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Jordan Bardella était l’invité exceptionnel de BFMTV depuis le Parlement européen à Strasbourg. Le président du Rassemblement national est interrogé sur les enjeux du conflit au Moyen-Orient, les conséquences sur la vie des Français et sur l’élection présidentielle 2027.
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00:00:00Bonsoir à tous, invité exceptionnel ce soir dans 60 minutes, BFM.
00:00:05Jordan Bardella est notre invité ce soir. Bonsoir.
00:00:08Merci de vous accorder cet entretien exclusif depuis le Parlement européen ici à Strasbourg.
00:00:13Un Parlement européen où dans les couloirs, on ne parle évidemment quasiment que d'une chose,
00:00:17c'est ce conflit au Moyen-Orient.
00:00:19On va prendre le temps de s'y arrêter, les conséquences pour le monde, les enjeux de cette guerre,
00:00:25la place de la France dans le monde, est-ce qu'elle doit davantage s'impliquer ou non ?
00:00:29On verra aussi la question de Donald Trump, parce qu'à vos yeux, c'est encore un allié ou est
00:00:32-ce que c'est devenu un adversaire.
00:00:34On évoquera bien sûr aussi l'élection présidentielle qui se dessine dans moins d'un an.
00:00:38Mais d'abord, évoquons les conséquences directes sur la vie des Français, sur la vie de tous nos compatriotes de
00:00:44cette guerre.
00:00:45Emmanuel Macron a dit « ce n'est pas notre guerre ».
00:00:47Je vous propose un chiffre pour débuter, un chiffre qui nous est fourni aujourd'hui par l'Institut de sondage
00:00:52Elab,
00:00:52qui est notre partenaire. 6 Français sur 10 aujourd'hui anticipent une pénurie d'essence.
00:00:5787% se disent inquiets de la situation, selon ce sondage.
00:01:03Est-ce que vous aussi vous êtes inquiet, Jordan Bardella ?
00:01:05La situation est difficile et elle va sans doute l'être pendant plusieurs mois encore, voire peut-être pendant plusieurs
00:01:12années.
00:01:13Tout le cœur de ce conflit résulte dans le blocage actuel de ce détroit d'Hormuz, dont on parle depuis
00:01:20maintenant plus de deux mois.
00:01:22Détroit d'Hormuz qui est aujourd'hui bloqué, qui est extrêmement incertain, par lequel transite 20% du pétrole mondial.
00:01:29Et ça a évidemment des répercussions très importantes pour les économies européennes et notamment pour notre situation énergétique.
00:01:37Il y a des millions de Français qui sont inquiets, inquiets de voir depuis plusieurs semaines les prix des carburants
00:01:43monter dans des dimensions complètement folles.
00:01:46Inquiets de voir le gouvernement totalement impuissant face à l'augmentation des prix.
00:01:52Et très certainement, beaucoup de nos compatriotes, beaucoup ont besoin de leur voiture pour aller travailler.
00:01:56Moi, je pense à nos infirmières libérales, je pense à nos pêcheurs, à nos routiers, aux familles françaises qui ont
00:02:02besoin de leur véhicule pour se déplacer
00:02:04et qui, pour beaucoup, restreignent leur déplacement, font des pleins de 20 à 25 euros et sont dans une situation
00:02:09d'attentisme.
00:02:10Moi, ce que je reproche...
00:02:11Vous, vous êtes inquiet ?
00:02:12Monsieur, je le suis. Moi, je fais de la politique. Je connais l'état de notre pays. Je connais l
00:02:17'état de notre économie.
00:02:18Et je sais aussi le coût de nos dépendances.
00:02:21Donc, il faut agir. Il faut agir pour la France du travail. Et c'est la raison pour laquelle nous
00:02:25avons proposé, avec Marine Le Pen, la baisse des taxes sur le carburant.
00:02:30Parce que quand on a 60% quasiment de taxes sur les carburants, on a un levier direct, qui est
00:02:35le levier fiscal, pour agir immédiatement en baissant les taxes, en baissant la pression fiscale
00:02:39et en rendant immédiatement du pouvoir d'achat.
00:02:42Le gouvernement dit que ça coûte trop cher, ça coûterait 12 milliards, impossible vu nos finances publiques.
00:02:46Alors, ça ne coûte pas plus cher que le poids de la dette par laquelle ils ont aggravé la situation
00:02:52économique de la France depuis près de 10 ans.
00:02:55Je m'amuse toujours de voir des gens qui m'ont plongé la France dans une situation de déraison budgétaire
00:03:00depuis plus de 10 ans,
00:03:01avec des niveaux de dette jamais atteints, venir nous dire que ça coûte trop cher.
00:03:05La réalité, c'est que la baisse de taxes que nous proposons, d'abord, elle va permettre de rendre 20
00:03:09à 25 euros par plein pour une famille qui a un véhicule qui, disons, permet un plein à 50 litres
00:03:17environ.
00:03:17C'est 20 à 25 euros de pouvoir d'achat que l'on rend immédiatement par deux mécanismes.
00:03:21Et je vais vous expliquer comment est-ce que je les chiffre.
00:03:23D'abord, la baisse de la TVA de 20% à 5,5% et la baisse de la TICPE
00:03:28de 16 centimes environ, ce qui va aussi bénéficier à nos chefs d'entreprise.
00:03:32Globalement, c'est un coût de 15 milliards d'euros à l'année que vous divisez par 12 en fonction,
00:03:36évidemment...
00:03:36Et les 15 milliards ? Alors, on les trouve où ?
00:03:37Alors, c'est 15 milliards. Remettons les choses en perspective.
00:03:43C'est moins d'un pour cent de la totalité de ce que dépense l'État chaque année.
00:03:48On a 1 700 milliards d'euros de dépenses publiques.
00:03:51Ce que nous proposons, c'est moins d'un pour cent de ce que dépense l'État.
00:03:54Est-ce que, M. Daré, on peut légitimement expliquer aux Français dans la période actuelle,
00:03:59dans un pays où un Français sur deux est à 10 euros près quand il fait ses courses,
00:04:03où des millions de familles françaises, populaires, modestes, font chaque mois des petits sacrifices
00:04:09sur leurs déplacements, sur les plaisirs de la vie, sur les sorties qu'ils ne font pas pour eux,
00:04:13pour leurs enfants, qui se serrent la ceinture,
00:04:15que l'État français, qui vit au-dessus de ses moyens depuis plus de 50 ans,
00:04:19serait incapable de faire à peine un pour cent d'euros d'économie ?
00:04:24Eh bien, nous, nous faisons un choix politique, un choix budgétaire,
00:04:28celui de consacrer 15 milliards d'euros par an.
00:04:33Ce n'est pas par mois, c'est par an.
00:04:34Donc, moins d'un pour cent de la dépense publique à cette baisse de la pression fiscale
00:04:38qui va aussi se retrouver.
00:04:39Mais concrètement, vous les trouvez où, Jordan ?
00:04:39On les trouve dans ce que je considérais être la mauvaise dépense publique.
00:04:43On les trouve dans le coût de l'immigration.
00:04:44On le trouve dans l'augmentation, par exemple, de la contribution de la France
00:04:49au budget de l'Union européenne.
00:04:51On se trouve ici au Parlement européen de Strasbourg.
00:04:54Et je vous remercie d'avoir accepté le principe de cet entretien ici
00:04:58parce qu'on est ici, au cœur de la démocratie européenne,
00:05:02dans une institution qui coûte extrêmement cher
00:05:04et dont les dépenses et dont les gaspillages d'argent public sont colossales.
00:05:08On les trouve, par exemple, dans le coût de la bureaucratie,
00:05:11dans le coût des agences publiques et des agences d'État
00:05:13dont beaucoup font doublon avec les compétences des ministères.
00:05:16Je pense que la première des politiques économiques,
00:05:19si on veut remettre de la stabilité en France
00:05:22et de la crédibilité pour notre pays sur la scène européenne et internationale,
00:05:25c'est celui de remettre la France sur le chemin de la raison budgétaire.
00:05:29Mais votre proposition n'est pas cible
00:05:30et elle bénéficierait aussi bien aux plus fortunés de notre pays qu'aux plus pauvres ?
00:05:34Elle bénéficie par définition à tous ceux qui mettent du carburant dans leur voiture.
00:05:38Mais cet argument est un faux argument.
00:05:40Si vous expliquez aux Français
00:05:43que parce qu'il y a 1% des automobiles qui roulent en Porsche
00:05:46et qui ont les moyens de mettre de l'essence de manière abondante dans leur Porsche,
00:05:51vous allez pénaliser les 99% de Français de familles populaires et de familles modestes
00:05:55qui ont besoin de leurs véhicules, notamment loin des grandes villes,
00:05:58pour se déplacer, honnêtement, ce n'est pas sérieux.
00:06:01Je vous rappelle que...
00:06:10C'est un taux de prélèvement obligatoire parmi les plus élevés des économies développées.
00:06:14Donc il faut baisser la pression fiscale qui pèse sur les Français.
00:06:17Pourquoi ? Parce qu'une grande partie de la croissance économique de la France
00:06:20est tirée par la consommation.
00:06:22Or, on voit bien que la consommation, elle diminue.
00:06:24On a moins de consommation, moins de croissance, plus d'inflation.
00:06:28Et donc il faut rendre du pouvoir d'achat aux Français.
00:06:30Et si demain nous arrivons à la tête du pays,
00:06:33moi je souhaite que notre parti soit le parti du pouvoir d'achat.
00:06:36Et donc très clairement, je vous le dis dans le cadre de la campagne présidentielle,
00:06:39nous ferons du pouvoir d'achat, à la fois de l'augmentation des salaires
00:06:42par la baisse des charges et la baisse des dépenses contraintes
00:06:45comme les factures d'énergie, des priorités absolues
00:06:47parce qu'au fond c'est le quotidien des Français, c'est le quotidien des gens.
00:06:49Cet après-midi, le Premier ministre Sébastien Lecornu, justement,
00:06:52a annoncé que, je cite, chaque euro de surplus de fiscalité due à cette crise
00:06:56sera affecté et réaffecté au mécanisme justement d'aide directe.
00:07:00Vous saluez cette décision ?
00:07:01Donc il y a du surplus fiscal ?
00:07:03Parce que depuis plusieurs semaines, nous proposons, vous le savez, cette baisse de taxes
00:07:08puisque nous disons qu'à partir du moment où l'assiette taxable augmente
00:07:13à cause de l'augmentation des prix du pétrole,
00:07:16nécessairement les revenus, les rentrées fiscales qui rentrent dans les caisses de l'État augmentent.
00:07:20Le gouvernement a nié cet argument.
00:07:22Il a nié ce qui est pourtant une réalité économique.
00:07:24Et donc pour la deuxième fois, je me réjouis que M. Lecornu
00:07:27reconnaisse qu'il y a un surplus fiscal.
00:07:29Et donc nécessairement ce surplus fiscal, il doit évidemment être rendu aux Français.
00:07:33Et plutôt que de monter des usines à gaz, nous proposons une solution très simple.
00:07:37C'est que l'État décide de baisser les taxes.
00:07:39On a appris aussi aujourd'hui que le géant pétrolier Total, qui a publié ses résultats,
00:07:43avait des bénéfices qui avaient bondi au premier trimestre,
00:07:45en partie dû à l'envolée des prix des carburants dus à la guerre.
00:07:485,8 milliards en hausse de près de 50% par rapport à l'an dernier.
00:07:53Le Premier ministre demande à Total de redistribuer d'une manière ou d'une autre.
00:07:56Est-ce que vous, vous jugez qu'il faut peut-être taxer même les super profits des pétroliers ?
