- il y a 2 jours
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.
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00:0161e jour de guerre au Moyen-Orient, l'Iran doit devenir intelligent, M. Gentil, c'est fini.
00:06Ce sont les expressions employées par Donald Trump sur son propre réseau social.
00:10On voit bien qu'il montre son impatience, on va évoquer bien sûr ces deux mois de guerre avec l
00:16'ensemble de nos correspondants
00:17et envoyés spéciaux sur le théâtre des conflits dans les pays concernés par cette guerre.
00:21En commençant par Antoine Hollard, Antoine Hollard qui est à Washington pour BFM TV.
00:25Je rappelais les expressions employées par Donald Trump pour montrer son impatience
00:30et ça se traduit très vraisemblablement par un blocus, un blocus du Détroit d'Ormus qui risque de continuer plusieurs
00:36mois.
00:40Oui, c'est en tout cas ce qui a été évoqué hier lors d'une réunion à la Maison-Blanche.
00:45Donald Trump et ses conseillers ont reçu les grands patrons du secteur pétrolier
00:49et au cours de cette réunion, il a été dit que le blocus pourrait durer plusieurs mois.
00:53L'objectif de cette réunion, c'était notamment de voir comment faire pour limiter l'impact pour les consommateurs américains
01:00à la pompe
01:01alors que le prix de l'essence ici aux Etats-Unis a atteint un nouveau sommet cette nuit.
01:06Alors en fait, on voit que Donald Trump est tiraillé d'un côté.
01:09Il est convaincu que la pression économique, son blocus va finir par fonctionner, va finir par faire céder les Iraniens.
01:16Seulement, voilà, ses conseillers lui ont expliqué que ça n'était pas non plus une solution miracle
01:20et qu'il valait attendre plusieurs mois, deux mois minimum, si ce n'est davantage,
01:24avant que les Iraniens soient à genoux économiquement et acceptent finalement de faire éventuellement des concessions sur le nucléaire.
01:31Et dans le même temps, Donald Trump, lui, est impatient. Il veut que ça aille vite, deux mois ou plus.
01:35C'est peut-être trop long pour lui alors qu'il est au plus bas dans les sondages,
01:39alors qu'il y a des élections qui s'approchent à grands pas.
01:41Ce sera début novembre, les élections de mi-mandat. Et donc, Donald Trump pourrait aussi être tenté de relancer les
01:47frappes contre l'Iran.
01:48C'est d'ailleurs le sens de ce message qu'il a posté sur son réseau social ce matin.
01:51Il y a notamment ce photomontage où on le voit armé d'un fusil d'assaut avec, en arrière-plan,
01:56des explosions.
01:57Façon de dire aux Iraniens que si ça ne va pas assez vite, eh bien, il pourrait reprendre les frappes.
02:02Même si, effectivement, ça n'est pas l'option privilégiée par Donald Trump.
02:06Il ne veut pas recommencer la guerre, mais il veut que ça aille vite.
02:09Donc, comment faire ? On voit que Donald Trump, finalement, est un petit peu sans solution, en tout cas sans
02:13solution à court terme.
02:14Il continue, finalement, de naviguer à vue et de ne pas avoir de stratégie très claire pour sortir de cette
02:19crise.
02:20Voilà, Antoine, à Washington, pour BFM TV.
02:23L'impatience, et en même temps, il continue de dire que l'Iran s'est effondré, l'Iran est détruit
02:28militairement.
02:30Donc, pour le moment, de ce qu'on comprend, l'option militaire est quand même bien mise de côté, Thierry
02:35Arnaud.
02:35Oui, tout est pour l'instant, qui est effectivement toujours une dimension importante à garder en tête lorsqu'on parle
02:41de Donald Trump.
02:42Mais, effectivement, il a clairement pivoté depuis quelques jours maintenant.
02:46Il a admis le fait que la victoire, en l'espace de quelques jours ou même quelques semaines, militairement obtenue,
02:54n'était pas à portée de main.
02:55Et que, donc, il fallait procéder différemment.
02:58Et, effectivement, ce que rapporte Antoine Nelard à l'instant, ce que racontent également les médias américains sur les coulisses
03:03de ces réunions qui se tiennent depuis lundi,
03:06Alain, va tout à fait dans ce sens.
