malades,
31:22ils se sentent coupables.
31:23Alors que ce n'est pas eux les coupables.
31:26Et c'est terrible.
31:27C'est vraiment bouleversant.
31:29Il y a des gens ici
31:29qui étaient avec moi
31:30quand on les a rencontrés.
31:35On comprend leur colère.
31:36Et même...
31:38Ils ont les mêmes mots que les malades.
31:40Ils parlent de deuil,
31:41de détresse, de mépris.
31:42On va crever.
31:44Ils ont les mêmes...
31:45On a le même vocabulaire, quoi.
31:47Donc c'est assez fort
31:49de voir que...
31:50De comprendre.
31:51On a mis plusieurs mois
31:52à comprendre
31:52que la colère des agriculteurs
31:54et des éleveurs indépendants,
31:55elle était très proche
31:57de celle des malades.
31:58Et aussi parce qu'un matin,
31:59on s'est réveillés,
32:00on s'est dit
32:00mais en fait, c'est normal.
32:02On a les mêmes adversaires.
32:04Xavier ?
32:04Oui, les agriculteurs
32:06et les agricultrices,
32:06on les rencontre.
32:07Moi, ça fait très longtemps
32:08que j'ai commencé
32:09à les rencontrer
32:09au moment de la première expertise
32:11INSERM.
32:11C'était quand ?
32:12C'était en 2011-2013,
32:14je me souviens,
32:14lorsqu'on avait commencé.
32:16On était allé
32:16avec une journaliste
32:17visiter un village
32:18dans lequel il y avait
32:19100% de personnes
32:20qui avaient des cancers.
32:21C'était un village agricole
32:22dans le nord de la France.
32:27Un grand nombre,
32:28en tout cas,
32:28sont ouverts
32:29à la discussion
32:30de l'évolution des pratiques.
32:31Mais ils sont comme ça
32:32pour beaucoup.
32:34Pas tous.
32:36Certains ne sont pas comme ça
32:37et ils veulent avancer.
32:38D'autres ne sont pas comme ça
32:39et ils ne veulent pas avancer.
32:40Mais il y en a beaucoup
32:41qui sont comme ça
32:42et qui aimeraient avancer.
32:44C'est parmi les premières victimes,
32:46il faut le rappeler,
32:47des pesticides,
32:47en tout cas,
32:48et leurs enfants.
32:54Récemment,
32:55la semaine dernière,
32:56j'ai reçu un mail
32:56d'une association viticole
32:58dans le Bordelais
32:59qui me demande
33:00de venir pour intervenir
33:01sur l'expertise pesticides
33:02parce qu'ils ont envie
33:03de faire évoluer leurs pratiques.
33:04Ils ont envie
33:05d'être informés.
33:06Quand ils te disent ça,
33:07ça veut dire que tu te déplaces
33:08et tu fais des analyses
33:09sur place que ça se passe.
33:11Ça dépend en fait.
33:11J'ai un peu plus limité
33:13mes déplacements
33:13dans ces temps-ci
33:14mais si je peux,
33:15je me déplace
33:15parce que le présentiel
33:16c'est mieux,
33:17je pense.
33:18Ensuite,
33:19je leur présente les résultats,
33:21je suis factuel,
33:21je les écoute.
33:22J'essaye aussi
33:23de m'enrichir
33:23de ce qu'ils disent
33:24parce que
33:25ces expériences scientifiques
33:26sont aussi des aventures humaines.
33:28On parle de gens,
33:29nous,
33:29dans nos études épidémiologiques,
33:31sans les connaître.
33:32Mais eux,
33:32ils nous parlent
33:32de leur réalité.
33:33Ils nous disent
33:33« L'acétamipride,
33:35c'est autorisé partout en Europe,
33:37pourquoi on ne peut pas l'utiliser ? »
33:39Et on leur explique,
33:40on leur dit
33:40« Il y a un potentiel neurotoxique fort,
33:43même reconnu par les agences. »
33:46Du coup,
33:46ils nous disent
33:47« Comment on fait ? »
33:48On est dans une sorte
33:50de schizophrénie
33:50entre ce que vous nous dites.
33:53Je viens aussi
33:53d'une autre intervention,
33:54j'avais parlé
33:55des insecticides pérétrinoïdes
33:56qui sont très utilisés
33:57et qui sont aussi
33:59très utilisés domestiquement.
34:02Ils nous disaient
34:03« Comment on fait
34:03si on les interdit ? »
34:04Je dis « Je n'en sais rien,
34:06je ne sais pas. »
34:06Ce n'est pas mon travail.
34:07Il y a une étude
34:08de l'INRAE
34:08qui vient de sortir
34:09et qui montre
34:10que sur des grands champs,
34:11sur neuf tests,
34:14des tests sans pesticides,
34:15on peut produire
34:16soit à des rendements
34:18plus faibles,
34:19soit à des rendements
34:19équivalents,
34:20soit à des rendements
34:21plus forts qu'avec pesticides.
34:23Ce n'est pas comme
34:24s'il n'y avait pas
34:24des solutions
34:25qui existaient
34:26même en grands champs,
34:27même, on ne va pas dire
34:28en conventionnel,
34:28mais en productivité importante.
34:31Donc, de dire
34:32que c'est la seule solution,
34:34ça, c'est clairement,
34:36probablement un mensonge.
34:38Camille,
34:39sur cette opposition,
34:40justement,
34:41toi, tu as réussi
34:41à lever des foules
34:43sur la...
34:44Si, quand même.