00:08:00Je pense que dans le contexte actuel, dans le contexte de crise que nous connaissons,
00:08:04la mobilisation de tous est évidemment indispensable.
00:08:08Vous soulignez les bénéfices très importants engangés par une grande entreprise comme Total.
00:08:14Vous les qualifiez comment ces bénéfices ?
00:08:15En l'occurrence, c'est un coup de trading, puisque si on est précis,
00:08:21Total a fait une plus-value sur un trading en anticipant, il y a quelque temps,
00:08:26l'augmentation des prix du pétrole.
00:08:28Et donc, ils en ont tiré une plus-value qui est évidemment extrêmement importante.
00:08:33C'est une bonne chose ? C'est une bonne chose ?
00:08:35C'est la liberté de l'entreprise.
00:08:37C'est la liberté du commerce.
00:08:39Mais ce que je regarde, c'est qu'ils ont effectivement fait des bénéfices très importants
00:08:43dans une période qui est une période douloureuse pour les Français et pour l'économie française.
00:08:46Moi, je salue le geste qui a été fait de blocage des prix,
00:08:50parce que vous savez que Total a décidé librement de bloquer les prix
00:08:54et de faire un geste pour le pouvoir d'achat des Français.
00:08:57Moi, je souhaiterais que ce geste soit poursuivi et que dans les temps prochains,
00:09:04les grands groupes qui gagnent de l'argent comprennent que nos compatriotes vivent des temps extrêmement difficiles
00:09:10et que cette période, encore une fois, parce qu'il en va de la consommation,
00:09:14appelle évidemment à des gestes très forts de la part de chacun.
00:09:16Jean-Luc Mélenchon, jusque Total, je cite, se gaffe sur le dos des Français.
00:09:19Ce n'est pas ce que vous pensez ?
00:09:21Non, mais Jean-Luc Mélenchon, il fait du Jean-Luc Mélenchon.
00:09:24C'est-à-dire que Jean-Luc Mélenchon, il a par principe un problème avec l'entreprise française.
00:09:29Et donc, si demain, Jean-Luc Mélenchon était président de la République,
00:09:32ce que je ne souhaite pas pour mon pays, eh bien, les entreprises françaises s'en iraient.
00:09:37C'est ça, la réalité.
00:09:38Donc, Jean-Luc Mélenchon est par principe contre la possibilité de gagner de l'argent quand on a une entreprise.
00:09:44Il est contre la possibilité de faire des profits, y compris pour nos TPE, PME, pour nos ETI,
00:09:50qui sont bien souvent des structures familiales.
00:09:52Et il est évident que le projet économique que porte Jean-Luc Mélenchon
00:09:56transformerait la France en Venezuela sans le pétrole.
00:09:58Mais est-ce qu'il faut, oui ou non, taxer les super profits de ces pétroliers ?
00:10:01Le PS va déposer une proposition de loi sur la taxation des bénéfices exceptionnels liés à la crise.
00:10:06Est-ce que les députés du RN voteront cette proposition ?
00:10:09D'abord, nous regarderons le détail de ce mécanisme.
00:10:11Mais je pense qu'il ne faut rien s'interdire par principe.
00:10:14Donc, pourquoi pas une taxation ?
00:10:16Oui, pourquoi pas une taxation des super profits.
00:10:18On est ici au sein de l'Europe.
00:10:21Il y a un certain nombre de pays qui ont proposé ce mécanisme.
00:10:24Je pense à des pays, par exemple, comme l'Italie, dont on dit que la politique est plutôt pro-entreprise.
00:10:30Mais je pense qu'il ne faut rien s'interdire.
00:10:32Qu'est-ce qu'il faudrait taxer précisément ?
00:10:33En l'occurrence, il faut demander au Parti Socialiste.
00:10:36Moi, ce que je souhaite, dans un premier temps, c'est que le geste...
00:10:39Parce que si on prend Total, par exemple, est-ce qu'il faut taxer les activités en France, les activités
00:10:43dans le monde,
00:10:43la partie du chiffre d'affaires qui est réalisée en France, celle qui est réalisée dans le monde, qu'est
00:10:46-ce qu'on taxe dans ces cas-là ?
00:10:47Alors, vous poserez la question au responsable du Parti Socialiste ou de Jean-Luc Mélenchon...
00:10:51Mais vous dites pourquoi pas, ce principe ?
00:10:52Je pense que ça peut évidemment se regarder, mais il ne faut pas non plus que ce soit l'arbre
00:10:56qui cache la forêt.
00:10:57Et en réalité, sur le prix, quand vous découpez la répartition des marges et des prix entre ce qui est
00:11:05touché par les pétroliers,
00:11:06ce qui est touché par l'État, ce qui est touché par les distributeurs, il est évident que vous avez
00:11:1060% de taxe.
00:11:11Donc si on veut constater immédiatement, évidemment qu'il faut des contrôles, et moi je soutiens le principe de contrôle
00:11:16notamment sur les marges,
00:11:17mais si on veut rendre immédiatement du pouvoir d'achat aux Français, moi c'est ce qui m'obsède et
00:11:21c'est ce qui m'intéresse,
00:11:21il faut évidemment baisser la fiscalité. Il y a 60% encore une fois du prix du pétrole qui relève
00:11:29de la fiscalité.
00:11:30Donc il faut rendre cet argent aux Français. Et donc moi je souhaite que Total puisse continuer à appliquer ce
00:11:37principe de blocage des prix
00:11:38pour soulager nos compatriotes qui vont...
00:11:41Quitte à taxer Total peut-être.
00:11:42Et encore une fois, ça se regardera, je ne sais pas ce que va déposer le Parti Socialiste, nous regarderons
00:11:47tout cela,
00:11:47mais je ne crois pas que la priorité non plus dans un pays qui a 46% de prélèvement obligatoire
00:11:52soit encore une fois d'inventer des taxes et d'inventer des impôts.
00:11:55Je crois qu'il faut au contraire baisser la pression fiscale qui pèse sur les Français et sur la France
00:11:59du travail.
00:11:59Est-ce que vous créez une inflation généralisée ? Le gouvernement dit qu'il n'y en aura pas.
00:12:02Le gouvernement dit aussi qu'il n'y aura pas de pénurie. Est-ce que vous le croyez ?
00:12:04Vous leur faites confiance ? Moi non. L'inflation depuis 2022 et depuis la réélection d'Emmanuel Macron a augmenté
00:12:13de plus de 20% sur l'alimentation,
00:12:17de 25% sur les biens énergétiques. Et cette situation, elle est évidemment très dure pour les Français parce qu
00:12:24'il y a beaucoup de gens qui nous regardent ce soir
00:12:25qui sont contraints de faire des choix. Et cette société à l'euro près qui est en train de se
00:12:29mettre en place, elle n'est pas acceptable, elle n'est pas soutenable.
00:12:33Et donc je crains effectivement, comme beaucoup d'observateurs de la vie politique et de la vie économique, que nous
00:12:38ne soyons qu'au début d'une situation difficile pour les Français.
00:12:40Et donc il faut agir. Il faut agir pour faire baisser les prix. Vous savez que nous avons pris une
00:12:46initiative avec le Rassemblement national de consultation des filières économiques
00:12:49pour alléger les normes qui pèsent sur nos entreprises parce qu'on a l'impôt que payent les Français, on
00:12:56a l'impôt que payent les entreprises
00:12:57et puis on a cet impôt papier, cette paperasse, ces applications de normes et beaucoup de surtransposition européenne qui sont
00:13:02votées ici à quelques mètres de nous
00:13:04dans l'hémicycle du Parlement européen qui viennent gonfler les prix. Je pense par exemple à l'automobile. Quand on
00:13:09écoute Lucas Deméo, l'ancien directeur général de Renault,
00:13:13il dit que dans les dix prochaines années, les véhicules automobiles vont augmenter d'environ 40% et que ces
00:13:20hausses seront imputables à 92%
00:13:22aux nouvelles normes et aux nouvelles réglementations. Donc on a trop d'impôts dans l'économie française, on a trop
00:13:27de taxes et on a trop de normes.
00:13:29Et ces trois mécanismes-là ont évidemment des répercussions directes sur les prix.
00:13:34Et quand vous dites que l'État n'en fait pas assez sur ces questions notamment de carburant et qui
00:13:39concernent vraiment le quotidien des Français qui nous écoutent,
00:13:43est-ce que l'État peut tout ? On l'a vu, le quoi qu'il en coûte, c'est
00:13:47terminé, nous a dit le gouvernement.
00:13:48Où est-ce qu'on trouve l'argent ? Vous avez dit 15 milliards, on les trouve facilement. Mais franchement,
00:13:53on a l'impression qu'on n'a plus les moyens.
00:13:54Non, on n'a pas plus les moyens, monsieur Daré. L'argent public est très mal utilisé. Enfin, je veux
00:13:59dire, mettez-vous à la place...
00:14:00Il n'y a pas de problème de dette en France ?
00:14:02Bien sûr qu'il y a un problème de dette. Mais d'abord, un, j'en suis pas responsable. Et
00:14:05deuxièmement, plus les Français payent d'impôts, plus la qualité du service public se dégrade.
00:14:10Pourquoi est-ce que la France, qui a 46% de prélèvements obligatoires, il n'y a pas un État
00:14:15au monde qui prélève plus que la France d'Emmanuel Macron ?
00:14:18Enfin, je veux dire, le socialisme, il est aujourd'hui en vigueur dans l'économie française. Et c'est l
00:14:23'autre nom du macronisme.
00:14:24Donc, je veux dire, cette société où l'argent est mal utilisé, où on prélève toujours plus sur la France
00:14:29du travail, où on ne lutte pas assez contre les gaspillages d'argent public,
00:14:34enfin, quand on dit aux gens qu'il n'y a pas d'argent pour l'hôpital, il n'y
00:14:37a pas d'argent pour embaucher des policiers, il n'y a pas d'argent pour créer des offres de
00:14:40soins dans la ruralité,
00:14:42il n'y a pas d'argent pour les maternités, il n'y a pas d'argent pour nos personnes
00:14:45âgées, mais que de l'autre.
00:14:46Les Français voient qu'on dépense toujours plus d'argent pour, par exemple, permettre la gratuité des soins aux étrangers
00:14:51en situation irrégulière, pour donner des...
00:14:541 milliard par an ?
00:14:55Oui, et puis 20 milliards d'euros si on prend en compte les prestations sociales non contribuatives qui sont laissées
00:15:00aux étrangers.
00:15:00Je vous donne un exemple très simple. Si demain, nous sommes à la tête du gouvernement, pour bénéficier du modèle
00:15:06social français, et donc pour bénéficier d'une aide sociale,
00:15:08il faudrait être de nationalité française.
00:15:10Mais les 15 milliards d'euros de coût, donc de l'argent, il y en a, M. Daré.
00:15:13Les 15 milliards dont vous parlez, pour venir en aide directement aujourd'hui au pouvoir d'achat des Français qui
00:15:18souffrent de cette crise.
00:15:19Vous avancez un certain nombre de propositions, pourquoi pas, mais c'est des réformes de moyen terme et de long
00:15:23terme.
00:15:23Ce qu'ils veulent, les gens, c'est des mesures d'urgence, si j'ose dire, pour demain et après
00:15:27-demain, pour faire le plein demain et après-demain.
00:15:29Parfaitement. Il suffit donc de réunir le Parlement et de faire voter un projet de loi de finances rectificatif.
00:15:36Et donc, en quelques semaines, en quelques jours, l'État peut avoir une influence directe sur l'argent qu'il
00:15:43prélève sur le dos de la France du travail.