03:07C'est-à-dire que le président, désormais, accepte l'idée qu'il va falloir être patient pour obtenir cette
03:14victoire et tenir ce blocus du détroit d'Hormuz.
03:17Étrangler, continuer d'étrangler progressivement ce régime parce que c'est finalement comme ça qu'il va céder plutôt que
03:24par une nouvelle campagne de bombardement massif
03:27qui comporterait des risques et n'obtiendrait sans doute pas le résultat qu'il souhaite.
03:32Alors, par le SENTCOM, vous savez, qui dépend du ministère des Armées aux Etats-Unis et qui renvoie régulièrement des
03:40images, des cartes et autres,
03:42voilà, il est dit que le principal port iranien, le port de Chabar, pardon, avant le blocus, c'était 5
03:49navires ancrés par jour.
03:50Après le blocus, 20 navires ancrés par jour.
03:52L'étranglement économique, le blocus du détroit, c'est la bonne stratégie pour finir la guerre, selon vous, Antoine Basbous
03:58?
03:58Est-ce que le 28 février, quand la guerre a été lancée, l'objectif était de bloquer ou de débloquer
04:03le détroit d'Hormuz ?
04:05Où est la dissuasion américaine généralement ?
04:08Il suffisait de froncer les sourcils ou de gronder pour que l'adversaire cède aujourd'hui, après deux mois de
04:16guerre ?
04:18Eh bien, on en est où ? On est dans l'enlisement.
04:21Les Iraniens, le régime iranien veut sauver sa place, son existence.
04:26Il est dans le déni, il a subi des pertes, sauf qu'il ne cède pas.
04:32Et en plus, dans les cartes qu'il a en main, il a perdu la carte du Hamas, celle de
04:36la Syrie.
04:36Il a vu se neutraliser la carte yéménite, mais il lui reste deux cartes extrêmement agressives.
04:43Lesquelles ?
04:44L'Irak, il y a maintenant deux jours, l'Iran a placé un collaborateur à la tête du pouvoir irakien,
04:52c'est-à-dire nouveau Premier ministre.
04:54C'est un collaborateur de l'Iran.
04:56Et au Liban, c'est le Hezbollah qui continue à mener la danse, alors que le gouvernement libanais ordonne le
05:03désarmement du Hezbollah.
05:04Le Hezbollah, pour la troisième fois consécutive, a lancé la guerre contre Israël et menace le président de la République
05:12de l'assassiner, comme Sadat en son temps, et le Premier ministre, comme arrivé en son temps.
05:17Donc voilà.
05:18Donc simplement, contrairement à ce que dit Trump, via l'Irak et via le Hezbollah, l'Iran n'est pas
05:23vaincu militairement.
05:24Alors, l'Iran continue de résister ?
05:25Ou ce sont juste ces derniers, ces derniers feux, en fait ?
05:29Et c'était une espèce de baroude d'honneur.
05:30On est en face de la première puissance mondiale, associée avec la principale puissance régionale.
05:39Et au bout de 60 jours de combat, l'Iran est toujours là, l'Iran défie les États-Unis, les
05:45États-Unis piétinent, ils sont dans une guerre d'usure, dans laquelle le faible...
05:5060 jours, c'est court aussi.
05:51Le faible, mais la guerre s'est arrêtée.
05:54Là, on est dans le blocus, dans le piétinement, dans l'enlisement.
05:57Et le faible, s'il ne perd pas la guerre, il la gagne, en quelque sorte, parce qu'il est
06:02censé perdre.
06:03Il n'a pas perdu.
06:04Et c'est M. Trump qui rajoute tous les jours un peu plus de superlatifs, qui lance des ultimatums sur
06:11ultimatums...
06:12Donc c'est presque un aveu de faiblesse de la part de Donald Trump, si vous vous dites ?
06:14Et qui ne tient pas ces ultimatums.
06:16Et c'est un signe, évidemment, de faiblesse.
06:18On va aller en Iran retrouver Siyavosh Ghazi pour BFM TV.
06:22Siyavosh, justement, comment réagit-on à Téhéran après ces nouvelles sorties publiques de Donald Trump ?
06:31Écoutez, on ne prend pas très au sérieux les déclarations de Donald Trump.