34:45Elles se sont levées
34:46toutes seules.
34:46Non, mais je veux dire,
34:47tu as quand même
34:49donné...
34:49Si, tu as quand même
34:50donné...
34:51Enfin, voilà,
34:51il y a du travail
34:52d'énormément,
34:52énormément de personnes
34:53sur le terrain,
34:54etc.
34:54Mais tu as en tout cas
34:55été la porte-voix
34:56d'un mouvement
34:57hyper massif
34:58sur l'épiface.
35:01Justement,
35:01sur cette opposition,
35:02comment est-ce qu'on va
35:03chercher d'autres personnes
35:04avec qui,
35:06a priori,
35:07à qui...
35:07Pardon, je ne vais pas y arriver.
35:08À qui, a priori,
35:09tu ne parlerais pas ?
35:10Je ne sais pas comment ça se passe.
35:11Comment est-ce que vous avez
35:12pensé la chose ?
35:13Oui, bien sûr.
35:14On le fait maintenant.
35:15Ce qui est assez fascinant,
35:16c'est que je pense que
35:17toutes les idées préconçues
35:19que nos adversaires
35:20nous opposent
35:21en disant
35:22« Oui, en fait,
35:23vous êtes contre
35:24des agriculteurs,
35:24vous êtes contre
35:25des ouvriers,
35:26vous êtes des écolos
35:27loin de tout
35:28bourgeois
35:29qui se préoccupaient
35:29de votre santé
35:30parce que vous avez
35:31ça à faire. »
35:31C'est assez marrant
35:32parce qu'en fait,
35:35malheureusement pour eux,
35:35on est contacté,
35:36mais vraiment très souvent,
35:39par là,
35:40des ouvriers
35:41qui...
35:42Mais dont certains me disent
35:43« Écoute, moi,
35:43je vote extérieure droite,
35:44mais en fait,
35:45là, je développe un cancer.
35:47C'est quand même bizarre
35:48la manière dont
35:50ils ne nous disent pas.
35:51Ils font des tests sanguins
35:53et ils ne nous donnent pas
35:54les résultats.
35:55L'entreprise ne nous
35:56ne nous donne pas
35:56les résultats.
35:58Et donc,
35:58des agriculteurs aussi
36:00qui sont parfois
36:00inconventionnels
36:01qui disent
36:01« En fait, là,
36:02franchement,
36:02ça commence à être chaud
36:03parce qu'on se rend bien
36:05compte qu'on est bloqué. »
36:06Donc, en fait,
36:06toutes ces idées préconçues
36:07qui sont projetées
36:08comme ça
36:09par, je dirais,
36:11une élite médiatique
36:13qui s'arrangerait bien
36:14de pouvoir diviser
36:15pour mieux régner
36:16est absolument pas vrai
36:17sur le terrain.
36:18Donc là,
36:18nous,
36:19on travaille avec
36:20des ouvriers
36:21d'industrie chimique
36:22qui ont été très choqués.
36:23Par exemple,
36:24quand j'ai dit
36:25sur une scène
36:26que c'était
36:27de la chair à canon
36:27d'une entreprise
36:28dont je ne répéterai pas long
36:29parce qu'ils m'ont ensuite
36:30mis du procès
36:32en diffamation
36:32pour avoir dit
36:33qu'ils étaient
36:33en première ligne
36:33de la contamination,
36:36dites-vous
36:36que c'est pour ça
36:37que l'idée
36:38d'adversaires,
36:40ils sont quand même
36:41sérieux
36:41dans leur volonté
36:42de faire en sorte
36:43qu'on ne fasse pas
36:44exploser ce scandale-là
36:45parce qu'ils mettent
36:46des moyens juridiques
36:47très grands,
36:48des procédures
36:48bâillons très grandes.
36:50Enfin, voilà,
36:50pour avoir dit
36:51dans une conférence
36:52de cet acabit
36:54que les ouvriers
36:55étaient en première ligne
36:56de la contamination chimique,
36:57ce qui ne me semble pas
36:57non plus être
36:58complètement fou
36:59de penser ça.
37:01J'ai reçu un papier,
37:02en plus,
37:03je n'ai pas d'adresse,
37:04j'étais en mer,
37:04donc je cherchais ça
37:05chez ma mère
37:05qui a totalement paniqué,
37:07procédure en diffamation.
37:08On ne sait pas,
37:08ils le font à plein d'autres gens,
37:09c'est rien de spécial à ça,
37:10mais pour vous dire
37:11quand même le niveau
37:12de...
37:12Donc,
37:13ils sont là
37:13à regarder chaque truc
37:14qu'on va dire,
37:14ils sont là,
37:15c'est assez fascinant.
37:17Et malheureusement pour eux,
37:18ce que je trouve beau,
37:20c'est qu'à l'inverse,
37:21on a des gens,
37:21mais vraiment de toutes les strates sociales
37:22qui vont nous dire,
37:24mais même des lanceurs d'alerte
37:27très haut placés
37:27dans les entreprises
37:29qui sont en charge
37:30de la recherche,
37:31par exemple,
37:32comme des ouvriers
37:32en première ligne
37:33qui vont dire
37:33on est inquiets
37:35de la manière
37:35dont l'entreprise
37:36répond à vos alertes.
37:38Ils disent
37:38on est inquiets
37:39de voir qu'ils étouffent ça.
