- il y a 8 heures
Retrouvez notre soirée spéciale "Guerre en Iran", présenté par Julie Hammett, sur BVMTV ce mardi 28 avril 2026.
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00:00Il est 20h, bonsoir et bienvenue. On est entré ce mardi dans le troisième mois de la guerre en Iran.
00:06Et l'issue du conflit semble toujours aussi incertaine. Que va décider Donald Trump ?
00:10Va-t-il choisir de relancer la guerre ? En attendant, le détroit d'Hormuz reste bloqué.
00:15Et on a une image spectaculaire à vous montrer ce soir.
00:18Des marines américains qui interviennent sur un avire iranien suspecté de violer le blocus.
00:22Regardez.
00:44Notre équipe ce soir, Sergueï Gironov. Bonsoir Sergueï, ancien officier du renseignement du KGB.
00:49Le vice-amiral Michel Olagaraï, ancien directeur du centre des hautes études militaires.
00:54Bonsoir Olivier Weber, écrivain et grand reporter.
00:57Samy Sfaxi est également avec nous. Didier François, un peu de retard, mais il arrive dans les toutes prochaines minutes.
01:02Me dit-on ? Amiral, un mot sur ces images.
01:05Peut-être qu'on peut les décrypter ensemble, ces images de l'interception d'un bateau iranien.
01:10Quelques éléments de contexte.
01:11C'est un navire commercial suspecté d'avoir tenté de transiter vers l'Iran en violation du blocus américain, des
01:18ports iraniens.
01:19Le navire a ensuite été relâché après les fouilles et après la confirmation que le navire n'incluait pas dans
01:27son parcours d'escale dans un port iranien.
01:31Vous, vous me dites, ce qui se passe là, on appelle ça une visite.
01:34C'est très poli par rapport aux méthodes quand même assez costaudes qu'on voit là.
01:37Absolument.
01:38C'est le terme français et chacun s'occupe à dire que les Français sont extrêmement courtois, même s'ils
01:43peuvent quand même employer la force.
01:45Alors ça, c'est une manœuvre que les armées développées maîtrisent parfaitement.
01:50Il y a des commandos à bord de quelques armées que ce soit d'ailleurs, chez nous en tout cas.
01:55Nous avons des forces spéciales de toutes les armées qui savent très bien faire ça.
01:59Le problème sur un bâtiment comme ça qui n'est pas très grand et qui a des mâts de charge,
02:04j'ai l'impression,
02:04puisque c'est un vraquet, il ne transporte pas de pétrole, pas de gaz.
02:07Ça, c'est un petit bateau ça ?
02:08Ce n'est pas énorme, oui, tout à fait.
02:10Vous voyez les panneaux de cale qui peuvent transporter du vrac, des minerais ou des choses comme ça.
02:18Et donc le problème, vous voyez, c'est ce mât qui est à l'avant,
02:20parce que cet hélicoptère, il ne faudrait pas qu'il touche le mât par exemple.
02:23Donc ça demande une dextérité certaine.
02:26Alors ce qui est intéressant quand même, c'est que pour qu'ils aillent jusqu'à mener une opération sur
02:30ce navire-là en particulier,
02:32c'est qu'ils ont dû mener des recherches, se rencarder quand même un minimum sur le bateau en question,
02:36il devait avoir des gros doutes sur la violation du blocus par ce navire.
02:41Vous avez tout à fait raison.
02:42Et normalement, comme tout est centralisé, les Américains disposent de bases de données assez extraordinaires,
02:47disposent des bases de données d'ailleurs de tous les traders et autres qui suivent,
02:51et des assureurs en tout cas, qui suivent chaque bâtiment vraiment de façon extrêmement précise.
02:58Ils savent chaque fois où a été construit le bateau, de quel pavillon il a, parce qu'ils peuvent changer
03:03de pavillon.
03:04Ils changent d'ailleurs très souvent de pavillon au tout cours de leur vie.
03:06Et là, manifestement, ils changent quelquefois de pavillon au cours même de la même traversée.
03:11Quelquefois même, la cargaison change de destinataire régulièrement.
03:15C'est davantage vrai pour le pétrole en particulier.
03:18Donc, ils connaissaient, les Américains connaissaient énormément de choses sur ce bâtiment.
03:23Ce qui est intéressant, c'est qu'ils ont quand même vérifié, par cette visite dite de courtoisie,
03:28qui semble-t-il...
03:29J'aime beaucoup ce terme, la visite de courtoisie.
03:31Il y a hélicoptère, un marine qui descend, lourdement armé sur un bateau.
03:37En mer, on ne s'insulte pas.
03:38En mer, on ne s'insulte pas.
03:39On parle calmement, sereinement.
03:42À terre, c'est complètement différent.
03:43C'est presque du corps à corps.
03:44Là, vous voyez, c'est un peu stand-off.
03:46On est en recul.
03:47Ça donne quand même une capacité de courtoisie plus importante,
03:50puisqu'on ne se tape pas dessus immédiatement.
03:52Donc, ce qui est intéressant, c'est que, manifestement, ils avaient un doute.
03:56Ils ont vérifié et ils ont laissé passer.
03:59Ça signifie que c'est une force maîtrisée.
04:01Alors, la technique elle-même, elle est possédée par toutes les grandes nations,
04:06avec des armées développées.
04:08Donc, ça, c'est toujours dangereux, bien sûr.
04:10Un des plus grands dangers, c'est quand même qu'éventuellement,
04:13sur un bâtiment pareil, il puisse y avoir un fou armé,
04:17de quelque chose qui puisse tirer.
04:19Parce que l'hélicoptère est dans un état de grande vulnérabilité.
04:23Vous avez vu que l'approche est délicate.
04:26Il y a un mât, comme on l'a vu, tout à fait à la proue du navire.
04:30Donc, c'est une manœuvre délicate, mais qui a été maîtrisée
04:34et qui a donné les résultats suivants.
04:36C'est-à-dire qu'on n'a pas très souvent eu d'exemples comme cela de bâtiment.
04:40Un navire relâché après les fouilles.
04:42Absolument.
04:43Donc, ça veut dire que le cadre est très précis,
04:44que les Américains ont respecté ce cadre-là complètement.
04:48Et ça donne une tonalité un petit peu différente.
04:52Vous voyez, ce n'est pas du style, on empêche tout le monde de passer.
04:54Oui.
04:54Ça montre qu'il y a une intelligence humaine derrière, malgré tout.
05:02Didier François, d'accord avec cette analyse ?
05:04L'opération reste périlleuse.
05:06Oui, c'est périlleux.
05:07Alors là encore, ça va parce que c'est en temps de calme.
05:10Et qu'effectivement, comme l'a rappelé Michel, il n'y avait pas d'opposition à bord.
05:13Si on était évidemment dans un truc un peu plus musclé, ça ne serait pas pareil.
05:19Mais là, effectivement, c'est une visite de Courtozy.
05:22Et donc, rappelons que les Américains ne mettent pas le détroit d'Hormuz sous blocus.
05:28Ce qu'ils mettent sous blocus, c'est les portes iraniens.
05:30Parce qu'on a tendance parfois à faire un peu l'amalgame.
05:34Pas du tout.
05:35Donc, si les bateaux ne viennent pas d'Iran ou ne vont pas en Iran, il n'y a pas
05:40de problème.
05:41Après, il y a des contrôles sur la cargaison.
05:45Après, souvent, ça permet aussi de faire demi-tour à des bateaux sans être obligés de les arraisonner.
05:52Un seul qui a vraiment été arraisonné sur le détroit d'Hormuz.
05:56Mais lui, il était particulier.
05:58On savait parfaitement à qui il appartenait.
05:59Il appartenait au Gardien de la Révolution.
06:01Donc, il y avait de sa part une volonté de tester le dispositif.
06:05Et côté américain, pour le coup, une approche un peu plus musclée de l'affaire.
06:09Parce qu'on ne sait jamais ce qui est à bord.
06:10Parce que 90% des navires, ça se passe bien.
06:14C'est des navires civils qui sont embarqués dans une affaire.
06:17Alors bon, ce n'est pas toujours blanc-bleu du côté des papiers, des circuits financiers.
06:23Mais ce n'est pas les pirates.
06:24Après, il y a quelques navires qui sont entre la marine de guerre et n'importe quoi.
06:30Et qui, là, pour le coup, peuvent être utilisés.
06:33Donc, ceux-là, on se méfie plus.
06:34Mais ils sont relativement connus.
06:37On sait que certains vraquiers ne sont pas vraiment des vraquiers.
06:42Certains chalutiers ne sont pas totalement des chalutiers.