00:15:45Parce qu'il y a beaucoup de gens qui en ont marre d'être ceux sur qui l'effort pèse
00:15:49systématiquement,
00:15:50de travailler toujours plus, de gagner toujours moins, de voir le coût de la vie augmenter, de voir l'énergie
00:15:56augmenter
00:15:56et d'avoir le sentiment que c'est toujours à eux qu'on vient demander des efforts.
00:16:00Donc, il faut de la justice. Il faut remettre de l'ordre dans les finances de l'État.
00:16:04Et il faut surtout des politiques courageuses pour permettre, je dirais, à l'économie française de se redresser.
00:16:10Et je vais vous dire, l'État a un effort à faire sur son train de vie.
00:16:13Mais il faut aussi permettre à nos entreprises, aux artisans, aux commerçants, à nos TPE, PME, à nos ETI de
00:16:20recréer de la richesse.
00:16:21Parce que voyez-vous, la dette, c'est évidemment calculée sur les mauvaises dépenses de l'État, mais elles sont
00:16:30calculées sur le PIB.
00:16:31Et donc, on ne peut pas avoir une économie qui ne produit plus rien, qui importe tout et qui dépend
00:16:36donc des autres.
00:16:37Les propositions que vous faites, ce sont les propositions de Jordan Bardella ou ce sont les propositions d'URN et
00:16:42de Marine Le Pen ?
00:16:43Parce que sur la question de la taxation de total, elle est plus directe. Elle dit, il faut taxer.
00:16:47Mais je vous l'ai dit, on peut évidemment en discuter. Vous m'interrogez sur les mesures que nous proposons.
00:16:52Pardon, mais la TVA à 5,5% sur l'énergie.
00:16:55Ce sont vos mesures ou ce sont celles d'URN et de Marine Le Pen ?
00:16:57Faites-moi grâce de cela. La TVA à 5,5% sur l'énergie.
00:17:01Même la pressée d'entreprise présidentielle.
00:17:03C'est Marine Le Pen qui l'a proposée.
00:17:04Nous avons toujours fait du pouvoir d'achat et de la justice fiscale aussi.
00:17:08C'est-à-dire le fait de soulager les Français qui travaillent le plus durement de la pression fiscale.
00:17:14Nous en avons toujours fait un impératif et nous allons continuer de porter ces mesures dans le cadre de la
00:17:19campagne.
00:17:20Parce qu'encore une fois, on ne peut pas se satisfaire d'une économie qui dégouline de taxes, qui dégouline
00:17:24d'impôts, qui dégouline de normes.
00:17:26Et ça, c'est le bilan direct d'Emmanuel Macron et de ses premiers ministres.
00:17:29Vous demandez à Emmanuel Macron de réunir les partis. Vous l'aviez demandé au début de la guerre.
00:17:33Ça ne s'est pas fait. Il y a des choses qui se sont faites à Matignon.
00:17:34Est-ce que vous demandez à Emmanuel Macron de réunir les partis ?
00:17:38Oui. À chaque fois que nous avons été invités dans une réunion des chefs de partis, je m'y suis
00:17:42rendu.
00:17:42Parce que j'ai du respect pour la fonction.
00:17:44Mais si je ne me trompe pas, là, ça ne s'est pas fait depuis la guerre.
00:17:46J'ai du respect pour notre institution.
00:17:47Mais si vous voulez, ce qu'il faut maintenant, c'est agir.
00:17:50Et ce qu'il faut maintenant, c'est prendre des mesures pour les Français.
00:17:53Pourquoi est-ce que quand on passe la frontière en Espagne, le carburant est à 1,50€ ?
00:17:59Parce qu'ils ont pris des mesures particulières pour baisser notamment les taxes.
00:18:02L'Italie, la Pologne, l'Espagne, le Portugal...
00:18:07Monsieur Daré, pardon, et j'en termine.
00:18:08Tous les pays européens, tous les pays autour de nous ont pris la mesure du problème et ont décidé de
00:18:15baisser les taxes.
00:18:16Pourquoi est-ce que la France est systématiquement une exception, non pas parmi les premiers de la classe,
00:18:21mais toujours à être au dernier rang ?
00:18:23Avec l'économie la plus endettée, l'économie la plus endettée, j'en conviens, c'est pas vous qui êtes
00:18:27au pouvoir.
00:18:28Mais il y a un certain nombre de réformes qui ont été faites.
00:18:31Si on voit cette urgence économique, c'est dû aussi au fait que le détroit d'Amouz reste totalement bloqué.
00:18:36On voit qu'il y a une guerre psychologique qui est engagée entre Donald Trump et les Iraniens.
00:18:41Quand on voit les conséquences chez nous, est-ce qu'aujourd'hui, malgré tout, c'est devenu notre guerre ?
00:18:47Non, ce n'est pas notre guerre, mais nous en subissons de manière très lourde les conséquences.
00:18:54Vous savez, moi, j'ai toujours été extrêmement prudent avec cette tentation réitérée du président Trump
00:19:02de vouloir orchestrer des interventions extérieures.
00:19:04J'ai été, et nous avons été avec Marine extrêmement prudents, lorsque, il y a quelques mois, il y a
00:19:10quelques semaines,
00:19:11le président américain a décidé d'une intervention militaire au Venezuela.
00:19:15Le régime, l'abominable régime vénézuélien de Maduro et désormais de ses successeurs est aujourd'hui encore debout.
00:19:24En Iran, sans doute les Américains ont sous-estimé leur adversaire, comme ça a été le cas hier en Afghanistan,
00:19:32comme ça a été le cas hier en Irak.
00:19:35Et on voit bien que la volonté de déstabiliser un régime ne peut pas se faire par quelques opérations aériennes.
00:19:42Pourquoi ? Parce que le régime iranien, on le voit, est sans doute plus solide qu'on ne l'avait
00:19:46envisagé.
00:19:47Il est sans doute plus résilient qu'on ne l'avait envisagé.
00:19:50Il est désormais plus radicalisé qu'il y a quelques semaines.
00:19:52Il faut envoyer des troupes.
00:19:53Et surtout, on a peut-être oublié, je dis on, en essayant de m'inclure dans le camp occidental,
00:19:59mais nous ne nous sentons pas concernés par cette guerre, en tout cas pas par le déclenchement de la guerre.
00:20:06Trump a sans doute oublié que la géographie commande l'histoire.
00:20:10Et qu'à partir du moment où le régime iranien a la main sur le détroit d'Hormuz,
00:20:15eh bien il a la main sur l'un des poumons de l'économie mondiale.
00:20:18Donc la situation est beaucoup plus compliquée que cela.
00:20:20Je pense que le rôle de la France, c'est d'abord d'assurer la sécurité de ses ressortissants.
00:20:24On a plus de 400 000 Français qui sont installés ou qui travaillent dans la région.
00:20:28Nous devons assurer leur sécurité.
00:20:30Nous devons honorer nos engagements que nous avons à l'égard d'un certain nombre de pays amis de la
00:20:35France.
00:20:35Je pense aux Émirats arabes.
00:20:36C'est respecté, on a vu hier des images de Rafale, je ne sais pas si vous les avez vu.
00:20:39Vous avez parfaitement raison.
00:20:40Je pense aux Libans.
00:20:41Et je veux rendre hommage effectivement à nos soldats et notamment à notre armée de l'air qui fait un
00:20:46travail remarquable pour lutter contre les drones iraniens.
00:20:51Et puis il faut évidemment mieux protéger les Français des conséquences directes et indirectes de cette crise sur notre économie
00:20:57et sur leur pouvoir d'achat.
00:20:59Est-ce que vous considérez que la France doit s'impliquer davantage ?
00:21:01Peut-être que demain, si Marine Le Pen ne peut pas, vous serez candidat à la présidence de la République.
00:21:07Est-ce qu'il faut envoyer demain la marine française dans le détroit d'Hormuz pour le sécuriser, pour le
00:21:11libérer ?
00:21:12Est-ce que vous le feriez ?
00:21:13Tant qu'il n'y a pas de cessez-feu durable, je ne crois pas judicieux de procéder à l
00:21:19'envoi de troupes, en l'occurrence de la marine, directement dans le détroit d'Hormuz.
00:21:24Il y a des missions aujourd'hui de sécurisation qui existent.
00:21:27Je pense à la mission Aspides qui a lieu en mien rouge avec un certain nombre de partenaires européens.
00:21:32Mais je pense qu'avant même toute idée de cesser le feu, il serait périlleux et peut-être à perte
00:21:38que d'envoyer des soldats,
00:21:40et notamment des soldats de la marine française, dans le détroit d'Hormuz.
00:21:44En revanche, la France, je le crois, avec d'autres partenaires européens, avec une coalition internationale,
00:21:50pourrait demain et après demain, dans le cadre de la réouverture du détroit d'Hormuz, procéder à des missions d
00:21:55'accompagnement.
00:21:55Parce qu'une fois que le détroit d'Hormuz sera rouvert, il y a un véritable enjeu pour assurer la
00:22:01sécurité des bateaux qui vont traverser cette zone.
00:22:04Et puis vous savez que la France, et c'est peut-être une plus-value que nous avons par rapport
00:22:07à l'armée américaine,
00:22:09a des véritables compétences sur le déminage, notamment des mines qui sont placées dans le détroit d'Hormuz
00:22:15et qui en fait aujourd'hui le véritable danger dans le cadre des passages.
00:22:18Est-ce que l'Iran est notre adversaire ?
00:22:20Oui, les Mollahs, je veux dire le régime islamique des Mollahs, est évidemment, est éminemment un régime qui est abominable.
00:22:27L'Iran est notre ennemi ?
00:22:28Ce n'est pas souhaitable. Non mais d'abord, je ne vais pas m'engager, si vous voulez, dans une
00:22:32surenchère verbale.
00:22:34Ce régime est un régime abominable.
00:22:35Vous souhaitez ça ?
00:22:36Bien sûr que je souhaite sa chute, mais faut-il envoyer des soldats français ou des soldats des nations européennes
00:22:43sur le sol iranien ?
00:22:44Je ne le crois pas.
00:22:45Et on voit bien d'ailleurs que depuis plusieurs semaines, où le président américain, dont les objectifs de guerre sont
00:22:51extrêmement erratiques,
00:22:52qui change régulièrement de position et qui aussi, je crois, crée le doute dans le camp occidental,
00:22:58parce que je vous rappelle que cette opération a été menée avec l'armée israélienne sans qu'aucune nation européenne
00:23:03ait été concertée.
00:23:04Et donc tout l'enjeu aujourd'hui, c'est de permettre à la France d'assumer son devoir de puissance,
00:23:09de retrouver une autonomie stratégique, de retrouver une indépendance, de retrouver une défense nationale
00:23:14qui soit non seulement en capacité, demain, de protéger les intérêts vitaux de la France,
00:23:18mais qui soit capable d'être crainte pour être crédible sur la scène internationale.
00:23:21On évoquait Donald Trump. Est-ce qu'à vos yeux, Donald Trump est aujourd'hui un danger pour le monde
00:23:25?
00:23:25Non mais moi, j'évite de rentrer dans ces surenchères verbales et dans ces qualificatifs qui sont des qualificatifs moraux.
00:23:32La réalité, et je le disais, c'est que la politique de Trump est aujourd'hui totalement erratique
00:23:36et personne n'est capable de prédire.
00:23:38Elle est dangereuse, sa politique ?