37:41Quand nous,
37:42sur l'histoire des PIFAS,
37:43on a eu Tefal
37:44qui a ensuite mis
37:44plein de publicités partout,
37:47mais jusqu'en Corée du Sud,
37:49et j'en mets des photos
37:49en Corée du Sud
37:50pour dire
37:51si nos poils sont sûrs,
37:53ils ont dépensé
37:54des milliers d'euros
37:55pour essayer de rassurer
37:57plus plein de procédures
38:00un peu comme ça,
38:00Bayon.
38:00Donc en fait,
38:01ça montre quand même
38:02qu'il va falloir
38:03que nous,
38:03on soit forts
38:04et qu'on réponde
38:05de manière...
38:07De manière...
38:07Oui,
38:08qu'on fasse front commun
38:09en fait,
38:09je pense,
38:09qu'on fasse front commun
38:10avec des alliés
38:10un peu improbables
38:11pour se dire
38:12qu'on se retrouve
38:13à un endroit
38:14qui est extrêmement simple,
38:16c'est celui
38:16d'une contamination
38:17non consentie
38:18malgré nous
38:20par des molécules
38:20dont on n'a jamais parlé
38:22et qui se cachent surtout...
38:24C'est ça qui est vraiment...
38:26J'ai envie qu'on passe
38:26beaucoup de temps sur ça,
38:27c'est la complexité du sujet.
38:29En fait,
38:29ils brandissent
38:30le drapeau de la complexité
38:31pour nous tenir à distance.
38:33Je pense que
38:34Fleur l'incarne
38:35très très bien,
38:35c'est à quel point
38:38par...
38:38On voit très bien
38:39dans son livre
38:39que je ne suis pas encore finie
38:40mais que je suis totalement
38:40en train de lire,
38:41c'est à quel point
38:42d'une expérience intime,
38:44en fait,
38:44on se met...
38:44Et ça ne devrait pas
38:45être à quelqu'un
38:47qui traverse
38:47un drame intime
38:48de se dire
38:49je dois devenir professionnelle
38:51en chimie,
38:51en toxico
38:52pour citer tel truc
38:53et tout ça.
38:54Enfin,
38:54c'est quand même lunaire
38:55que ce soit...
38:56Oui, c'est ce que tu disais,
38:56Fleur,
38:56tu as d'autres choses
38:57à faire
38:58que d'être sur cette scène
39:00ce soir.
39:01Mais bien sûr,
39:02c'est qu'en fait,
39:04la complexité,
39:05je l'ai vue sur l'épiface,
39:06c'est la même chose
39:06sur les pesticides.
39:07J'ai écouté hier
39:07le débat sur en sculpture
39:09Géraldine Vossner
39:10qui adore dire...
39:12En fait,
39:12ils vont sortir
39:13genre une complexité,
39:14une étude,
39:15par exemple,
39:15sur l'épiface,
39:16ils azorent dire
39:16écoutez,
39:17il y a les chaînes longues,
39:18les chaînes courtes,
39:18les polières,
39:19les floues du mal.
39:20Et donc,
39:20j'avais demandé
39:21à l'avocat
39:22qui avait fait sortir
39:22le scandale des Etats-Unis,
39:23Robert Bilotte,
39:24pour ceux qui avaient vu
39:25Dark Waters,
39:26film avec Marc Ruffalo,
39:27c'est celui qui est joué
39:28par Marc Ruffalo.
39:30Avocat totalement pro-industrie,
39:32qui travaille pour l'industrie
39:33et qui se retrouve
39:34à devoir prendre
39:35le dossier d'un agriculteur
39:36parce que sa grand-mère
39:37lui dit
39:37prends le dossier
39:38de mon ami Gérard,
39:39il ne s'appelait pas,
39:39il s'appelle
39:40Wilbert Tinnant.
39:42C'est un peu plus sexy
39:43que Gérard,
39:43mais c'est par exemple
39:44en version Ohio
39:45de Wilbert.
39:47Et donc,
39:48en fait,
39:48il se retrouve
39:48à prendre ce dossier-là
39:49et il dit
39:50mais malgré moi
39:51découvert
39:51qu'une contamination
39:52à un endroit précis
39:54d'un champ
39:55à cause d'une entreprise
39:56d'un cheptel
39:57était en fait
39:58un scandale sanitaire mondial.
40:00Et donc,
40:00quand on a pris
40:01le scandale,
40:02quand je l'ai appelé,
40:03il m'a dit
40:03mais prépare-toi,
40:05l'industrie va,
40:06la manière
40:06la plus simple
40:08dans laquelle ils se défendent,
40:09c'est jouer sur la complexité.
40:11Jouer sur la carte
40:12de vous, citoyens,
40:13vous n'allez pas bien comprendre
40:14en fait.
40:14Ne venez même pas me parler
40:15parce que vous êtes trop bêtes
40:17pour comprendre.
40:17Donc,
40:18je pense que ce mépris de classe,
40:19ce mépris social,
40:21c'est vraiment
40:22le terreau de l'inaction.
40:23Et donc,
40:24là,
40:24le fait que vous soyez tous là
40:25à vous dire
40:26on va prendre un vendredi soir
40:27pour aller se taper
40:28de toute une psychologie.
40:30Non mais en fait,
40:30vraiment pour moi,
40:31c'est une grande partie
40:33de la résistance.
40:33C'est se former entre nous,
40:35c'est faire cet effort
40:35inlassable
40:36de se former entre nous,
40:37de faire des ponts directs
40:38entre la recherche,
40:39les scientifiques
40:40et les citoyens.
