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  • il y a 11 mois
Direction la Normandie et Mondeville à la rencontre des salariés de Valeo, en grève depuis lundi. Leur usine, spécialisée dans les équipements automobiles, va être rachetée par un fond d'investissement chinois à la fin de l'année, sans aucune garantie sur le maintien des emplois. Les salariés sont inquiets et l'instabilité politique les plonge encore plus dans l'incertitude. Reportage signé Gautier Delhon-Bugard pour RTL.
Regardez RTL Événement avec Gautier Delhon-Bugard du 10 septembre 2025.

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Transcription
00:00RTL événement
00:02Et nous poursuivons notre tour de France à votre écoute parce que vous avez des choses à dire, des inquiétudes à faire remonter.
00:08Lundi, nous étions dans le Jura, hier dans le Nord, près d'Arras.
00:12Et bien ce matin, nous avons décidé, et c'est notre événement sur RTL, d'aller à Monteville, dans le Calvados.
00:18Bonjour Gauthier Delon-Bugard.
00:19Bonjour Thomas, bonjour à tous.
00:20Si vous avez choisi Monteville ce matin, Gauthier, c'est parce qu'on y trouve une usine Valeo, en grève depuis lundi,
00:25qui doit être reprise par un fonds chinois.
00:28Et Gauthier, les salariés n'ont reçu aucune garantie sur le maintien des emplois.
00:32Ils sont donc très inquiets pour leur avenir.
00:34Quelques bûchettes prêtes à être enflammées forment un petit tas à l'entrée du site.
00:39Deux barnum blancs sont installés, une enceinte, avec des tubes des années 80, du coca et de quoi manger pour la journée.
00:45Ici, pas de blocage.
00:46Les camions entrent et sortent, les modes d'action diffèrent, mais les grévistes...
00:49Alors oui, oui, c'est un mouvement qu'on soutient.
00:52...soutiennent tout de même le mouvement Bloquons-Tout.
00:54Évidemment que je m'inscris aussi dans ce mouvement.
00:55Malheureusement, on ne se fait entendre que par des gros coups de poing sur la table.
01:00Ce mouvement national est le reflet de la colère de ces salariés qui luttent contre, disent-ils, le risque de casse sociale.
01:06José est assis sur une chaise en plastique sous le barnum, une barbe poivre et sel, quelques rites discrètes au coin des yeux.
01:12Cet ouvrier a 40 ans d'ancienneté.
01:14Aujourd'hui, on est en colère parce qu'effectivement, on ne sait pas notre avenir.
01:17Donc on est en session, là, on va être vendus.
01:19On ne sait pas quel est leur projet industriel, on ne sait pas ce qu'on va devenir en fin de compte, si on va être licencié.
01:25Valeo propose une prime de rachat de 2000 euros aux 194 salariés.
01:29Des miettes qui ne calmeront pas notre colère, disent les grévistes.
01:32Gauthier en entend l'inquiétude de ces salariés qui ont peur de perdre leur job.
01:36Une inquiétude qui est amplifiée par l'instabilité politique.
01:39Oui, pas de budget, des investisseurs frileux.
01:41Cela risque d'avoir des conséquences, d'après Laurence, 20 ans d'expérience au sein du service logistique.
01:46Après, pour l'avenir, oui, avec le rachat.
01:48Est-ce que ceux qui vont racheter, si dans un an ça ne va pas, ou même avant, dans quelles conditions, qu'est-ce qu'on va devenir ?
01:55C'est beaucoup de questions.
01:56Cette incertitude globale, elle vous inquiète ?
01:58Elle inquiète tout le monde.
01:59Nous, on dit ici qu'au niveau de l'usine, on a un ras-le-bol général, mais la France a un ras-le-bol général.
02:03Tous ces sujets-là, bien entendu, tout le monde est inquiet.
02:05Moi, je suis à deux ans de la retraite.
02:06Bien sûr qu'on craint pour notre retraite.
02:07C'est instable, quoi.
02:08On ne sait pas si demain, une retraite, elle va être au rabais et qu'on se retrouve avec trois foyers, quoi.
02:16S'attaquer à vos 1900 euros, ça risque d'être compliqué ?
02:18On ne pourra plus vivre.
02:19J'ai ma maison qui est payée, mais c'est pour mes enfants aussi que je crains.
02:21S'ils commencent à nous taxer sur notre retraite, on ne pourra plus aider nos enfants.
02:25Bon, mais comment sortir de l'impasse ?
02:27Que vous disent ces salariés Gauthier ?
02:29Eh bien, les débats sont animés.
02:30L'expérimenté José prend la parole en premier.
02:32Le problème qu'il y a aujourd'hui en France, trop de social aussi.
02:35Toujours les ouvriers, malheureusement, un peu comme moi, la classe moyenne,
02:38qui paye aussi pour tous les gens qui, malheureusement, ne font rien.
02:41Problème d'immigration, évidemment.
02:42Des salaires plus élevés, de façon à la qu'on puisse vivre dignement.
02:45Pour vous, qui doit être au pouvoir pour justement mener cette politique ?
02:47L'extrême droite, hein. Essayons, on verra.
02:50Virer Macron de sa chaise, il n'a rien fait.
02:52Dix ans qu'il est là, le gars.
02:53À part nous enlever la taxe d'habitation, qu'est-ce qu'il a fait de beau ?
02:55Alors moi, très clairement, surtout, surtout pas.
02:58Rassemblement national.
02:59Denis Bréant, syndicaliste CGT.
03:01Alors effectivement, ils présentent bien, ils ont un beau discours,
03:05mais les racines, elles sont toujours très profondes.
03:07Maintenant, ce n'est pas d'un homme ou d'une femme dont on a besoin,
03:10c'est d'une stratégie industrielle.
03:12Un projet pour endiguer l'effondrement de l'industrie dans la région.
03:16Le parking voisin sera bientôt vide.
03:18L'usine Bosch, qui a embauché autrefois 1200 personnes,
03:21ferme ses portes dans quelques mois.
03:22Gauthier de Longbugar à Monteville, dans le Calvado ce matin.
03:25Demain, quatrième étape, on ira en région Rhône-Alpes.
03:29Notre correspondant, Raphaël Vantard, sera avec cette fois des professionnels.
03:32du B2B.
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