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  • il y a 5 jours
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Télématin reçoit Nathalie Saint-Cricq, éditorialiste à France TV.

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Transcription
00:00Bonjour Nathalie, on vous connaît comme éditorialiste politique, vous suivez la politique, les différentes élections depuis de nombreuses années.
00:06Mais aujourd'hui, nous vous recevons comme romancière, votre troisième roman qui est passionnant, La Petite Mère.
00:12Voilà, il est ici. Eh bien, il vient d'être publié. C'est une histoire qui est basée sur des
00:17faits réels, un fait divers.
00:18Alors, on va en parler dans un instant et ne doutez pas du tout du plaisir que nous avons à
00:22vous recevoir.
00:23Mais on s'interroge quand même, comment est-ce qu'on passe d'éditorialiste politique à autrice de Polar ?
00:30C'est quoi le chemin psychologique ?
00:31Le chemin, c'est d'abord que j'ai toujours été passionnée par les faits divers.
00:34Et là, c'est pour moi plus qu'un fait divers, parce que c'est presque un fait de société,
00:37parce qu'on rentre dans une petite ville de province.
00:40N'y voyez aucun mépris, j'en viens. À côté de Bourges, avec un certain nombre de pressions de certaines
00:45familles sur ce couple.
00:47Et ça commence par un infanticide, ce qui n'est pas forcément la chose la plus joyeuse.
00:51Mais après, on va creuser un peu des phénomènes psychologiques d'emprise, de séduction, de rivalité.
00:57Et pour répondre vraiment à la question, la politique m'a légèrement fatiguée au bout d'un moment, vous voyez.
01:01Donc, j'avais besoin de me changer un peu les idées et d'essayer de la changer aux gens aussi.
01:05Donc, c'est ça, vous dites effectivement que c'est une histoire d'infanticide.
01:09Donc, c'est l'histoire d'une jeune mère qui a été sauvée de la prison par un avocat.
01:13Elle est accusée d'avoir regardé son compagnon enterré vivant.
01:16Ça aurait été complice en compte d'avoir laissé faire.
01:18Voilà. Et 20 ans plus tard, cette femme, elle cherche à revoir cet avocat.
01:22Qu'est-ce qui, vous, vous a touché dans cette affaire ?
01:25Alors, ce qui m'a touché, c'est comment on peut avoir une forme de culpabilité,
01:28même si on n'est pas directement auteur d'un crime.
01:30Et comment, pendant tout ce temps, cette femme qui était une toute petite jeune femme,
01:35toute frêle, toute mignonne et toute, comment dire, pas du tout à quelqu'un ni de cruelle,
01:41ni de diabolique, ni de rien.
01:43Comment cette femme, malgré tout, est rongée par une forme de culpabilité et de remords.
01:47Et comment elle va essayer de revenir, non pas sur les lieux du crime,
01:50mais sur l'époque du crime et sur les protagonistes de cette affaire.
01:55Et comment il va se renouer une relation entre cet avocat qui a 50-60 ans,
01:59qui part à la retraite et qui est un peu dépressif, il faut dire la vérité,
02:02et elle qui revient et qui lui redonne un petit coup de jeûne, un petit coup d'oxygène,
02:06parce qu'elle est, ça lui rappelle son passé, et qu'ils ont eu des relations qui n'étaient non
02:10pas troubles,
02:10mais qui étaient très intenses puisqu'il a réussi à la sauver de la prison.
02:13Il y a évidemment beaucoup de choses dans ce roman, une forme de manipulation, de la vengeance,
02:18ces mensonges auxquels on choisit de croire.
02:22Et tout est là, c'est-à-dire qu'en réalité, le mensonge, il est construit,
02:27c'est une narration construite à laquelle on décide d'adhérer.
02:30Mais je pense qu'on décide et on ne peut pas faire autrement.
02:32Quand je faisais une émission dans le temps, sur la jeunesse des gens,
02:35je me rendais compte qu'ils me racontaient beaucoup de salades.
02:37C'est-à-dire qu'en gros, si on se demande tous, on a une façon de se remémorer
02:41nos premières années, notre jeunesse, et puis quelquefois, pour pouvoir tenir,
02:45quand il y a des choses difficiles, on arrange, ce qui explique le déni.
02:48Parce que le déni, c'est qu'on ne veut pas voir, on s'invente une autre histoire.
02:51Et on se rend compte que très souvent, sur les parents, sur les premières expériences,
02:55sur tout ça, on essaie d'échafauder quelque chose qui est vivable.
03:00Parce qu'autrement, si on regardait tout en face, il y a des moments où on aurait des difficultés.
03:03Donc je pense que c'est un phénomène, je ne suis pas un psychanalyste,
03:05mais je pense que c'est un phénomène assez normal.
03:07Et là, j'ai essayé de creuser les caractères, mais les caractères aussi à côté,
03:11des parents, de la famille, pour essayer de voir un peu comment chacun se cramponne
03:15à sa vérité, qui n'est pas forcément la vérité.
03:18Il y a la notion d'emprise que vous évoquiez il y a quelques instants,
03:21c'est vrai qu'on n'en parlait pas autant, il y a 20 ans.
03:23Non, on appelait ça différemment, et pourtant c'est qu'un phénomène qui est rémanent.