06:44Et certains navires de recherche ne sont pas totalement des navires de recherche.
06:47Sur ceux-là, on ne fait plus gaffe.
06:4939 navires.
06:50Sergueil en sait quelque chose.
06:52Sergueil en sait quelque chose, notre ancien espion.
06:54Des navires de recherche appartiennent au ministère de la Défense.
06:57Ils ont des antennes extraordinaires.
06:59C'est ça.
07:00Donc, les chiffres donnés par les autorités américaines à date,
07:06c'est que 39 navires ont été redirigés depuis le début du blocus.
07:11Ça, c'est côté américain.
07:14Les Iraniens, eux, maintiennent leur blocus du détroit d'Hormuz.
07:18Et alors, là, c'est une autre image qu'on voulait vous montrer, Samy Sfaxi,
07:21et qui va vous intéresser aussi, Sergueil.
07:24Il bloque le détroit, mais il laisse passer certains copains.
07:27Ah oui, des bons copains.
07:28C'est vrai que cette histoire, elle est assez incroyable.
07:31Regardez ce yacht.
07:32Il est pas mal, Julie.
07:33C'est un des plus grands du monde.
07:35Il mesure 142 mètres de long.
07:38Et il est estimé à plus de 500 millions d'euros.
07:42Alors, la particularité, vous l'avez dit à l'instant,
07:45ce yacht a réussi à traverser le détroit d'Hormuz.
07:49Regardez, on a reconstitué son itinéraire.
07:51Il est parti de Dubaï vendredi.
07:52Et il a traversé le détroit pour accoster à proximité de Mascate.
07:57C'est la capitale d'Omane.
07:59D'ailleurs, j'ai vérifié il y a quelques minutes.
08:01Il est toujours sur une position figée à proximité de Mascate.
08:07Et alors, tout le monde se pose cette question.
08:09Comment a-t-il pu traverser ce fameux détroit d'Hormuz ?
08:12Eh bien, en fait, il fallait juste se tourner vers son propriétaire.
08:15Et son propriétaire n'est autre que Alexei Mordachov.
08:19C'est l'un des hommes les plus riches de Russie.
08:22Très proche.
08:23Vous le connaissez, Serge ?
08:26Pas personnellement.
08:28Je connais d'autres oligarques personnellement.
08:30Potanine, par exemple.
08:31Mais lui, non.
08:32Avec qui j'ai fait mes études, homme guémeau.
08:34Donc, je le connais même très bien.
08:35On a skié ensemble à Courchevel.
08:38Mais vous n'avez pas skié à Courchevel avec Alexei Mordachov.
08:42On a réussi, lui.
08:43En tout cas, on l'a vu hier, les relations entre la Russie et les Iraniens, bien sûr,
08:50entretiennent des liens très forts.
08:52Ça, c'était la rencontre hier entre Araqchi, le ministre des Affaires iranien, et Vladimir Poutine.
08:58Et alors, il a pu passer ce fameux détroit d'Hormuz.
09:01Alors, quid du blocus naval américain ensuite ?
09:04Parce que pour l'instant, il n'a pas cherché à le franchir.
09:07Il est, encore une fois, au large d'Omane et de Mascate.
09:10Mais il faut quand même préciser une chose, c'est que ce yacht, il est sous sanctions américaines.
09:14Alors, est-ce pour cela qu'il n'a pas cherché à aller plus loin ?
09:17Réponse peut-être dans les prochaines heures et les prochains jours.
09:19– Sergueï, bon, c'est l'illustration quand même de l'amitié irano-russe.
09:26– Vous savez, ce yacht, comme par hasard, il est passé hier.
09:30Donc, Araqchi était à Moscou.
09:31– Oui.
09:31– Et donc, à mon avis, Mandachov, il a négocié, justement, avec les Iraniens.
09:35On reçoit votre ministre des Affaires étrangères.
09:37Vous me laissez partir parce qu'il était emprisonné, en quelque sorte, dans le golfe Persique.
09:41Et donc, pour beaucoup de bateaux, il ne veut pas forcément quitter la région.
09:47Mais ils veulent être en possibilité de la quitter.
09:50Donc, il a réussi.
09:51Et je suis prêt à parier qu'il n'a rien payé aux Iraniens.
09:55– Le détroit d'Ormuz, qui reste donc bloqué.
09:59Je voulais vous montrer la réaction de Donald Trump, aujourd'hui,
10:02qui publie sur son réseau social.
10:04L'Iran vient de nous informer qu'il est dans un état d'effondrement.
10:08Ils veulent que nous ouvrions le détroit d'Ormuz dès que possible,
10:11pendant qu'ils essaient de gérer leur problème de leadership à la tête de ce pays.
10:15Olivier Weber, qu'en est-il réellement ?
10:17Est-ce que réellement, l'Iran est en train de supplier les États-Unis
10:20parce qu'ils sont dans un état de faiblesse très poussé ?
10:24Est-ce que vous y croyez, vous, à ce que dit Donald Trump ?
10:26– C'est beaucoup plus subtil que la réponse de Trump.
10:28La deuxième partie est vraie.
10:29Il y a des négociations en cours, à trois niveaux,
10:31avec les déblocages du détroit d'Ormuz des deux côtés.
10:35Et puis, deuxièmement, évidemment, reparler du nucléaire
10:38qui serait mis un petit peu au calonne grec, si je peux me permettre.
10:40Après, l'effondrement du régime, non.
10:41On voit très bien que depuis le 24 février,
10:43le régime iranien a certes changé,
10:45mais s'est renforcé avec un curseur qui s'est déplacé du côté religieux
10:48à un côté militaire, au militaire religieux.
10:50Les guerriers de la révolution, ce à quoi on a affaire aujourd'hui,
10:52c'est un noyau très dur,
10:53qui ne s'entend pas forcément très bien
10:55entre les ultra-conservateurs, entre Ahmed Vahedi,
10:58Rhalibaf et autres.
10:59Rhalibaf serait en train d'être écarté,
11:01enfin, tout est à prendre avec des pincettes.
11:03Rhalibaf, qui est le président du Parlement iranien.
11:05Absolument, qui faisait partie de la première séance de négociation au Pakistan,
11:08qui aurait été évincée si la deuxième avait eu lieu, disait-on.
11:12Mais là, c'est un peu Trump qui pousse le bouchon un peu loin.
11:15Cela dit, ça fait partie également de ce jeu qu'on vient de voir
11:18sur la saisie du bateau, le contrôle du bateau plutôt.
11:20On montre ces mux,
11:21ça s'inscrit dans un rapport de force avant des négociations.
11:24Alors évidemment, il y a d'autres atouts dans la manche des aériens.
11:29D'une part, outre le blocage et déblocage du détroit d'Hormuz,
11:32l'autre détroit, Bahad-e-Mandeb,
11:34où passe 10% de commerce au sud du Yémen.
11:36Au sud du Yémen, entre le Yémen et Djibouti.
11:38Mais ça, vous y croyez vraiment ?
11:39Ils ont encore les moyens d'aller bloquer un deuxième détroit ?
11:42Pas eux, les outils.
11:43Les outils sont restés silencieux jusqu'à présent.
11:44Ils ont balancé quelques missiles au début sur Israël, etc.
11:47Ils sont pris un bon coup derrière les oreilles
11:49avec la guerre du Cavalier Brutal
11:53menée par les États-Unis entre mars et mai 2025.
11:56Mais les outils peuvent maintenant rentrer en action.
11:59Et puis après, il y a un troisième élément
12:03qui est la petite marine rapide.
12:05Vous savez, les petites embarcations rapides des Iraniens,
12:07il y en resterait, d'après les Israéliens et les Américains,
12:09à peu près 300, à chiffre au minimum.
12:10C'est des bateaux qui font 10, 15 mètres de long, pas plus,
12:13montés avec des douches-cas,
12:14mais aussi quelquefois des explosifs, des mortiers.
12:16Ça peut faire mal.
12:17Il suffit d'une seule vedette suicide
12:18avec des passijis ou deux passes à ranes,
12:20avec ça dont vous allumez littéralement un tanker
12:22ou un autre bateau.
12:23Donc ça, c'est une arme entre les mains des Israéliens.
12:25Donc, pour répondre à votre question,
12:26on est en train de montrer les muscles.
12:27Ça, c'est les petites navettes dont vous parlez, là,
12:29les petites navettes d'attaque.
12:30Ça, ils en ont trop croissant, à peu près.
12:31À la contrebande, avec Oman, avec Dubaï, etc.
