00:00En agence.
00:01RTL Matin
00:03A 7h18, l'édito d'RTL Matin avec Étienne Jernel, directeur Dupont.
00:06Un président devrait-il dire ça ?
00:08Donc devrait-il utiliser des mots comme maboule ?
00:11En l'occurrence celui qu'a employé Emmanuel Macron hier en déplacement dans un hôpital de l'Ariège.
00:15Il s'est agacé, le chef de l'État, que les médecins étrangers ne puissent pas facilement exercer chez nous.
00:20Et il a donc critiqué tous les maboules qui veulent, et je le cite encore, se fâcher avec l'Algérie.
00:25Ah c'est la rechute Thomas, les petites phrases.
00:28Déjà, il mélange tout Emmanuel Macron, faciliter le recours aux médecins étrangers.
00:33Mais bien sûr, il a raison, les Algériens comme les autres d'ailleurs.
00:37Mais réduire à ce sujet-là nos relations avec l'Algérie, qui sont très complexes, c'est un peu court.
00:44Alors Emmanuel Macron a une divergence de fond, avec par exemple Bruno Retailleau,
00:49qui prône une attitude beaucoup plus dure avec l'Algérie.
00:52Tout ça se discute, il y a des arguments.
00:54Mais maboule, franchement maboule.
00:56Alors que l'Algérie détient arbitrairement depuis 11 mois le journaliste Christophe Glaze,
01:02et que l'écrivain Kamel Daoud vient d'y être condamné à 3 ans de prison sur le fondement d
01:06'une loi de censure inique.
01:08Et bien c'est prendre le risque de mettre dans le même sac des maboules,
01:12tous ceux qui ont de bonnes raisons de s'indigner de ce que fait le régime d'Algérie.
01:17Alors, plus tard dans la soirée, Emmanuel Macron a nié, visé qui que ce soit, et baissé d'un ton.
01:23Sauf qu'il n'aurait pas dû employer ces mots.
01:25C'est un retour à la caisse d'épargne.
01:27Vous voulez parler, j'imagine, de ces petites phrases, de son début de premier mandat notamment,
01:31« Traverser la rue pour trouver un job », etc.
01:34Exactement, vous vous souvenez aussi des Gaulois réfractaires au changement,
01:37ou des gens qui ne sont rien, il y en a eu beaucoup.
01:41Ça ne veut pas dire que sur le fond, il a tort à chaque fois.
01:43Vous vous souvenez sur l'affaire de cet homme à qui il avait dit « Je traverse la rue et
01:48je vous trouve à un travail ».
01:49Ce qu'il disait n'était pas dénué de sens.
01:51Oui, il y a des raisons de renforcer l'incitation à prendre un emploi.
01:55Mais on ne parle pas comme ça quand on est président.
01:59Mais est-ce que ce n'est pas aussi un trait de l'époque ?
02:02On voit ça dans les débats, on voit ça dans les médias, cette virulence du débat.
02:05Sans doute aussi.
02:06Alors on ne sait pas exactement ce qui relève de la trumpisation de la conversation
02:10ou de l'effet grossissant des réseaux sociaux.
02:14Il n'empêche, ce genre de mots, Maboul, ne flatte pas la tempérance et le sang-froid
02:19qu'Emmanuel Macron prétend incarner sur la question des relations avec l'Algérie.
02:23Il reproche à ses contradicteurs de rouler des mécaniques
02:26et de ne pas bien comprendre comment marche la diplomatie.
02:30Pourquoi pas ?
02:30Sauf que le mot Maboul ne figure peut-être pas dans le manuel du parfait diplomate.
02:35On pense à cette saillie de Francis Blanche que je vous livre.
02:39Le premier qui dit que j'ai mauvais caractère, c'est ma main dans la figure.
02:43Merci beaucoup Etienne Jernel.
02:45On vous retrouvera évidemment demain matin.
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