00:23:39Non seulement ce que souhaite, par définition, appartient du moment où vous changez d'avis très régulièrement
00:23:47et où vous n'avez pas la certitude comme chef d'État ami,
00:23:50parce que la France reste une nation amie des États-Unis d'Amérique,
00:23:53nous le sommes par l'histoire, par la diplomatie, par les relations économiques que nous avons avec ce pays,
00:23:57par notre appartenance à une culture occidentale, mais évidemment que ça nuit à la fiabilité
00:24:02et à la crédibilité des États-Unis d'Amérique sur la scène internationale.
00:24:05Il y a deux soldats français qui sont morts au Liban, qui ont été ciblés par le Hezbollah.
00:24:09Il y en a un troisième qui était mort au début du conflit en Irak.
00:24:12Pour les deux au Liban, il y a eu un honnouage national, deux hommages nationaux précisément ces derniers jours.
00:24:17C'est la ministre des Armées qui se sont rendues.
00:24:19Il n'y avait pas le Premier ministre, il n'y avait pas le Président.
00:24:21Qu'est-ce que vous en avez pensé ?
00:24:23D'abord, je voudrais m'incliner devant le sacrifice de nos soldats qui sont engagés dans des territoires difficiles.
00:24:31D'abord, je le disais au Moyen-Orient et notamment à Abu Dhabi.
00:24:34J'ai eu l'occasion de me rendre il y a quelques mois sur la base française.
00:24:37On a plus de 900 soldats qui défendent dans cette région incertaine du monde
00:24:41à la fois les intérêts de la France et la sécurité de nos partenaires.
00:24:44Et puis il y a des Français, c'est vrai, plus de 700 soldats français qui sont engagés dans la
00:24:49finule
00:24:50depuis plus de 50 ans, qui est une mission ONU que nous menons pour assurer la sécurité au Liban.
00:24:55Et ces missions, elles sont évidemment importantes.
00:24:57Vous savez que le mandat de la finule arrive à son terme à la fin de l'année 2026.
00:25:01Les soldats français doivent rester ?
00:25:02Je crois qu'il serait de bonne augure que cette mission soit prolongée.
00:25:05Je pense que ça doit être envisagé, bien sûr.
00:25:06Le fait que le Président et le Premier ministre ne soient pas allés à ce dommage,
00:25:09ça ne vous a pas particulièrement marqué ?
00:25:12C'est leur choix et c'est leur responsabilité.
00:25:13On voit qu'il y a Vladimir Poutine qui essaie de s'inviter dans les discussions,
00:25:17les négociations, qui discutent avec les Iraniens.
00:25:19Est-ce qu'il faut le remettre autour de la table lors du prochain G7
00:25:22qui reviendrait un G8 ?
00:25:23Ça va se passer à Evian en France.
00:25:24Est-ce qu'il faut faire revenir Vladimir Poutine autour de cette table ?
00:25:27Écoutez, le Président de la Fédération de Russie est très certainement le grand gagnant de ce conflit
00:25:31puisqu'il tire en réalité des revenus de ses exportations de pétrole.
00:25:38Et cette guerre est une bonne nouvelle pour les rentrées de cash de la Fédération de Russie.
00:25:46Elles sont une très mauvaise nouvelle pour l'Ukraine qui se voit encore une fois un peu oubliée par cette
00:25:52situation de guerre.
00:25:52Mais est-ce qu'il faut le réintégrer au G7 ?
00:25:54Soyons francs, il faudra dialoguer nécessairement à un moment donné avec la Russie pour négocier la paix.
00:26:03Et pour pouvoir négocier un cessez-le-feu, il faut s'asseoir autour d'une table.
00:26:07Donc il faut l'inviter au G7 ?
00:26:09Je ne sais pas s'il faut l'inviter au G7.
00:26:10Vous seriez président Jordan Bardella ?
00:26:13Non, il ne s'agit pas de l'inviter au G7 et nous ne remuerons pas ciel et terre pour
00:26:17qu'il soit invité au G7.
00:26:19En revanche, faut-il parler avec la Fédération de Russie, notamment par l'intermédiaire de nos forces armées et de
00:26:24nos services de renseignement ?
00:26:25À partir du moment où vous voulez négocier la paix, en Ukraine notamment, il faut évidemment se mettre autour d
00:26:32'une table pour faire taire les armes.
00:26:34Et je crois qu'il y a des contacts entre l'Elysée et la Fédération de Russie.
00:26:37Et je veux dire, dans un monde de plus en plus incertain, dans un monde de plus en plus violent
00:26:41et de plus en plus dur, il faut montrer les muscles, bien sûr.
00:26:45Est-ce que vous parliez du Liban ? Est-ce que la réponse et les frappes d'Israël aujourd'hui
00:26:48sur le Liban vous semblent juste ou totalement disproportionnées ?
00:26:54Israël est dans une situation difficile parce qu'elle a à ses portes et autour d'elle un ennemi direct
00:27:02qui est l'Iran et des proxys chiites,
00:27:06s'agissant du Hezbollah, sunnites, s'agissant du Hamas, dont l'existence est mue par la destruction de l'État
00:27:14d'Israël.
00:27:15Donc Israël est engagé dans une lutte qui est une lutte existentielle et qui est une lutte civilisationnelle pour assurer
00:27:23sa sécurité.
00:27:24Mais s'ils sont proportionnés ou des sont proportionnés ?
00:27:25Je vous réponds. La réponse israélienne, nous l'avions dit lorsqu'il s'agissait de répondre aux attaques du Hamas.
00:27:32Nous le redisons aujourd'hui, doit être proportionnée.
00:27:35Est-ce qu'elle l'est ?
00:27:36Parce que, manifestement, elle ne l'a pas toujours été.
00:27:40Vous savez que la France est un pays ami du Liban.
00:27:42Moi je me suis rendu au Liban, j'ai eu l'occasion en 2022 de rencontrer le président sortant, le
00:27:47président Aoun qui quittait ses fonctions.
00:27:48J'ai eu l'occasion de rencontrer à l'époque M. Mikati qui était Premier ministre.
00:27:52Et donc il y a des liens très importants entre la France et le Liban.
00:27:56Mais il faut comprendre qu'Israël mène une guerre existentielle contre le Hezbollah dont on a un peu, pendant très
00:28:02longtemps, considéré qu'il était une partie du Liban.
00:28:05La réalité c'est que le Hezbollah est une extension du régime iranien qui veut non seulement la destruction d
00:28:11'Israël,
00:28:12mais qui menace tous les intérêts européens et tous les intérêts occidentaux dans la région.
00:28:15Donc il faut non seulement désarmer le Hezbollah, et donc en cela des frappes ciblées et des interventions ciblées d
00:28:21'Israël sont, je dirais, légitimes,
00:28:23mais elles doivent être proportionnées, parce qu'encore une fois, moi je veux dire que je n'ai jamais eu
00:28:28de soutien inconditionnel pour personne,
00:28:30et en matière de politique étrangère et de politique de défense, je n'en aurai jamais.
00:28:34Mais comprenez bien que le meilleur moyen de permettre à Israël d'assurer sa sécurité, c'est le renforcement de
00:28:42l'État libanais, de l'État régulier et de l'armée libanaise.
00:28:46Et en cela je crois que la France, par les liens historiques que nous avons avec le Liban, et qui
00:28:50sont vieux, je dirais vieux comme le monde,
00:28:52les liens avec le Liban, il remonte à la promesse du roi Saint-Louis de protéger les chrétiens maronites au
00:28:57XIIIe siècle,
00:28:58et donc nous avons non seulement des liens d'amitié, des liens culturels très fortes avec le Liban, avec le
00:29:03peuple libanais,
00:29:04et le meilleur moyen de permettre le retour de la paix dans la région et d'un cessez-le-feu
00:29:09durable,
00:29:10c'est non seulement la souveraineté de l'État libanais, c'est le renforcement de l'armée régulière,
00:29:15auquel évidemment la France peut participer, et c'est nécessairement le désarmement total du Hezbollah,
00:29:20pour permettre à Israël et aux démocraties de pouvoir vivre en sécurité.
00:29:25Je repose une question à laquelle vous n'avez pas voulu répondre, réponse courte, réponse courte,
00:29:29Donald Trump, à vos yeux, est-il un danger pour le monde ?
00:29:33Je l'ai dit, sa politique, je me garderai de tout jugement moral.
00:29:37Est-ce qu'il est danger ? Est-ce qu'il est dangereux ? Est-ce qu'il est fou
00:29:40?
00:29:40Je pense qu'expliquer que des dirigeants politiques, que le président de la première puissance mondiale est un fou,
00:29:47est à mon sens un non-sens pour le coup, pardon, pour la répétition totale.
00:29:51Mais ce qui est certain, c'est que les décisions qui ont été prises par Donald Trump,
00:29:55et qui sont de manière significative très différentes de son premier mandat isolationniste,
00:30:00dans lequel il a retiré les États-Unis d'Amérique d'un certain nombre d'opérations extérieures,
00:30:05eh bien, effectivement, renforcent les incertitudes mondiales.
00:30:08Il faut bien comprendre que la France et l'Europe sont aujourd'hui encerclées,
00:30:12c'est-à-dire qu'on a, à l'Ouest, une nation américaine qui redevient un empire,
00:30:16qui réhabilite la doctrine Monroe.
00:30:19Bien sûr, qui est encore un allié, mais un allié incertain.
00:30:22Lorsqu'on entend le président américain, ou quand on lit la stratégie de sécurité nationale américaine,
00:30:27annoncer et promettre le désengagement américain,
00:30:30eh bien, nous devons avoir conscience qu'au 21e siècle, et que dans les années qui viennent,
00:30:33eh bien, nous ne pouvons pas nous appuyer sur les autres pour garantir notre indépendance et notre sécurité.
00:30:39Et je crois qu'en Europe, la France a un rôle à jouer, parce que nous avons l'arme nucléaire,
00:30:43parce que nous avons un siège au Conseil de sécurité de l'ONU,
00:30:46et parce que nous avons à la fois une armée et une base industrielle de défense d'exception.
00:30:49– Jordan Bardella, ces questions internationales qui s'invitent aussi dans le débat français,
00:30:52d'autres questions internationales.
00:30:54Lundi était en déplacement, en Ariège, le chef de l'État, Emmanuel Macron.
00:30:57Il s'est agacé, dit-il, que les médecins étrangers qui viennent en France,
00:31:00et de pays qui ne sont pas membres de l'UE, eh bien, aient des difficultés à exercer.
00:31:05Il avait notamment un médecin qui avait été formé à Oran, en Algérie, il échangeait avec lui.
00:31:09Le chef de l'État qui a dit, je cite,
00:31:10« Allez dire ça après à tous ces maboules qui voudraient nous fâcher avec l'Algérie ».
00:31:14Alors, est-ce que vous êtes l'un de ces maboules, Jordan Bardella ?
00:31:17Écoutez, si exiger que la France soit respectée dans le cadre de sa politique étrangère fait de moi un maboule,
00:31:26alors il va y avoir des millions de maboules en France.
00:31:29D'abord, un président ne devrait pas dire cela.
00:31:31Parce que quand on est le président de la République, on est au-dessus de la mêlée,
00:31:35on est au-dessus du débat.
00:31:36Et j'ai, me concernant, une idée extrêmement haute de la fonction qu'occupe le président de la République,
00:31:42et que nous aspirons demain à exercer avec la fonction de Premier ministre
00:31:48et avec l'ambition de redresser la France.
00:31:52Résumer le dossier algérien à la seule question des médecins étrangers.
00:31:58D'abord, je me permets de rappeler qu'il n'y a que 30% des médecins algériens qui se
00:32:03rendent en France
00:32:03qui réussissent le test d'équivalence qui est prévu par...
00:32:07Quels sont de nouveaux chiffres ?
00:32:08Ce sont des chiffres qui sont publics, que vous regarderez sur Internet.