12:34Mais qui servent aussi aux passes d'aranes
12:36pour les armées, en fait,
12:37et pour constituer une sorte de petite marine rapide
12:40et surtout suicide.
12:41Donc, les Iraniens en ont encore sous le pied.
12:43Et c'est ce qu'a voulu redire aujourd'hui
12:47le porte-parole de l'armée iranienne.
12:50En ce qui concerne la situation actuelle,
12:52nous ne considérons pas que la guerre soit terminée.
12:57Depuis le jour où les combats ont cessé
12:58ou, dans les faits, un cessez-le-feu
13:00ou un silence s'est installé sur le champ de bataille,
13:03comme il n'y a pas de confiance envers les États-Unis
13:05et nos ennemis,
13:06nous avons continué, de la même manière qu'en temps de guerre,
13:09en déployant des efforts considérables
13:11pour mettre à jour notre base de données de cibles.
13:13Nous avons poursuivi notre entraînement,
13:16mis à profit l'expérience de la guerre
13:17et avons à la fois produit et mis à jour notre équipement.
13:21Pour nous, la situation reste une situation de guerre.
13:24Pourquoi vous me faites ça, blablabla ?
13:27Parce qu'en fait, ils ont dit mardi dernier
13:29que nous, nous faisons faim,
13:33nous mettons faim à notre cessez-le-feu.
13:35En fait, ils ont voulu jouer les muscles.
13:38Trump a prolongé d'abord de 24 heures son cessez-le-feu
13:43et puis après, il a dit qu'il prolonge sans définition.
13:48Tandis qu'eux, ils ont dit
13:49nous, on peut reprendre les efforts militaires
13:53à n'importe quel moment.
13:55Ils n'ont rien fait.
13:56Et donc là, c'est du blabla.
13:57C'est du blabla réellement ?
13:58C'est un échange de courriers très courtois,
14:01de déclarations très courtois.
14:02Décidément.
14:03Mais oui, mais à partir du moment,
14:05on ne se balance pas de missiles.
14:06Le poisi et le maître mot, ce soir.
14:08Mais par comparaison, si vous voulez,
14:09tout ça est très gentil.
14:11Simplement, il y a un moment
14:12où quand vous avez des adversaires
14:14à rebouter l'un contre l'autre
14:16et dont les positions sont aussi éloignées
14:18que celles que l'on peut constater maintenant,
14:22il y a un moment où l'un des deux
14:24va prendre une initiative
14:25alors laquelle on ne sait pas.
14:26On pense quand même que
14:27Trump étant plus impulsif
14:29et possédant le gros bâton,
14:31on peut penser qu'il a envie de s'en servir.
14:33Le tout, c'est de s'en servir là aussi
14:35de façon mesurée
14:36pour ne pas déclencher
14:37de la part des Iraniens
14:39des lancements de missiles
14:40surtout de l'hémolarchie du Golfe
14:41ce qui quand même, alors là,
14:42serait complètement catastrophique
14:43et que même Trump...
14:44Vous, vous pensez en tout cas
14:45que c'est Donald Trump
14:46qui est le premier
14:47et capable de briser
14:50cette espèce d'équilibre ?
14:52Vous savez, pendant la trêve,
14:54les Américains, bien sûr, se renforcent
14:56mais les Iraniens
14:57essaient aussi de déblayer
14:58leur site de lancement de missiles
15:00qui ont été un peu...
15:01C'est ce qu'il dit aussi là
15:02et c'est ça qui est intéressant
15:02et ce qu'il dit le porte-parole,
15:04c'est qu'on a profité du cessez-le-feu
15:05pour se refaire une santé.
15:07Oui, c'est évident à tout le monde.
15:08Pardon ?
15:08C'est le principe des cessez-le-feu.
15:10Oui, oui.
15:10Oui, c'est la base.
15:12C'est le truc de base.
15:12OK, merci Didier.
15:14Les militaires devront toujours
15:15un cessez-le-feu
15:15pour pouvoir, ce qu'on appelle,
15:17recompléter.
15:17Ou se reconditionner.
15:19Il y a autre chose aussi,
15:20c'est que Trump,
15:20lui, il peut se créer
15:21une marge de manœuvre
15:22dans le temps
15:23puisque normalement,
15:24il doit passer devant le Congrès
15:26pour expliquer ce que c'est la guerre,
15:28etc.
15:28Et puis, on sent bien
15:29que lui est beaucoup plus coincé
15:30par le temps
15:31que le sont les Iraniens.
15:32Donc, on ne sait pas
15:33jusqu'à quand ils peuvent durer
15:34même s'ils ont des problèmes
15:35qui sont...
15:35Eux disent qu'ils sont prêts
15:36pour une très longue guerre
15:37mais effectivement,
15:38on ne sait pas si c'est vrai
15:39mais effectivement,
15:40pour Donald Trump,
15:41il y a des échéances très concrètes,
15:43il y a les mid-terms
15:43et il y en a d'autres avant,
15:45notamment la visite en sur le sujet.
15:46Sachant que le mid-terms
15:46est mal parti,
15:47il peut très bien faire une impasse
15:49presque sur les mid-terms
15:50en disant
15:50je me donne du temps
15:52et il n'est pas à l'abri
15:53d'une bonne surprise
15:54d'ici les mid-terms.
15:55Ce qui, alors là,
15:56à ce moment-là,
15:56pourrait renverser absolument...
15:58C'est quoi une bonne surprise ?
16:00Une bonne surprise ?
16:01C'est-à-dire ?
16:01C'est-à-dire qu'il y ait
16:03un accord,
16:04un début d'accord,
16:05un commencement d'accord
16:06ou bien que la gouvernance iranienne
16:10s'écroule elle-même.
16:11Il ne faut quand même pas oublier un truc.
16:12C'est que nous,
16:13on connaît nos faiblesses
16:13parce qu'on est en démocratie.
16:15Donc, on en parle
16:15et que tout le monde en parle.
16:17On passe nos soirées sur les plateaux
16:18à dire combien les Américains
16:19ont des problèmes,
16:20combien nous,
16:20on a des problèmes,
16:23avantage, c'est que comme ce n'est pas
16:24et c'est une dictature,
16:25personne ne le dit.
16:26Mais les problèmes,
16:27ils en ont.
16:28Leur économie est en vrac.
16:30Leur population les déteste.
16:32Leur armée s'est fait défoncer la tronche
16:34pour dire les choses celles qu'elles sont.
16:36Et ils ont un problème
16:37pour aujourd'hui quand même
16:40emmagasiner leur pétrole.
16:42Attention, attention.
16:43Je ne dis pas que ça va les faire tomber demain.
16:45Mais on aime bien se faire mal
16:47et se flageller et machin.
16:48On oublie toujours de voir
16:49que les gars en face,
16:50eux, savent faire de la propagande.
16:51On ne voit pas ce qu'ils fabriquent
16:52mais qu'ils ramassent aussi.
16:53Donc attention,
16:55ils ne sont pas si en prendre forme que ça.
16:56Ce n'est pas parce qu'ils ont des drones
16:58et qu'ils peuvent les tirer.
16:58Parce qu'en fait,
16:59si vous regardez la réalité des prix,
17:00ils peuvent tirer les drones
17:01et des missiles sur qui ?
17:02Pas sur les pays de la région,
17:03pas sur les Américains.
17:04Leur pétrole,
17:05les Américains n'en ont pas besoin.
17:06Peut-être sur un bateau du blocus.
17:08Un bateau américain.
17:09Qu'ils y aillent.
17:10Qu'ils arrivent avec leurs petites vedettes
17:12à la main.
17:13Arrivé en haute mer,
17:14ça n'existe pas.
17:15Vous n'y croyez pas.
17:16Mais ils ne sont pas capables de le faire.
17:17Ils ne peuvent pas toucher
17:18la marine américaine en haute mer.
17:20Ils peuvent bloquer le détroit
17:22parce que c'est une aire fermée
17:23et que ça fait 30 kilomètres.
17:25Ils peuvent taper du tanker
17:25dans le détroit d'Ormuz,
17:28pas à l'extérieur.
17:29Ils ne peuvent pas sortir du détroit d'Ormuz
17:30et se prendre du gros grain.
17:32Ça n'existe pas.
17:32Donc attention,
17:33ils ont des armes
17:34mais ils ne sont pas non plus imprenables.
17:36Puisqu'on a les images,
17:37on va les commenter rapidement.
17:39Il nous reste quelques instants.
17:40Mais ça,
17:41c'est l'image d'un quatrième porte-avions,
17:43l'USS Eisenhower.
17:45Visiblement,
17:46il était en révision jusque-là.
