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[#Reportage] Assemblée nationale : pourquoi la majorité fragilise-t-elle la réforme du crédit portée par son propre gouvernement ?

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00:00Le rejet du projet de loi relatif à l'activité de crédit dans les secteurs bancaires et de la microfinance
00:05révèle bien plus qu'un simple désaccord technique,
00:08en retoquant une réforme adoptée en Conseil des ministres le 25 octobre 2025.
00:13Sous l'air d'Henri-Claude Oïma est aujourd'hui défendu par l'actuel ministre de l'économie Thierry Minko.
00:18Une partie de la majorité parlementaire a placé le gouvernement de Brice-Claude Olléguin Guéma dans une position délicate sur
00:25un sujet pourtant central.
00:26La sécurisation du système bancaire face à l'explosion des créances en souffrance.
00:31Une posture qui interroge autant sur la cohérence politique de la majorité que sur la volonté réelle de réformer un
00:38secteur fragilisé.
00:39Au palais Léomba, le rejet du projet de loi fixant certaines règles relatives à l'activité de crédit a eu
00:44l'effet d'un coup de tonnerre politique.
00:46Car derrière les arguments juridiques et communautaires avancés par certains députés, une question s'impose désormais.
00:52Que cherche réellement une partie de la majorité parlementaire en mettant en difficulté un texte porté par le gouvernement issu
00:59de son propre camp politique ?
01:01Présenté par le ministre de l'économie, des finances, de la dette et des participations Thierry Minko,
01:07cette réforme avait pourtant une ambition claire, instaurer des conditions d'accès aux crédits plus rigoureuses
01:12afin de réduire les impays qui fragilisent progressivement, les banques et les établissements de microfinance.
01:18Dans son exposé des motifs adressés à la Commission des finances le 2 avril 2026,
01:22et dont Gabon Media Time a consulté Copi, le membre du gouvernement dressait un constat alarmant.
01:28L'activité de crédit dans les secteurs bancaires et microfinance au Gabon est limitée par la hausse des impayés.
01:33L'absence d'une procédure harmonisée de recouvrement et l'existence de pratiques parfois abusives, soulignait-il.
01:39Le texte, adopté en Conseil des ministres en 2025, prévoyait notamment que tous demandeurs de crédit fournissent des documents fiables
01:46relatifs à ses revenus,
01:48ses charges, sa situation fiscale et patrimoniale, afin de permettre aux établissements financiers d'évaluer objectivement sa capacité de remboursement.
01:56L'objectif était double, protéger les emprunteurs contre le surendettement,
02:00mais surtout éviter l'accumulation de créances douteuses qui pèsent aujourd'hui lourdement sur plusieurs établissements financiers.
02:07Car, derrière les débats parlementaires, une réalité économique demeure incontestable.
02:12Le système bancaire Gabonet fait face à une montée préoccupante des créances en souffrance.
02:16Plusieurs banques et institutions de microfinance sont confrontés à des défauts de paiements récurrents
02:20qui limitent leur capacité à financer l'économie réelle.
02:24Dans ce contexte, peut-on véritablement prétendre vouloir moderniser le système financier
02:29sans encadrer plus strictement l'octroi du crédit ?
02:32Peut-on continuer à distribuer des financements sans mécanisme renforcé de contrôle ?
02:36De solvabilité, alors même que les MPI fragilisent déjà l'équilibre du secteur.
02:42Officiellement, certains députés ont justifié leur rejet du texte
02:45par la nécessité de mieux harmoniser la réforme avec les règlements communautaires
02:49de la CEMAC et les prérogatives de la COBAC.
02:52Pourtant, cette argumentation peine à masquer la portée politique du vote intervenu au palais Léomba.
02:58En réalité, une partie de la majorité UDB semble avoir voulu envoyer un signal d'autonomisation
03:02vis-à-vis de l'exécutif.
03:05Le problème est qu'en cherchant à affirmer son indépendance politique,
03:08la commission des finances présidée par la députée Nicole-Janine Lydie-Robotimbrou,
03:13élue sous le ticket PDG-UDB,
03:15et certains députés de la majorité ont surtout donné l'impression de fragiliser
03:19une réforme structurelle, pourtant essentielle à la stabilité du système financier national.
03:23D'autant plus que le gouvernement avait lui-même rappelé, dans un second exposé,
03:28des motifs datés du 2 avril 2026,
03:30la nécessité de se conformer au règlement communautaire numéro 06, bar 25, bar CEMAC,
03:37bar UMAC, bar CM, bar COBAC du 19 décembre 2025,
03:43relatif à la mise à l'index des emprunteurs défaillants.
03:46Autrement dit, loin d'être en contradiction avec les normes communautaires,
03:50le gouvernement avait pris le soin avant tout examen par la commission des finances
03:54d'éclairer les honorables députés sur l'évolution du règlement communautaire.
03:58Le projet de loi initié par le gouvernement devait donc faire l'objet d'une série d'amendements
04:02afin d'aboutir à l'adaptation d'un dispositif national conforme aux nouvelles exigences régionales.
04:08Au-delà du débat parlementaire, ce rejet envoie également un signal ambiguït aux acteurs financiers
04:12et aux investisseurs, dans un contexte où le Gabon cherche à restaurer sa crédibilité économique,
04:18moderniser son système bancaire et améliorer l'accès au financement.
04:21Le blocage d'une réforme destinée à sécuriser l'activité de crédit
04:24peut être perçu comme un manque de cohérence institutionnelle.
04:28Le paradoxe est d'autant plus saisissant que les mêmes responsables politiques,
04:31qui dénoncent régulièrement la difficulté d'accès au crédit,
04:34semblent aujourd'hui freiner une réforme précisément conçue pour assainir durablement le secteur.
04:39À l'heure où les banques deviennent de plus en plus prudentes face au risque d'impayer,
04:42l'absence de mécanismes robustes contrôlées de responsabilisation
04:46pourrait atteindre ou produire l'effet inverse de celui recherché.
04:49Un durcissement encore plus important des conditions d'accès au financement
04:52pour les ménages et les PME.
04:55Car, en matière bancaire, l'absence de réforme n'est jamais neutre,
04:58elle finit toujours par être payée, soit par les établissements financiers,
05:02soit par les emprunteurs, soit par l'économie nationale elle-même.
05:12Sous-titrage Société Radio-Canada
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