40:42Parce que ça déjoue
40:44leur stratégie
40:45qui va être celle
40:46de mise à distance
40:47par une forme de complexité
40:49et qui fait donc
40:50qu'on se retrouve sidéré
40:51et que donc
40:52on ne s'organise pas.
40:52Et c'est bien de le dire
40:53parce que souvent
40:54après les discussions
40:54qu'on organise,
40:55le monde vient au fur et à mesure,
40:57c'est assez impressionnant.
40:58à la fin,
40:59on me dit
40:59mais comment on agit,
41:00etc.
41:01Et en fait,
41:01comme tu le dis Camille,
41:02ne serait-ce que d'être ici,
41:04c'est aussi une partie
41:05de l'action.
41:06Xavier,
41:06tu voulais réagir
41:06sur quelque chose ?
41:07Oui,
41:07je voulais rebondir
41:08sur les poils,
41:08alors les poils à cuir.
41:11Parce qu'en fait,
41:12la campagne de pub
41:13qu'il y a eu,
41:14effectivement,
41:15qu'on a peut-être vu à Paris
41:17sur nos poils sont sûrs,
41:19ce n'est pas complètement faux
41:21en soi,
41:22mais il ne faut jamais oublier
41:23une chose,
41:23c'est qu'une poil,
41:25pour la produire,
41:26il faut produire des pifaces,
41:27ensuite,
41:28il faut les polymériser,
41:29il faut produire la poile
41:30et après,
41:30une fois qu'on l'a utilisée,
41:31elle est incinérée.
41:33Tout ça pour dire
41:33qu'un produit de consommation,
41:36il faut le considérer
41:37dans son cycle de vie.
41:39Est-ce que les produits
41:40qu'on utilise,
41:41on est capable,
41:42à un moment ou à un autre,
41:46de créer une forme de cycle
41:47qui fait qu'on pourra
41:48les recycler ?
41:49La réponse,
41:50par exemple sur les plastiques,
41:51c'est quasiment non.
41:52On a tous des poubelles jaunes
41:54dans lesquelles on met
41:54des plastiques,
41:55des cartons,
41:56des choses comme ça.
41:57En fait,
41:57un très grand nombre
41:59de ces plastiques
41:59ne sont pas recyclés,
42:0180%.
42:01Un très grand nombre
42:03de plastiques recyclés
42:04sont recyclés
42:04dans des vêtements
42:05qui, de toute manière,
42:07à un moment ou à un autre,
42:07retournent à la poubelle
42:08où,
42:09parce qu'ils sont
42:10des plastiques de mauvaise qualité,
42:11parce que décyclés,
42:13en fait,
42:14ils vont produire
42:15plus de micros nanoplastiques
42:16que les plastiques initiaux.
42:18Donc,
42:19on doit,
42:19nous aussi,
42:20en tant que consommateurs,
42:21avoir un rôle là-dedans
42:22qui est,
42:22par nos changements
42:23de mode de vie,
42:25alors c'est pas tout,
42:26les politiques ont un rôle
42:27à jouer,
42:28mais les consommateurs,
42:28en changeant
42:30leur manière de consommer,
42:32et 15-20%,
42:33ça peut suffire vraiment
42:33à changer la donne
42:34d'un point de vue
42:35des orientations
42:37industrielles,
42:39réfléchir à ce qu'on consomme.
42:40Alors,
42:40on n'est pas tous vertueux,
42:41on ne peut pas être vertueux
42:42en permanence,
42:43mais le minimum,
42:44c'est d'essayer de se dire
42:45quand on achète quelque chose,
42:46est-ce que
42:47ce que j'achète
42:49ressemble à quelque chose
42:50qui peut être un peu vertueux ?
42:51Sur la question
42:52de l'opposition
42:53et du soin,
42:55enfin de la santé,
42:58quand j'ai préparé
42:59cette étape
43:00du Climat Libétour,
43:01je suis allée
43:02voir une conférence
43:04avec des médecins
43:05et autour de la salle,
43:06il y avait quand même
43:06pas mal de patients,
43:08de patientes,
43:08aussi des médecins
43:09qui venaient
43:10continuer de se former,
43:12c'était intéressant
43:12les discussions
43:13qu'il pouvait y avoir
43:14et notamment,
43:14il y a eu
43:15presque une altercation,
43:16en tout cas un échange
43:17assez tendu
43:18qui montrait
43:19l'un des nœuds
43:20de l'enjeu
43:21entre une gynécologue
43:24spécialisée dans les cancers
43:24et une femme
43:26qui avait,
43:27je pense,
43:28eu un cancer
43:29et justement
43:30sur cette responsabilité
43:31individuelle,
43:32collectif,
43:33systémique.
43:33Donc ça,
43:33on en a parlé,
43:34on ne va pas forcément
43:35revenir sur le sujet,
43:36mais est-ce que
43:36sur la question
43:37de la formation,
43:38est-ce que toi,
43:38tu formes des oncologues,
43:40est-ce que tu formes
43:41des gynécologues,
43:41est-ce que tu vois
43:42l'évolution
43:43qui peut y avoir ?
