Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 4 semaines
Transcription
00:13Je demande aux traditionnalistes de taire leurs égaux.
00:16Les traditionnalistes sont debuts et nous avons récupéré notre pays passé.
00:40Je suis Abbé Soloumkili, je suis le maître qui assort de la branche Angan qu'on appelle le Souga.
00:50Souga-ci, Souga-man, Souga-dzop, Souga-fan.
00:55Depuis deux jours, nous sommes dans le cadre de ce festival, en train d'échanger sur le Forum National des
01:03Rites et Traditions du Gabon.
01:04Hier, nous avons fait des débats, des échanges et aujourd'hui, c'était la grande parade, le grand défilé des
01:11rites et traditions.
01:12C'est la première édition. C'est une édition qui ouvre la porte à quelque chose qui ne se faisait
01:17pas.
01:17Beaucoup ont essayé par le passé, mais ça n'a jamais abouti. Donc, ces projets ont toujours été dans les
01:23tiroirs.
01:24Mais aujourd'hui, nous avons percé le mystère, nous avons ouvert la porte, nous avons planté le poteau.
01:30Désormais, les choses se feront dans le sens voulu par nos ancêtres, ce qu'on appelle le temps rêvé par
01:36nos ancêtres, le temps du retour aux sources.
01:38L'événement lui-même ne permet qu'aux acteurs culturels et traditionnels des rites du Gabon de se retrouver en
01:45réalité.
01:45Pourquoi ? Justement pour travailler à ce que peut être l'apport dans le développement du Gabon.
01:51Et donc, dans les débats, dans les échanges d'hier, par exemple, il est ressorti la question de la santé,
01:57la santé mentale.
01:59Parce que nous soignons des personnes qui souffrent des troubles mentaux.
02:04Nous soignons des cancers. Nous soignons, par exemple, la stérilité.
02:10Nous soignons beaucoup de maladies. Donc, à ce niveau, l'apport est considérable.
02:15Donc, il nous faut des laboratoires de santé, sinon des centres hospitaliers traditionnels.
02:21Nous avons pensé à une institution, une institution qui va réguler notre milieu parce qu'il y a des faux.
02:27Il y a des vrais. On ne sait pas quel faux qui est vrai.
02:30Mais au moins, si on a des codes, c'est sur la base de ces codes-là que nous allons
02:34fonctionner.
02:34Et pour ça, il nous faut une institution qui sera comparable aux autres institutions que sont le Sénat, l'Assemblée
02:41nationale, le CS.
02:42Au sorti de là, en termes d'apport, on a aussi réfléchi sur les questions d'ordre économique.
02:48On a beaucoup à donner sur le tourisme, par exemple, le tourisme spirituel, le tourisme culturel.
02:53Ça peut ajouter une plus-value à l'économie de notre pays.
02:58L'objectif final, ou du moins voulu nos ambitions, c'est de venir d'abord au peuple du Gabon.
03:04Parce qu'en termes d'apport, il y a aussi cette question de la cohésion, la cohésion sociale.
03:08Donc nous, nous connaissons tous en tant que banqueurs.
03:11Nous avons presque les mêmes us et coutumes, presque les mêmes traditions.
03:15Sinon, à travers ce forum, nous avons, je le disais, cet espoir-là, cette ambition de fédérer l'ensemble des
03:24Gabonais.
03:24Et là, on parle de patriotisme. Parce qu'il n'y a pas de patriotisme sans identité.
03:28C'est notre identité qu'on doit défendre. Parce que le patriotisme, c'est une question de défense, de protection
03:34de ce qu'est notre patrimoine.
03:37Je m'appelle Anwar Tabé. Alors, je suis Seki. Et nous avons choisi de participer à cet événement des rites
03:47et traditions du Gabon.
03:50Et nous avons aussi participé aujourd'hui à la marche. Parce que pour justement rendre hommage à tous nos ancêtres,
03:56les ancêtres du Gabon.
03:58Et parce que nous nous attendons beaucoup du Gabon de demain.
04:02Et nous souhaitons que ce soit un Gabon imprégné de nos traditions, de notre paradigme.
04:09Le paradigme de nos ancêtres. Nous souhaitons vraiment que nos enfants, nos petits-enfants soient inondés de ça.
04:16Et qu'on puisse avoir un regard vers l'avenir en tenant compte de ce paradigme-là.
04:22On s'est complètement abandonné. On a abandonné toutes nos croyances.
04:25On a abandonné tout ce que nos ancêtres ont laissé comme valeur.
04:29Ça veut dire qu'on nous a dit une chose. On nous a dit, acceptez la couleur de votre peau.