17:48Mais il serait désormais
17:52prêt à reprendre ses fonctions.
17:54Pour l'instant,
17:55il est en train de monter en puissance.
17:56Il est en train de faire
17:56les exercices de sortie de...
17:58Michel, tu le racontes.
17:59Oui, de remise en condition opérationnelle.
18:00De remise en condition opérationnelle.
18:02Et a priori,
18:03s'il part là-bas,
18:04ce qu'il va certainement faire
18:05à la fin de sa remise en...
18:06Oui, mais ça sera pour remplacer
18:08en fait le Ford.
18:08Ah d'accord.
18:09C'est pour envoyer le porte-avions Ford
18:10qui connaît quelques soucis.
18:14Donc c'est moins un renforcement
18:16que de venir remplacer
18:18un porte-avions en difficulté.
18:19C'est aussi montré que...
18:21Ben écoutez,
18:21leurs porte-avions n'ont pas été
18:23très très disponibles.
18:24Il y en avait beaucoup
18:24qui étaient en réparation.
18:26En moitié.
18:27Normalement, pour technique et autres,
18:29on changeait un cœur de réacteur,
18:30vous savez,
18:31de proposition,
18:32ça prend du temps.
18:33C'est planifié des années à l'avance,
18:34donc c'est très compliqué.
18:35Ce qui fait que là, maintenant,
18:36il dispose actuellement,
18:37les Américains,
18:38de forces incroyables sur le terrain,
18:40mais de forces usées.
18:42Les forces s'usent,
18:43y compris le Lincoln,
18:44qui est parti à mi-novembre,
18:45depuis mi-novembre quand même.
18:47Or, quand vous regardez
18:48quels sont les ports
18:49dans lesquels ils peuvent
18:50réparer leurs bâtiments,
18:51mais industriellement importants,
18:53vous n'en trouvez pas
18:54beaucoup dans la région.
18:54Les pays qui accepteront cela
18:56seront considérés
18:58comme des co-belligérants,
18:59parce que là,
18:59ce sera une aide considérable.
19:01Donc, les Américains
19:02ont un problème,
19:04sont surpuissants,
19:05un problème d'usure
19:06de matériel et personnel aussi,
19:07surtout n'oublions pas le personnel.
19:09On va marquer une très courte pause.
19:11On se retrouve dans un instant
19:12avec notre prochain invité,
19:13c'est Gilles Kepel.
19:14Il nous rejoint dans quelques minutes.
19:15Vous ne bougez pas.
19:16A tout de suite.
19:20La suite du 20h BFM
19:22et on accueille notre invité ce soir,
19:23Gilles Kepel.
19:24Bonsoir à vous.
19:26Professeur émérite des universités,
19:27spécialiste du Moyen-Orient
19:29et co-auteur du livre
19:30« Antiterrorisme »
19:31aux éditions Plon.
19:32On est ravis de vous avoir avec nous.
19:33Sergei Girneau et Olivier Weber
19:35sont également en plateau.
19:38On entre aujourd'hui
19:38dans le troisième mois
19:40de la guerre en Iran
19:41et on voulait vous soumettre
19:42le dernier message
19:43de Donald Trump
19:44posté sur son réseau social.
19:46L'Iran vient de nous informer
19:47qu'il est dans un état
19:48d'effondrement, dit-il.
19:49Ils veulent que nous ouvrions
19:51le détroit d'Ormuz
19:51dès que possible.
19:53J'ai envie qu'on s'arrête
19:54un instant sur la situation
19:55en Iran.
19:56Qu'en est-il réellement ?
19:57Est-ce que le diagnostic est bon ?
19:58Est-ce qu'on peut parler
19:59d'effondrement réellement
20:01en Iran actuellement,
20:02économiquement ?
20:03Il faut prendre la déclaration
20:04dans l'autre sens.
20:07C'est-à-dire qu'il y a une volonté
20:10d'ouvrir le détroit
20:12de tous les côtés.
20:14On a des informations
20:15selon lesquelles
20:16tel bateau vient de passer,
20:19un yacht russe.
20:20Nous aurons l'information.
20:22On va le voir ce yacht.
20:23C'est ça.
20:23Un métanier d'Abu Dhabi, etc.
20:26Donc, il y a des trous
20:28dans la raquette.
20:29Ce ne sont pas des bateaux
20:31qui allaient en Iran.
20:32Ce sont des bateaux
20:32qui venaient de la rive arabe
20:35du Golfe,
20:35arabo-persique.
20:37Et aujourd'hui,
20:39d'une certaine manière,
20:40le contre-blocus
20:41qu'ont fait les États-Unis
20:43face au blocus iranien
20:45à l'entrée du Golfe
20:46commence à fonctionner
20:48puisque c'est l'Iran
20:49qui se trouve asphyxié.
20:51Elle est réellement asphyxiée,
20:53là, économiquement ?
20:54En tout cas, financièrement,
20:56c'est très compliqué
20:56puisqu'on ne peut plus exporter
20:59de pétrole du terminal
21:01iranien de Khark
21:02vers la Chine
21:03puisque les destroyers
21:06et les porte-avions américains
21:07font une espèce de chaîne
21:09et à partir de ce moment-là,
21:10il n'y a plus d'argent
21:11qui rentre dans les caisses
21:12iraniennes.
21:14Par ailleurs,
21:14la Chine,
21:15même s'il y a des réserves,
21:17commence à trouver
21:18que ça suffit.
21:19Et pour ce qui est
21:20des autres pays d'Asie,
21:22alliés de l'Iran
21:24dans le cadre du sud global,
21:26des BRICS, etc.,
21:27dont l'Inde,
21:28la situation est de plus en plus
21:29dramatique puisqu'autant
21:31nous-mêmes,
21:32nous avons des risques
21:33d'inflation en Europe
21:34avec la raréfaction
21:36des produits pétroliers,
21:37autant dans les pays
21:39d'Asie et d'Afrique,
21:40ce sont de véritables pénuries
21:42qui sont en train
21:43de s'installer.
21:44Donc,
21:44l'Iran héros du sud global
21:46est en train de devenir
21:48celui qui cause
21:49des pénuries
21:50des pénuries
21:51un peu partout.
21:52Ils n'ont aucun moyen
21:53d'exporter.
21:54Le détroit d'Ormous,
21:55c'est leur...
21:56il n'y a pas de...
21:56De l'autre côté,
21:57ce sont des montagnes.
21:57Le tuyau ne peut pas
21:58passer par les montagnes.
21:59Les seuls qui peuvent exporter,
22:01ce sont l'Arabie saoudite
22:03qui a un oléoduc
22:05qui va des champs pétrolifères
22:07du Golfe
22:07jusqu'à Yannbou,
22:08en mer Rouge,
22:10et puis les Émirats
22:11arabes unis
22:12qui ont un oléoduc
22:14qui sort à Fougéra,
22:15en mer d'Arabie.
22:16L'un passe à peu près
22:177 millions de barils par jour
22:19et l'autre 3 millions d'eux.
22:21Donc là,
22:22eux,
22:22ils peuvent sortir.
22:23Le Qatar, lui,
22:23ne peut rien sortir du tout
22:25puisque son train
22:26de liquéfaction
22:27a été cassé
22:27et le Koweït
22:30et l'Iran non plus.
22:32Donc l'Irak,
22:33un petit peu
22:35par le Kurdistan
22:36et la Turquie
22:36vers la Méditerranée,
22:37mais pas énormément.
22:38Donc l'Iran
22:39est asphyxié économiquement,
22:41n'exporte plus de pétrole
22:42et paralyse
22:43par là même
22:44ses pays alliés.
22:47Et il y a la question
22:47de la saturation
22:48des stocks de pétrole.
22:49On a mis là
22:50les cuves
22:51au bord de l'explosion.
22:52Ça, c'est intéressant.
22:53C'est-à-dire que
22:54du coup,
22:55le pétrole s'accumule
22:56et ils n'ont pas moyen
22:57de l'écouler.
22:57Ce qui fragilise,
22:58c'est ça,
22:58les infrastructures ?
22:59Oui, bien sûr.
23:00Ce n'est pas comme
23:00si on voulait
23:01fermer votre robinet.
23:03Effectivement,
23:04si le pétrole
23:05ne peut plus sortir,
23:06après,
23:07le champ n'est plus utilisable
23:09pendant un certain temps
23:10jusqu'à réparation.
23:11C'est pire
23:11dans le cas du gaz
23:12qui est sous pression,
23:13mais dans le cas du pétrole,
23:15ça n'est pas bon non plus.