00:32:11Vous les trouverez, vous pouvez même fact-checker en même temps.
00:32:13On va vérifier.
00:32:13Vous trouverez ça facilement.
00:32:14J'ai lu ce chiffre sur l'un des articles d'un de vos confrères.
00:32:18Il n'y a que 30% des médecins algériens qui viennent en France
00:32:22et qui réussissent à passer le diplôme d'équivalence.
00:32:25Donc qu'il y ait des diplômes d'équivalence pour s'assurer que les médecins étrangers
00:32:27qui viennent exercer en France soient, je dirais, dignes de pouvoir exercer en France
00:32:33dans les compétences et dans les aptitudes qui sont attendues par le système médical français,
00:32:36je trouve cela parfaitement normal.
00:32:38Mais résumer le dossier algérien.
00:32:40aux simples médecins étrangers qui viennent avec très certainement l'ambition de travailler,
00:32:44de contribuer au système de santé français, me semblait totalement à côté de la plaque.
00:32:48On a en face de nous un État qui multiplie les provocations contre la France,
00:32:53qui refuse de récupérer ses ressortissants
00:32:55et qui bénéficie de la générosité de l'État français depuis plusieurs décennies.
00:32:59Donc il faut que nous repartions à compter du printemps 2027 sur une relation et sur des bases saines avec
00:33:05l'Algérie d'égal à égal.
00:33:07Et pour cela, il faut abolir les privilèges, il faut mettre fin à la convention de 68 et aux accords
00:33:15de 68, pardonnez-moi,
00:33:16qui prévoient des conditions migratoires extrêmement généreuses pour les Algériens qui viennent en France.
00:33:21Et je me permets de vous rappeler que d'après l'INSEE, puisque vous êtes attaché aux sources, vous êtes
00:33:26journaliste,
00:33:26et vous avez parfaitement raison, il faut être précis, d'après l'INSEE, vous avez quasiment un immigré algérien sur
00:33:32deux qui occupe un HLM.
00:33:34Donc la France est généreuse, mais la France...
00:33:36– Jordan Bardella, pourtant la stratégie de la discussion et de la négociation semble mieux fonctionner que la stratégie de
00:33:42la tension,
00:33:42puisqu'on apprend ce matin que les expulsions vers l'Algérie ont repris avec la délivrance de ces fameux laissés
00:33:48-facés.
00:33:48– Ah donc c'est possible.
00:33:48– Vous dites bravo Laurent Nouniès ?
00:33:50– En tout cas, le résultat m'a l'air d'être un peu plus encourageant, puisque vous m'apprenez
00:33:56que les OQTF ont effectivement été délivrés.
00:33:59– Mais ça a marché parce qu'on a discuté, ce n'est pas parce qu'on s'est fâché
00:34:02avec les Algériens ?
00:34:03– Non mais attendez, ça fait plusieurs années que l'Algérie multiplie les provocations contre la France
00:34:08et que l'Algérie multiplie les outrances et les provocations contre la France.
00:34:12On se souvient de la façon dont les influenceurs algériens, vous vous souvenez de ce dossier,
00:34:17où des influenceurs algériens qui tenaient des propos épouvantables sur la France ont été refoulés à la frontière
00:34:22lorsqu'ils ont été raccompagnés par les autorités françaises à Alger.
00:34:25Donc la France et l'Algérie doivent à partir de maintenant discuter d'égal à égal.
00:34:30Et donc il faut bien que le régime algérien, qui vit aussi sur une rente mémorielle
00:34:34et sur une forme d'aigreur à l'égard de la France, comprenne que nous avons donné à l'Algérie
00:34:38son indépendance
00:34:38et qu'elle doit maintenant nous donner la nôtre.
00:34:40Et donc demain, dans le cadre d'une relation d'égal à égal, nous irons voir les autorités algériennes
00:34:45pour non seulement exiger la fin des provocations,
00:34:46mais nous demanderons que l'Algérie accorde ses obligations de quitter le territoire français
00:34:54aux ressortissants algériens qui n'ont rien à faire sur le sol français.
00:34:57– L'Algérie, pays ami ou ennemi ?
00:35:00– Mais par principe, nous n'avons d'ennemis que des pays avec lesquels nous faisons la guerre.
00:35:06Nous n'allons pas envoyer l'armée française à Alger.
00:35:11Enfin je veux dire, ce n'est pas le sujet.
00:35:12Le sujet, c'est de régler les problèmes.
00:35:14Et tant que l'Algérie sera dans une attitude de défiance et de rejet à l'égard de la diplomatie
00:35:19française,
00:35:20et bien la diplomatie française devra faire prévaloir ses armes diplomatiques
00:35:24et notamment la suspension des visas pour les ressortissants algériens,
00:35:28la suspension des transferts de fonds privés, la suspension de l'aide publique au développement.
00:35:33Et d'une manière plus générale, je crois que la France doit aussi cesser d'accueillir sur son sol
00:35:38des dirigeants étrangers pour se faire soigner à partir du moment où ces dirigeants étrangers injurent la France.
00:35:44– Jordan Bardella, il y a un sujet qui a fortement marqué l'Assemblée nationale cette semaine,
00:35:47c'est la commission d'enquête parlementaire sur l'audiovisuel public.
00:35:50Le vote a eu lieu, le rapport sera bien publié,
00:35:53le rapport rédigé par le rapporteur Charles Lalonde qui fait partie du parti d'Éric Ciotti,
00:35:57UDR, qui est allié avec vous, avec le RN.
00:36:00Alors lui propose un certain nombre de réformes, notamment de fusionner des chaînes.
00:36:05Est-ce que si vous, demain, vous arrivez au pouvoir,
00:36:07vous souhaitez toujours privatiser l'audiovisuel public ?
00:36:10– Oui. D'abord, je veux rendre hommage au travail qui a été notamment réalisé par Charles Lalonde,
00:36:15qui est un député remarquable, qui a fait un travail gigantesque,
00:36:20qui est un travail, au fond, non pas seulement de député,
00:36:23parce qu'il a été dans son rôle de député au sens noble du terme en faisant la transparence,
00:36:27mais c'est un devoir moral que de faire la transparence sur une entité…
00:36:32– Il a été très critiqué.
00:36:33– L'audiovisuel public, critiqué, c'est normal, il est critiqué parce qu'il s'attaque à une caste,
00:36:39parce qu'il a mis en lumière les privilèges qui sont accordés à la gauche caviar
00:36:42depuis des années dans l'audiovisuel public, avec, pardon, des rapports qui viennent accréditer cela,
00:36:47et qui ne viennent pas de Charles Lalonde, je veux dire, le rapport de la Cour des comptes
00:36:49qui vient nous expliquer qu'il y a une situation financière critique dans l'audiovisuel public,
00:36:53c'est un sujet, et c'est surtout un sujet, vous voyez, on parlait tout à l'heure,
00:36:56vous me disiez, est-ce qu'on peut tolérer la dette, est-ce que la France ne vit pas au
00:36:59-dessus de ses moyens ?
00:37:00– Vous voyez, on a là 4 milliards d'euros quasiment de budget annuel
00:37:04qui est délivré chaque année à l'audiovisuel public, je ne crois pas qu'en 2026…
00:37:07– Vous privatiseriez Radio France et France Télévise ?
00:37:09– Je ne crois pas, j'y viens, en 2026, qu'il y ait encore un sens
00:37:13à ce que l'État français soit propriétaire de chaînes de télé.
00:37:17– Ce n'est pas un enjeu pour la démocratie ?
00:37:20– Ce n'est pas un enjeu pour la démocratie ?
00:37:21– Non mais la démocratie n'est pas que le pouvoir politique soit propriétaire d'une chaîne de télé.
00:37:26– Ça, pardon, mais ce n'est pas vraiment la démocratie.
00:37:30Donc, demain, à la tête du pays, nous engagerons la privatisation de l'audiovisuel public
00:37:34et je me permets de finir sur la mention du rapport.
00:37:38Ce rapport, il a souligné beaucoup de dérives sur les frais de bouche,
00:37:43sur l'ensemble des pince-fesses qui sont organisées notamment à Cannes
00:37:46avec des palaces à 1 500 euros la nuit, sur les dépenses de personnels.
00:37:50– Je crois que les frais de bouche étaient des plateaux repas, non ? Ce n'était pas ça ?
00:37:52– Écoutez, ce qui a été souligné par le rapport, là aussi,
00:37:55était par le rapport extrêmement rigoureux de la Cour des comptes
00:37:59dont je crois qu'on ne peut pas contester la neutralité et l'objectivité.
00:38:02Donc, il y a évidemment beaucoup de ménages à faire
00:38:04dans la façon dont l'argent des Français est gaspillé.
00:38:08Et pardon, mais l'État français, en 2026,
00:38:13peut parfaitement se passer d'un audiovisuel public
00:38:16qui est aujourd'hui pléthorique, qui coûte beaucoup d'argent,
00:38:19qui utilise l'argent de tous les Français pour faire du militantisme politique
00:38:22et pour assumer une idéologie politique.
00:38:24Enfin, je vous rappelle quand même, vous avez vous-même travaillé sur le service public,
00:38:27M. Daré, quand sur France 5, le président du Premier Parti de France
00:38:32est comparé à Hitler sur le plateau de Cédans L'Air
00:38:35et que personne ne bouge sur le plateau de Télévion,
00:38:38ne serait-ce que pour nuancer un tel propos,
00:38:40pardon, mais ça choque des millions de Français
00:38:42qui, en plus, payent tout cela avec leur impôts.
00:38:44Juste que vous en parlez de mes précédentes fonctions,
00:38:46il y a aussi l'immense majorité des journalistes
00:38:48qui assument parfaitement leur travail dans l'audiovisuel public.
00:38:51Vous avez parfaitement raison et qui, à mon avis,
00:38:53eux n'ont pas droit aux privilèges et aux frais de bouche
00:38:55qui sont accordés à un certain nombre de personnes,
00:38:58si vous voyez ce que je veux dire.
00:38:59Vous évoquez tout à l'heure vos propositions économiques.
00:39:02La semaine dernière, vous avez déjeuné pour la première fois
00:39:03avec la structure dirigeante du MEDEF.
00:39:06Est-ce que ça veut dire que l'URN est devenu aujourd'hui
00:39:08le parti du patronat ?
00:39:10Ça fait sourire la façon dont vous résumez,
00:39:13dont vous caricaturez les choses.
00:39:15Il y a 5 millions d'entreprises en France.
00:39:18Moi, je considère qu'il ne pourra pas y avoir
00:39:23de retour à la prospérité, à la puissance de la France demain
00:39:26qui est le leitmotiv et ce pourquoi je me bats
00:39:28et ce pourquoi je me lève chaque matin
00:39:30sans des entreprises prospères, sans des entreprises robustes
00:39:33qui créent, qui innovent, qui embauchent.
00:39:36Moi, je rencontre chaque mois, chaque semaine
00:39:39dans mes fonctions de parlementaires, de présidents de mouvements,
00:39:41des patrons qui sont aujourd'hui asphyxiés par les charges,
00:39:44par les normes, par la paperasse administrative
00:39:46qui ne supportent plus la façon dont l'État s'ingère
00:39:49dans les affaires de l'entreprise.
00:39:50Donc, il y a urgence à rendre le pouvoir au terrain,
00:39:54à redonner de l'oxygène à nos artisans,
00:39:57à nos boulangers, à nos commerçants,
00:39:59à nos agriculteurs, à nos pêcheurs, à nos entreprises,
00:40:01mais aussi à nos grandes entreprises.