43:45Oui,
43:46alors la réponse
43:47est oui,
43:47oui,
43:48oui,
43:48on a dans le laboratoire
43:49et dans l'équipe
43:50des gynécologues
43:51obstétriciennes
43:51de l'hôpital
43:52Georges Pompidou
43:53qui ont travaillé
43:55sur le cas
43:55du cancer du sein
43:56et de la métastase,
43:57il y en a eu plusieurs,
43:58un travail absolument
43:59formidable
44:00et qui,
44:00dans leur pratique médicale,
44:02renseignent leurs patientes
44:03lorsqu'elles sont enceintes
44:05sur comment adopter
44:08un certain nombre
44:09de règles de vie
44:11qui permettent
44:12de limiter
44:13leurs expositions toxiques,
44:15aérer les logements,
44:16aérer quand on cuisine,
44:18faire le ménage,
44:18alors l'idée,
44:19c'est pas que les femmes
44:19doivent faire le ménage,
44:20encore une fois,
44:21c'est pas ce que je suis
44:22en train de dire,
44:22mais en gros,
44:23tout le monde peut faire
44:24le ménage
44:24et en tout cas,
44:25essayer de détoxifier un peu,
44:27ça n'empêche pas
44:27que le marché
44:29est quand même inondé
44:30de tout un tas de produits
44:31qui sont toxiques
44:31et qui peuvent,
44:33voilà,
44:33qui ont tous entendu parler
44:35de chine,
44:37de témus,
44:37etc.
44:38Bref,
44:39tout ça pour dire
44:40qu'il y a beaucoup
44:41à faire à tous les niveaux
44:43et la formation
44:45du personnel médical,
44:46je dois dire
44:47qu'il y a encore
44:4710 ou 15 ans,
44:48en santé,
44:49environnement,
44:50c'était pas ça.
44:51Pour avoir suivi
44:52beaucoup de mes collègues
44:53dans leur formation,
44:55la toxicologie,
44:56ça se...
44:56en gros,
44:57c'était un produit
44:59toxique ou pas toxique,
45:00point,
45:00et puis c'est tout,
45:01quoi.
45:01Il n'y avait pas grand-chose.
45:02Donc là,
45:02il commence à avoir
45:03une sensibilisation,
45:04on a mis en place
45:05un DIU,
45:06diplôme interuniversitaire,
45:07santé,
45:08environnement,
45:08pour que des personnes
45:10se forment
45:11du domaine médical,
45:12mais pas seulement.
45:14Et donc,
45:15on essaie vraiment
45:15de sensibiliser.
45:18Voilà,
45:19il y a beaucoup de travail
45:20parce que je dois dire
45:21que dans les études médicales,
45:23il y a encore beaucoup
45:24de gens qui n'ont pas
45:24vraiment
45:25les notions de toxicologie
45:26un peu plus modernes
45:27que celles qu'elles ont eues
45:28de manière,
45:29on va dire,
45:30très courte
45:30pendant leur formation.
45:32Fleur,
45:32est-ce que tu as été reçue
45:33par le ministère
45:36de la santé ?
45:39Je crois que l'on...
45:40Tu diras la ministre
45:41qui a voté pour la loi du plomb ?
45:42On a une invite ou pas ?
45:44Non,
45:45je crois pas.
45:46Ou alors c'est arrivé
45:46dans les spams.
45:48Non,
45:48je voulais parler
45:49d'un truc,
45:50en fait,
45:50ce qui s'est passé
45:51avec le chlordécone
45:52aux Antilles,
45:54quand on a découvert
45:55au collectif,
45:57en rencontrant
45:58le coadep,
45:58le collectif en soutien
46:00aux ouvrières
46:01et aux ouvriers
46:02victimes du chlordécone,
46:03quand on a compris
46:03l'ampleur du scandale
46:06sanitaire aux Antilles.
46:09Donc,
46:09une population
46:10qui continue
46:11d'être contaminée
46:11à plus de 90%
46:12en Guadeloupe
46:13et en Martinique,
46:15des sols contaminés
46:15pour des centaines d'années,
46:17ils ne peuvent pas
46:17produire leurs légumes
46:18racines dans leur jardin.
46:20On demande aux femmes
46:22d'avoir une nutrition
46:23particulière,
46:24c'est les seules
46:24recommandations
46:25de santé publique
46:25qu'ils ont.
46:26Et ils ont coupé
46:28les crédits
46:28aux recherches
46:29sur les effets
46:30du chlordécone
46:31sur le corps
46:31de la femme,
46:33patriarcat,
46:33again.
46:35Et en fait,
46:36c'est terrible
46:36parce que
46:38en rencontrant
46:39le COADEP,
46:40on a compris
46:40que ce qui est arrivé
46:43aux Antilles
46:43avec les personnes
46:45qui ont racheté
46:46le brevet du chlordécone
46:48aux Américains
46:48qui venaient
46:49de l'interdire,
46:50et qui a racheté
46:51ce brevet ?
46:52C'est le président
46:53de la Fédération
46:54des exportateurs
46:55de bananes.
46:56Donc,
46:57il a monté
46:58une usine au Brésil,
46:59il a une dérogation
47:01du ministère
47:01de l'agriculture
47:02et donc,
47:03ils ont balancé
47:04du chlordécone
47:05où les ouvrières
47:06avaient des boîtes
47:07de sardines
47:07et ils versaient
47:09sans équipement,
47:10rien,
47:11alors que
47:11toute la science
47:13française
47:14et internationale
47:15savait que
47:16c'était très dangereux.
47:17Et le type
47:18qui a racheté,
47:19donc,
47:19qui était un béquet
47:21descendant
47:21des colons
47:22et à la fois
47:24fournisseur
47:25du pesticide
47:26et exportateur
47:27de bananes,
47:28on vit la même chose
47:29aujourd'hui.