06:35Parce que tous les jours, il fait des déclarations, il dit quelque chose.
06:39Et l'inverse, dans les heures qui suivent, on ne croit pas, ici, en Iran, à une éventuelle nouvelle attaque
06:47américaine.
06:48Parce que, de fait, ça aura des conséquences très importantes sur l'économie mondiale, sur le prix du pétrole.
06:54Ce matin, un haut responsable du Parlement iranien, le vice-président de la Commission des Affaires étrangères,
07:00a affirmé que l'Iran avait soutisamment de missiles et de moyens militaires pour tenir une guerre pendant plusieurs années.
07:07On sait que certains missiles iraniens n'ont pas été utilisés durant la guerre de 40 jours.
07:14Notamment, par exemple, le missile Rastafiz, qui est un missile avec une tête explosive de 3 tonnes, particulièrement destructeur.
07:22Il y a aussi d'autres moyens que l'Iran peut utiliser, par exemple la fermeture du détroit de Bab
07:27el-Mandeb.
07:28Et on sait aussi que l'Iran applique désormais une politique sélective pour laisser passer certains navires de certains pays.
07:37Et notamment la Chine, le Japon, par exemple, ont fait qu'il y a eu une délégation, deux délégations sous
07:43-coréennes
07:44qui sont venues récemment à Téhéran pour négocier le départ et la sortie de 26 navires sous-coréens,
07:51donc les 3 d'Orbos.
07:53Il y a également des négociations avec l'Iran.
07:55Donc l'Iran essaye de jouer aussi la division entre les alliés des Américains et les États-Unis
08:02pour mettre encore plus de pression sur Washington et sur Donald Trump pour imposer ces conditions aux Américains.
08:10Voilà, Syavosh Ghazi à Téhéran.
08:11Donc c'est l'Iran qui aurait effectivement les cartes en main, là, aujourd'hui ?
08:15Le temps joue en faveur de l'Iran ?
08:16Moi, je n'ai pas l'impression.
08:17J'ai l'impression, au contraire, que Donald Trump se donne encore quelques jours devant lui,
08:21tenter encore la stratégie de l'étranglement, quelques jours ou quelques semaines,
08:24avant de repartir au combat.
08:26Parce qu'il faut rappeler que du côté israélien, qui est l'associé des Américains dans cette guerre,
08:30Tzahal a annoncé hier qu'il fallait faire attention parce que le balistique iranien
08:34était en train de se reconstituer.
08:36Mais il y a une réalité, le régime aujourd'hui iranien est totalement étranglé économiquement,
08:42politiquement, militairement par les opérations américaines et israéliennes.
08:45C'est une vérité.
08:46Alors dire qu'il résiste ?
08:47Forcément, il résiste parce qu'il meurt ou il tente encore de résister
08:50un dernier coup.
08:51Donc, forcément, ils vont aller jusqu'à leur dernier souffle
08:54pour tenter de maintenir ce régime.
08:56Qu'est-ce qui peut tenir tête face à cet étranglement américain ?
09:01C'est par exemple ce que font les Pakistanais.
09:03Il y a quelques heures, le Pakistan aurait ouvert six corridors terrestres
09:07pour permettre à des camions d'entrer sur le territoire iranien via le Pakistan.
09:12Et ça, ce serait fissurer le blocus américain
09:15et permettre un souffle d'air économique.
09:18Le Pakistan qui est en même temps le lieu de la négociation.
09:21Et au cœur de la négociation alliée aux Etats-Unis.
09:23Donc, le Pakistan joue aussi un jeu dangereux en faisant ça
09:26parce qu'à ce moment-là, il ne peut plus être le lieu de négociation
09:28si en fait, il est le pays qui joue la carte de l'Iran.
09:31Mais aujourd'hui, dans cette stratégie d'étranglement,
09:34il faut aussi se donner le temps.
09:35Quand on dit une guerre qui est un enlisement au bout de 60 jours,
09:39ça fait doucement rire.
09:40La guerre en Ukraine dure depuis trois ans.
09:43pour venir à bout de l'Allemagne nazie, il a fallu cinq ans.
09:46Nous, en 60 jours, on dit ça y est, c'est l'enlisement.
09:49Patience.
09:49Il faut aussi reconnaître cela.