04:35Acceptez la terre des ancêtres. Mais n'acceptez pas la spiritualité des ancêtres.
04:41Ça n'a pas de sens. Vous voyez un peu.
04:43Et là, nous sommes dans une phase de restauration pour laquelle la communauté Seki accompagne pleinement le pays.
04:50Le but, c'est de créer un éveil auprès de la jeunesse.
04:55Parce que nous, nous sommes déjà vieux. Je suis un grand-père.
04:58Aujourd'hui, le travail que nous faisons, ce n'est même pas pour nous.
05:02C'est beaucoup plus pour les nouvelles générations.
05:06Pour nos enfants, nos petits-enfants.
05:09Parce qu'on aimerait justement qu'ils sachent réellement qui ils sont.
05:12Parce qu'aujourd'hui, on ne le sait pas.
05:14Nous-mêmes, on a du mal à savoir tellement de déraciner.
05:17Et nous sommes dans une démarche de réenracinement.
05:20Réenracinement.
05:21Je suis un Cien de Gossi.
05:23Je suis de la tribu oncogène.
05:24Et je suis déduit de père.
05:26Je suis initiée dans la branche que l'on appelle Mbombayano, à Bienshérifan.
05:30Et je suis Nima, dans le champ Mademancè.
05:32L'objectif, c'est d'abord d'éveiller, en fait, de réveiller le Gabon.
05:37Un Gabon endormi.
05:38Nous avons la grâce que le président soit de notre côté.
05:41Car il est là pour la valeur des rites et traditions.
05:43Voilà, c'est la base.
05:44Et l'objectif de la marche, c'est de secouer les Mikukou.
05:47Réveiller toutes les traditions de notre pays.
05:49Tous les rites et traditions.
05:50Voilà.
05:51Donc, cette marche, c'était pour réveiller.
05:52Allumer la tonche, en fait, qui était déjà en terre de ces terres.
05:55Pour les jeunes aujourd'hui qui ont perdu leur tradition.
05:57Retourner à la source nous emmène à l'éveil.
06:00À l'éveil spirituel.
06:02Parce que nous ne pouvons pas d'abord en pratiquer ce qui vient d'ailleurs,
06:05sans connaître qui nous sommes.
06:06En connaissant qui nous sommes, ça va nous permettre de développer.
06:09D'approfondir nos recherches en tant qu'Africains.
06:12Et avoir des idées qui pourront élever le Gabon demain.
06:16J'invite, en fait, tous les Gabonais, déjà.
06:18Et même tous les Africains du monde entier.
06:20À revenir à la source, en fait.
06:22Quand la source, c'est la base de tout être humain.
06:25Quand on est Africain, il faut respecter ses bases.
06:28Aller dans les profondeurs de qui nous sommes.
06:30Cela fera en sorte que notre pays puisse se développer
06:32avec encore plus de connaissances et d'expériences spirituelles.
06:37Je suis là, dans le cadre des Côtes à Ronde.
06:42Et cette année, ils ont initié une journée
06:47des rites et traditions du Gabon.
06:50C'est vrai, hier, on a démarré par une conférence dans la salle.
06:54Aujourd'hui, c'était un défilé.
06:57C'est le défilé.
06:58On a défilé du rond-point de la démocratie jusqu'ici.
07:02Et dans cette marche, vous avez vu, il y avait des symboles.
07:05Ce sont ces symboles-là qui sont plutôt intéressants qu'il faut voir.
07:09Il y avait la hape sacrée.
07:10La hape sacrée, c'est le symbole même du Gabon.
07:14Il y avait les seaux de la République.
07:15Nous, on avait la torche indigène qui était là.
07:18Voilà.
07:18On avait plusieurs instruments, les tam-tam, qui étaient là.
07:22C'est à travers ces instruments-là que nous, nous intercedons.
07:26Donc, nous, prions, nous invoquons nos ancêtres.
07:29Donc, voilà, c'était, les autres peuvent appeler ça une journée de prière.
07:33Mais nous, nous disons, c'était une journée d'invocation.
07:37J'appelle à tout être, tout africain, qu'il se rappelle de ses anciens, de ses rues, de sa tradition.
07:45Parce que c'est cela qui nous représente.
07:47C'est notre identité.
07:49Savoir d'où l'on vient, afin de savoir où l'on va.
07:53Je m'appelle Domobian-Pierre.
07:56Banzi, initié au Combo.
07:59Et mon nom d'initiation, c'est Nzala Nzala.
08:02Je suis responsable du temple Kanganangunya, ou la Terre Sainte.
08:08L'objectif, en fait, c'est de marquer notre attachement à la culture gabonaise.