47:30Tant qu'on n'a pas compris
47:31clairement ce qui se passe
47:32aux Antilles,
47:33on ne peut pas comprendre
47:35ce qui se passe
47:35en France
47:37et à quel point
47:38la violence chimique,
47:40c'est un outil
47:41de colonialisme.
47:44Israël
47:45balance du glyphosate
47:46en Cisjordanie.
47:49Voilà,
47:49par avion.
47:51C'est ça qui est en train
47:52de se passer.
47:52En fait,
47:53c'est un vrai problème.
47:54Quand on comprend ça,
47:56et quand on comprend
47:57que nos adversaires
47:58ce sont des industriels
47:59de l'agriculture,
48:01certains sont condamnés.
48:02Il y a le roi de la salade
48:03dans le sud de la France
48:04qui vient d'être contaminé.
48:07Il était à Marseille.
48:08Il officiait
48:08dans les Bouches-du-Rhône
48:09et dans la Drôme.
48:10Il l'a trafiqué
48:12avec d'autres personnes,
48:13condamnées également.
48:14Il a de la prison ferme
48:15et des hautes amendes
48:16parce qu'il allait chercher
48:18des pesticides
48:20interdits
48:20depuis des années.
48:22Et il fournissait
48:23de la salade
48:24pour les marques florelles.
48:25Tout ce que vous retrouvez,
48:26dans les supermarchés,
48:28la salade sous vide.
48:30En fait,
48:31on est face
48:32à un système
48:32assez grave,
48:34industriel,
48:35hyper protégé
48:35où il y a très peu
48:36de contrôle.
48:37Et si nous,
48:39on ne met pas
48:40les pieds dans le plat,
48:40ça va être compliqué.
48:41Mais,
48:42mais,
48:42mais,
48:43l'idée,
48:43c'est qu'on se dit
48:44la colère,
48:45c'est facile.
48:45Il y a plein de raisons
48:47aujourd'hui
48:47de raviver
48:49la colère.
48:51Encore faut-il
48:51quand on sort
48:52de cette salle
48:52savoir ce qu'on en fait
48:53parce que sinon,
48:54c'est assez anxiogène.
48:55Il y a une belle image,
48:56je crois,
48:57il y a quelques jours,
48:57vous êtes allé semer.
48:59Oui,
48:59il y a des gens
49:00de cancer colère
49:01et des soulèvements
49:02de la terre
49:02qui sont allés semer
49:04dans des champs
49:05de tulipes,
49:06des
49:08flores et de pesticides,
49:10des plantes naturelles,
49:12mais résistantes
49:12aux pesticides
49:13pour mettre un peu
49:14le bazar
49:15dans les
49:16plantations.
49:17Donc,
49:18l'idée,
49:18c'est comment est-ce
49:18qu'on va déranger,
49:20comment on va créer
49:21un rapport de force
49:22avec ce mur politique
49:25des forces
49:27du centre
49:28des droites
49:28et d'extrême droite
49:29qui sont unanimes
49:31quasiment sur le sujet.
49:33Plus on est à droite,
49:33plus c'est unanime.
49:35Mais en fait,
49:36non,
49:36c'est unanime de partout
49:37puisque le parti gouvernemental
49:39soutient la directive
49:41Omnibus 10
49:42qui va autoriser
49:43les pesticides à vie
49:44dans deux mois et demi.
49:48ça me perturbe.
49:50J'étais à l'hôpital
49:51aujourd'hui
49:52et il y a une jeune femme
49:54de 32 ans
49:54qui m'a expliqué
49:55qu'elle avait une récidive
49:56très grave
49:56et c'est son troisième cancer
49:58du sein.
49:59Donc,
50:00il y avait d'autres gens
50:00qui m'ont parlé
50:01mais je ne sais pas en fait,
50:01c'est quoi la vie de quelqu'un
50:03quand tu as 32 ans
50:04et qu'on est à son troisième cancer.
50:06Parce qu'on n'a plus de patience
50:07à cancer colère.
50:09On a des camarades
50:10qui rentrent en soins palliatifs
50:11ou qui retournent à l'hôpital
50:12ou qui ont des récidives.
50:13Ça ne nous fait pas super rigoler
50:14donc on se dit
50:15on n'a plus de patience
50:16et on s'est dit
50:18mais si
50:18ne serait-ce que
50:19les deux millions de personnes
50:20qui ont signé
50:21la pétition contre la loi du plomb
50:23passaient une journée
50:24dans l'année qui vient
50:26pour contribuer
50:27à la lutte
50:27à la défense
50:29de la santé publique
50:30et à la lutte
50:30contre les pesticides.
50:31On s'est dit
50:31nous,
50:32cancer colère
50:32à partir du mois
50:34de mai-juin
50:35on va commencer
50:36à balancer
50:36des tas d'idées.
50:38Tu as une heure
50:39voilà tout ce que tu peux faire.
50:41Tu es en ville
50:42tu es en zone rurale
50:43voilà tout ce que tu peux faire.
50:43Tu as une demi-journée
50:45tu as des potes
50:46tiens voilà tout ce que tu peux faire.
50:48Tu as une journée
50:48voilà tout ce que tu peux faire.
50:50Donc on va
50:50on va vous envoyer ça
50:52et on va aussi diffuser
50:54un kit
50:55pour
50:56d'affiches
50:58pour la défense
50:58de la santé publique
50:59et ce sera
51:00des affiches cancer colère
51:01qu'on pourra mettre
51:02dans toutes les toilettes de France.
