00:00Il y a une autre question sur le prix de l'essence qui nous parvient de Francis, je crois, qui
00:05rentre de vacances en Espagne.
00:06Il dit « Je reviens d'Espagne, le prix du Kerbiron pour le 100.95 est à 1,40€. »
00:11Pourquoi une si grosse différence avec la France ?
00:13Alors justement parce que les taxes sont beaucoup plus faibles en Espagne.
00:16Et comme les Espagnols ont mieux géré leurs finances publiques que la France ces dernières années,
00:21c'est le cas des Italiens aussi ou des Portugais,
00:23eh bien ce sont des pays qui, eux, peuvent diminuer les taxes sans prendre le risque d'une crise financière.
00:29C'est très clair en Italie, par exemple, qui a été un pays qui, en dehors de la charge d
00:32'intérêt,
00:33a un excédent budgétaire public, ce qu'on appelle l'excédent primaire.
00:36Et donc il a davantage de marge de manœuvre que nous, qui avec des déficits,
00:40là encore je ne vais pas vous noyer sous les chiffres rapidement, mais de 5% du PIB.
00:44Donc eux peuvent se le permettre.
00:46Eux peuvent se le permettre parce qu'ils ont fait des efforts par le passé.
00:48Ils ont un peu assainé les finances publiques.
00:50Nous, nous n'avons pas fait cet effort.
00:51Ils ont baissé la TVA et ils ont subventionné aussi.
00:54Donc ils ont cumulé ces deux mesures avec une baisse de la TVA qui représente à peu près 30 centimes
01:00par listre.
01:01Et puis par ailleurs des subventions un peu sectorielles, un peu comme la France le fait.
01:05Mais là, il y a eu le cumul des deux types de mesures.
01:08Donc globalement, ça a eu un impact évidemment très fort au prix.
01:11Et la baisse de la TVA, ça, pour le coup, ça coûterait trop cher au gouvernement ?
01:15Ce sont des montants qui sont absolument...
01:17Enfin, c'est impossible.
01:17Un gouvernement pourrait décider de le faire et il ferait prendre un...
01:21Enfin, de mon point de vue, en tout cas, il ferait courir un risque au pays.
01:25Donc rien n'est impossible.
01:26On peut toujours faire n'importe quoi.
01:28Mais de mon point de vue, je considère que c'est...
01:30Oui.
01:31Oui.
01:31Et je considère que ça n'est pas raisonnable.
01:33Parce qu'il y a quand même le président de la République qui, cette semaine, a demandé à son gouvernement
01:38et ses ministres en première ligne de réfléchir à des potentielles solutions.
01:44Quelle pourrait être l'entre-deux ?
01:45Je pense que... Pardon.
01:47Non, non, mais allez-y.
01:48Non, je pense que l'entre-deux, c'est d'aider un peu plus les secteurs comme on le fait
01:52aujourd'hui.
01:52Et d'ailleurs, ce que dit le Premier ministre, c'est que l'État récupère des taxes avec l'augmentation
01:57des prix du pétrole.
01:59Donc c'est vrai que pour l'État, il y a des recettes fiscales en plus.
02:03Et la règle de calcul du Premier ministre, ce qui me semble assez logique, c'est de dire, au fond,
02:08tout ce qu'on récupère en plus est remis en aide aux secteurs qui sont en difficulté.
02:14Et pendant ce temps total, qui annonce un bénéfice à 5 milliards d'euros pour le premier trimestre, ce qui
02:19relance évidemment la taxation sur les super profits pour les compagnies pétrolières,
02:24mais qui, dans le même temps, a décidé donc de maintenir son plafonnement des carburants en France, tant que la
02:29crise durera, c'est le service minimum ?
02:32Oui, c'est le service minimum. Bien évidemment, juste deux mots sur ces super profits, parce que là aussi, j
02:38'entends beaucoup de commentaires là-dessus.
02:39Total profiteur de la crise ou pas ?
02:41Déjà, ces super profits, Total fait beaucoup de profits.
02:44Moi, je suis toujours content quand une entreprise française fait beaucoup de profits.
02:47Donc c'est ma vision de l'économie, si vous voulez, je préfère.
02:49Mais simplement, ces profits ne sont pas réalisés en France, pour Total.
02:54Donc ça, c'est la première chose.
02:55La deuxième chose quant à ceux qui demandent une taxe sur les super profits.
02:58On peut toujours en discuter sur le fond, mais en fait, on est dans un état de droit.