00:40:03Et donc, il est parfaitement normal, M. Daray,
00:40:05qu'en 2026, à un an d'une élection présidentielle
00:40:08où le mouvement que je préside est aujourd'hui donné au second tour,
00:40:11qu'il y a le premier groupe de députés à l'Assemblée,
00:40:13qu'il y a ici au Parlement européen
00:40:15la première délégation de parlementaires,
00:40:16qui administre 70 communes,
00:40:19de dialoguer avec les représentants d'organisations économiques.
00:40:23Et je continuerai de le faire.
00:40:24Parce que, moi, je veux dire,
00:40:25pour bâtir un projet de gouvernement,
00:40:27qui soit un projet de redressement de l'économie française,
00:40:29j'ai naturellement besoin des gens qui sont concernés
00:40:33par les mesures qui sont prises par les politiques depuis très longtemps.
00:40:34– Question très concrète.
00:40:35Beaucoup revendiquent la fin des 35 heures.
00:40:37Si demain, vous arrivez au pouvoir à l'Elysée,
00:40:39est-ce que vous supprimez les 35 heures ?
00:40:41– Oui ou non ?
00:40:41– Les 35 heures ont rigidifié le marché du travail.
00:40:45Et donc, ce que nous avons proposé,
00:40:47pardon, vous allez me dire,
00:40:48mais j'anticipe déjà votre attention,
00:40:50vous allez me dire,
00:40:51est-ce que Marine Le Pen est d'accord avec ce que vous allez dire ?
00:40:53C'est son projet en 2022.
00:40:55Permettre des dérogations par branche.
00:40:57C'est-à-dire, permettre qu'on négocie le temps de travail par branche,
00:41:00afin aussi que le travail paye mieux.
00:41:02Parce que dans certaines branches,
00:41:03on peut aller à 37 heures,
00:41:04mais à condition que les 37 heures soient payées…
00:41:06– Mais pas de suppression générale.
00:41:08– Pas de suppression générale.
00:41:09En revanche, encore une fois,
00:41:10je pense que l'économie française,
00:41:11elle a besoin d'oxygène,
00:41:12elle a besoin de liberté,
00:41:13elle a besoin de confiance,
00:41:15elle a besoin de pragmatisme.
00:41:16Moi, je ne suis pas un idéologue en économie.
00:41:20Et donc, je pense, naturellement,
00:41:21qu'il faut écouter ce que disent les chefs d'entreprise.
00:41:24Est-ce qu'il faut supprimer des postes de fonctionnaires ?
00:41:27– Je l'ai écrit dans mon livre,
00:41:30et j'ai beaucoup parlé de ce sujet.
00:41:31– C'est un truc de droite, dit Marine Le Pen, vous l'avez entendu ?
00:41:32– Non, je pense qu'il y a trop de gens dans les bureaux
00:41:35et qu'il n'y a pas assez de fonctionnaires sur le terrain.
00:41:38C'est-à-dire que l'offre d'emploi dans les bureaux est pléthorique.
00:41:41Quand vous comparez, par exemple, la France avec l'Allemagne,
00:41:44il y a beaucoup plus de fonctionnaires par rapport au nombre d'habitants en France
00:41:47qu'il y en a en Allemagne.
00:41:49Moi, mon sujet, c'est qu'il n'y a pas assez de gens sur le terrain.
00:41:52Il n'y a pas assez de policiers sur le terrain.
00:41:54Il n'y a pas assez de gens qui travaillent dans la justice sur le terrain
00:41:57pour faire accélérer les procédures judiciaires.
00:41:59Il n'y a pas assez de soignants sur le terrain.
00:42:01Il n'y a pas assez de professeurs sur le terrain
00:42:04dans un pays qui bat tous les records de déclin éducatif.
00:42:07– Donc ce sera au cas par cas, j'entends vos propositions.
00:42:09– Non, non, non, mais attendez, ce n'est pas au cas par cas.
00:42:11C'est qu'il y a une philosophie générale.
00:42:12Et cette philosophie générale, elle doit consister à réduire la bureaucratie d'État
00:42:17parce qu'on voit que souvent dans les élections locales,
00:42:20notamment dans les collectivités, les municipalités, les régions,
00:42:23les départements font des promesses d'embauche.
00:42:26Et parfois, ça ne correspond pas toujours à la quantité de travail qui est disponible.
00:42:32– Jean-Marie Le Pen disait au soir du 21 avril 2002,
00:42:34le RN est socialement à gauche, économiquement à droite
00:42:37et plus que jamais nationalement de France.
00:42:39Est-ce que c'est une définition à laquelle vous souscrivez ?
00:42:41Le FN, pardon, disait-on à l'époque.
00:42:43– C'est un slogan, c'était le slogan de Jean-Marie Le Pen
00:42:46qui l'avait porté en 2002.
00:42:48Je suis effectivement nationalement de France,
00:42:50mais je pense que de raisonner encore une fois en gauche-droite,
00:42:54tout ça n'a pas de sens.
00:42:54Moi, je suis attaché à la liberté d'entreprendre,
00:42:56je suis attaché à la souveraineté de mon pays.
00:42:58Je pense qu'on a besoin de déverrouiller les contraintes qui pèsent sur la croissance
00:43:02parce que si demain, on veut pouvoir écrire l'avenir du peuple français en France,
00:43:05on a besoin de le faire avec des entreprises et des groupes industriels français,
00:43:09que ce soit des petites entreprises, des moyennes entreprises, des grandes entreprises.
00:43:12Et moi, je serai toujours à leur écoute.
00:43:14Et je suis enfin pour le travail qui paye
00:43:15parce que le travail ne paye pas assez dans notre pays.
00:43:18Et le rapprochement entre le brut et le net
00:43:20sera l'un des grands enjeux de l'élection présidentielle
00:43:22parce qu'au fond, il y a beaucoup de gens qui ont le sentiment
00:43:26que dans notre pays, l'effort porte toujours sur les mêmes
00:43:28et que l'effort n'est pas rémunéré à sa juste valeur.
00:43:31Je veux dire, l'écart, me semble-t-il,
00:43:33entre celui qui ne travaille pas,
00:43:35parfois par accident de la vie,
00:43:38parce qu'il se retrouve dans une situation difficile
00:43:40et qui bénéficie de la protection sociale,
00:43:42et ça, c'est aussi la grandeur du modèle social français,
00:43:44l'écart entre celui qui n'a pas d'activité,
00:43:46qui bénéficie de la protection sociale,
00:43:47et celui qui travaille et qui a un bas salaire,
00:43:50cet écart, me semble-t-il, est beaucoup trop proche.
00:43:52Jordan Bardella, vous évoquez Marine Le Pen,
00:43:54elle sera fixée sur son sort judiciaire le 7 juillet.
00:43:57Le parquet a requis 4 ans de prison,
00:43:58dont 1 ferme, 5 ans d'inéligibilité.
00:44:01Aujourd'hui, est-ce que vous jugez probable ou improbable
00:44:04que Marine Le Pen puisse être candidate à l'élection présidentielle ?
00:44:06Alors, je ne suis pas Mme Irma
00:44:08et je ne suis pas dans la tête des juges.
00:44:10En tout cas, ce que je peux vous dire,
00:44:11c'est que je le souhaite parce que...
00:44:13Mais votre sentiment, quand même, c'est quoi ?
00:44:16Vous savez, beaucoup de juristes vous rappelleront cette phrase,
00:44:21il n'y a rien de plus mauvais qu'une impression d'audience.
00:44:24Donc, il est impossible de savoir ce que décideront
00:44:27les juges de la cour d'appel.
00:44:29Mais je veux dire, on ne va pas jouer à cela.
00:44:30Je n'en sais rien, vous n'en savez rien
00:44:32et personne n'en sait rien.
00:44:33Ce que je sais, c'est que Marine Le Pen est totalement innocente
00:44:37des faits qui lui sont reprochés,
00:44:40qu'il n'y a ni enrichissement personnel dans cette affaire,
00:44:43pas un centime d'enrichissement personnel,
00:44:45qu'il n'y a aucun emploi fictif
00:44:47et qu'il y a en réalité un désaccord administratif
00:44:50entre cette maison, le Parlement européen
00:44:52et des partis politiques français,
00:44:53puisqu'on n'est pas les seuls à être concernés,
00:44:54sur la façon dont travaillent des assistants au Parlement européen.
00:44:57Donc, c'est un contentieux administratif qui existe,
00:45:00que nous contestons
00:45:01et je souhaite que Marine Le Pen puisse naturellement
00:45:03porter nos couleurs dans l'élection présidentielle.
00:45:05– Vous n'avez pas confiance dans la justice française ?
00:45:08– Ça dépend.
00:45:09– Vous n'avez pas confiance dans la justice française ?
00:45:12– Ça dépend.
00:45:13Vous voyez, parfois, je vois certaines...
00:45:15Quand je vois certains actes difficiles de criminalité,
00:45:19de délinquance, des types qui sont passés dix fois
00:45:22par la casse-prison, par la garde à vue,
00:45:26qui sont remis en liberté,
00:45:28il y a des millions de Français qui ne comprennent pas ces décisions
00:45:30et je fais aussi partie de ces Français
00:45:32qui subissent parfois ces décisions comme des injustices.
00:45:35– Ce n'est pas embêtant quand on peut peut-être
00:45:36être président de la République,
00:45:38de ne pas avoir confiance dans la justice de son pays ?
00:45:40– Vous savez, moi, je n'aime pas la langue de bois.
00:45:43– Oui, ben, allez-y.
00:45:44– Et je pense qu'au Rassemblement national,
00:45:46on n'est pas connu pour faire de la langue de bois.
00:45:47Donc, si vous avez ces grandes questions
00:45:48qu'on a posées 150 fois à tous les dirigeants politiques,
00:45:51est-ce que vous avez confiance dans la justice de votre pays ?
00:45:53Il y a des décisions de justice que je comprends,
00:45:56que j'accepte, que je tolère
00:45:57et puis il y a d'autres décisions de justice
00:45:58qui, à titre personnel et comme citoyen,
00:46:00me révoltent.
00:46:01Mais évidemment que je fais confiance
00:46:02aux institutions de notre pays.
00:46:04La France est une grande démocratie,
00:46:05nous sommes une grande République
00:46:07et malheureusement, les principes républicains
00:46:09ne sont pas suffisamment défendus.
00:46:11Les juges doivent juger en droit,
00:46:13ils ne doivent pas faire de politique
00:46:14et quand, au cours d'un procès de première instance,
00:46:18comme ça a été le cas pour nous,
00:46:20l'une des magistrates vient dire
00:46:23« Je n'ai pas d'élément concernant l'un des dossiers
00:46:26des prévenus, en l'occurrence l'un des députés européens du RN,
00:46:28mais ça me ferait trop mal de demander la relaxe »,
00:46:30eh bien, naturellement, ça jette le discrédit
00:46:33sur la confiance qu'on peut accorder
00:46:34à certaines décisions de justice.
00:46:37Mais vous savez, il y a aussi beaucoup de magistrats,
00:46:38puisqu'on parlait de la délinquance et de la criminalité,
00:46:40qui, lorsqu'ils remettent en liberté
00:46:43certains délinquants, dans des décisions
00:46:44qui parfois choquent les Français,
00:46:46dans des crimes très lourds,
00:46:47eh bien, ils ne font qu'appliquer la loi
00:46:48et donc les lois sont faites pour être changées.
00:46:49– Si la justice condamne Marine Le Pen
00:46:51et qu'elle ne peut pas se présenter,
00:46:52elle l'a dit, ce sera vous le candidat à l'élection présidentielle.
