00:00Il n'y a pas de mauvais journaliste.
00:03Où on est journaliste, où on ne l'est pas.
00:07Moi, je n'admets pas qu'on dise qu'il y a de mauvais journaliste.
00:11Parce que vous vous donnez la responsabilité de parler des autres
00:16qui ont de la famille.
00:19Et parfois, vous oubliez que si vous étiez,
00:23si vous aviez inversé les rôles,
00:26vous n'auriez pas diffusé votre information.
00:30Donc, la recommandation que je vous fais,
00:32toutes les fois que vous voulez publier un article,
00:36remplacez par votre nom le nom de celui dont vous parlez.
00:42Et vous voyez si on peut diffuser ou pas.
00:45C'est aussi simple, le journalisme.
00:50Maintenant, je reviens à la maison de la presse.
00:55À la suite du président du conseil d'administration,
01:00je voudrais remercier le chef de l'État,
01:04le président Mamadi Doumbouya,
01:07qui, à peine arrivé au pouvoir,
01:10a mis en valeur la carte de presse.
01:15Quelques jours seulement après leur prise de responsabilité,
01:20à la demande des associations,
01:23une dérogation a été faite aux journalistes détenteurs de la carte de presse
01:28pour circuler la nuit pendant le couvre-feu.
01:32C'est le général Mamadi Doumbouya qui a montré déjà sa vision d'une presse libre.
01:39Mais il a toujours insisté à condition que celle-là soit responsable.
01:45Et je pense qu'il a raison.
01:48La maison de la presse,
01:51je parle sous le contrôle de TAM,
01:56j'ai été le premier président du conseil d'administration de la maison de la presse.
02:03Camille,
02:05Awakami, bien sûr,
02:07TAM,
02:08et plus d'autres étaient membres du conseil d'administration de la maison de la presse.
02:12Nous étions en location.
02:16L'ambassade de France a été la première à payer notre loyer.
02:22Et quand l'ambassade de France et l'ambassade des États-Unis se sont retirés,
02:29nous n'étions pas en capacité de payer le loyer de la maison de la presse.
02:35Par la suite, j'ai laissé la main à TAM,
02:38qui a été le deuxième président du conseil d'administration.
02:43Il s'est battu comme il sait le faire.
02:46Et souvent, quand il veut, il réussit.
02:49Et soudain,
02:52le président arrive,
02:53il vous offre une maison de la presse,
02:56il nous offre une maison de la presse,
02:59qui abrite aujourd'hui
03:00et les associations de presse
03:03et le syndicat.
03:05Montrez-moi un seul pays
03:06où l'État a donné des locaux à un syndicat
03:10de la presse.
03:13Montrez-le-moi.
03:15Sauf si le syndicat s'est adossé au patron
03:20et qui arrive par effraction
03:22dans des maisons de la presse.
03:24J'en connais dans quelques pays africains.
03:27Et j'entends souvent dire
03:30que la presse n'est pas libre en Guinée.
03:34Un diplomate m'a dit
03:35que si ceux qui l'écoutent sur les radios,
03:39si ceux qui lient dans la presse en ligne
03:41se faisaient dans son pays,
03:44beaucoup de journalistes seraient en prison.
03:46On ne le dit pas souvent.
03:51La dépénalisation des délits de presse
03:54a conduit à l'irresponsabilité
03:57de beaucoup de journalistes dans ce pays.
04:00Parce que simplement, il dit,
04:01je vais commettre des dégâts,
04:04je vais prendre de l'argent
04:05et j'ai la certitude que je n'irai pas en prison.
04:08Moi, je suis un défenseur
04:10de la dépénalisation des délits de presse.
04:13Mais je dis, à condition que les associations
04:16se montrent suffisamment responsables
04:19et que vous réussissiez à créer un syndicat fort.
04:23Vous n'en avez pas.
04:27Un syndicat, c'est celui qui dénonce
04:30ce qui ne va pas.
04:31Et c'est celui qui reconnaît ce qui va.
04:35J'entends dire que la HAC sanctionne.
04:39Je demande simplement à ceux qui le disent,
04:41y compris le syndicat,
04:42d'aller voir le législateur
04:45et lui dire de retirer
04:47toutes les sanctions de la loi.
04:50Dans ce cas, la Guinée ne fera pas d'exemple,
04:54mais sera citée comme le pays
04:56où il y a une loi sans sanctions.
05:00Comme ça, on va supprimer le code pénal,
05:03on va supprimer toute la partie sanctions
05:06de la loi sur la presse.
05:08Moi, en tant que HAC,
05:10ma responsabilité, c'est d'appliquer la loi.
05:14Si le législateur prévoit des sanctions,
05:19nous les appliquerons.