23:16Donc,
23:16se joue d'une certaine manière
23:18le contre-blocus américain
23:20qui est d'une certaine manière
23:21de la piraterie
23:22comme l'a été
23:23le blocus iranien.
23:25Par contre,
23:25on peut le juger
23:26justifié ou injustifié.
23:27Enfin,
23:28chacun fera ce qu'il voudra.
23:29Mais en tout cas,
23:30c'est une mesure
23:30qui a d'une certaine façon
23:32anéanti
23:33la force du blocus iranien
23:35d'Hormuz.
23:35Donc aujourd'hui,
23:36ce qui est sur la table,
23:37avant tout,
23:38c'est la situation en Hormuz.
23:40Chacun étant,
23:41pour des raisons différentes,
23:44désireux
23:44de l'ouvrir à la navigation.
23:46Les Iraniens
23:46pour faire sortir
23:47leur pétrole
23:48et tous les autres
23:49pour faire sortir
23:50le gaz et le pétrole
23:51des pays du Golfe,
23:52etc.
23:53Mais,
23:54bien sûr,
23:54chacun met dans cette ouverture
23:56d'Hormuz
23:57des choses différentes.
23:58L'Iran veut toujours,
24:00tâche toujours
24:00d'imposer une taxe
24:01à la sortie,
24:02un contrôle.
24:03Ils veulent un droit de passage.
24:05Avec l'Oman,
24:06mais Oman,
24:06chez qui le ministre iranien
24:08des Affaires étrangères
24:09s'est rendu
24:10avant d'aller
24:11à Saint-Pétersbourg
24:13et a marqué son opposition.
24:15On voit bien
24:15qu'aujourd'hui,
24:16l'Iran est en train
24:16de chercher
24:17à travers
24:17les voyages
24:20de M. Arakhchil,
24:21les Affaires étrangères,
24:22des alliés
24:23en Oman,
24:25en Russie,
24:26pour montrer
24:26qu'il n'est pas seul
24:27face aux États-Unis.
24:28En quoi Poutine,
24:29justement,
24:30peut réellement l'aider ?
24:32On a vu cette rencontre
24:33effectivement
24:33entre le chef
24:34de la diplomatie iranienne
24:35et Vladimir Poutine
24:36hier.
24:37Qu'est-ce qu'il a pu lui dire
24:38réellement ?
24:39Quelle aide peut-il apporter
24:41à un Iran
24:44complètement affaibli ?
24:46Il est affaibli.
24:47Maintenant,
24:48on ne sait pas exactement.
24:49On n'a pas
24:49aujourd'hui
24:51de connaissances réelles
24:52de la situation
24:53en Iran même.
24:54Ce qu'on sait,
24:55c'est qu'il y a eu
24:55des destructions massives
24:57des infrastructures économiques.
25:00On apprend
25:01par des Iraniens
25:02qui arrivent
25:02à faire passer
25:03des messages
25:04à leur famille
25:05restée au pays
25:06qu'il y a
25:07des licenciements
25:08massifs.
25:09En même temps,
25:10des photos
25:11sont diffusées.
25:12Il faut en faire
25:12très attention.
25:13On voit des femmes
25:14dévoilées
25:15fumer une chicha
25:16dans les cafés
25:17en plein air.
25:18Tout ça est très contrasté.
25:20Mais à partir du moment
25:22où la tension guerrière
25:23va se relâcher,
25:26le régime va devoir
25:27rendre des comptes
25:28sur son inefficience.
25:29À part les proclamations
25:32grandiloquentes
25:33sur la résistance
25:35à l'impérialisme,
25:35etc.,
25:36il va falloir
25:37nourrir la population.
25:38Et surtout,
25:39on a un système
25:39qui aujourd'hui
25:40n'est plus fonctionnel
25:42en termes politiques.
25:43Parce qu'autrefois,
25:43vous aviez le guide suprême
25:45qui est la clé de voûte
25:46de la République islamique
25:47qui faisait
25:47les arbitrages ultimes.
25:49Roménéi,
25:49puis Roménéi père.
25:50Aujourd'hui,
25:51ça n'existe plus vraiment.
25:53Le fils Roménéi
25:54est visiblement
25:54assez incapacité.
25:56Il est lui-même,
25:57quelle que soit
25:57sa condition de santé,
25:59un homme des passe-darrants
26:00et il ne peut pas
26:01prendre les arbitrages.
26:03Donc si vous voulez,
26:04aujourd'hui,
26:05on est dans une situation
26:06qui est extrêmement complexe,
26:07quelle que soit,
26:08et ce pourquoi,
26:09on revient,
26:10et j'en ai fini là,
26:10à la première partie
26:11de la déclaration de Trump,
26:14que j'ai mise à l'envers,
26:15c'est-à-dire,
26:17eux considèrent,
26:18les Américains,
26:18en comptant,
26:19c'est-à-dire,
26:19de toute façon,
26:20ils sont aux abois
26:21et donc,
26:22ils vont tout nous céder.
26:23Ce n'est pas forcément
26:24la position de négociation
26:26dans la diplomatie,
26:27c'est plutôt ce qu'on dit
26:28dans le marché immobilier
26:29quand on veut obliger l'autre
26:30à vendre le terrain,
26:31mais ça,
26:31c'est leur manière de faire.
26:33Mais en tout cas,
26:33on voit bien qu'il y a
26:34une fenêtre là
26:35qui est en train
26:37de s'ouvrir,
26:37c'est celle du détroit d'Hormuz,
26:38comment ça va se passer
26:39dans le Syrien,
26:40étant entendu que
26:41la question de l'uranium,
26:44elle vient après.
26:45Alors exactement,
26:46j'allais dire,
26:47c'est le petit hic
26:48et c'est un euphémisme
26:49dans la proposition
26:51envoyée par les Iraniens
26:52à Washington,
26:53c'est,
26:53on veut la réouverture
26:55du détroit d'Hormuz,
26:56déjà,
26:56on vous fait payer,
26:58bon,
26:58pas sûr que les Américains acceptent,
27:00et en plus de ça,
27:01on remet le dossier nucléaire
27:03un petit peu plus tard.
27:04Vous souhaitiez ajouter
27:05quelque chose,
27:05Olivier ?
27:06Oui,
27:06parce que d'une part,
27:06il y aurait un plan
27:07en trois parties
27:08de la part des Iraniens
27:09dans le temps,
27:10avec la remise
27:11un peu plus tard
27:12du dossier nucléaire,
27:13c'est pas intéressant,
27:14d'où la visite aussi
27:15en Russie
27:16de la part d'Araschid,
27:17des infos étrangères
27:18qu'on voit ici,
27:18mais après,
27:19l'armée économique,
27:19elle est à double tranchant,
27:21tant du côté américain,
27:22et je suis d'accord
27:22avec Gilles Kepel,
27:23que du côté iranien.
27:25Les Pazdaran,
27:25qui sont au pouvoir,
27:26avec un régime dur,
27:28ultra conservateur,
27:29moins religieux que militaire,
27:32contrôlés,
27:32avant la guerre,
27:33du 28 février,
27:33à peu près 60%
27:34de l'économie iranienne.
27:35L'économie iranienne va très mal,
27:37on parle de 46% d'inflation
27:38en glissement
27:39sur le mois de mars,
27:40mais les prix
27:40de première nécessité
27:41sont en véritable inflation,
27:43en hyperinflation
27:44de 100% de ça,
27:44donc c'est la population
27:45qui souffre.
27:46Le régime beaucoup moins,
27:47même s'il y a
27:47des intérêts économiques
27:48de la part des Pazdaran.
27:50Après,
27:50c'est un régime
27:51qui a résisté
27:52pendant 8 ans
27:52à une guerre,
27:53qui était la guerre
27:54Iran-Irak
27:54de 1980 à 1988.
27:56Il y a une économie de guerre,
27:58même s'il n'y a plus
27:58ces banques
28:00qui étaient présentes,
28:00la SEDA, etc.,
28:01à Dubaï,
28:02tout a été coupé,
28:03mais il y a un système
28:03qu'on appelle la WALA,
28:04le système de compensation,
28:06une sorte de transfert
28:09par différents intermédiaires.
28:10Ça existe encore,
28:11ça soulage un peu
28:12l'économie des Pazdaran,
28:14du gouvernement en partie,
28:15mais pas la population,
28:16et donc chacun a gagné,
28:18a reprend les négociations
28:20après,
28:21dans cette histoire
28:21de déblocage,
28:22on va dire,
28:23des négociations,
28:24les Américains et les Iraniens
28:25ne veulent pas perdre la face.
