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  • il y a 2 jours
L'impasse diplomatique se prolonge au Moyen-Orient ce mercredi 13 mai, le pouvoir iranien ayant écarté l'idée d'amender ses propositions pour mettre durablement fin à la guerre quand le président Donald Trump les juge bonnes "à mettre à la poubelle".

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Transcription
00:00Voilà, Sledgehammer, en français on pourrait dire opération massue.
00:03On va vous expliquer dans un instant pourquoi ce changement de nom, mais d'abord,
00:06ils sont prêts à reprendre les hostilités à tout moment.
00:09Voilà ce qu'a dit le secrétaire à la Défense, Pitexet, devant le Congrès.
00:13Nous avons un plan pour intensifier nos actions si nécessaire,
00:17nous avons un plan pour nous retirer si nécessaire,
00:20et nous avons un plan pour redéployer nos moyens.
00:23D'abord les mots, Patrick Sos.
00:25Pourquoi les Américains ont-ils éprouvé le besoin ou la nécessité
00:27de baptiser cette nouvelle opération, l'opération Sledgehammer ?
00:31Pas les Américains, le Pentagone, face aux représentants des Américains.
00:36Ça fait quelques jours qu'il y a des auditions, hier c'était Pitexet,
00:40aujourd'hui, demain sera également le chef d'état-major des armées,
00:44et vous ne pouvez pas, en fait, c'est dans la Constitution américaine,
00:47déclarer la guerre ou rester sur les opérations militaires
00:51plus de plusieurs semaines sans en demander la permission au Congrès.
00:55Mais si vous avez dit, on a terminé cette opération,
00:58et que vous en lancez une nouvelle,
01:00et bien là, techniquement, ça peut fonctionner.
01:03Une manœuvre de contournement.
01:04C'est assez évident.
01:05Oui, c'est un jeu de dupe complet,
01:07et c'est pour ça que vous avez cette opération,
01:09qui n'aura peut-être pas lieu d'ailleurs,
01:12mais on a l'impression qu'ils ont breveté un nom,
01:14que ça fait son effet.
01:16Justement, on va retrouver Axel Monnier, direct de Washington.
01:18Est-ce qu'on y croit aux États-Unis,
01:19et comment les Américains réagissent, Axel ?
01:25Eh bien, c'est en fait une nouvelle possibilité.
01:28C'est toujours l'idée d'avoir des options sur la table.
01:31Alors, aujourd'hui, il est difficile de savoir
01:33ce que fera vraiment le président américain,
01:35qui pourtant clamait il y a quelques jours
01:38qu'il privilégiait la solution diplomatique,
01:40et qui désormais estime que la dernière contre-proposition iranienne
01:45était un torchon qu'il n'a même pas lu jusqu'au bout.
01:47Donc, c'est toujours difficile à lire, surtout que cette étape chinoise
01:51va marquer une sorte de parenthèse dans le conflit.
01:54Pas de lancement d'hostilité, probablement, à ce moment-là.
01:58Et puis, il y aura peut-être des avancées diplomatiques,
02:00en plus, avec cet allié de Téhéran, qui est Pékin,
02:04qui pourrait peser dans la balance
02:06et qui pourrait jouer le rôle de faiseur de paix.
02:09Bref, beaucoup d'incertitudes autour de cette possible opération.
02:14Elle n'est pas encore validée pour le moment.
02:16Ça reste à l'idée d'étude,
02:18mais ça reste une possibilité que les Américains ont envie d'étudier,
02:22parce qu'ils savent très bien qu'aujourd'hui,
02:24il est difficile de contraindre Téhéran autrement,
02:27que les négociations n'avancent pas,
02:29que c'est l'impasse,
02:29et évidemment que la situation, si elle venait à durer et à s'envenimer,
02:34eh bien, elle ne serait pas bonne pour Donald Trump,
02:36à la fois politiquement, avec les élections de mi-mandat qui approchent
02:38et qui pourraient coûter cher aux Républicains,
02:41mais aussi économiquement.
02:42On l'a vu encore lundi,
02:43après avoir déchiré la proposition iranienne,
02:46Donald Trump a vu les prix du pétrole augmenter.
02:50Donc, difficile de savoir si cette opération coup de massue va être réelle,
02:55va être mise en place,
02:56mais en tout cas, on voit encore une fois
02:58que l'administration Trump veut garder toutes les cartes sur la table,
03:02que ça aille de la simple diplomatie,
03:05de la résolution par la diplomatie,
03:07jusqu'à une nouvelle campagne de frappe.
03:08– Amiral Ola Garaille, j'ai posé la même question hier
03:10au général Serge Chollet et au général Pellistrandi,
03:13et vous allez vous prêter au jeu.
03:15Vous, chef d'état-major de Trump,
03:17est-ce que vous lui conseilleriez de reprendre la guerre ?
03:19– Je pense que je ne serais peut-être pas resté.
03:21Ah, on vous réveillerait sans doute très très vite,
03:23parce que c'est un poste éminemment, il va naître.
03:26– Vous êtes toujours en poste, allez-y, engagez-vous.
03:29– Non, c'est bien sûr très compliqué.
03:31L'armée américaine travaille bien.
03:33Les scénarios qui ont été proposés,
03:36que ce soit par l'ancien chef d'état-major ou le Sainte-Com,
03:39sont tout à fait viables, responsables, etc.
