Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 12 heures
Gilles Kepel, spécialiste du Moyen-Orient, était l'invité du Face-à-Face de ce mardi 5 mai sur BFMTV et RMC.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:028h29 sur RMC et BFM TV. Bonjour Gilles Kepel.
00:06Bonjour.
00:06Merci de répondre à mes questions ce matin.
00:08Vous êtes professeur émérite des universités spécialistes du Moyen-Orient.
00:11Votre dernier livre, Antiterrorisme, la traque des djihadistes, c'était aux éditions Plon.
00:16Est-ce qu'on peut encore parler ce matin de cesser le feu ?
00:20La situation est très tendue.
00:22Qui des Etats-Unis ou de l'Iran a l'avantage ?
00:25On va essayer de comprendre tout ça avec vous.
00:27Mais d'abord cette question, lorsque l'on a vu hier des bombardements,
00:31notamment des tentatives sur les Émirats Arabes Unis venant de l'Iran.
00:35La question que je me pose ce matin, c'est pourquoi l'Iran reprendrait l'initiative éventuelle
00:42d'une cessation du cesser le feu et d'une reprise des hostilités ?
00:46En fait, ils sont dans une situation de ni guerre ni paix.
00:49Et il n'y a pas franchement de reprise des hostilités, mais il y a des pressions militaires.
00:54Et celle que vous venez d'évoquer est très significative, puisque c'est sur Foujahira,
00:58c'est-à-dire le terminal pétrolier des Émirats Arabes Unis,
01:02qui donne sur la mer d'Arabie, au mer de Mans, c'est-à-dire au-delà du détroit d
01:06'Hormuz,
01:07juste après que les Émirats se sont retirés de l'OPEP,
01:10au moment où il est devenu public que le dôme de fer israélien avait été déployé sur leur territoire,
01:15dans le cadre des accords d'Abraham.
01:17Et donc, les Iraniens ont voulu montrer que sur cette affaire, ils étaient vigilants
01:23et qu'ils allaient taper ce point-là.
01:26C'était aussi une manière d'accroître les contradictions à l'intérieur des pays arabes du Golfe,
01:31puisque d'un côté...
01:34Enfoncer un coin, les Émirats Arabes Unis d'un côté, le reste...
01:37L'Arabie Saoudite de l'autre, etc.
01:39Les Émirats se sont maintenant rapprochés du Bahreïn,
01:43ils ont racheté la dette du Bahreïn, que les Saoudiens avaient laissé un peu tomber.
01:47Les Saoudiens se rapprochent, eux, du Qatar, ce qui était tout à fait contre nature autrefois.
01:54Et quant à Loman, son ministre...
01:57Il a reçu le ministre des Affaires étrangères iranien longuement la semaine dernière.
02:02Loman n'est pas allé au sommet du GCC, du Conseil de coopération du Golfe Adjeda.
02:07Donc on voit bien qu'il y a une espèce d'éparpillement dans le Golfe,
02:10dont, évidemment, Téhéran tire tous les bénéfices.
02:13C'est extrêmement intéressant, on a l'impression avec vous,
02:14que le puzzle se redessine, en quelque sorte, en ce moment,
02:18au-delà de la seule question de l'affrontement entre les États-Unis, l'Iran et Israël.
02:24Cette histoire, quand même, des Émirats Arabes Unis.
02:26Vous avez mentionné le dôme de fer israélien,
02:29qui aurait été, semble-t-il, ça n'a pas tout à fait été confirmé,
02:33utilisé pour protéger les Émirats Arabes Unis,
02:36pour intercepter certains missiles iraniens.
02:38– Oui, en tout cas, au moins, sur Abu Dhabi,
02:41parce que les Émirats sont assez étendus.
02:43Vous avez deux parties, vous avez la zone Abu Dhabi-Dubaï,
02:45et puis, vous avez l'Émirat de Fujaira,
02:49qui, lui, traverse la péninsule du détroit d'Hormuz, si vous voulez.
