00:00Des milliers de fêtards se sont réunis pour une rêve-partie près de Bourges ce week-end du 2-3
00:04mai.
00:04Ce rassemblement illégal qui a réuni jusqu'à 40 000 personnes était organisé sur un champ de tirs militaire jugé
00:10dangereux.
00:10Les premières heures, je ne vais pas vous cacher, elles ont été difficiles.
00:14Lorsque j'ai vu déferler toutes ces voitures sur la commune, en pleine nuit en plus, c'est encore plus
00:18impressionnant.
00:19La possibilité d'agir, de faire quoi que ce soit, qu'il y ait des passionnés, je le comprends.
00:24Mais voilà, ça ne signifie pas qu'il faut braver les interdits pour s'imposer.
00:29Oui, on va piétiner quelques champs et puis on va faire du bruit pendant quelques temps.
00:33En soi, on rend l'endroit, il est propre, il n'y a pas de poubelle, il y a des
00:36stands de RDR, il y a la protection civile.
00:39Même s'il s'est fait illégalement, c'est quand même bien fait.
00:44Après, je vous aurais bien embêté en vous disant pas rien.
00:47Ils ont pu quelques tasses de café avec les habitants.
00:49Certains m'ont dit, mais tu crois qu'on peut y aller ?
00:52Tu crois qu'on peut aller voir ce que c'est parce que ça nous donne envie d'y aller
00:55?
00:55Et je leur disais, mais attention, vous savez bien que c'est un terrain militaire, on n'a pas loin
00:59d'y aller, ça peut exploser à tout moment.
01:01Ouais, d'accord.
01:02Mais finalement, je les ai croisés sur le chemin, je sais qu'ils y sont allés.
01:06C'est cool, c'est bien, il y a de l'animation.
01:10Les gens se plaignent.
01:11Pour une fois qu'il y a de l'animation, profitons-en.
01:14C'est pacifiste.
01:16C'est dommage que ça soit sur le terrain militaire, mais après, je pense qu'ils ont des revendications à
01:23faire passer.
01:23Et c'est ça qu'il faut savoir entendre.
01:26Ce site n'a pas été choisi au hasard par les organisateurs.
01:29Le terrain militaire est situé près de Bourges, la ville natale du ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez, qui s
01:34'est rendu sur place.
01:35La revendication, c'est qu'on vient à Bourges parce que le ministre de l'Intérieur est né à Bourges,
01:39on va dans la zone de Bourges, et on vient sur le polygone parce qu'on est contre la guerre,
01:43c'est la guerre à la guerre, et donc il y a une revendication qui est clairement anti-militaire.
01:50La préfecture du Cher alerte depuis le début de l'événement sur le danger lié à la présence de munitions
01:55non explosées
01:55dans certaines zones de ce terrain de la Direction Générale de l'Armement, utilisé depuis plus d'un siècle.
02:01Ces craintes ont conduit les autorités à déployer un important dispositif de sécurité.
02:04On se prépare en tous les cas à pouvoir faire face à toute situation,
02:08même si bien évidemment on aspire à ce que tout le monde espère qu'il n'y aura pas de
02:14blessés graves pendant ce technival.
02:17Mais on a mis en place un dispositif qui est capable de monter en puissance, d'ailleurs s'il le
02:21faut,
02:21pour pouvoir faire face à ce genre de situation.
02:24650 gendarmes répartis sur 14 points de contrôle, 45 pompiers et 30 secouristes de la protection civile
02:30ont été mobilisés pour encadrer ce technival.
02:32Les démineurs sont également intervenus après la découverte de deux obus à proximité du site durant le week-end.
02:37La rêve partie s'est déroulée sans incident majeur, mais les autorités dénombrent 33 blessés, dont 5 en urgence absolue.
02:44L'urgence absolue de cette nuit, c'est un accidenté qui a été percuté par une voiture.
02:49Je peux témoigner que je me suis déplacé hier soir sur site et qu'il fallait vraiment rouler extrêmement lentement
02:57parce que nous avions plein de gens à pied, habillés en noir, sans aucun élément de réflexion de lumière.
03:03Plus de 600 personnes ont été verbalisées par les autorités.
03:07Je pense qu'on va recevoir un courrier chez nous pour nous dire 135 euros d'amende,
03:12mais bon, on aimerait bien faire des teufs légales, sauf que quand on demande à faire des teufs légales, c
03:17'est toujours refusé.
03:18À partir du moment où on est somme et qu'on sait qu'on n'a rien à se reprocher,
03:21après il n'y a pas un mort d'homme après, donc 300 balles, c'est le jeu, on va
03:28dire.
03:28Dans un communiqué diffusé sur les réseaux sociaux et présenté sous la forme d'un faux arrêté préfectoral,
03:33les organisateurs expliquent vouloir protester notamment contre une proposition de loi très restrictive envers les rave parties
03:39qui est actuellement en cours d'examen au Parlement.
03:41Maintenant, c'est un moyen de démontrer qu'en fait, les participants, les participantes en fait sont mobilisés.
03:49Quoi qu'il arrive, continueront à venir. Quoi qu'il arrive, continueront de contester ces lois.
03:56Organiser une rave partie maintenant, ce sera un délit. Un délit puni de deux ans d'emprisonnement, de 30 000
04:01euros d'amende.
04:03Ça veut dire que quand on identifie les organisateurs, on commence par passer par la case garde à vue.
04:07Et puis ensuite, il peut y avoir une condamnation délictuelle.
04:09Ce sera un délit aussi pour les participants et nous pourrons appliquer l'amende forfaitaire délictuelle à hauteur de 300
04:15euros.
04:15D'autres rassemblements sont prévus le 30 mai, le 6 et le 13 juin dans plusieurs villes, dont Paris,
04:20pour dénoncer le durcissement législatif qui plane sur les free parties.
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