51:03On va faire des tracts
51:05sur les cancers pédiatriques
51:06sur le cancer et la femme
51:07sur l'eau potable
51:08on va faire plein de choses
51:09et l'idée c'est que
51:10ce sera disponible
51:11sur notre site
51:12et on pourra les diffuser
51:13et vous pourrez nous aider
51:15et voilà
51:15et par la santé publique
51:16on va défendre
51:17tout ce qui est vivant
51:19et c'est
51:20et en fait
51:20c'est plein de petites choses
51:21en une heure
51:22on fait un truc
51:23en une heure
51:24on fait un truc
51:24et si on est des millions
51:25ça fait des millions de journées
51:27et nous
51:27on pense que ça va changer la donne.
51:30Xavier ?
51:30Ouais très court
51:3115 secondes vraiment
51:32la question
51:34la question
51:35la question de l'exposition chimique
51:45en fait c'est aussi
51:46un enjeu sociétal
51:47c'est à dire que
51:48les inégalités sociales
51:50font que
51:51il y a un certain nombre
51:52de personnes
51:52qui ne peuvent pas
51:53faire autrement
51:54que d'acheter des produits
51:55ultra transformés
51:56dans l'alimentation
51:57ou de basse qualité nutritionnelle
52:00non bio etc
52:02et donc il faut aussi
52:04avoir ça en tête
52:05c'est à dire
52:06qu'il y a des personnes
52:07qui
52:07on le disait
52:08avec les agriculteurs
52:09et agricultrices
52:09plus de 15 secondes là
52:11ont le couteau sous la gorge
52:12clairement
52:12mais au delà de ça
52:14l'ensemble de la population
52:16pas pour l'ensemble
52:17mais une grande partie
52:18de la population
52:18ils n'ont pas énormément
52:20le choix
52:21ils se retrouvent
52:21avec de l'eau potable
52:22qui n'est pas potable
52:23de l'eau qui n'est pas potable
52:24chez eux
52:24ils doivent acheter de l'eau
52:25en bouteille
52:25ça les...
52:26voilà
52:27ça c'est un
52:28il y a un vrai enjeu
52:29qui est lié à tout ça aussi
52:30sur toute la journée
52:31de demain
52:32parce que le climat libétour
52:33continue
52:33on sera amené
52:35à justement détailler
52:37aussi toutes ces thématiques
52:38de comment est-ce qu'on grandit
52:39en ville
52:39le chlordécone
52:40on va revenir dessus
52:41sur comment en tant que journaliste
52:43on organise
52:44enfin on enquête
52:45en fait sur ces thématiques
52:46à la jonction
52:48entre le racisme
52:49le colonialisme
52:50le changement climatique
52:53et les pollutions
52:55donc ça on sera là demain
52:56avec notamment
52:57le journaliste
52:58Rémi Kenzo
52:58Pagès
52:59du collectif
53:00Enqueto
53:01qui va travailler sur
53:02enfin qui travaille sur ce sujet
53:03et qui va pouvoir
53:04en parler
53:05on va travailler aussi sur
53:07aussi ce que c'est
53:08de gagner
53:09enfin comment dire
53:10toutes les politiques publiques
53:11de santé
53:12qui pourraient être mises en place
53:13tout ce qu'on pourrait
53:14en gagner aussi
53:15donc ça vous pourrez venir
53:17demain pour
53:17ça me donne des frissons
53:19j'ai des frissons partout
53:19pour en parler demain
53:21est-ce que tu viens de dire
53:21un dernier mot Camille ?
53:23Peut-être juste
53:26ce que disait Fleur
53:27en fait il n'y a pas
53:30il n'y a pas de moyens
53:32sérieux
53:32d'agir de manière
53:34uniquement individuelle
53:35pour échapper
53:35à la contamination chimique
53:36c'est-à-dire qu'on ne peut pas
53:38échapper
53:39ce qui est à la fois
53:40un drame
53:40et ce qui à la fois
53:41du coup nous force aussi
53:42à se dire que
53:42la réponse
53:43elle ne peut que être politique
53:45c'est mis collective
53:47on peut limiter
53:48notre exposition
53:49à certains
53:51à plastique
53:51on peut limiter
53:52en mangeant bio
53:53par exemple
53:54mais ne serait-ce encore
53:55il faudrait que ce soit
53:56accessible à tous et à toutes
53:57donc je pense que
53:58la vraie réponse
53:59c'est comment est-ce qu'on s'organise
54:00collectivement
54:00pour rendre disponibles
54:02ces options
54:02c'est qu'en fait
54:03qu'il n'y ait même plus d'options
54:04de manger des choses
54:05qui soient contaminées
54:06d'être exposé à la contamination
54:08donc rappelez quand même
54:09que là
54:09sur le cadmium
54:12il y a une loi
54:12qui va peut-être être votée
54:13pour vous dire
54:14on en est
54:15il y a une loi
54:16qui va peut-être
54:16le gouvernement a quand même
54:18découvert
54:18que la France
54:20est le plus contaminée
54:22d'Europe
54:22au cadmium
54:23les français
54:23le plus contaminée
54:24d'Europe au cadmium
54:25exactement pour des raisons
54:26d'ailleurs
54:27de colonialisme aussi
54:28parce qu'on a eu
54:29des dérogations
54:30la France a demandé
54:30des dérogations
54:32par rapport à l'Union Européenne
54:34pour avoir des taux
54:3550% plus élevés
54:37de ce qui est autorisé
54:38en cadmium
54:38dans les engreffes