02:54Au nord, vous avez un morceau de l'Oman,
02:57qui s'appelle Mossandam,
02:59au sud, l'Oman avec Mascate,
03:01et vous avez ce corridor,
03:02qui permet aux Émirats d'avoir une fenêtre sur la mer d'Arabie,
03:06ce qui lui permettait, en tout cas, d'exporter jusqu'à aujourd'hui
03:093,5 millions, un peu moins, de barils de pétrole par jour,
03:15ce qui assurait, d'une certaine façon, sa capacité de fonctionnement,
03:19et surtout, s'il sortait de l'OPEP, il voulait l'augmenter.
03:22Donc, vous voyez, ce sont des frappes qui sont menées par l'Iran,
03:29de manière à faire dérailler un processus ici,
03:32en encourager une tapas sur l'Arabie saoudite, par exemple,
03:35parce qu'ils veulent l'encourager à trouver des accommodements,
03:37et donc, briser la stratégie américaine
03:42de soutien à l'ensemble des pays du Golfe.
03:44Et évidemment, on va se poser la question dans un instant
03:45de savoir si ce détroit d'Armousse peut être libéré,
03:48et s'il y aura des répercussions, des réponses,
03:50et une reprise franche et massive des hostilités.
03:53Mais avec cette idée d'avoir été ciblés les Émirats arabes unis,
03:58est-ce qu'au fond, c'est une manière pour l'Iran
03:59d'entraîner les pays du Golfe dans cette guerre,
04:02et est-ce qu'au fond, ils vont vraiment y aller ?
04:05Est-ce qu'il pourrait y avoir des répliques ?
04:07Non, je crois qu'ils ont ciblé les Émirats
04:09parce qu'ils ont vu qu'il y avait aujourd'hui une rupture,
04:14un certain niveau de rupture,
04:16entre les Émirats et les autres.
04:18Ils n'ont pas ciblé les autres,
04:19ils ont fait ça exprès pour attiser les contradictions.
04:24Et on précise que deux personnes ont été blessées
04:26après qu'un immeuble résidentiel à Oman aussi
04:28a été visé par une attaque.
04:29Ça, ça paraît plus surprenant.
04:31Oui, alors, ils ont déclaré dans le passé,
04:35les Iraniens, que des attaques sur Oman
04:37n'avaient pas été de leur fait,
04:39qu'ils les avaient démenties.
04:41Ils ont peut-être eu lieu,
04:42mais ils sont souvent attentifs, justement,
04:44à ménager le sultanat d'Oman,
04:46parce que dans leur esprit,
04:48si péage il y a,
04:49ce dont ne veut pas la communauté internationale, évidemment...
04:51Ce sera forcément entre les deux.
04:53Voilà, l'idée, c'est qu'on partage...
04:54Oman d'un côté, les côtes iraniennes de l'autre.
04:56Alors, négocier avec les Irans un partage,
04:59pour les Omanais, ça va être compliqué.
05:00Mais en tout cas, ça fait partie des fers
05:02qu'ils conservent au feu.
05:04Gilles Kepel,
05:05les frappes sur les Émirats arabes unis
05:07n'ont pas non plus été tout à fait revendiquées par l'Iran.
05:10À quoi joue l'Iran, y compris en termes d'opinion publique
05:13ou de communication ?
05:15C'est précisément ce que je vous disais tout à l'heure.
05:17C'est une situation de ni guerre ni paix.
05:19On n'assume pas, mais on fait dérailler.
05:22Mais on montre qu'on est capable de faire dérailler les processus.
05:25Et c'est ce qu'a déclaré le ministre des Affaires étrangères,
05:28Sayyad Abbasarakchi,
05:30en disant, mais les Américains sont fous de vouloir passer en force.
05:34La seule chose qui est faisable,
05:36ce sont les négociations.
05:38Et quand il dit ça,
05:39il reprend, ou il fait semblant de reprendre,
05:42ce que disent les Européens.
05:43Le président Macron, le chancelier Merz,
05:46ont également dit qu'il faut trouver une manière négociée
05:50de sortir de la crise du détroit d'Hormuz.