03:27Et savoir comment quelqu'un, puisqu'il y a eu le problème de lui,
03:30on l'accuse d'avoir tué le bébé, elle, on l'accuse d'avoir pas bougé, d'être complice.
03:34Et tu as toute une réflexion autour du qui est l'auteur, qui est le cerveau.
03:39Est-ce que le fait d'être complice peut se justifier au nom d'une emprise
03:42et à un côté, j'ai été paralysé, j'ai pas pu réagir, c'était trop compliqué pour moi.
03:47Donc il y a toute cette histoire, on disait, quel est véritablement l'auteur d'un crime ?
03:51Est-ce que c'est lui qui l'a pensé, celui qui l'a laissé faire ou celui qui l
03:54'a commis ?
03:54On a dit que cette histoire était tirée d'une histoire vraie.
03:58Comment est-ce qu'on réussit ?
03:59Quand on est journaliste et qu'on a la vérité chevillée au corps,
04:04comment on fait pour s'affranchir des faits et du fait divers originels ?
04:08On s'en affranchit d'abord par nécessité,
04:10pour que les gens qui sont encore vivants ne subissent pas des dommages
04:14au nom du droit à l'oublier.
04:16Ensuite, parce que j'ai une forte tendance à imaginer,
04:18c'est-à-dire que quand je parle d'un personnage,
04:20j'essaie de regarder comment il est habillé,
04:21comme s'il est grand, s'il est petit, quel parfum il porte,
04:25est-ce qu'il a les yeux bleus, est-ce qu'il a des coups de barre ?
04:28Donc j'essaie de... Il faut que je l'aie devant moi, si vous voulez,
04:31ou dans ma pauvre tête.
04:33Donc on s'en franchit assez facilement de la vérité.
04:35Et puis j'ai beaucoup fréquenté des gens qui ont connu directement la vérité.
04:40Cette histoire m'a été racontée par le fameux avocat,
04:42qui est mon deuxième héros, et j'ai rencontré des protagonistes.
04:47Suffisamment pour qu'on me donne quelques éléments.
04:49Et je les ai imaginés, est-ce qu'ils sont pauvres, est-ce qu'ils sont riches,
04:51est-ce qu'ils ont des facilités, comment...
04:53Voilà. Et les photos de l'époque, parce que ça se passe
04:55dans une petite ville de province, à Bourges, il y a quelque temps.
04:59Donc qu'est-ce qu'il y a de la musique qu'on écoute ?
05:01Comment on se maquille ? Est-ce que c'est des jeans à patte d'ef ?
05:03Enfin, on va essayer un petit peu de voir comment les choses se passent.
05:07Est-ce que vous voyez un petit peu un lien entre la politique et les faits divers ?
05:10Vous faites un lien entre les deux matières ?
05:11Non, je dois le dire, c'est pour ça que j'ai choisi les faits divers.
05:14Parce que moi, je trouve ça plus passionnant.
05:17Il y a plus de rebondissements, encore, que dans la vie politique.
05:20Et là, j'ai des personnages, à mon avis, qui sont très très denses.
05:22Ça arrive en politique aussi, mais pas systématiquement.
05:24Bien sûr.
05:25Ceux qui vous connaissent savent que vous êtes drôles au quotidien.
05:28Ce livre ne l'est pas forcément.
05:30Mais on retrouve quand même.
05:31Mais on retrouve quand même, évidemment, votre patte.
05:34C'est l'expression d'une noirceur.
05:35Il l'a défendu, il l'a cru.
05:37Avait-il tort ?
05:38Eh bien, vous le saurez.
05:38En lisant ce roman, La Petite Mère, aux éditions de l'Observatoire.
05:43Merci, Nathalie.
05:44Merci à vous.
05:44D'être venue nous en parler.
05:46Ça parle de la fabrication du vrai.
05:48Bref, c'est passionnant.
05:49Courez en librairie, l'achetez.
05:50Merci à vous.
05:51Que faisiez-vous, tiens, le 25 avril 1987 ?
05:54Vous vous en souvenez ou pas ?
05:55Bien sûr.
05:57J'étais honnêtement, vous saviez, vous veniez de naître.
06:00Je n'avais pas fait qu'il y ait une bonne fée sur votre berceau.
06:03Cette question, en tous les cas, Marjorie Adelson se l'est posée, figurez-vous.
06:06Elle a la réponse en archive.
06:07Et oui, si je vous dis, Rosa, Rosa, Rosam, ce n'est pas une incantation magique, mais bien du latin.
06:12Nathalie Saint-Claude, d'ailleurs, vous avez fait du latin ?
06:13Oh oui.
06:14Et alors, c'est un bon ou un mauvais souvenir ?
06:16Très bon.
06:16Très bon souvenir ?
06:17Enfin, très bon.
06:18Là, je sens que c'est un peu plus mauvais.
06:20En version, oui, c'est-à-dire d'aller du latin au français, en thème un peu moins,
06:24et puis surtout ma prof de latin, encore moins, et à un zéro.
06:27Et j'ai été virée parce que sur oscanis, j'ai traduit l'os du chien, alors que c'était
06:32la bouche du chien.
06:34Et j'ai donné toutes les solutions à toute la classe, donc on a tous été dégagés.
06:37On a tous été virés.
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