28:26C'est qui est-ce
28:27qui peut sauver la face
28:28de soi-même,
28:29évidemment,
28:30et Trump le sait très bien.
28:31Après,
28:31il y a des dégâts politiques
28:33aussi du côté Trump,
28:34avec dans 5 mois maintenant,
28:366 mois,
28:36pardon,
28:37les mid-terms,
28:38et ça,
28:38ça peut le coûter très cher,
28:39effectivement.
28:39Donc il y a...
28:40Il y a une urgence
28:41à ce que tout ça
28:42se débloque quand même
28:43pour Donald Trump.
28:45Il y a des raisons différentes,
28:46c'est-à-dire,
28:46Trump voudrait que ça se développe
28:48le plus vite possible
28:49pour pouvoir faire en sorte
28:52de lancer la campagne
28:54pour les mid-terms
28:54en disant
28:55« j'ai gagné la guerre »
28:56et ne plus avoir
28:57la pression des anti-guerres
28:59à la fois dans le camp démocrate
29:00et dans le camp républicain
29:01qui sont contre lui.
29:02Et de l'autre côté,
29:04le pouvoir iranien
29:05veut avoir moins de pression
29:07mais également
29:08rester le plus boncérisé possible
29:10et tenir plus que Trump.
29:11Si vous voulez,
29:12c'est un équilibre pervers
29:14qui est en train
29:14aujourd'hui de se renverser.
29:15– J'ai plutôt une question
29:17pour vous.
29:19Est-ce que vous ne pensez pas
29:20que Poutine,
29:22qui se présente
29:22comme un indié de l'Iran,
29:24il a hier encore réaffirmé
29:27que le peuple russe
29:28était à côté du peuple iranien,
29:29etc., etc.,
29:30aurait été un concurrent direct
29:32de l'Iran
29:33et qu'il est très content
29:34de cette guerre
29:35parce que ça lui a permis
29:37quand même
29:38de casser les sanctions,
29:39ça lui a permis
29:40avec le même pétrole,
29:42presque de la même qualité
29:43que le pétrole iranien,
29:45qu'il peut se poser
29:46auprès des Chinois,
29:47Japonais,
29:48au Moyen du Sud,
29:49est-ce qu'il ne va pas
29:49en profiter, lui ?
29:51– Ça lui permet
29:52de fournir le pétrole
29:53à la Chine
29:53à la place de l'Iran.
29:55– Oui, alors là,
29:55ça c'était effectivement
29:56et ça les a enrichis
29:57puisqu'ils ont effectivement
29:58des sanctions,
30:00ce qui était en mer
30:01a été privé de sanctions,
30:03les sanctions ont été levées.
30:05Poutine a ramassé
30:06de l'argent du pétrole
30:08qu'il ne pouvait plus exporter.
30:10Alors, pour la Chine,
30:12on n'est pas complètement sûr
30:13que les Chinois
30:14aient envie de se mettre
30:15dans la main des Russes.
30:16Un peu de pétrole russe,
30:17oui, mais pas au point
30:18de dépendre des Chinois.
30:20D'autre part,
30:21ça a eu un effet curieux,
30:22c'est-à-dire que,
30:24vous avez vu que,
30:25donc,
30:26les Russes avaient utilisé
30:27des drones iraniens
30:29dans la guerre
30:30contre l'Ukraine.
30:30– Des drones Shahed.
30:31– Voilà, des drones Shahed.
30:32Les Ukrainiens ont développé
30:34des méthodes de lutte
30:36anti-drone à bon marché,
30:38alors qu'on a perdu
30:39du côté occidental
30:41des intercepteurs
30:42qui coûtaient des fortunes
30:43pour détruire des drones
30:45à quelques dizaines
30:46de milliers d'euros.
30:47Et Vladimir Zelensky
30:48est allé faire une tournée
30:49des pop-up
30:50dans les pays du Golfe
30:51en vendant,
30:52c'est ça ?
30:53– Deux tournées.
30:53– Deux tournées,
30:54en vendant,
30:54signant des accords de défense.
30:56Et tout ça,
30:56ce n'est pas terrible
30:57pour la Russie
30:58parce que la Russie
30:59était très liée
31:00aux pays du Golfe,
31:02dans le cadre de l'OPEC+.
31:03D'ailleurs,
31:04il y a quelque chose
31:05en train de se passer
31:05de ce point de vue-là
31:06puisque les Émirats Arabes Unis,
31:09qui sont le quatrième producteur
31:11en termes de réserve,
31:13quittent à partir du 1er mai
31:14l'OPEC.
31:15– Ils l'ont annoncé aujourd'hui.
31:17– Voilà,
31:17qu'il y a un certain nombre
31:18de tiraillements aujourd'hui
31:19à l'intérieur
31:21des pays du Golfe.
31:23L'Inde est responsable
31:24à l'intellectuel des Émirats,
31:28Anwar Gargache,
31:29ayant décidé
31:30que les réponses
31:31de la Ligue arabe à l'Iran
31:32avaient été trop faibles,
31:33celles du Golfe
31:33n'étaient pas tellement mieux
31:34et on voit bien
31:35que notamment
31:36à travers les rapports
31:37avec les accords d'Abraham,
31:39d'Israël, etc.,
31:40il y a une sorte
31:41de dissociation
31:42à l'intérieur
31:43des pays du Golfe.
31:44Aujourd'hui,
31:45un repositionnement
31:46est en train
31:46de se préparer,
31:48probablement dans la perspective
31:49anticipée par ces acteurs
31:50d'un déblocage
31:52du détroit d'Europe.
31:54– Je voulais quand même
31:56vous faire écouter
31:56ce que disent
31:57les autorités iraniennes,
31:59qui à la fois
32:00font des propositions
32:02aux Américains,
32:03il faut débloquer
32:04le détroit d'Ormuz,
32:05dans un second temps
32:05on s'occupera
32:06du dossier iranien
32:06et qui en même temps
32:07continuent de mettre
32:09nucléaires
32:10et qui dans le même temps
32:11continuent à mettre
32:11la pression
32:12et à se montrer
32:14pas tout à fait pacifiques
32:16en tout cas pour le moment
32:18envers les Américains.
32:19Écoutez ce qu'ils disent,
32:20ils parlent d'humilier
32:21les États-Unis,
32:22d'humilier Donald Trump.
32:23– Poursuivre les négociations
32:25en ce moment
32:26est tout à fait néfaste.
32:27Nous devons humilier
32:29l'Amérique.
32:30Grâce à ce cessez-le-feu,
32:31nous réapprovisionnons
32:32nos arsenaux
32:32plus efficacement qu'eux
32:34et je le dis ici
32:34au peuple iranien.
32:36Ils ont tellement
32:37de matériel
32:37qu'ils n'avaient pas besoin
32:38de la trêve.
32:39Nous en avions besoin
32:40en ce qui concerne
32:41nos missiles
32:42et d'autres questions.
32:43Nous devions améliorer
32:44notre état de préparation.
32:46– Humilier les États-Unis,
32:47qu'est-ce qu'ils entendent par là ?
32:48– Alors là,
32:49celui qui vient de parler,
32:50Mahmoud Nabhaviand,
32:50c'est un député
32:52qui est considéré
32:53comme un dur,
32:54quelqu'un qui est plutôt
32:55la ligne Paz-Daran
32:56et qui indique
32:58qu'à l'intérieur
32:59du pouvoir iranien,
33:01comme toujours,
33:02cohabitent à la fois
33:03ceux qui veulent négocier
33:04et ceux qui veulent taper.
33:07Ça a toujours été fait
33:09et c'était précisément
33:10une espèce de technique
33:12de good cop, bad cop,
33:13si vous voulez,
33:14qui fonctionnait
33:14tant qu'il y avait
33:17le guide suprême
33:18qui distribuait
33:19les bons points
33:20et qui laissaient parler
33:21les uns et les autres.
33:22Or, aujourd'hui,
33:23comme je l'ai dit tout à l'heure,
33:24il n'y a plus cet équilibre.
33:25C'est-à-dire que plutôt
33:26qu'un message aux États-Unis,
33:30je pense que ce qu'on vient
33:31d'entendre là,
33:31c'est un message
33:32aux négociateurs.
33:33C'est-à-dire,
33:34ils ne sont pas d'accord
33:35avec ceux qui sont partis,
33:37avec Akshi,
33:38qui est parti en Russie,
33:38qui est parti en Noman,
33:39vous voyez ?
33:40Et c'est un peu
33:41ce que dit
33:41ou ce que soulignent
33:43peut-être exagérément
33:44les États-Unis.