03:04Pour faire une taxe, il faut une loi de finances rectificative.
03:08Vu l'État du Parlement et la difficulté qu'on a eue à faire une loi de finances normale,
03:12ça nous a beaucoup occupés sur votre plateau,
03:15je ne pense pas qu'il y ait quelqu'un de sérieux dans ce pays pour dire
03:18on va remettre le couvert en ce moment et demander au Parlement de faire un budget rectificatif.
03:22Mais vous dites que ces bénéfices n'ont pas été faits en France.
03:24Mais est-ce que malgré tout, si on s'en tient au chiffre, puisqu'on parle du premier trimestre,
03:28on peut dire que ce conflit au Moyen-Orient a rapporté de l'argent à Total ?
03:31Oui, là, bien sûr. Très clairement, on le voit.
03:33Et ça, c'est compliqué à digérer.
03:36Évidemment que c'est compliqué à digérer.
03:37Et c'est la raison pour laquelle Total, qui voit bien le problème, annonce que les prix vont être gelés.
03:44Évidemment que ce n'est pas facile à digérer, bien sûr.
03:47Et c'est pour ça que Total et les entreprises, les distributeurs, doivent faire les efforts les plus importants possibles.
03:53Mais je comprends parfaitement votre argument.
03:55Et pourquoi les autres distributeurs ne font pas comme Total ?
03:58Alors c'est Total qui est la principale entreprise pétrolière en France,
04:01donc c'est la plus importante.
04:02Mais Total ne gagne pas de l'argent sur la distribution.
04:05Total gagne de l'argent parce que c'est un très gros producteur de pétrole.
04:09Et d'autres choses d'ailleurs, Total, qui s'appelle Total, énergie d'ailleurs, fait énormément.
04:14C'est ce qui explique une large partie de la progression.
04:16Parce que le pétrole que Total ne produit pas, Total l'achète, puis le revend.
04:22Et la majeure partie, pour ne pas dire l'essentiel, de cette augmentation des bénéfices de Total
04:28entre le trimestre qui vient de s'écouler de 2026 par rapport à 2025, c'est le trading.
04:36C'est le fait, ça fait partie du métier des groupes pétroliers d'acheter et de vendre.
04:39Et c'est là-dessus que les marges ont été évidemment énormes puisqu'ils ont acheté avant la crise,
04:43ils ont revendu après et donc dégagé des bénéfices très importants.
04:46Est-ce qu'on a une connaissance d'autres pays producteurs ?
04:50Par exemple, la Kaspiagne, le Kazakhstan, Total est présent là-bas aussi.
04:53Le Turministan, il y a du gaz.
04:55Est-ce qu'ils ont augmenté les productions ?
04:56Est-ce qu'il y a quelque chose dans cet ordre-là ?
04:59Oui, absolument.
05:00Et on voit que beaucoup de circuits parallèles sont en train de se mettre en place,
05:06y compris d'ailleurs pour des produits qui sont des produits raffinés.
05:08Si vous regardez le kérosène par exemple, j'évoque le kérosène parce qu'aujourd'hui,
05:13c'est sans doute le produit pour lequel il y a le plus d'inquiétude
05:16quant à des ruptures.
05:17Parce que là, pour le coup, une très grosse partie vient du Proche et du Moyen-Orient,
05:20mais ça peut venir aussi d'autres pays.
05:23Et on voit aujourd'hui qu'une entreprise comme Air France, par exemple,
05:26elle essaie de diversifier ses approvisionnements,
05:30avec même d'ailleurs, pourquoi pas ?
05:31En théorie, on pourrait même raffiner nous-mêmes en France,
05:34parce qu'on a des raffineries qu'on n'utilise plus,
05:36mais en Normandie, on a ses capacités de raffinage.
05:41Donc oui, bien évidemment, les pays essaient de tirer leur épingle du jeu,
05:47même au Proche et au Moyen-Orient d'ailleurs,
05:49puisque vous avez peut-être noté quelque chose de très important cette semaine,
05:52c'est que les Émirats Arabes Unis ont quitté l'OPEP,
05:55et l'idée derrière ça, c'est d'être capable de produire davantage de pétrole.
06:00Et de ne plus avoir de comptes à rendre.
06:02On va voir, mais en tout cas de produire davantage de pétrole
06:05pour pouvoir justement subvenir aux besoins des pays qui en ont besoin,
06:10notamment en Asie.
Commentaires