05:55Donc vous avez une espèce d'habileté iranienne.
05:58Ce sont des gens qui sont rompus à la diplomatie depuis des années.
06:03Et face à cela, vous avez des promoteurs immobiliers,
06:06sans rien contre cette profession par ailleurs,
06:08qui veulent faire des deals immédiatement.
06:10Donc on veut des deals d'un côté,
06:12on veut une sorte de diplomatie madrée de l'autre.
06:15De l'échiquier, si vous voulez, oui.
06:17Est-ce que les négociations, c'est encore possible ?
06:21Alors, c'est possible plus ou moins.
06:23C'est-à-dire qu'il y a toujours des propositions
06:26qui circulent à travers le Pakistan,
06:29d'un côté et de l'autre.
06:30Le vrai enjeu, aujourd'hui, c'est le suivant.
06:33Les Américains voudraient qu'il y ait une négociation
06:37qui ne porte que sur la liberté de navigation
06:40dans l'étroit d'Hormuz.
06:42Et vous savez qu'il y a toujours 900 bateaux
06:44qui sont coincés, avec à peu près 20 000 marins,
06:48d'après les chiffres, dont on apprend aujourd'hui
06:51que c'est de plus en plus difficile.
06:53Il n'y a plus de nourriture.
06:54Ils sont là depuis maintenant plus de deux mois.
06:59La situation n'est pas du tout simple.
07:00Il y a une espèce de promiscuité, etc.
07:02Donc, pour les armateurs, ça pose toutes sortes de problèmes,
07:06les assureurs, etc.
07:07Il y a cette dimension-là.
07:09Donc, les messages passent.
07:12Et l'Iran veut dire, non, on veut négocier,
07:18mais on s'arrête là.
07:20Alors que les Américains disent, on en met ça.
07:22Et il y a derrière le nucléaire.
07:24Mais qui bluffe ?
07:25Il y a quand même cette question fondamentale,
07:28du passage ou non de bateaux,
07:31bateaux américains.
07:34Du côté des États-Unis, on dit,
07:35il y en a quelques-uns qui sont passés.
07:37Du côté de l'Iran, on dit, c'est n'importe quoi.
07:39Quelle est la réalité ?
07:41Et est-ce que tout cela peut s'embraser
07:42dans les heures qui viennent ?
07:44Alors, s'embraser, je ne crois pas que l'un comme l'autre
07:49y ait intérêt immédiatement.
07:52Puisque l'Iran a cette espèce de stratégie de harcèlement
07:56avec comme objectif que les sondages de Donald Trump
08:00dans la perspective des mid-terms
08:02soient de plus en plus mauvais
08:03et de le pousser à la faute.
08:06Puisqu'en fait, il y a une échéance fixe du côté américain.
08:10Ce sont les élections de la mi-novembre
08:11et les contradictions dans lesquelles est pris
08:13le président des États-Unis.
08:15De l'autre côté, pour l'Iran,
08:18il n'y a pas d'échéance fixe.
08:19Les passes d'Aran veulent essayer de tenir
08:21le plus longtemps possible.
08:22Mais en tenant, ils continuent à faire
08:25que l'économie se dégrate,
08:26la société n'en peut plus, etc.
08:28Donc, il y a quand même, en réalité, deux temporalités.
08:30Il y a une temporalité politique et financière,
08:32malgré tout aussi du côté américain,
08:33puisque la question du coup de la guerre
08:35commence à être une question récurrente
08:37dans l'opinion publique américaine.
08:39Mais de l'autre côté, côté iranien,
08:40à la fois, on a le temps pour soi
08:41parce qu'ils sont dans une logique d'un régime
08:43qui tient et qui est jusqu'au boutiste.
08:45Mais avec une économie qui, aujourd'hui,
08:47est quand même nettement fragilisée.
08:48On parlait de la question du stockage de leur pétrole.
08:52Est-ce que ça reste une échéance qu'ils ont en tête ?
08:54Alors, sur les Américains, déjà, il y a ça,
08:57vous l'avez évoqué.