33:45– Ah, donc ça,
33:45c'est quand même
33:46l'illustration
33:50en tirait des conclusions
33:51immenses jusqu'alors,
33:52mais normalement,
33:53il n'y a pas
33:54deux expressions différentes
33:55qui se manifestent
33:57en même temps.
33:58Or, il y avait l'une
34:00puis l'autre.
34:00C'était une manière
34:01pour la direction iranienne,
34:03pour le guide suprême,
34:04de gérer des contradictions
34:06à l'intérieur
34:06et puis de manipuler
34:08les étrangers,
34:09les partenaires.
34:10Là, ce qui est frappant
34:11depuis une dizaine de jours,
34:13c'est que, par exemple,
34:14Araqchi déclare,
34:15on ouvre les déploies
34:16d'Ormuz tout à l'heure
34:17et les gardiens
34:18de la révolution disent
34:19non, non, non,
34:19c'était mal rédigé,
34:20oublié, on enlève ça.
34:21Et il va loin,
34:22nous ne considérons pas
34:23la guerre comme terminée,
34:24nous avons encore
34:25de nombreuses cartes en main
34:26que nous n'avons pas
34:27encore jouées.
34:29Voilà,
34:30on peut poursuivre
34:31cette guerre
34:31sur le long terme.
34:32Effectivement,
34:33ce n'est pas du tout
34:34le même discours.
34:36Voilà,
34:36et vous n'avez plus
34:38vraiment d'arbitre.
34:39C'est ça qui a,
34:40me semble-t-il,
34:41changé aujourd'hui
34:42jusqu'à ce qu'on voit
34:42le fils Ramenei
34:44en chair et en os
34:45et qu'il apparaisse
34:46comme s'imposant.
34:48Or, ça n'est pas le cas
34:49aujourd'hui.
34:49C'est ça qui est,
34:50me semble-t-il,
34:51en termes structurels,
34:53c'est l'une des différences
34:54avec la situation
34:55qui a précédé
34:57parce qu'on a été
34:58habitués à voir
34:59des présidents
35:00de la République iranien
35:01qui n'ont pas
35:02de rôle important
35:03par rapport au guide,
35:04quand le guide
35:04est vraiment guide,
35:05mais qui étaient
35:05plutôt ouverts,
35:07plutôt fermés,
35:08plutôt ouverts.
35:08C'est là qu'on allait en Iran,
35:09après il fallait partir,
35:10après il fallait être pris en attache.
35:11Là,
35:12j'ai l'impression
35:12que les choses
35:13ont un peu changé.
35:14Maintenant,
35:14on est dans la boule de cristal
35:16parce qu'on manque
35:17d'informations
35:19sur l'Iran,
35:20même le renseignement occidental
35:21est très démuni
35:22de ce point de vue-là.
35:23Mais c'est quand même
35:24quelque chose
35:24que Donald Trump
35:25aurait réussi
35:25à fracturer
35:27le sommet
35:28du régime iranien
35:31parce qu'on disait
35:32jusque-là
35:32qu'il a décapité le régime,
35:34la mort d'Ali Ramena
35:35n'a rien changé.
35:36Finalement,
35:36il y a peut-être
35:37quand même
35:37des dissensions,
35:38quelque chose
35:38qui a muté.
35:39Ça fait quand même
35:40deux mois
35:40que ça dure
35:41et même si
35:42les États-Unis
35:43ne sont pas arrivés
35:44à leur fin
35:44ni Israël
35:46comme ils espéraient
35:48le faire
35:48dès le premier jour,
35:50aujourd'hui,
35:51la situation
35:52en Iran
35:52est catastrophique
35:53en termes économiques.
35:55Est-ce que
35:55le régime iranien
35:57a la force de tenir ?
35:58Ils ont besoin
36:00d'argent frais
36:00pour faire vivre
36:02la population.
36:03Si
36:04le détroit d'Ahmus
36:06fermé
36:06par les Américains
36:07est un piège
36:08qui s'est refermé
36:09sur eux.
36:09C'est eux
36:10qui ont ouvert
36:10ce piège
36:12pour ruiner,
36:13penser,
36:13ruiner les États
36:14du Golfe,
36:15faire une pression
36:15sur l'économie mondiale
36:16qui conduirait
36:18les États-Unis
36:19à s'en aller,
36:20à dire c'est fini,
36:20on arrête.
36:21En fait,
36:22ils n'ont pas fait.
36:22Les États-Unis
36:23ont...
36:24Sur-enchéri.
36:24Ont sur-enchéri,
36:25effectivement.
36:26Voilà où nous en sommes
36:27aujourd'hui,
36:27chacun essayant
36:28à ce stade
36:30de sortir
36:32en disant
36:33à sa population
36:34les électeurs
36:35et les automobilistes
36:36américains
36:37d'un côté
36:37et la population
36:38iranienne de l'autre,
36:40on ne s'en est pas
36:41si mal sortis que ça.
36:43Aujourd'hui,
36:44l'Iran est quand même
36:44dans une situation
36:45qui est plus difficile
36:46que les États-Unis
36:47en général.
36:48Donald Trump
36:48n'est pas en bonne situation
36:49mais les États-Unis
36:51ne sont pas
36:51des...
36:53vraiment,
36:54une situation économique
36:55désastreuse.
36:56Donc,
36:56finalement,
36:57juste d'un mot,
36:58ça veut quand même dire,
36:58si je vous entends bien
36:59et je donne le micro
37:00Olivier Weber,
37:00ça veut quand même dire
37:02que l'Iran
37:03a le plus à perdre
37:04de la situation actuelle
37:06et de l'embourbement
37:07auquel on est en train
37:08d'assister.
37:09C'est la raison
37:09par laquelle
37:10Araqchi fait la tournée,
37:12fait la navette
37:12en Oman,
37:14en Russie,
37:15etc.
37:16essaie de trouver
37:17des alliés,
37:18de faire des ouvertures
37:20pour ne pas être
37:21tout seul
37:21dans la négociation
37:22face aux Américains.
37:23Je crois que c'est ça
37:24qui est en train
37:24de se jouer aujourd'hui.
37:25Olivier Godard.
37:26Il y a du flottement
37:27en cours,
37:27c'est certain.
37:27Donc,
37:28il n'y a plus
37:28de guide suprême.
37:29Mouchtaba Ramenei
37:30n'est pas en mesure
37:31d'assurer la guidance,
37:32comme on dit,
37:33l'Irchad,
37:33en persan.
37:35Je rappelle d'ailleurs
37:36qu'elle a été contestée
37:36auparavant
37:37par une partie
37:38du pouvoir religieux
37:38lorsque son père
37:39l'avait prédit
37:40comme successeur.
37:41c'était il y a 3-4 ans.
37:42On disait oui,
37:42mais il n'est pas Ayatollah.
37:43On l'a trouvé
37:44un titre d'Ayatollah
37:44au dernier moment,
37:45quelques semaines
37:46avant la guerre,
37:46par un journal
37:47officiel iranien.
37:48Donc,
37:48il y a du flottement.
37:49Il y a quoi ?
37:49Il y a des ajustements.
37:50Il y a le curseur
37:51militaro-religieux
37:52qui se déplace.
37:52Là, Nabhaviane,
37:53c'est un religieux,
37:55c'est un dur effectivement.
37:56Je ne dis pas
37:57que les Pazarins
37:57sont des laïcs,
37:58mais c'est plus
37:58l'aile militaire
37:59que l'aile religieuse
38:00qui est incarnée.
38:01Après,
38:01il y a une économie
38:02de guerre
38:02qui existe aussi en Iran
38:03et l'idée des Iraniens
38:05en multipliant
38:07ces contacts,
38:08c'est de faire pression
38:08sur les pays
38:09qui souffrent actuellement.
38:10Le Pakistan,
38:11qui a l'oreille
38:12des Etats-Unis.
38:13Le vrai homme fort
38:14du Pakistan,
38:14c'est le général
38:15maréchal Asim Mounir.
38:16C'est le premier maréchal,
38:17le deuxième maréchal
38:18de l'histoire du Pakistan.
38:19Le premier,
38:20c'est Ayooran.
38:21Et Trump dit
38:21c'est mon général préféré.
38:23Asim Mounir,
38:24il a donc l'oreille
38:26de Washington.
38:26Il a intérêt
38:27pour les raisons économiques
38:28dans un pays
38:28de 250 millions d'habitants
38:29qui souffrent actuellement
38:30de ce blocus pétrolier.
38:32Il a intérêt à négocier.