00:46:54Est-ce que vous êtes prêt à exercer
00:46:56la fonction de chef de l'État si vous êtes élu ?
00:46:57– Je me prépare chaque jour,
00:46:59et je me prépare chaque jour,
00:47:00main dans la main avec Marine Le Pen,
00:47:01à exercer des responsabilités.
00:47:03Et au moment où je suis devant vous ce soir,
00:47:06je me prépare à être chef du gouvernement,
00:47:08mais chaque jour qui passe nous rapproche du pouvoir.
00:47:10Et donc, par respect…
00:47:11– Vous ne vous préparez pas une seconde
00:47:12à être président de la République ?
00:47:13– Mais nous envisageons différents scénarios.
00:47:16– Donc vous vous préparez ?
00:47:17– Mais il serait parfaitement maladroit de ma part
00:47:21de répondre oui à cette question
00:47:22dans le contexte dans lequel nous sommes.
00:47:24– Ce qui veut dire vous dire.
00:47:25– Et donc, jusqu'à nouvel ordre,
00:47:26je me prépare à être chef du gouvernement.
00:47:28Le devoir des Français sera très bientôt de choisir.
00:47:31Et ils diront si oui ou non,
00:47:32ils veulent poursuivre la politique
00:47:34qui est menée non pas depuis 10 ans par M. Macron,
00:47:36mais en réalité depuis 30 ans.
00:47:38Et franchement, je veux dire, M. Daré,
00:47:40quand on voit depuis quelques semaines
00:47:43tous ceux qui ont une responsabilité
00:47:44dans la situation du pays,
00:47:46M. Attal, M. Philippe, M. Retailleau,
00:47:49qui tous ont été ministres d'Emmanuel Macron,
00:47:52venir aujourd'hui devant les Français,
00:47:54essayer d'être plus blancs que blancs,
00:47:56nous expliquer ce qu'ils vont faire demain
00:47:58alors qu'ils ont mis notre pays
00:47:59dans une situation de déclin sans précédent.
00:48:02Mais ces gens-là devraient se couvrir de honte,
00:48:04s'habiller en noir et demander pardon aux Français
00:48:06pour la situation qu'ils vont nous laisser
00:48:08dans quelques mois avec des records d'insécurité,
00:48:10deux dettes, une faillite de l'économie française
00:48:13et un discrédit sur la situation européenne et internationale.
00:48:14On va venir à vos potentiels dans une seconde.
00:48:15Mais une dernière question sur cette campagne de 2027.
00:48:18Que ce soit vous ou Marine Le Pen la candidate,
00:48:20comment vous allez la financer cette campagne ?
00:48:22On a lu que déjà plusieurs banques ont refusé
00:48:24de vous accorder un prêt.
00:48:25Il y a un vrai problème là-dessus ?
00:48:26Oui, il y a un sujet.
00:48:28Vous confirmez que les banques vous ont refusé de vous accorder ?
00:48:30Écoutez, il y a des démarches qui sont en cours.
00:48:32Mais pour l'instant, les banques françaises refusent d'accorder un prêt
00:48:37qui n'a honnêtement qu'un risque minime.
00:48:41Enfin, je veux dire, pour être remboursé des frais de campagne,
00:48:44il faut non seulement faire plus de 5%.
00:48:47Je pense qu'il y a peu de risques,
00:48:48même si en démocratie, il ne faut jamais dire jamais.
00:48:50Il ne faut pas s'exprimer avant les Français,
00:48:52mais qu'on fasse moins de 5%
00:48:53ou que les comptes de campagne soient rejetés.
00:48:57Nous avons toujours été irréprochables
00:48:59s'agissant de nos comptes de campagne.
00:49:00Les comptes de campagne de la présidentielle
00:49:01ont toujours été validés.
00:49:03Nous avons toujours fait acte et gage de notre probité.
00:49:06Donc, cette situation, elle est incompréhensible.
00:49:08Et elle est incompréhensible pour la démocratie française.
00:49:10Rendez-vous compte que la France,
00:49:12qui se prétend être une grande démocratie,
00:49:14et j'ai bon espoir qu'elle le soit encore,
00:49:17voit le premier parti de France
00:49:19qui est aujourd'hui donné au second tour
00:49:20l'élection présidentielle donnée gagnant
00:49:22dans d'innombrables sondages,
00:49:25voire s'opposer à un refus négatif.
00:49:26Vous avez fait des demandes à l'étranger
00:49:27de financement déjà ?
00:49:28Vous savez qu'aujourd'hui,
00:49:30il n'est pas possible d'aller hors de l'Union européenne.
00:49:32Donc, si nous ne trouvons pas de banque française,
00:49:34nous démarcherons naturellement des banques
00:49:36dans des démocraties partenaires autour de nous.
00:49:39Mais ça pose un sujet.
00:49:40Et moi, je souhaite non pas...
00:49:42Vous n'avez pas commencé, ni en Hongrie, ni en ailleurs.
00:49:43Non, et je ne souhaite non pas aller,
00:49:46je veux dire, solliciter un prêt bancaire à l'étranger.
00:49:49Je souhaite obtenir un prêt bancaire en France.
00:49:51Et donc, moi, j'appelle aussi chacun à ses responsabilités.
00:49:55Marine Le Pen semble quasiment vouloir déjà choisir son rival
00:49:57ou celui du RN pour le second tour.
00:49:59Hier, à nos confrères de l'AFP,
00:50:01elle confie, je cite, qu'elle préfère un second tour
00:50:03face au bloc central, en gros à Édouard Philippe,
00:50:05plutôt que face à Jean-Luc Mélenchon.
00:50:07Vous avez peur d'affronter le leader de la France insoumise au second tour ?
00:50:10Non, mais je ne fais pas de pronostics, on n'en sait rien.
00:50:13Je veux dire, la campagne présidentielle va démarrer.
00:50:17L'élection a lieu dans 11 mois.
00:50:17Vous ne partagez pas son souhait ?
00:50:19Non, pardon.
00:50:19Ce que dit Marine, et je partage ce qu'elle dit sur Édouard Philippe,
00:50:23c'est que, pour le coup, Édouard Philippe,
00:50:25c'est le choix de la continuité, c'est stop ou encore.
00:50:27Je veux dire, Édouard Philippe, il a été Premier ministre d'Emmanuel Macron.
00:50:29Il est celui qui a augmenté la fiscalité sur le carburant.
00:50:32Et c'est 16 centimes de TICPE qui renchérissent, au moment où on se parle,
00:50:37les factures de carburant de nos compatriotes.
00:50:39Il est l'homme des gilets jaunes.
00:50:40Il est l'homme de la dette.
00:50:42Il est l'homme de la déraison budgétaire.
00:50:45Il est l'homme qui a mis en œuvre les politiques d'Emmanuel Macron
00:50:47laxistes sur l'immigration et sur l'insécurité.
00:50:49Enfin, il représente vraiment tous les défauts du macronisme.
00:50:53Vous le qualifiez comment, en un mot, Édouard Philippe ?
00:50:58Écoutez, est-ce qu'on va passer toute la campagne présidentielle
00:51:02à commenter, à donner des titres, des injures,
00:51:08à des qualificatifs à nos adversaires ?
00:51:09Ou est-ce qu'on va dire ce qu'on fait pour le pays ?
00:51:11Donc, je vais vous dire, moi, si tous les candidats
00:51:14qui sont annoncés ou qui seront candidats à l'élection présidentielle
00:51:18sont prêts à ne jamais dire du mal des autres,
00:51:21mais plutôt à expliquer ce qu'ils vont faire pour la France,
00:51:23d'abord, je pense que le débat sera beaucoup plus sain.
00:51:25Et si les autres l'acceptent, alors moi, je l'accepte aussi.
00:51:27Quand vous voyez que Bruno Rotaillot, par exemple, s'engage,
00:51:29comment vous jugez sa candidature ?
00:51:33Je pense qu'il cherche à faire oublier
00:51:36qu'il a été ministre d'Emmanuel Macron
00:51:38et qu'il n'y a jamais autant d'immigration
00:51:40et jamais autant d'insécurité
00:51:41que lorsqu'il a été ministre de l'Intérieur.
00:51:43Donc, on voit qu'il essaie d'être très radical
00:51:45dans ses propositions, qu'il essaie de faire du Éric Zemmour
00:51:48parce que ça lui permet d'exister.
00:51:50Mais je pense que le destin de M. Rotaillot, pardon,
00:51:53j'allais dire d'Éric Rotaillot,
00:51:54vous voyez l'absus de Bruno Rotaillot,
00:51:56et on en reparlera dans quelques mois,
00:51:58il finira par se retirer pour soutenir Édouard Philippe.
00:52:01Alors, pas de qualificatif,
00:52:02mais un mot parmi ceux qui prétendent peut-être être présent.
00:52:04Après, j'ai du respect personnel pour mes adversaires,
00:52:06j'ai du respect personnel pour mes concurrents,
00:52:08mais simplement, je considère que quand on a une responsabilité
00:52:10très lourde dans la situation de la France,
00:52:12l'humilité vous impose partir très loin.
00:52:14Un mot, je vais vous en citer deux, trois,
00:52:15certains prétendants.
00:52:16Un mot, François Hollande.
00:52:20Un mot.
00:52:21Ah, il faut que je vous donne un mot par François Hollande.
00:52:24Le passé, Marine Tondelier qui a dit qu'elle était candidate.
00:52:35La folie idéologique des Verts.
00:52:37Enfin, je veux dire, les Verts, c'est la décroissance,
00:52:39c'est l'immigrationnisme, c'est le wokisme,
00:52:41c'est tout ce qu'on combat ici au Parlement européen.
00:52:42Alors, un qu'on a croisé tout à l'heure, Raphaël Glucksmann.
00:52:45Il est ici, au Parlement européen.
00:52:47Un mot sur lui.
00:52:48Rêveur.
00:52:50Gabriel Attal, est-ce qu'il vous a envoyé son livre ?
00:52:52Non, il ne me l'a pas envoyé.
00:52:53Est-ce que vous allez le lire ?
00:52:56Écoutez, moi, je lirai avec grand plaisir
00:52:59les livres de mes adversaires, mais pardon.
00:53:01Il parle de vous.
00:53:02Attendez, Jordan Ballard, il parle de vous.
00:53:04Il faudra le lire.
00:53:04Il parle de vous parce qu'il parle notamment
00:53:06de tous les débats qui vous ont opposés
00:53:07pendant la campagne des législatives de 2024
00:53:09après la dissolution.
00:53:11Ça commence bien, vous allez voir.
00:53:13Quand ça commence comme ça,
00:53:14c'est que généralement, ça se termine mal.
00:53:15Un adversaire politique féroce, doté d'une prestance
00:53:18et d'un réel talent oratoire.
00:53:19Ça se complique ensuite.
00:53:20Allez, donnez-moi la suite.
00:53:21Pourtant, Jordan Bardella est l'illustration même
00:53:23des raisons pour lesquelles le Rassemblement national
00:53:25est un danger pour la France.
00:53:27L'absence vertigineuse de fonds,
00:53:29dès qu'on parle de sujets concrets,
00:53:31cela sonne creux.
00:53:32Mais est-ce que vous répondez à ça ?
00:53:37Gabriel Attal, il est ministre depuis combien de temps ?
00:53:442018 ?
00:53:45Vous voyez, ça fait tellement longtemps
00:53:46qu'on ne sait plus.
00:53:48Donc, il a tout été.
00:53:49Il s'est occupé des comptes publics,
00:53:52il s'est occupé de l'éducation nationale,
00:53:54il a été Premier ministre.
00:53:55Et donc, il vient aujourd'hui devant les Français
00:53:58nous expliquer ce qu'il va faire demain.