08:58Il y a aussi, par exemple,
08:59l'augmentation du nombre de faillites
09:01des agriculteurs américains
09:02parce que les prix du carburant sont envolés
09:04et il n'y a pas eu d'économie d'énergie aux États-Unis
09:08parce que c'est un pays producteur.
09:10Mais les...
09:11Les engrais, on parle beaucoup aussi
09:12de la question des engrais, etc.
09:13Tout ça, ce sont les grosses masses électorales
09:17du parti républicain.
09:19Vous voyez, ça, c'est un vrai problème
09:20pour Donald Trump.
09:23Alors, du côté du contre-blocus,
09:25c'est-à-dire, on s'était dit,
09:26quand il y a eu l'initiative,
09:28il y a une dizaine de jours,
09:30des Américains de bloquer
09:31en mer d'Oman ou en mer d'Arabie,
09:33comme on l'appelle,
09:34la sortie et l'entrée vers le Golfe
09:37ou à partir du Golfe,
09:38le navire qui allait en Iran
09:40ou qui sortait avec du pétrole iranien,
09:44on s'est dit à ce moment-là,
09:46un peu vite,
09:47ah, c'est fini,
09:49le stockage va être saturé,
09:51il va falloir que l'Iran ferme ses puits,
09:54ils seront difficiles à remettre en marche,
09:56les Chinois ont déjà payé, etc.
10:00Ils sont aux abois,
10:01ils vont lâcher.
10:02En fait, c'est beaucoup plus compliqué que ça
10:04parce qu'il y a beaucoup de navires iraniens
10:07ou flac ou avec d'autres pavillons,
10:10mais avec du pétrole iranien
10:11qui sont aujourd'hui en mer de Chine,
10:13qui sont sur les eaux,
10:16qui nous donneront,
10:17parce qu'il faut deux mois à peu près
10:18de navigation pour aller en Chine,
10:20qui nous livreront leur pétrole
10:22Donc ils ont en réalité quand même
10:23des réserves d'argent à venir.
10:24Ils ont de quoi tenir.
10:26En gros, l'Iran a de quoi tenir
10:28aujourd'hui,
10:29au moins jusqu'à la fin de l'été,
10:31semble-t-il.
10:31Donc quand on parlait des 20 jours de stockage
10:32avant que les sites de stockage
10:34ne soient saturés
10:35et que donc ils soient obligés
10:37éventuellement de fermer
10:38le robinet des puits de pétrole,
10:42en réalité,
10:43ils ont davantage de temps devant eux.
10:44Semble-t-il, oui.
10:45Et ça, c'est ce calcul
10:48qui avait été fait
10:48de manière un peu erronée, probablement,
10:51qui, du coup,
10:52rend plus difficile
10:53la stratégie de pression maximale
10:55des États-Unis.
10:56Est-ce que ça veut dire,
10:56Gilles Kepel,
10:57que vous diriez ce matin
10:58que c'est l'Iran qui a l'avantage ?
11:01Alors, c'était les États-Unis
11:02qui avaient l'avantage indéniablement
11:04quand il y a eu le contre-blocus.
11:07Aujourd'hui, l'Iran a effectivement
11:09marqué sa capacité à résister.
11:12Parce que dans l'affaire aussi,
11:13outre la temporalité que vous avez mentionnée,
11:15pour l'Iran,
11:16il suffit de ne pas perdre
11:17pour avoir gagné,
11:19d'une certaine manière,
11:20dans cette affaire.
11:20Alors que les États-Unis
11:21ont besoin de gagner pour gagner.
11:22Ce n'est pas la même chose.
11:24Et vous voyez des soutiens
11:26dans une partie du monde,
11:28du Sud global,
11:29qui, finalement,
11:32considère que l'Iran a résisté
11:34à l'impérialisme américain.
11:35Contre le grand méchant impérialiste américain.
11:37Donc, tout ça est en train de changer.