09:51Donald Trump, tout le monde pensait que pour des raisons de sondage
09:53et des raisons politiques, il allait jeter l'éponge très rapidement,
09:57abandonner la guerre très rapidement.
09:58À 60 jours, il est toujours dessus.
10:00Et pour l'instant, il continue.
10:01Il faut oublier la guerre Iran-Irak, qui ne s'est pas terminée non plus en 60 jours.
10:06Oui, Iran-Irak, c'était deux pays du tiers monde,
10:10même s'ils étaient bien armés,
10:11alors que là, on a affaire à la première puissance mondiale,
10:16à la première puissance régionale.
10:17Ce qui m'inquiète le plus, c'est que les États-Unis sont en train de négocier.
10:23Or, négocier avec ce régime, c'est lui donner un demi-siècle d'existence supplémentaire.
10:27Ça veut dire le légitimer.
10:29Mais ce régime va pouvoir dire...
10:31Est-ce que ce serait le même régime islamique ou pas ?
10:32Il va pouvoir...
10:33M. Trump va dire, j'ai changé de régime.
10:36C'est le père en fils.
10:38C'est une monarchie...
10:39Il se met dans une situation à l'Afghan ?
10:40C'est une monarchie monarchique qui s'installe avec les mêmes encore plus durs.
10:46Les mollas ont été évincés au profit des passes d'Aran.
10:49C'est pas mieux.
10:50Mais signifier, négocier avec ces gens pour les maintenir,
10:54leur donner une légitimité pendant un demi-siècle,
10:57c'est pas bon pour les pays de la région.
10:58C'est pas bon pour qui que ce soit.
11:00Parce que ces gens-là vont pouvoir dire,
11:03nous avons fait face et résisté à la première puissance mondiale
11:08et à la première puissance régionale.
11:10Donc vous, nos voisins, couchez-vous.
11:13Voilà, nous avons affronté l'Amérique.
11:14Nous sommes les héros.
11:15Nous sommes les plus puissants.
11:17Donc vous obéissez.
11:18Et vous chassez les Américains et leur base de vos territoires.
11:21On va retrouver justement à Doha, au Qatar, Hugo Smag.
11:24Parce que la perspective, Hugo, d'avoir un blocus qui se prolonge, inquiète bien sûr.
11:31Mais quand on dit blocus, il faut peut-être préciser qu'il n'est pas totalement étanche quand même.
11:37Non, effectivement, même si quasiment aucun bateau ne passe par le détroit d'Hormuz
11:42et par le blocus américain, il y en a quand même quelques-uns.
11:44À commencer par le détroit d'Hormuz, qui lui, donc, est tenu par l'Iran.
11:47On a vu quelques bateaux passer, notamment hier.
11:50Il y a plusieurs pétroliers.
11:52Un pétrolier chinois, un autre qui était japonais.
11:54Il y a également un terminal gazier d'Arabie Saoudite qui sont passés.
11:59Alors comment font-ils ?
12:00La plupart, eh bien, ils vont payer une somme d'argent, a priori, à l'Iran qui les laisse passer.
12:05Mais ensuite, eh bien, ils arrivent au blocus américain qui lui se trouve plus bas.
12:10Et donc là, à nouveau, il faut essayer de tromper la vigilance américaine.
12:14Et dans ce cas-là, eh bien, quelles sont les possibilités pour ces bateaux ?
12:17S'ils sont sous sanctions américaines, eh bien, il y en a plusieurs.
12:20La première, c'est que certains, on a vu désormais, eh bien, ils tentent de longer les côtes les plus
12:25proches de l'Iran, du Pakistan
12:27pour essayer, eh bien, d'éviter les navires américains.
12:29Parce que le long de ces côtes-là, eh bien, les Américains ont beaucoup moins de pouvoirs, ont beaucoup moins
12:33de possibilités
12:33parce que ce sont des côtes territoriales, donc des eaux territoriales et non plus les eaux internationales.
12:39Et puis, sinon, eh bien, ils tentent de se cacher.
12:41On sait qu'il y a des bateaux qui coupent leur GPS pendant des semaines
12:44pour tromper la vigilance à la fois des Iraniens et des Américains.
12:48Et puis, qu'ils réapparaissent plus loin, parfois, du côté de l'Inde, par exemple.
