00:00Il grave des visages gigantesques sur les murs du monde entier et jusqu'au fond des océans
00:04et vient même de devenir le premier artiste urbain à réaliser le portrait officiel d'un président, celui du Portugal.
00:11Voici Alexandre Farto, plus connu sous le nom de Vils.
00:15Né en 1987 à Lisbonne, Vils débute le street art à l'adolescence en peignant notamment sur des wagons de
00:22train.
00:37A peine âgé de 20 ans, le jeune artiste portugais a alors un déclic et se met à considérer les
00:42murs comme une sorte de millefeuille urbain
00:44où s'accumulent au fil des époques des couches de peinture, d'affiches et de graffiti.
00:49Il décide alors, tel un archéologue, non plus de les peindre mais de les creuser pour en faire apparaître toutes
00:55les strates.
01:15L'art de Vils va alors se concentrer sur la destruction des murs, muni d'un marteau-piqueur, d'explosifs
01:21ou parfois de simples ciseaux et de petits clous.
01:23Il détruit, ronge, grave et gratte chaque parcelle de murs pour en faire apparaître des visages, anonymes ou connus, aux
01:32regards profonds qui scrutent les spectateurs.
01:34En 2008, il rassemble plusieurs de ses portraits dans une œuvre intitulée Scratching the Surface au Cannes Festival de Londres
01:41à côté d'un certain Banksy.
01:42Il a alors 21 ans et connaît son premier triomphe.
01:45Je pense que le moment où vous travaillez sur une œuvre où les gens passent tous les jours et qu
01:51'ils n'ont jamais de connexion avec ça,
01:53le moment où vous l'humanisez et que vous mettez des portraits en regardant de vous, vous les relatez d
01:59'une manière très différente.
02:01Parce que les humains tendent de relatez d'une manière très différente quand ils les réflexion ou de quelqu'un
02:08d'autre.
02:08Au fil des années, l'art de Vils se diversifie.
02:11L'artiste portugais conserve sa technique de gravure et son goût pour les visages,
02:15mais il s'attaque également à d'autres matériaux comme le papier, le bois ou encore les azulejos,
02:21ces petits carreaux emblématiques de l'urbanisme portugais.
02:24Ces œuvres apparaissent dans les villes du monde entier et en particulier dans les quartiers les plus défavorisés,
02:29comme ici dans les favelas de Rio de Janeiro.
02:32Attentif aux problématiques sociales, Vils utilise son art et sa célébrité
02:35pour attirer l'attention sur des communautés parfois délaissées.
02:39Dans une interview accordée à Visao en 2014, il explique notamment être satisfait
02:43lorsque l'une de ses œuvres offre une visibilité mondiale à des luttes locales.
02:47Mais son engagement se traduit également sur le terrain artistique.
02:51Confronté à un marché de l'art qu'il juge fermé et éditiste,
02:54Vils décide à 23 ans d'ouvrir sa propre galerie.
02:58Objectif, vendre ses œuvres, mais aussi mettre en avant d'autres jeunes artistes émergents.
03:05Ils n'ont pas pris des risques, ils n'ont pas pris des artistes jeunes artistes.
03:08Et j'ai vu beaucoup d'artistes autour de moi, qui ont tellement de valeur pour moi.
03:11Je sais que probablement le public ne l'entend pas, mais j'ai voulu créer la même opportunité
03:16que j'ai eu à travers les projets que j'ai fait ici, mais aussi avec Banksy et ainsi de
03:21suite.
03:21On a commencé à recevoir l'attention.
03:23On a fait des festivals dans la ville, on a commencé à recevoir articles.
03:27La ville a commencé à ouvrir le département.
03:29Et on a commencé à recevoir Shepard Ferry, ou JR, ou beaucoup d'artistes qui ont été
03:37grands noms dans la scène internationale, mais ils étaient derrière les artistes portugaises.
03:41Plébiscité dans le monde entier, Vils est aujourd'hui une figure majeure de l'art urbain.
03:45De Moscou à San Paolo, en passant par Lotz, en Pologne, Le Caire et même Hong Kong, où
03:50son atelier a longtemps été installé, ses visages se révèlent dans les villes du
03:54monde entier.
03:55Il arrive parfois que ses œuvres côtoient celles d'autres grands noms du street art, comme
03:58sur ses murs de Los Angeles, où il signe une collaboration avec JR.
04:02A l'occasion des Jeux de Paris 2024, il livre à l'aéroport d'Orly une gigantesque fresque
04:07composée de 11 000 azules haïchos et a gravé l'an dernier un visage féminin sur les murs
04:12d'une ancienne usine de New York en Nouvelle-Aquitaine.
04:14Sa renommée est telle qu'en 2025, il est choisi pour faire le portrait officiel du désormais
04:20ancien président portugais Marcelo Revelo de Sousa, un projet qu'il a d'abord refusé
04:24avant finalement de l'accepter sous une condition que l'argent prévu pour la rémunération
04:29de ce travail soit investi pour soutenir des artistes émergents.