11:39Et ça n'est pas sans évoquer
11:41du reste qui s'était passé
11:42après le 7 octobre 2023,
11:44où tout le monde avait trouvé
11:45que c'était affreux,
11:47ce qui s'était passé à Gaza,
11:48le massacre,
11:49en Israël plutôt,
11:50l'enlèvement des otages,
11:53le massacre des gens
11:54dans les kiboutes, etc.
11:56Mais les opinions publiques...
11:57Ensuite, ça s'est inversé
11:59en soutien
12:00à ceux qui avaient...
12:02Donc, vous estimez qu'au fond,
12:04presque du point de vue,
12:05désormais,
12:06politique ou de communication,
12:09le fait même que l'Iran tienne,
12:12c'est en soi une forme
12:14de victoire au moins temporaire.
12:17C'est un succès temporaire.
12:18Ce pourquoi vous avez,
12:19je vous l'ai dit tout à l'heure,
12:21à Rakshy,
12:22qui reprend quasiment
12:24délibérément
12:25des éléments de langage
12:26qui sont ceux des Européens
12:27en disant
12:28qu'il faut une solution négociée
12:29sur la détroit d'Hormuz
12:30et puis le nucléaire,
12:33on verra plus tard.
12:34Mais c'est presque ironique.
12:35Oui, bien sûr.
12:36C'est au moins cynique.
12:38Oui, tout à fait cynique.
12:39Ils font feu de tout bois, bien sûr.
12:40Gilles Kepel,
12:41hier,
12:43l'agence de presse Reuters
12:45avait certaines informations
12:46qui lui laissaient croire
12:48que l'Iran n'aurait besoin,
12:49je cite,
12:49que de 9 à 12 mois
12:51pour obtenir l'arme nucléaire.
12:53Comment est-ce que c'est possible ça ?
12:55Alors qu'il y a eu
12:56la guerre des 12 jours
12:57avec les bombardements,
12:58alors qu'il y a eu
12:59ces 66 jours
13:00de guerre
13:01depuis le déclenchement.
13:02Oui,
13:03puis on ne sait pas vraiment
13:04ce qu'il en est.
13:05Est-ce que là encore,
13:06c'est une forme presque...
13:07L'Iran n'a pas forcément intérêt
13:09à revendiquer
13:10cette capacité si rapide ?
13:12Oui,
13:13dans une certaine mesure
13:14pour pouvoir apparaître
13:15comme une puissance de paix,
13:17si je voulez,
13:17auprès de ses soutiens.
13:19Mais en même temps,
13:20c'est ce qui fait
13:21la force du régime
13:22et sa capacité.
13:23Nous aurons la capacité
13:25d'utiliser le nucléaire
13:26et nous n'avons pas peur
13:28des États-Unis
13:28dans un monde
13:30qui est complètement délabré
13:32où les alliances
13:33sont en train de se briser.
13:34Tout ça se fait
13:35dans un contexte
13:37où l'OTAN
13:38est en train
13:39de cesser d'exister.
13:40Qu'est-ce qui peut se passer
13:41maintenant ?
13:42Dans cette espèce
13:43de moment
13:43où vous le dites
13:44on n'est plus vraiment en guerre
13:46mais on n'est pas non plus
13:46du tout en paix.
13:47C'est-à-dire que ce n'est pas seulement
13:49d'une certaine manière
13:50ce qui se passe dans le Golfe
13:51aujourd'hui
13:51est un révélateur aussi
13:53de ce qui se passe
13:54ailleurs dans le monde.
13:55Regardez l'autre front,
13:58le front israélo-libanais
14:00est aujourd'hui dans une situation
14:02absolument catastrophique.
14:05Donc Donald Trump souhaitait
14:06que le président libanais
14:08Joseph Aoun
14:08et Bibi Netanyahou
14:10se serrent la main
14:10à la Maison Blanche
14:11et fassent la paix.
14:12Aujourd'hui ça n'est plus possible
14:14que le président libanais
14:15aille serrer la main
14:17au Premier ministre israélien
14:18avec l'armée israélienne
14:21qui est toujours présente
14:22dans la zone sud du Sud
14:25et qui jour après jour
14:27envoie des bunlosers
14:28raser les habitations
14:29des villages shéites
14:30et des villages chrétiens.
