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Jean-Pierre Favennec, consultant en énergie et spécialiste du pétrole, sur l’inquiétude et la colère des Français face à l’augmentation du prix du carburant : «L’augmentation que nous connaissons est faite pour durer».

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Transcription
00:00Ça va durer, me semble-t-il. Est-ce que vous partagez ce ressenti et le ressenti des Français ?
00:07Il est à peu près clair que l'augmentation que nous connaissons,
00:12l'augmentation qui est quand même très sensible, 20-30 centimes pour l'essence,
00:1630-40-50 centimes pour le gazole, elle est faite pour durer.
00:19Elle est faite pour durer pour deux raisons.
00:20D'abord parce que tout simplement, dans les deux cas, nous avons, j'essaie de l'expliciter,
00:26il y a donc l'augmentation du prix du pétrole.
00:27Donc tant que le détroit d'Ormouz reste bloqué, le prix du pétrole va rester à un niveau élevé.
00:33Il pourrait même encore augmenter parce que plus ça va durer, plus il y aura des tensions
00:37et donc plus on risque d'avoir un prix du pétrole qui grimpe encore au-delà des 105-110 où
00:41il est actuellement.
00:42Et puis il y a une deuxième chose, c'est qu'il y a également des tensions tout simplement sur
00:46les produits.
00:46Les produits pétroliers, le pétrole, on le met dans une raffinerie, on en sort des produits
00:50et certains produits font l'objet d'une demande très importante.
00:53Il en manque parce que les raffineries qui sont situées dans le golfe Persique ne peuvent plus exporter leurs produits.
01:01Donc on a la même situation pour le pétrole.
01:03Manque d'exportation de pétrole brut, manque d'exportation de produits finis.
01:06Et comme vous l'avez certainement vu, on a par exemple le cas du kérosène,
01:11c'est-à-dire du carburéacteur pour les avions,
01:12qui est passé de 800 ou 900 dollars la tonne, ce qui était le prix avant les événements,
01:18qui est maintenant à de l'ordre de 1800 dollars la tonne.
01:20Donc on a une tension très forte, ce qui fait qu'on a une double augmentation,
01:24augmentation du prix du pétrole et augmentation, je dirais, de la marge
01:28qui permet d'aller du prix du pétrole aux produits pétroliers.
01:32Et donc on a une situation, disons, très tendue dans les deux cas.
01:35Jean-Pierre Favénèque, on a décidé dans cette édition un peu spéciale,
01:39puisqu'on a envie d'être au plus près des Français.
01:42Qu'est-ce que vous avez envie de dire ?
01:43Qu'est-ce que vous pouvez dire aux Français qui nous regardent ?
01:46Ce n'est pas très rassurant lorsqu'on vous écoute, et malheureusement c'est le constat,
01:50c'est la situation, on ne peut pas dire autre chose,
01:52mais qu'est-ce que vous pouvez dire aux Français ?
01:55Écoutez, ma position, qui n'est pas forcément évidemment celle de tout le monde,
01:59ma position c'est qu'effectivement on est dans une situation difficile,
02:04donc il est peu probable, compte tenu de la situation, que les prix baissent rapidement.
02:09Alors on peut espérer que, on a l'impression qu'il va y avoir un nouveau round de dégociation
02:15entre les Iraniens et les Américains,
02:18et que ça puisse déboucher cette fois-ci réellement sur l'ouverture du détroit d'Ormousse.
02:22Il est certain que si dans trois jours on nous annonce la baisse,
02:25l'ouverture du détroit d'Ormousse, automatiquement les prix du pétrole vont baisser,
02:28les prix des produits pétroliers aussi,
02:30et on va revenir non pas vers le prix qu'il y avait avant le 28 février,
02:34mais à des prix beaucoup plus raisonnables.
02:36Donc pour le moment, il faut, la seule chose que l'on puisse faire dans l'immédiat,
02:41dans la mesure où, si je prends une comparaison avec ce qui s'est passé au moment de la crise
02:45des gilets jaunes,
02:45là c'est une augmentation des taxes qui avait provoqué l'augmentation du prix
02:49et déclenché la colère d'une partie de la population.
02:52Là, malheureusement, nous sommes face à une situation internationale.
02:56On peut discuter, comme le fait actuellement le gouvernement,
02:58sur le contrôle des marges des distributeurs,
03:00mais la marge importante actuellement,
03:05ce que j'appellerais la marge de raffinage,
03:07l'écart de valeur entre le prix du brut et le prix des produits pétroliers.
03:11Cette phase de marge est très importante,
03:12et là encore, nous ne la contrôlons pas,
03:14parce que le marché des produits, comme le marché du brut,
03:17est un marché international,
03:18donc on n'a pas la possibilité d'intervenir là-dessus.
03:21Donc nous sommes obligés de faire actuellement avec un prix relativement élevé.
03:26Le gouvernement fait des efforts pour essayer de modérer les augmentations,
03:30mais ces efforts n'auront qu'un effet assez limité.
03:33Donc la recommandation, c'est d'économiser,
03:36mais maintenant, si je m'adresse à l'infirmière qui est dans le Massif central ou dans le Morbihan,
03:42ou bien au transporteur routier qui consomme des dizaines de litres par jour,
03:46ça ne va pas du tout l'amuser.
03:48Donc je crois qu'il faut essayer d'adopter évidemment des conduites un peu plus respectueuses.
03:52On ne va pas totalement résoudre le problème.
03:54Merci.
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