54:39phosphatées
54:40qui se retrouvent au Maroc
54:41c'est quand même
54:43hallucinant
54:44et donc on se retrouve
54:45à avoir
54:45le scandale qui explose un peu
54:47qui existe depuis longtemps
54:48dans la communauté scientifique
54:49mais qui prend un peu médiatiquement
54:50le gouvernement annonce
54:52en grande pompe
54:53faire un plan d'action
54:55contre le cadmium
54:56on se dit génial
54:57hâte de voir ce qui se passe
55:00ils ont
55:00l'ANSES parle des taux
55:02de 20 mg
55:03par kilo
55:04donc encore une fois
55:05rappelez-vous
55:06le seuil
55:06ce que c'est
55:07mais rien que ce taux là
55:08donc le gouvernement dit
55:10ça y est
55:10on va agir
55:11etc
55:11ils annoncent atteindre
55:12ce fameux seuil
55:13ça me fait rire de cynisme
55:15en 2038
55:15c'est-à-dire que pendant 10 ans
55:17pas de soucis
55:18on vient de vous parler
55:19d'un truc qui
55:19littéralement est classé
55:20cancérigène
55:21certains
55:21enfin un petit sujet
55:22quand même
55:23que la population française
55:24est contaminée massivement
55:25que les enfants depuis 3 ans
55:26il y en a plus de 36%
55:27qui vraiment dépassent
55:29tous les taux considérés
55:30comme tolérable
55:31le gouvernement dit
55:32bah dans 10 ans
55:32on arrivera à un seuil
55:33à peu près
55:33ça vous va
55:34c'est quand même lunaire
55:35et donc il y a une loi
55:36qui va essayer
55:37d'être votée
55:38il y a des députés
55:40agriculteurs d'ailleurs
55:40qui essaient de se battre
55:41pour que cette loi
55:42soit juste discutée
55:43pour qu'on fasse ça
55:44l'année prochaine
55:44et pas dans 10 ans
55:46et là on a donc
55:47des chefs de groupe
55:48par exemple
55:48pour ne pas le nommer
55:49Gabriel Attal
55:50qui se disent
55:51oh je sais pas
55:52si c'est vraiment
55:52les gens comme loi
55:53peut-être on pourra
55:53discuter plus tard
55:55donc là on a des lois
55:56de santé publique
55:57de cet ordre là
55:57je prends l'exemple du camion
55:58parce que ça arrive
55:59dans quelques jours
56:00cas pour plein d'autres
56:01c'est même pas
56:03pour eux
56:03dans leur priorité
56:05de ce qu'il faudrait
56:05discuter
56:06mais ils sont en train
56:06de défendre un modèle
56:07industriel agricole
56:08c'est-à-dire qu'ils ont
56:09en fait ils peuvent pas dire
56:10on ne veut pas
56:11nous protéger
56:12en fait ils piétinent
56:14la santé publique
56:15mais ils ont un but
56:16très clair
56:17c'est de favoriser
56:19le syndicat agricole
56:20majoritaire
56:21et les industriels
56:22c'est tout
56:22leur agenda
56:23c'est piétiner
56:24la santé publique
56:25et rendre impossible
56:26la prévention des cancers
56:27en France
56:27ils s'en tapent du reste
56:29quoi
56:29et donc c'est pour ça
56:30que je pense que
56:31nous des sujets
56:32qui ont l'air
56:33comme ça technique
56:33qui ont l'air un peu
56:35arides
56:36en fait
56:37de leur dire
56:38on vous voit
56:39on voit ce que vous êtes
56:39en train de faire là
56:40en fait on voit
56:41que vous êtes en train
56:41de saboter méthodiquement
56:43des décisions concrètes
56:44pour protéger la santé
56:45des Français
56:46et des Français
56:46ce qui est quand même
56:47la raison de base
56:48pour laquelle vous faites
56:48ce métier
56:49c'est quand même
56:50censé être
56:51la raison de base
56:51pour laquelle vous faites
56:52ce métier
56:52vous êtes dans une faillite
56:54morale totale
56:55et donc l'idée
56:57de nous s'organiser
56:57pour dire
56:58leur impunité
56:58est terminée
56:59et si on sera là
57:00pour mettre la lumière
57:01sur ces sujets là
57:02pour vous empêcher
57:03de saboter ça
57:04comme vous continuez
57:05à le faire
57:05ça peut vraiment
57:06être utile
57:07donc la loi arrive
57:08d'ici quelques jours
57:08Nicolas Framont
57:09a dit un truc
57:12il nous a rappelé
57:13une citation
57:13des Black Panther
57:15pour que la non-violence
57:17fonctionne
57:18il faut que votre adversaire
57:19ait une conscience
57:23mais on va se marrer
57:24on va faire des trucs
57:25très drôles
57:25on a appris
57:26à faire des chorales
57:27à peindre des banderoles
57:27à bloquer des sites
57:29industriels chimiques
57:30et on se marre beaucoup
57:31on a bloqué le périph'
57:32aussi avec des paysannes
57:33et des paysans
57:33on a fait plein de trucs
57:34c'était notre première fois
57:36et on est prêt
57:37à recommencer
57:38donc voilà
57:40dans cette lutte
57:41dans ce chemin
57:42on parlait de la colère
57:43qui est un moteur
57:44et de la joie aussi
57:45il y en a un paquet
57:47et on découvre plein de choses
57:48on apprend plein de choses
57:49et on fait mille rencontres aussi
57:50Sous-titrage Société Radio-Canada
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