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  • il y a 6 semaines
Agnès Ricard-Hibon, médecin urgentiste et porte-parole de Samu-Urgences de France, détaille le protocole d'isolement des cinq Français qui étaient à bord du «MV Hondius» où circulait l'hantavirus.

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Transcription
00:00On est quand même au début de l'histoire de contamination et c'est le moment où il faut être
00:04vraiment strict pour repérer les chaînes de contamination et les casser d'emblée
00:07pour éviter qu'après la situation ne soit pas contrôlable.
00:11Donc c'est bien d'avoir pris un décret, ça permet d'obliger les gens à rester à l'hôpital.
00:15Décret qu'on va voir apparaître à l'écran justement.
00:18Et nous au niveau des SAMU SMUR, on est un peu le pilier, le socle pour l'organisation des soins
00:24non programmés.
00:25On est déjà très mobilisés pour repérer les personnes contacts, repérer les personnes qui sont suspectes de présenter les symptômes
00:34et faire en sorte qu'ils soient orientés au bon endroit parce qu'il y a une mortalité effectivement qui
00:39est de 30 à 40%.
00:40Alors la mortalité sur un bateau quand on n'a pas les structures sanitaires pour prendre en charge ces différentes
00:45mortalités.
00:46C'est quand on a mis d'emblée la patiente en réanimation ou on peut d'emblée suppléer la défaillance
00:54cardio-circulatoire, cardio-respiratoire.
00:58Donc on peut espérer qu'il y ait une mortalité moindre quand ils sont pris en charge rapidement,
01:02mais il y a une dégradation assez rapide et c'est une maladie mortelle.
01:06Donc on prend ça très au sérieux.
01:08C'est pour ça qu'on a mobilisé cinq ambulances de réanimation dès hier alors qu'au départ on avait
01:15une information comme quoi ils étaient asymptomatiques.
01:18Mais on sait que ça peut se dégrader, c'est ce qui s'est passé et donc les SAMU-SMUR
01:23sont pleinement mobilisés.
01:25Est-ce qu'on a été trop léger dans la gestion de l'affaire ?
01:28Alors pour les cinq patients sur le bateau, la réponse est non.
01:31Ils ont été pris en charge immédiatement isolés, ils sont dans un hôpital spécialisé où les chambres sont en pression
01:39négative
01:40parce que la patiente qui est probablement excrétante, la pression négative fait que l'air ne peut pas sortir de
01:49la chambre
01:49et les personnels sont formés.
01:51Les patients qui ont été pris en charge par les SAMU-SMUR, même s'ils étaient asymptomatiques,
01:55tous les professionnels sont formés, équipés.
01:59C'est notre métier, la gestion de crise.
02:00Ils ont été testés, on l'imagine, ils ont transporté la patiente aussi ?
02:05On ne prend aucun risque, on est docteur, docteur.
02:07Pour ces cinq patients-là, l'inquiétude est plutôt pour les patients qui ont été au tout début,
02:13avant qu'on sache qu'il y avait une épidémie, débarqués à Sainte-Hélène et ensuite Johannesburg.
02:18Là, effectivement, il y a un enjeu.
02:18Là, il n'y a un trou dans la raquette.
02:20Ce n'est même plus un trou dans la raquette, c'est carrément il n'y a plus de raquettes.
02:22Il y a un enjeu de repérer là, vraiment, et se poser la question de,
02:27ce n'est pas pareil de s'auto-isoler dans une maison en Bretagne,
02:30versus 35 mètres carrés à Paris.
02:32Il faut voir les conditions de la possibilité de faire un isolement strict.
02:38Comme c'est quand même une maladie très mortelle,
02:40on peut espérer réussir à convaincre.
02:42C'est pour ça que je suis là, moi, pour faire de la pédagogie aussi,
02:45parce qu'au tout début du soir, il faut vraiment prendre la mesure
02:50et émettre les mesures strictes.
02:53L'excès de zèle peut aboutir à un refus des patients qui n'adhèreraient pas.
03:01Sous-titrage Société Radio-Canada
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