14:31Ça veut dire qu'Israël
14:32est en train de détruire
14:34sa propre capacité
14:36à pouvoir négocier
14:36alors qu'il y avait
14:37une sorte de début d'espoir
14:38de dialogue au minimum
14:39avec le voisin libanais ?
14:41Bien sûr, l'argument d'Israël
14:42c'est qu'il y a toujours
14:43les roquettes du Hezbollah
14:45qui arrivent
14:46et là aussi
14:47ce qui est très frappant
14:47le développement des armes
14:49le Hezbollah dispose maintenant
14:51de mini drones
14:52à fibre optique
14:53qui ont fait des ravages
14:56parmi les soldats israéliens
14:58qui ont fait tomber
14:58un hélicoptère etc.
15:00Et donc il y a cette dimension-là
15:02qui est aussi tout à fait
15:03stupéfiante.
15:03Mais ça pardon
15:03c'est assez inouï
15:04c'est-à-dire qu'on a quand même
15:05l'impression que jour après jour
15:07au fond
15:08ce que l'on imaginait être
15:10des capacités détruites
15:13du côté de l'Iran
15:13ou au minimum affaiblie
15:15du côté de l'Iran
15:15du côté du Hezbollah
15:16on a l'impression que
15:17quand il n'y en a plus
15:18il y en a encore.
15:18Oui et ça le Hezbollah
15:20c'est quand même quelque chose
15:21tout à fait stupéfiant
15:21parce qu'en septembre 2024
15:24il y a eu la fameuse affaire
15:25des beepers piégés
15:26vous vous souvenez.
15:27Mais c'est-à-dire que le Liban
15:28a été complètement poreux
15:30en quelque sorte
15:31à une forme d'entrisme
15:32mais y compris matériel
15:34de l'Iran.
15:34Oui par les gardiens
15:34de la révolution
15:35qui ont reconstitué
15:36complètement le Hezbollah.
15:38Alors est-ce que c'est arrivé
15:39par l'aéroport
15:40qui est en zone chiite
15:41par la mer
15:42ou aussi par des tunnels
15:44venant par la Syrie
15:46d'Ahmed al-Chara
15:46pourtant très opposés
15:48à l'Iran
15:48mais il faut bien
15:49faire des affaires
15:50et la Syrie est aussi
15:51en train de réexporter
15:52du Cap Tagon
15:53vers le Golfe aujourd'hui
15:54parce qu'ils ont besoin d'argent.
15:55Au moment où l'on se parle
15:56le président du parlement iranien
15:58à l'instant dit
15:59je cite
16:00que l'Iran
16:01n'a même pas commencé
16:03son bras de fer
16:05avec les Etats-Unis
16:05sur le détroit d'Hormuz.
16:07On est encore dans la relation
16:08le sort de
16:08le bras de fer
16:09la relation
16:10le rapport de force
16:11et cette revendication
16:13que
16:13on en a encore sous le pied
16:14c'est ce que nous disait
16:15l'Iran.
16:15Oui c'est ça
16:16en évitant
16:17de mettre ces forces en action
16:19parce que là
16:19il va falloir
16:20il y aura un test de vérité
16:22pour l'instant
16:23On n'y est pas encore
16:23à ce test de vérité ?
16:25Il faut penser toujours
16:27qu'il y a
16:27les Pakistanais
16:28qui continuent
16:29à faire passer
16:30des messages
16:30d'un côté et de l'autre
16:31et l'objectif
16:33des Iraniens
16:34c'est de faire en sorte
16:36qu'à un moment
16:36Trump
16:37voyant qu'il n'arrive pas
16:38en dépit des destroyers
16:40qui ont été envoyés
16:41etc.