12:53C'est ce qui est arrivé au terminal gazier d'Arabie Saoudite.
12:56Et puis, sinon, l'autre possibilité pour tous ces bateaux, c'est de faire ce que l'on appelle du
13:00spoofing.
13:01C'est-à-dire qu'ils changent de nationalité sur les cartes de trafic maritime.
13:04Ou alors, ils changent d'équipage.
13:05Certains même, eh bien, vont transférer leur cargaison sur un autre bateau
13:09afin, encore une fois, eh bien, de brouiller les pistes.
13:12Alors, on parle d'une trentaine de bateaux qui aura échappé à la vigilance américaine.
13:16Les Américains disent également qu'ils ont pu arrêter 38... 39 bateaux, pardon, excusez-moi,
13:21depuis le début de leur blocus, 39 bateaux liés à l'Iran et qui ont donc dû faire demi-tour.
13:26Voilà, Hugo Smag à Doha, au Qatar.
13:28À l'instant, en commission, vous savez, devant la Chambre des représentants...
13:32La Défense, comme sur la...
13:33La Commission de la Défense, où est entendu le ministre américain de la Défense, Pete X.
13:36Il a dit que la guerre avait déjà coûté 25 milliards de dollars.
13:40Sans compter le coût aussi pour les Américains.
13:42Il demande une rallonge à 1 500 milliards.
13:44Voilà, il demande un budget.
13:45Mais ça veut dire quoi ?
13:46Qu'il a intégré que ça allait durer, cette guerre, maintenant, Donald Trump ?
13:49Et peu importe les élections de mi-mandat ?
13:52C'est pas impossible qu'il ait intégré, effectivement, le fait qu'il perdrait les élections de mi-mandat
13:58et qu'il y avait une contestation de sa base de Maga.
14:03Il semblerait l'assumer, maintenant, parce qu'il est allé tellement loin
14:06qu'il peut difficilement faire marche arrière en présentant une absence de gain politique.
14:10Parce que militairement, effectivement, il y a eu un écrasement du régime iranien en termes militaires.
14:18Toutes les forces conventionnelles ont été, effectivement, laminées.
14:21Mais il n'y a pas de traduction politique et stratégique.
14:24Il n'y a pas de gain.
14:25Il n'y a pas de victoire ?
14:26Non, la victoire...
14:27Il n'y a pas eu de drapeau blanc en disant que vous avez gagné ?
14:29La victoire, ce serait de ramener les 440 kilos.
14:31Oui, d'uranium enrichi.
14:33Et c'est là où on retrouve le noyau dur du problème de la négociation.
14:37Parce que l'intransigeance iranienne, elle est là-dessus, justement.
14:40Et la question du Détroit, elle était coextensive au lancement des opérations.
14:44Elle n'était pas préexistante, en réalité.
14:46Donc, il se trouve qu'aujourd'hui, c'est un élément fondamental pour l'économie globale.
14:51Mais le fond du problème, effectivement, et on retrouve ça dans les négociations,
14:54parce qu'il y a une ligne intransigeante à Téhéran.
14:57D'où l'idée de durer dans le temps, avec, effectivement, le blocus.
15:02Parce que ça coûte très, très cher.
15:04Là, aujourd'hui, la monnaie iranienne, le Rial, a atteint un record.
15:071,8 million pour 1 dollar de Rial.
15:11Ce qui est colossal.
15:12C'est une inflation galopante.
15:13C'est-à-dire que les gens, certains, n'arrivent plus à se nourrir.
15:18Alors, les gardiens, eux, arrivent à se nourrir, évidemment.
15:20Mais ce n'est pas tenable des années, une situation pareille.
15:24Et de toute façon, les gardiens, eux-mêmes, perdent de l'argent.
15:26Il ne faut pas oublier les deux fronts.
15:28C'est-à-dire qu'il y a le front entre l'Iran et les États-Unis.
15:31Et puis, on a le front Israël-Liban.
15:33Avec ces images de bombardements que l'on voit, qui continuent dans le sud et dans l'est du Liban.
15:38Et on va retrouver Nicolas Kouadou en direct de Beyrouth pour BFM TV.
15:42Parce que ce à quoi on a vu, on a vu les images sur BFM TV.