00:54:00Mais pardon, mais M. Attal,
00:54:03mais comme M. Philippe,
00:54:04comme M. Retailleau,
00:54:06ils ont été au pouvoir depuis 10 ans.
00:54:08Comment peuvent-ils incarner la rupture ?
00:54:10Comment peuvent-ils incarner le renouveau ?
00:54:13Comment peuvent-ils comprendre les Français
00:54:15quand ils ont été si sourds
00:54:16aux douleurs de notre pays ?
00:54:18Quand on a fait 3 400 milliards d'euros de dettes,
00:54:231 300 milliards d'euros en plus de dettes depuis 10 ans,
00:54:27quand on a le record du déficit commercial,
00:54:29quand il y a 70 000 faillites d'entreprises
00:54:32depuis le 1er janvier 2026,
00:54:35quand on a une explosion de l'insécurité,
00:54:36une explosion de l'immigration.
00:54:38Mais on devrait demander pardon aux Français.
00:54:40Donc, moi, la question que je pose,
00:54:42et elle est très sérieuse à M. Attal,
00:54:44comme à M. Philippe et à M. Retailleau,
00:54:46qu'avez-vous fait de la France ?
00:54:48Jordan Bardella, il y a quelques semaines,
00:54:50vous avez rendu public votre relation
00:54:51avec Maria Carolina de Bourbondé et de Sicile,
00:54:54avec ses photos, la une de Paris Match.
00:54:55Bruno Retailleau, vous en parlez,
00:54:57vous a ciblé il y a quelques jours,
00:54:59dans la dépêche du midi,
00:55:00la pipolisation, dit-il, très peu pour moi.
00:55:02Faire des couvertures de magazines, c'est très bien,
00:55:05mais faire la rupture, c'est beaucoup mieux.
00:55:06Qu'est-ce que vous répondez à cela ?
00:55:08Rien.
00:55:09Vous dites qu'il est jaloux ?
00:55:09Je ne sais pas pourquoi il tient ses propos,
00:55:11pourquoi il est extrêmement agressif avec moi.
00:55:13Il ferait mieux de concentrer des coups
00:55:15sur son ancien patron, M. Macron,
00:55:17dont il a été ministre.
00:55:20Pourquoi est-ce que j'ai décidé d'assumer
00:55:22mon histoire sentimentale,
00:55:24mon histoire d'amour,
00:55:25et pourquoi est-ce que j'ai décidé
00:55:27d'assumer aussi publiquement
00:55:28à la personne qui partage ma vie ?
00:55:29Parce que, quand vous faites de la politique
00:55:31au niveau où je la fais,
00:55:33vous êtes traqué par les photographes,
00:55:35vous êtes traqué par la presse,
00:55:36vous êtes traqué par les journalistes,
00:55:37et donc nous sommes heureux,
00:55:39nous sommes amoureux,
00:55:39et nous n'avons aucune raison de nous cacher.
00:55:41Voilà, n'en déplaise à M. Retailleau.
00:55:43Est-ce qu'elle va jouer un rôle politique à vos côtés ?
00:55:46Non, je crois que ce n'est pas son souhait,
00:55:50mais sa présence au quotidien
00:55:54dans les défis extrêmement importants
00:55:57que je traverse
00:55:58est pour moi un soutien de poids.
00:56:00Ça ne sera pas votre directrice de campagne,
00:56:02si j'ose dire.
00:56:02On a vu des couples à l'époque,
00:56:03rappelez-vous, Cécilia Nicolas Sarkozy,
00:56:05ça ne sera pas une directrice de campagne ?
00:56:06Je crois que ce n'est pas son souhait.
00:56:10Elle s'intéresse, elle est italienne,
00:56:13elle s'intéresse à la vie du pays,
00:56:14elle s'intéresse à la vie de la France.
00:56:18Maintenant, je demande que ma vie privée
00:56:20soit aussi respectée dans cette dimension,
00:56:22c'est dit, c'est dit.
00:56:23Elle partage vos opinions politiques ?
00:56:26Invitez-la, ça peut arriver,
00:56:29mais pas toujours.
00:56:30Mais encore une fois,
00:56:31ce qu'elle pense relève de son intimité.
00:56:34Et encore une fois,
00:56:35ce n'est pas parce que vous partagez votre vie
00:56:38avec quelqu'un
00:56:39que vous partagez nécessairement
00:56:40ses opinions politiques.
00:56:42Donc je demande qu'elle soit respectée
00:56:45et je demande à mes adversaires
00:56:47et à mes détracteurs
00:56:49de la laisser tranquille.
00:56:51S'il y a quelque chose à me reprocher,
00:56:53on me le dit directement,
00:56:55on m'attaque personnellement,
00:56:56mais on ne touche pas à mes proches
00:56:58et on ne touche pas à la femme
00:56:59qui partage ma vie.
00:56:59Ces derniers jours, je ne sais pas si vous avez vu,
00:57:01Brigitte Macron s'est confiée
00:57:02à nos confrères de la tribune dimanche
00:57:03sur ses 10 années à l'élui.
00:57:04Vous avez lu ?
00:57:05Elle dit
00:57:06« J'ai vu la noirceur du monde,
00:57:07la bêtise, la méchanceté.
00:57:09Je suis parfois triste
00:57:10comme jamais je ne l'avais été. »
00:57:13Vous êtes prêt, si j'ose dire,
00:57:14à lui imposer cela à l'Élysée ?
00:57:17C'est difficile d'être avec
00:57:18quelqu'un qui fait de la politique
00:57:19parce que vous êtes...
00:57:21Et la première dame,
00:57:22Mme Macron,
00:57:22en a été elle-même la cible
00:57:24de manière insupportable
00:57:26et de manière indigne
00:57:27puisqu'elle a été attaquée
00:57:28sur sa vie privée,
00:57:29elle a été attaquée
00:57:30dans son intimité,
00:57:32ses enfants ont aussi été
00:57:34attaquée, jetée en pâture.
00:57:35Et moi, je défends une vision haute
00:57:37et une vision noble de la politique.
00:57:39On peut combattre le président Macron
00:57:40sans s'attaquer à la personne
00:57:42d'Emmanuel Macron.
00:57:43On peut contester les orientations politiques
00:57:45et se battre chaque jour
00:57:47que Dieu fait comme je le fais
00:57:48depuis qu'Emmanuel Macron est entréalisé
00:57:50contre les choix qu'il impose à la France
00:57:51que je considère comme délétères
00:57:52en respectant son intimité
00:57:55et en laissant de côté
00:57:58la famille.
00:57:58Vous savez,
00:57:59c'est des vieux codes d'honneur
00:58:00que de ne pas toucher à la famille,
00:58:03que de ne pas toucher à l'entourage.
00:58:04Et j'ai de la compassion
00:58:06pour Mme Macron
00:58:07parce que je pense qu'elle a
00:58:08beaucoup souffert des critiques
00:58:09qui lui étaient faites.
00:58:11Mais peut-être qu'elle a aussi
00:58:12prouvé sa solidité.
00:58:14– Jean-Dame Bardella,
00:58:14quelques mètres de nous,
00:58:15il y a une immense bannière étoilée,
00:58:16c'est le drapeau de l'Union européenne.
00:58:18Si demain vous arrivez à l'Elysée
00:58:19ou à Matignon,
00:58:20est-ce que vous enlevez le drapeau européen
00:58:21du perron de l'Elysée
00:58:22et du perron de Matignon
00:58:23quand il est mis ?
00:58:24– Sur le perron de l'Elysée,
00:58:27sur le perron de Matignon,
00:58:28oui, je pense que je ne laisserai
00:58:30que le drapeau français
00:58:32parce que c'est un symbole.
00:58:34Je l'ai dit,
00:58:35le premier déplacement
00:58:36que nous ferions avec Marine,
00:58:37si les Français nous accordent
00:58:39leur confiance,
00:58:39ce sera à Bruxelles.
00:58:40Moi, je veux tout changer
00:58:41sans rien détruire.
00:58:42– Vous enlevez le drapeau ?
00:58:42– Je suis un optimiste,
00:58:45peut-être un idéaliste.
00:58:46– C'est le retour du Frexit ?
00:58:46– Non, ce n'est pas le retour du Frexit.
00:58:48Vous savez,
00:58:49il y a beaucoup de pays ici,
00:58:51beaucoup de peuples
00:58:51qui attendent que la France
00:58:52pèse à nouveau
00:58:53dans le fonctionnement
00:58:54de l'Union européenne
00:58:55et donc demain,
00:58:56je me battrai
00:58:58aux côtés d'alliés européens.
00:58:59Je pense que demain,
00:59:01par exemple,
00:59:01sur le combat
00:59:02de la simplification
00:59:02et de l'allègement normatif
00:59:03qui, moi, m'est chère
00:59:04et qui est chère
00:59:05à beaucoup de chefs d'entreprise,
00:59:06je pense que le gouvernement
00:59:07allemand de M. Merz
00:59:08comme le gouvernement italien
00:59:10de Mme Méloni
00:59:11pourront être des alliés.
00:59:12Je défends…
00:59:12– Mais juste symboliquement,
00:59:13vous enlèveriez quand même
00:59:14ce drapeau ?
00:59:14– Oui, parce que l'Elysée,
00:59:15si vous voulez,
00:59:16a une portée évidemment historique,
00:59:18une portée symbolique.
00:59:19– Donc vous soutenez
00:59:20les maires qui ont fait ça
00:59:21dans leur commune ?
00:59:22– Mais c'est de leur responsabilité,
00:59:23vous savez,
00:59:24ils ne sont pas sous ma tutelle.
00:59:25Moi, je suis le chef du mouvement,
00:59:27évidemment que nous avons pris
00:59:27des engagements politiques.
00:59:29– La portée symbolique
00:59:29fait que vous le ferez à l'Elysée.
00:59:31– Ils sont libres.
00:59:32Et écoutez, l'Elysée,
00:59:33c'est la maison du peuple français.
00:59:35Ce n'est pas tant la maison
00:59:36du président de la République,
00:59:37ça l'est depuis plusieurs décennies,
00:59:39c'est un lieu chargé d'histoire.
00:59:40Et moi, je suis très fier
00:59:42de mon pays
00:59:42et je veux demain
00:59:43que la France…
00:59:44J'ai ce goût pour l'avenir,
00:59:45je veux demain que la France
00:59:46retrouve un leadership
00:59:47sur la scène européenne,
00:59:48sur la scène internationale
00:59:49et c'est en étant fiers
00:59:50de ce que nous sommes,
00:59:51de notre drapeau,
00:59:51de notre rythme national,
00:59:52de notre identité
00:59:53qu'on pourra demain
00:59:54continuer d'épater le monde.
00:59:55Je pense simplement
00:59:56que la France est le plus beau pays
00:59:57mais peut-être qu'elle manque
00:59:58un peu d'appétit
00:59:59et nous allons essayer
01:00:00de renouer avec ce goût
01:00:01pour la conquête,
01:00:02pour la puissance
01:00:02et pour les symboles
01:00:04qui font la patrie.
01:00:04– Merci beaucoup Jordan Bardella
01:00:06de nous avoir accordé
01:00:07cet entretien exclusif
01:00:08pour BFM TV
01:00:08en direct du Parlement européen.
01:00:10Merci à toutes les équipes
01:00:11techniques de BFM
01:00:12qui ont permis
01:00:12la réalisation
01:00:13de cet entretien.
01:00:14Merci à Alexandre Gilardi
01:00:15et un grand merci
01:00:16à Déborah Collet
01:00:17qui a permis aussi
01:00:17l'organisation.
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