08:15Nous marchons pour marquer notre attachement, notre intérêt.
08:20Notre intérêt à ce que la culture gabonaise soit comprise et soit acceptée par les Gabonais eux-mêmes.
08:31Parce qu'au point où nous en sommes là, nous constatons, je crois que nous ne sommes pas seuls, si
08:36on est un peu honnêtes,
08:36que la culture gabonaise est réléguée à l'arrière-plan à certains niveaux.
08:44Je ne prends par exemple que le cas de nos langues nationales, que nos enfants n'arrivent plus à parler.
08:55Et non seulement nos enfants, même des adultes, il y a un certain nombre d'adultes qui ne savent même
08:58plus parler leur langue maternelle.
09:03Je ne prends que cet exemple-là.
09:05Donc, pour marquer notre attachement à ce que nous puissions redresser cette situation-là.
09:12C'est pour ça que nous sommes là.
09:14Voyez-vous, même le mariage nous est dénié.
09:19Le mariage à la gabonaise nous est dénié.
09:22Le mariage coutumier n'est pas reconnu officiellement.
09:25C'est-à-dire qu'il n'a aucune valeur, tout le monde le sait.
09:28Un couple marié au régime coutumier n'est pas reconnu.
09:33La femme n'a pas de place là-dedans.
09:36C'est plutôt le mariage civil des blancs.
09:40Et je vais vous faire t'essaillir.
09:45Est-ce que vous savez que ce mariage des blancs, là, n'est rien d'autre que le mariage coutumier
09:48des blancs ?
09:49C'est le mariage coutumier des blancs.
09:51Alors, vous vous imaginez que le mariage coutumier des autres, c'est ce que nous donnons comme étant une valeur.
09:56Et c'est le nôtre que nous disons qu'il n'a pas de valeur.
09:58Vous voyez peu ?
09:59On est allé trop loin.
10:01Voilà.
10:01Merci aux ancêtres.
10:03De là où vous êtes, vous avez fait un travail qui a permis à ce qu'aujourd'hui, il y
10:08ait un changement.
10:10Vous continuez encore dans ce travail-là pour que ce changement soit vraiment effectif.
10:15Merci encore.
10:16Et ce que je peux demander à la nouvelle génération, c'est, s'il vous plaît, on n'interdit pas
10:24les spiritualités importées.
10:27Ça ne nous dérange pas.
10:28Mais n'abandonnons pas ce qui vient de nous, ce qui a nous, ce qui est nous.
10:33Il faut qu'on soit forts.
10:35Ce n'est pas en copiant l'autre qu'on pensera être forts.
10:38Au contraire, c'est quand on est nous-mêmes qu'on est forts et qu'on peut apporter quelque chose
10:43dans ce monde.
10:44Mais si on est suiviste, si on fait quelque chose après quelqu'un d'autre, on n'a rien fait.
10:50La tradition, c'est notre identité. Quoi qu'on dise, ce n'est pas Dieu qui a eu tort de
10:56donner chaque peuple avec sa culture, avec sa tradition.
11:02Donc, ce que nous sommes en train de faire, c'est de ramener les gens à la base.
11:07Sans notre base, on n'est rien.
11:09Et la base, c'est notre tradition. La base, c'est notre culture. Et la base, c'est ce que
11:13nous faisons là, aujourd'hui.
11:15Que le temps est venu, que nous changeons de paradigme.
11:20Le paradigme occidental, qui est venu par la colonisation, n'a pas marché.
11:25On peut voir aujourd'hui notre pays, du moins la société, dans le chaos.
11:31Le chaos des valeurs, la corruption, beaucoup de choses qu'on peut dénoncer.
11:35Les crimes rituels. Il y a plein de mots dont nous souffrons aussi.
11:40La maladie, parce que nous mangeons n'importe comment, n'importe quoi.
11:44Or, le retour aux sources traite déjà cette question d'environnement, l'écologie, la santé par l'alimentation,
11:52la santé par les traitements. Donc, revenez aux sources. Revenez à la maison.
11:59Notre pays, notre mère, la terre, mère Gabon a besoin de tous ses enfants, mais à la maison.
12:05Que chaque Gabonais aille dans sa province respective, dans son clan, dans son ethnie, dans son peuple.
12:10Retrouver ses racines. Et ensemble, construisons notre pays.
12:14Mélangeons nos traditions, mélangeons nos connaissances.
12:17Pour faire un seul bloc, pour que jamais le Gabon immortel ne soit plus un concept,
12:25mais une réalité qui bénéficie à tous les enfants de l'apathie.
12:29Je vous remercie.
Commentaires

Recommandations