15:46Ce sont ces bombardements incessants, des tunnels.
15:49Un point tel, d'ailleurs, que tous les experts en sismologie ont constaté l'équivalent de tremblements de terre.
15:57Oui, absolument.
15:58Et quand on voit ces images très impressionnantes, on comprend pourquoi.
16:01En fait, ce qui s'est passé, ça se passe dans le village de Kantara, dans le sud du Liban,
16:05qui se situe dans la zone jaune qui est occupée par Israël dans le sud du pays.
16:09Tsaal avait communiqué hier soir en montrant qu'ils avaient découvert des tunnels de plusieurs dizaines de mètres sous cette
16:15ville.
16:15Toute une activité souterraine utilisée, selon Tsaal, par le Hezbollah pour y cacher des armes, notamment.
16:20Et aujourd'hui, l'armée israélienne a procédé au dynamitage de tous ces tunnels.
16:24Avec cette explosion, 140 tonnes d'explosifs.
16:27Tout de même, voilà, c'est colossal et ça a provoqué, effectivement, l'équivalent de mouvements sismiques.
16:33Du moins, c'est comme ça que l'ont eu les capteurs.
16:35Ce que fait Israël, Tsaal, dans tout le sud du Liban, ou de la même de la destruction de ces
16:39tunnels,
16:40c'est effectivement une destruction systématique des infrastructures du Hezbollah, certes,
16:44mais également des infrastructures civiles.
16:46Bref, tout est soit dynamité, soit rasé par des bulldozers pour créer ce que Tsaal appelle une espèce de no
16:53man's land,
16:54d'une zone tampon pour assurer sa sécurité.
16:56Du moins, c'est comme cela que l'armée israélienne communique à ce sujet-là.
17:00Dynamitage et frappe qu'il documente, d'ailleurs, régulièrement sur les réseaux sociaux.
17:04Rappelons tout de même que dans le cadre du droit international, il est interdit de détruire des infrastructures civiles.
17:09Nicolas Kouadou avec Julie Roser à Beyrouth, au Liban.
17:11Et puis, il y a cette perception de la guerre depuis 61 jours par les Français.
17:15C'est un sondage, c'est une étude que l'on va détailler maintenant avec Isor Delagorse.
17:19Quel est l'enseignement principal de l'étude et du sondage ?
17:22Bonsoir, Isor.
17:22Bonsoir. Alors, l'enseignement principal de ce sondage, c'est ce chiffre que vous allez voir.
17:2787% des Français se disent inquiets concernant la guerre au Moyen-Orient.
17:33Ils craignent notamment que la situation ne s'enlise.
17:3692% des Français pensent que les frappes militaires pourraient reprendre dans les prochains jours,
17:41et ce, malgré des cessez-le-feu conclus.
17:43Concernant le détroit d'Hormuz, les Français ne sont pas plus optimistes,
17:47puisque 42% des Français pensent que le blocus pourrait durer pendant encore plusieurs mois.
17:54Conséquence très concrète chez nous, la hausse des prix des carburants.
17:58Ils ont bondi de 5 à 25% depuis le début de l'offensive,
18:01et cela frappe fort les porte-monnaies.
18:0445% des Français estiment que cela impacte de manière importante leur budget.
18:12Et d'après, 6 Français sur 10 redoutent une pénurie, notamment une pénurie sur les carburants.
18:20D'un point de vue plus global, les Français sont quasi unanimes concernant la conjoncture économique.
18:2794% d'entre eux s'attendent à une inflation généralisée,
18:31une hausse des prix que Bercy estime à 1,9% sur les prochains mois.
18:35Isor de la Gorce, et bien cette inquiétude des Français, les conséquences sur le prix des carburants.
18:40Jordan Bardella apportera des réponses en tant que président du Rassemblement national,
18:44à un peu plus d'un an de l'élection présidentielle,
18:47puisqu'il sera l'invité exceptionnel de Guillaume Daré.
18:50Ce soir, à 18h50, les conséquences sur le prix des carburants, on va l'évoquer.
18:55Et les super profits de Total, 5,5 milliards sur le premier trimestre.
19:00Que faire ? Est-ce qu'il faut taxer Total ? Est-ce qu'il faut bloquer les prix ?
19:04Débat à suivre dans un instant.
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