03:42Le problème, il est dans cette phase militare politique
03:49qui est extrêmement étrange,
03:51puisque c'est d'abord Trump qui prend les décisions,
03:53et puis Texet qui prend le même chemin
03:57et qui essaie de décliner ce qui lui a été dit.
04:00Ce qui est très compliqué pour lui aussi, vraisemblablement,
04:02parce qu'il faut être peut-être un peu plus à droit que Pitexet
04:06pour mieux le faire passer dans les opinions publiques.
04:09Donc c'est très difficile,
04:10je ne sais pas ce qu'ont pu répondre mes deux prédécesseurs,
04:13néanmoins je serais perplexe.
04:15– Perplexe, et donc plutôt réservé.
04:19– Écoutez, je ne sais pas,
04:20parce que si les objectifs étaient bien définis,
04:23s'ils étaient atteignables,
04:26suivant l'analyse de l'état-major américain,
04:28pourquoi pas se lancer dans une opération comme celle-là,
04:31qui pouvait éventuellement rassembler
04:33toutes les opinions publiques internationales
04:36et surtout les intérêts de tous les États,
04:38puisque quand même, tout le monde a bien senti,
04:39il le savait, que ça mettrait en péril le commerce mondial.
04:42C'est ce que tentent de faire d'ailleurs, curieusement,
04:44les Européens,
04:46pour lesquels d'ailleurs les Américains
04:47n'ont eu absolument aucune réaction
04:49à cette initiative européenne
04:51entre le Président Macron
04:53et le Premier ministre Kerstarmer.
04:54Donc là, il y a une reprise
04:57de ce qu'auraient dû faire les Américains,
04:59rassembler le monde le plus important possible
05:02et porter à l'ONU ce genre de propositions
05:05est quelque chose de tout à fait adroit, je pense,
05:08parce que c'est diplomatiquement
05:10obtenir une légitimité
05:12et ensuite une efficacité certaine,
05:15parce que les Américains sont de plus en plus seuls,
05:18la Chine elle-même pourrait aider,
05:20d'une façon un peu ambigüe,
05:22mais pour aider cette initiative,
05:24car elle a besoin aussi du pétrole à court terme,
05:27encore qu'à moyen-long terme,
05:28elle se frotte les mains
05:29de voir les Américains extrêmement embarrassés.
05:31Donc tout cela fait que
05:33l'avis d'un chef d'État-major américain
05:36n'est que tout à fait parcellaire
05:38dans cette prise de décision, bien sûr,
05:40dans laquelle il y a le Président Trump
05:41et tous les pays qui l'environnent
05:43et tous ces gens-là
05:44qui prennent des initiatives
05:45qui vont là aussi considérément l'agacer
05:47mais dont il va devoir tenir compte.
05:49Adèle Bakéouane,
05:49c'était l'idée du coup fatal
05:50pour obliger les Iraniens
05:52à négocier une bonne fois pour toutes ?
05:53Écoutez, factuellement,
05:55vous êtes Donald Trump,
05:56vous n'avez que quatre options.
05:57La première option,
05:58la plus simple,
05:59vous déclarez la victoire,
06:01vous rentrez chez vous.
06:02Il est très fort pour faire cela,
06:03pour dire j'ai gagné la guerre,
06:05je rentre à la maison.
06:05La deuxième option,
06:07c'est que vous avez une proposition américaine,
06:10vous avez une proposition iranienne,
06:12vous retournez à Islamabad
06:13pour négocier.
06:14La troisième option,
06:16c'est gérer le chaos tel qu'il est.
06:17Là, vous avez un chaos,
06:18les double ocus, etc.
06:21Et la dernière option,
06:23c'est une action radicale.
06:27Frapper la côte iranienne
06:28ne nous réglera pas le problème
06:30parce que les Iraniens disposent
06:32des missiles balistiques intelligents,
06:34du croiseur, etc.
06:35pour venir du Mashhad,
06:37du Téhéran,
06:37un peu de Rukoum,
06:38un peu partout.
06:39La côte,
06:40vous vous occupez,
06:41vous frappez,
06:42ça ne nous règle pas.
06:42Donc, la quatrième option,
06:44c'est une action radicale
06:46contre les centrales électriques,
06:48les ponts,
06:48les universités,
06:49les infrastructures.
06:50Voici les quatre options.
06:51J'ai du mal à croire, moi,
06:53que Trump puisse réengager
06:54une opération militaire
06:55compte tenu du risque
06:56lié à ce que le général
06:57Pellistrandi évoquait tout à l'heure,
06:59le risque de perte civile,
07:01par exemple,
07:02d'impopularité aussi
07:03parce que je ne suis pas sûr
07:04qu'aux Etats-Unis,
07:04on ait envie que le président américain
07:06reprenne la guerre.
07:06Qu'en dites-vous, Patrick ?
07:07Moi, j'ai entendu les quatre options,
07:09Danelle,
07:09ce ne sont que des mauvaises options.
07:12C'est-à-dire,
07:12ce sont les options
07:13et je suis tout à fait d'accord
07:14avec vous,
07:15mais ce ne sont que
07:16des mauvaises décisions
07:17à prendre pour Donald Trump.
07:19En tout cas,
07:19qui n'iront pas
07:20parce qu'évidemment,
07:21personne ne sera dupe
07:22sur l'annonce d'une victoire
07:24et pour le reste,
07:25eh bien,
07:25ça nécessite soit des compromis,
07:27soit de se lancer
07:29dans des semaines
07:30et des semaines
07:30d'opérations guerrières.
07:32C'est une semaine
07:32très difficile pour lui.
07:33On va...
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