16:42a une solution
16:43significative d'ouverture
16:45accepte
16:46de faire une négociation
16:47sur le détroit
16:48et dise
16:49dans un deuxième temps
16:50on verra
16:51ce qu'il en est
16:52du nucléaire
16:53et à partir de ce moment-là
16:54l'Iran aura acquis
16:56un avantage
16:57mais les Etats-Unis
16:57ne veulent pas
16:58lui laisser cet avantage
16:59parce que sinon
17:00c'est toute la réputation
17:03de Trump
17:03qui s'effondre
17:04et vu l'état
17:06des sondages
17:07aujourd'hui
17:07vu l'état
17:08alors c'est très bien
17:09l'économie américaine
17:11est très contestée
17:11la bourse
17:12n'a jamais été aussi haute
17:13grâce aux valeurs
17:15technologiques
17:16l'intelligence artificielle
17:17etc.
17:17mais en même temps
17:19le prix du pétrole
17:20n'a jamais été aussi élevé
17:21et donc on est dans un contraste
17:23qui n'est pas terrible
17:24pour les élèves
17:25une dernière question
17:26Gilles Kepel
17:27la Chine
17:28dans cette histoire
17:28est-ce qu'elle a
17:29une réelle influence
17:32comment est-ce qu'elle tire
17:33son épingle du jeu
17:34on a quand même l'impression
17:35qu'elle regarde tout ça
17:35avec beaucoup d'attention
17:36oui alors eux
17:37ils ont vraiment
17:38des stocks de pétrole
17:39très importants
17:40ils soutiennent l'Iran
17:43en le finançant
17:44essentiellement
17:45mais en même temps
17:46l'empire manufacturier chinois
17:49a besoin
17:50d'avoir
17:51une assurance
17:53régulière
17:53d'approvisionnement énergétique
17:55donc là il y a un grand
17:55point d'interrogation
17:56pour eux
17:57d'autre part
17:59eux voient
18:00dans la baisse
18:01du nombre
18:01de missiles américains
18:03quelque chose
18:03qui est très bien
18:04puisqu'il y en aura moins
18:05qui iront défendre Taïwan
18:07mais je ne pense pas
18:08que la Chine soit prête
18:09aujourd'hui
18:09à un affrontement
18:10avec les Etats-Unis
18:11elle attend son heure
18:12et évidemment
18:13l'affaiblissement américain
18:14qui apparaît
18:15très jour après jour
18:16ferait ses affaires
18:17un autre enjeu
18:19c'est la Russie
18:20la Russie
18:21qui aurait dû être enrichie
18:23par la hausse du pétrole
18:24en fait
18:25ça n'est pas si clair que ça
18:26puisque
18:27depuis qu'il n'y a plus
18:28d'investissement étranger
18:29en Russie
18:30le système
18:31d'exploitation pétrolière
18:32s'est beaucoup affaibli
18:33ils sont très au-dessous
18:34de leur quota
18:35de l'OPEP
18:36et surtout
18:37ça qui est très étonnant
18:38c'est l'histoire
18:39de l'Ukraine
18:40l'Ukraine
18:40qui avait été attaquée
18:42par des drones iraniens
18:43en grande quantité
18:44vendus par l'Iran
18:44à la Russie
18:46a réussi
18:47à construire
18:48des espèces
18:49de machines
18:49anti-drones
18:50chahides
18:50qui valent
18:51trois fois rien
18:52et qui sont
18:53en train de vendre
18:54aujourd'hui
18:55très cher je le suppose
18:56mais beaucoup moins cher
18:57que les patriotes
18:58aux Émiratis
19:00aux Saoudiens
19:02et c'est effectivement
19:02assez inouï
19:03de voir d'un front à l'autre
19:04donc on voit comment
19:04tous ces conflits divers
19:06d'une certaine manière
19:07s'imbriquent
19:08dans un système
19:09où les alliances
19:10sont en train
19:11de se dissoudre
19:12et où Trump
19:13crache sur l'OTAN
19:14tous les jours
19:14on reconstitue
19:15effectivement le puzzle
19:15merci beaucoup
19:16Gilles Keppel
19:16d'avoir répondu
19:17à mes questions
19:18ce matin
19:18sur RMC BFM TV
Commentaires

Recommandations