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  • il y a 10 heures
Le docteur en psychologie Stéphane Amar intervient sur la question de la fin de vie : «C'est le rôle des soignants d'accompagner, d'aider à prendre en compte les enjeux complexes.»

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Transcription
00:00C'est là qu'on est dans les nuances subtiles. Ce dont vous parlez, c'est la loi du double
00:04effet.
00:05C'est-à-dire que lorsqu'on soulage quelqu'un sur un plan physique, sur le plan de la douleur
00:09physique,
00:10on peut à un moment prendre le risque de raccourcir, bien que ça ne soit pas l'intention, c'est
00:16ça qui est important,
00:17et c'est là où on est vraiment dans les subtilités.
00:20Ça peut éventuellement raccourcir le temps, mais lorsqu'on est en toute fin.
00:26Mais l'intention n'est pas de raccourcir, l'intention est de soulager.
00:30C'est vrai que ça paraît une façon de jouer comme ça sur les mots,
00:35mais pourtant sur un plan éthique, ça n'a plus rien à voir.
00:38Il y a une autre question aussi qui crée beaucoup la discorde aujourd'hui entre députés et sénateurs,
00:43c'est celle du délit d'entrave. On peut rappeler ce que c'est que le délit d'entrave ?
00:48Le délit d'entrave, ça voudrait dire qu'à partir du moment où on propose à quelqu'un de réfléchir
00:52à une décision qu'il aurait prise d'être aidé à se suicider ou d'être euthanasié,
00:59on pourrait être accusé de le dissuader.
01:04On voit bien quand on est prêt, soignant, quelle que soit la profession,
01:09on est prêt d'un patient en fin de vie comme ça, qui est dans la détresse,
01:13qui est dans le doute, qui est dans des étapes psychiques extrêmement complexes.
01:17Ça c'est grave, là on est sur un vrai danger, c'est-à-dire que certains soignants
01:20pourraient ne plus oser finalement proposer d'alternatives.
01:25Oui, alors que c'est le rôle précisément des soignants d'accompagner justement,
01:29c'est-à-dire d'aider à réfléchir, d'aider à prendre en compte les enjeux extrêmement complexes,
01:34les ambivalences. Vous avez des gens évidemment, le matin,
01:37il dit j'en ai marre, je veux que ça s'arrête,
01:38et puis l'après-midi, ils vont vous dire,
01:41mais pourquoi vous ne m'avez pas donné mon traitement pour le diabète ?
01:43C'est-à-dire qu'on voit bien à quel point il y a une plasticité psychique
01:48dans ces moments-là, qui fait qu'on ne peut pas accorder à des paroles,
01:53même très très convaincues, toutes leurs valeurs,
01:57dans le sens où ça bouge beaucoup dans ces moments-là.
02:00Donc on est bien obligé d'aider les gens à réfléchir,
02:02et ça pourrait être pris dans ce délit d'entrave,
02:06et c'est complètement fou, je crois d'ailleurs que ça remet en question, il me semble.
02:09Absolument. Dernière question Stéphane Amart, je le disais,
02:11vous êtes psychologue, quel est le rôle,
02:14quel est votre rôle finalement dans les soins paléatifs
02:18et dans la fin de vie finalement des patients aujourd'hui ?
02:21Ça se décompose de différentes manières,
02:23c'est sûr qu'on essaye justement d'aider une personne
02:26à pouvoir penser ce qui se passe
02:30de la façon la plus...
02:32enfin qu'il lui convienne le mieux,
02:34de le soutenir dans cette capacité psychique.
02:39Ça prend des formes extrêmement diverses,
02:41parce que ça dépend de là où en sont les gens.
02:44On a aussi évidemment à aider l'entourage, en principe.
02:47Comme vous l'avez dit, c'est très éprouvant aussi pour l'entourage.
02:51Ça confronte à des questions évidemment de pertes,
02:54mais aussi à sa propre mort.
02:56Donc on a tout un travail là-dessus.
02:58Et puis en ce qui me concerne,
03:01il y a aussi beaucoup de travail auprès des professionnels,
03:04parce que ça n'est pas un métier anodin
03:07d'accompagner au quotidien des personnes qui meurent.
03:09Et donc on a besoin aussi de réfléchir
03:12sur la façon dont ça se passe,
03:15le sens de tout ça,
03:16est-ce qu'on fait bien, est-ce qu'on ne fait pas bien, etc.
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