38:33La Chine également
38:34qui importe 70%
38:35de son pétrole,
38:36pas totalement du Golfe Persique,
38:37mais une bonne partie
38:38du Golfe Persique,
38:38Arbo-Persique,
38:39a intérêt aussi
38:40à pousser la négociation.
38:41Et les Iraniens,
38:42donc,
38:42ils ont une autre arme.
38:43Il y a les communes de guerre,
38:45il y a les retombées,
38:47on va dire,
38:47économiques sur le prix du gallon,
38:49le prix du gallon aux Etats-Unis.
38:50Et ce sont d'ailleurs
38:51les Etats plutôt pro-Trump
38:52qui sont impactés.
38:53Pourquoi ?
38:54Parce que contrairement
38:54aux Etats démocrates,
38:55il n'y a pratiquement
38:59le prix du gallon,
38:59les 4 litres d'essence,
39:00etc.
39:01La troisième arme,
39:02c'est le temps,
39:03le temps long.
39:04Et là,
39:04j'ai l'impression,
39:04je peux me tromper,
39:05que les Iraniens jouent sur le temps
39:06et ça,
39:06c'est évidemment typiquement persant.
39:08Le temps politique persant
39:09est un temps long.
39:10Ça ne joue pas en faveur
39:11des Américains
39:11et je pense que chacun
39:12va essayer de trouver
39:13une porte de sortie
39:14pour négocier honorablement.
39:16Oui,
39:16ils jouent sur le temps,
39:17mais est-ce qu'ils en ont
39:18réellement les moyens ?
39:19C'est tout.
39:19Oui,
39:20parce que dans la négociation,
39:21typiquement,
39:22on oppose les immobiliaristes
39:24du côté américain
39:25qui sont pressés
39:26de faire le deal
39:26et de l'autre côté,
39:28les Iraniens
39:29qui jouent aux échecs
39:30et qui font la négociation
39:32sur le nucléaire
39:33en 2015.
39:34Ça avait pris
39:35un temps énorme.
39:36Les Iraniens
39:37renégocient tout,
39:38vérifient tout.
39:39Là,
39:40on n'était pas
39:41sous la même pression.
39:42C'est-à-dire que là,
39:43il y a cette pression
39:44d'Hormuz
39:44qui fait que
39:45les deux adversaires
39:48se sont pris
39:49réciproquement
39:50dans un piège
39:51pour des raisons diverses
39:52dont ils ont intérêt
39:53à sortir.
39:55Mais il ne faut pas
39:55que la sortie
39:58apparaisse pour l'un
39:59et une victoire de l'autre.
40:00Et c'est toute la difficulté
40:01de cette situation aujourd'hui.
40:03Et petite question,
40:04s'ils ouvrent Hormuz
40:06et les Américains
40:07enlèvent le blocus,
40:08du coup,
40:09ils perdent aussi
40:10le moyen de pression
40:10les uns sur les autres.
40:11Et donc,
40:12c'est paradoxal
40:12parce qu'en fait,
40:13ils ont besoin
40:14de...
40:15Les Iraniens ont besoin
40:16de pétrole qui circule
40:17et de l'argent qui rentre.
40:19Les Américains
40:19ont aussi besoin
40:21de bloquer tout ça.
40:22Et en même temps,
40:23c'est la carte,
40:25comme dit Trump,
40:26c'est la carte de pression
40:27les uns et les autres.
40:28– Oui, mais Hormuz,
40:29c'est le début de la négociation.
40:30C'est ce qui va permettre
40:31d'ouvrir la négociation
40:32qui ensuite va,
40:34en principe,
40:35aller jusqu'au nucléaire.
40:36après, on va voir
40:37jusqu'où ça va aller.
40:39Mais on n'y est pas rendu.
40:41Mais pour Hormuz,
40:43c'est la chose
40:44qui préoccupe le plus,
40:45l'économie mondiale.
40:47L'économie mondiale,
40:48la pénurie de pétrole
40:50ou de gaz
40:51en Afrique,
40:51en Chine,
40:52l'augmentation du prix
40:53à la pompe,
40:54ce n'est pas lié
40:54aux 450 ou 440 millions.
40:56– Oui, mais alors,
40:56on a quand même du mal,
40:57est-ce que finalement,
40:59on a du mal à imaginer
41:00Donald Trump
41:02mettre fin à cette guerre
41:03sans emporter trophée
41:04sur la question du nucléaire ?
41:05Il en a fait un des piliers,
41:07un des objectifs,
41:09même s'ils ne sont pas très clairs,
41:10un des objectifs de cette guerre.
41:12Qu'est-ce qu'il va essayer de faire ?
41:13On a du mal à voir
41:14comment ils vont trouver
41:15un accord là-dessus.
41:15Il y en a un qui demande
41:16la suspension
41:17de l'enrichissement de l'uranium
41:19pendant 5 ans,
41:20ça c'est les Iraniens.
41:21Eux, les Américains demandent 20 ans.
41:23Il y a la question
41:23des 450 kg d'uranium enrichi
41:26enfouis,
41:26on ne sait pas
41:27ce qu'ils vont en faire.
41:28Quel peut-être
41:29le trophée de Donald Trump
41:30sur cette question-là
41:31du nucléaire ?
41:32Est-ce qu'il lui permettrait
41:33de dire à sa population
41:34« Voilà ce que j'ai obtenu
41:36après 2-3 mois de guerre ? »
41:37– Dans un premier temps,
41:39il faut déjà qu'il dise
41:40qu'il ne fait plus la guerre.
41:41Parce que vous avez
41:42une opposition à la guerre
41:44qui est très forte,
41:45y compris dans l'électorat
41:47à ma garde aujourd'hui.
41:48Et ça,
41:49il ne peut pas se présenter
41:51aux élections
41:52avec une situation
41:53de belligérance
41:55même s'il n'y a plus
41:56d'échanges militaires.
41:59Qu'il puisse résoudre
42:01la question du nucléaire iranien
42:02d'ici les mid-terms,
42:05ça serait vraiment
42:06très étonnant.
42:07Et personne ne peut
42:09lui demander de faire ça.
42:11Même si son opposition
42:13va dire que cette guerre
42:14n'a servi à rien,
42:15etc.
42:16Si j'ose dire,
42:17c'est de bonnes guerres.
42:18mais je ne vois pas trop
42:21ce qu'il peut donner d'autre
42:22que rétablir l'économie mondiale.
42:25Parce que c'est ça
42:25qui pose aujourd'hui
42:26le problème le plus préoccupant.
42:29– Oui, sauf que c'est lui
42:30qui l'a complètement…
42:33L'économie mondiale,
42:34elle allait plutôt pas mal
42:35avant qu'il décide d'intervenir.
42:37Il ne fait que rétablir
42:38ce qu'il a lui-même cassé.
42:39– Voilà, il y a cette dimension.
42:40Il y a aussi l'autre front
42:41dont on n'a pas parlé jusqu'alors
42:43qui fonctionne en synchronie.
42:45C'est le front israélo-libanais.
42:49Puisque l'Iran, aujourd'hui,
42:52n'attaque plus directement Israël.
42:53Mais quand le Hezbollah
42:55tire des missiles sur Israël
42:57ou tire des roquettes
42:59sur le nord d'Israël,
43:00sur Kiryat Shmoné, etc.,
43:01cette évidence,
43:02ça ne se fait pas indépendamment.
43:04Ça veut dire qu'une partie
43:06de l'establishment des Pastarans
43:07disent de le faire
43:08avec les bavures, entre guillemets,
43:10comme par exemple
43:11quand des soldats français
43:13ont été tués de la finule,
43:16ont été tués par tous
43:18les officiers français
43:19dont on déplore le décès.
43:20et qu'on a célébré l'hommage
43:24récemment militaire,
43:26ont été tués par des gens
43:28du Hezbollah au Liban.
43:30Alors, le Hezbollah dit
43:30« ce n'est pas nous »,
43:31mais ça veut dire…
43:32Enfin, on n'a pas fait exprès,
43:33enfin, ils sont confus.
43:34Ça signifie aussi
43:35qu'il y a quelque chose
43:36dans la chaîne de commandement
43:37des Pastarans,
43:38des gardiens de l'évolution
43:39vers le Hezbollah
43:40qui n'est pas complètement
43:41assumé et fonctionnel.
43:42Vous voyez, ça,
43:42ça va un peu dans le sens
43:44que les Iraniens
43:47ne contrôlent plus complètement
43:48leur système.
43:50Merci beaucoup.
43:51Merci, Gilles Kepel,
43:52pour vos éclairages.
43:53Merci, Olivier Weber
43:54et merci,
43:55Sergei Girneau.
43:56Sous-titrage Société Radio-Canada
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