05:20Mais nous les appliquerons avec discernement.
05:25Nous les appliquerons avec discernement,
05:27avec responsabilité.
05:29Quand nous sanctionnons
05:30et que les gens présentent des excuses
05:32et qu'ils promettent de ne plus refaire,
05:35nous levons les sanctions.
05:38Nous, nous sommes suffisamment indépendants.
05:41Pour sanctionner, nous ne demandons pas l'avis de quelqu'un.
05:44Et pour lever, nous ne demandons pas l'avis de quelqu'un.
05:47Ni des associations, ni du syndicat.
05:51C'est de notre responsabilité.
05:53Et je vous dis,
05:55la HAC est une institution de la République.
05:58Quiconque viendra là-bas,
06:01association ou syndicat,
06:03vous serez obligés d'appliquer la loi.
06:06Mais faudrait-il avoir un emploi
06:10pour être dans un syndicat ?
06:12Je vois dans le syndicat
06:14des responsables
06:17qui n'ont pas d'emploi.
06:19Moi, je le sais parce que j'ai leur carte de presse.
06:22Il y en a un qui travaille pour un organe fermé.
06:26En fait, il n'est pas fermé
06:27parce qu'il n'existe plus par sa faute.
06:29Il n'a plus de moyens d'exister.
06:31Et un autre qui est allé se débrouiller
06:35dans un site où il ne sont que deux.
06:38Le propriétaire du site
06:39et le responsable du syndicat.
06:41Il ne sont que deux.
06:42Comment celui-ci peut défendre une profession ?
06:46Voilà la réalité.
06:48Et vous le savez.
06:49Et vous ne le dites pas.
06:52Et vous ne le dites pas.
06:55Alors, mettez en place
06:57un syndicat responsable.
06:59À ce moment, la convention collective sera signée.
07:04Moi, je ne serai pas
07:05de ceux qui vont encourager
07:07à signer une convention collective
07:09avec un syndicat qui n'existe pas.
07:12Et je vous dis,
07:14lorsque j'ai remarqué
07:16que le syndicat n'avait même pas un ordinateur,
07:20c'est la HAC qui leur a donné des équipements.
07:22Et on leur a dit,
07:24on vous donne les équipements
07:25si nous faisons mal, critiquez-nous.
07:28Et ça, on n'a jamais dit.
07:31Il faut qu'on arrête.
07:33Il faut qu'on arrête.
07:34L'investigation,
07:36je parle sous le contrôle
07:37d'Anseoumane, de Morel
07:38et de tous les autres.
07:40Le premier journaliste
07:41qui a été arrêté
07:42en 85,
07:44il y a 41 ans,
07:45il s'appelle Boubacar Yassine Diallo.
07:48Et c'est parce qu'il avait
07:49simplement écrit à Mamou
07:51que la ville est sale
07:53et la vie est chère.
07:55C'est des militaires
07:56qui étaient au pouvoir.
07:58Il a été enfermé à Mamou.
08:00Ansoumane,
08:00Fodebouia Fofana,
08:02Oumar Yeng,
08:02tout le monde s'est levé.
08:04Et le président
08:05a dit à ce préfet,
08:07tu n'es plus préfet
08:08parce que moi,
08:09j'ai besoin de la presse,
08:11j'ai besoin de la liberté.
08:14le préfet s'appelle Camus.
08:16Il a été déplacé de Mamou,
08:18il est allé à Fourecaria
08:19et puis il s'est retrouvé
08:21en dehors de l'administration.
08:23Il y a 41 ans,
08:25quels sont ceux
08:26qui parmi vous
08:27étaient journalistes
08:28il y a 40 ans ?
08:29Et aujourd'hui,
08:31quand j'entends dire
08:32voilà, eux,
08:33ils sont achetés,
08:34ils sont vendus,
08:35c'est nous
08:36qui nous sommes battus
08:37pour la liberté.
08:40Le seul journaliste
08:42qui a été condamné
08:42à un an de prison
08:44ici
08:44parce qu'il a dit
08:45qu'un colonel
08:46de l'armée
08:47a démissionné.
08:47Il s'appelle
08:48Boubacar Yassin Yalo
08:49et le président
08:50l'a gracié à 20 heures
08:52alors qu'il était au Maroc
08:54parce qu'il n'était pas
08:55d'accord avec
08:55la décision du juge.
08:57Vous allez nous apprendre quoi ?
09:00Vous allez nous apprendre quoi ?
09:05Vous avez découvert
09:08la presse,
09:09elle était libre,
09:10elle était indépendante
09:12et vous partirez de la presse,
09:14vous la laisserez libre
09:15et indépendante.
09:16Merci.
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