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00:03De l'antiquité à nos jours, on rapporte plusieurs cas d'un phénomène étrange.
00:07Des corps humains réduits en cendres qui auraient pris feu soudainement.
00:11Sans explication. C'est ce qu'on appelle la combustion humaine spontanée.
00:15Jadis on pensait que le feu du démon dévorait le corps des alcooliques et des êtres immoraux.
00:20Ce mystérieux feu consomme ses victimes sans que le décor qui les entoure ne s'enflamme.
00:26Pourquoi un corps détruit par le feu ne propage pas la combustion aux organes combustibles comme du papier,
00:35qui est donc quelque chose de fragile, qui se trouve à proximité ? Là on ne comprend pas.
00:40Alors que dans une combustion classique, je vous prie de croire qu'un journal froissé à 50 cm d'un
00:45foyer naissant,
00:48indiscutablement, va brûler rapidement. Et là ce n'est pas le cas.
00:51Vous savez, en matière scientifique, il y a beaucoup de choses qu'on ignore totalement.
00:55Donc quand on ne comprend pas, on dit « je ne comprends pas ».
00:58On ne peut pas expliquer en l'état de l'enquête le mode de combustion ou le mode d'inflammation
01:06de telle et telle chose ou de tel cadavre.
01:07C'est tout, on s'arrête là.
01:10Au mois de mai 1977, à Uruf, un petit village situé à quelques kilomètres de Nancy, la vie suit son
01:17cours.
01:27Ginette Kasmirzak est veuve. Elle a perdu son mari qui a péri dans d'atroces souffrances à la suite d
01:32'un coup de grisou.
01:34Seule, elle vient régulièrement passer quelques jours chez son fils Alain, instituteur au village.
01:44Madame Kasmirzak n'avait pas réussi à se remettre de la mort de son mari.
01:48C'était une femme qui était triste, c'était une femme qui se sentait seule,
01:51qui se sentait abandonnée et qui voyait sa vie petit à petit se refermer à partir du moment où ses
01:56enfants prenaient leur envol,
01:57et notamment par le mariage.
02:13Ici, tous les habitants ont l'habitude de se coucher de bonne heure,
02:16car la journée à l'usine de cristallerie commence à 5h du matin.
02:19Ainsi, Madame Salleur, la voisine de palier de Madame Kasmirzak, se met au lit à 20h30.
02:35Elle s'endort paisiblement, sans se douter que quelque chose de terrible se prépare.
03:20Au petit matin, Madame Salleur est brusquement tirée de son sommeil par une épaisse fumée qui envahit son appartement.
03:26L'odeur est insoutenable.
03:29On s'écoute en feu !
03:32A l'arrêt du bus, Mark Young, pompier volontaire, est alerté par les cris de Madame Salleur.
03:40On pénéficie !
03:42Il doit briser la vitre pour pénétrer dans l'appartement dont la porte est fermée à double tour.
03:47Ce que Mark va découvrir, il ne l'oubliera jamais.
03:55Le corps, il n'y avait plus que les deux jambes.
03:57Les deux jambes, le bas de la robe.
03:59Elle avait ses claquettes qui étaient restées à 10 cm, peut-être, qui étaient tombées.
04:05Elle était tombée à la renverse sur le dos.
04:07Il lui restait juste un bras.
04:10Et puis les deux jambes étaient intactes.
04:11Les chaussures n'étaient même pas noircies.
04:15Quelques heures plus tard, la gendarmerie de Colombelle et Belle ouvre une enquête sur la mort mystérieuse de Madame Kasmirzak.
04:21En effet, les gendarmes constatent qu'il n'y a aucune trace d'incendie pouvant expliquer l'état du corps
04:26de cette femme à moitié réduit en cendres.
04:30Et c'est la première des choses que vont faire les gendarmes.
04:33Ils vont décrire les lieux, ils vont décrire notamment tous les objets qui se trouvent dans chaque pièce, l'état
04:40de ces objets.
04:41Mais les gendarmes ne sont pas des spécialistes des problèmes d'incendie, ni évidemment ne sont pas des médecins légistes.
04:49Le juge d'instruction va à ce moment-là demander à ce qu'il y ait des experts qui viennent.
04:54Et il va demander à ces experts qu'est-ce qui a pu provoquer l'état dans lequel on a
05:00trouvé le cadavre.
05:04À son arrivée, l'expert judiciaire procède à son tour à un état des lieux.
05:08Mais déjà, il s'interroge sur certains éléments troublants qu'il constate.
05:14On va trouver les deux canaris dans leur cage d'un noir, mais ils ne sont pas brûlés, ils ne
05:20sont pas noircis par de la fumée.
05:23Ils ont simplement été certainement asphyxiés par la fumée, mais sans être noircis.
05:27Ce qui est là aussi quelque chose de bizarre à partir du moment où tout le reste des murs est
05:32plein de noir de fumée.
05:37L'expert incendie a essayé de comprendre comment le feu avait pu prendre d'abord,
05:45et comment ensuite il avait pu brûler à un tel point Mme Cachemersac.
05:50Ensuite, il y a eu des analyses de fait sur les traces trouvées sur les murs,
05:55et sur une partie du soutien-gorge de Mme Cachemersac qui avait été trouvée.
06:04Sur le bras, il n'y avait même pas de clode, donc de brûlure au deuxième degré.
06:09Alors qu'il y a eu quand même une chaleur importante en proximité,
06:12c'est des choses qu'on n'arrive mal à comprendre.
06:14Comme si le feu minait le corps et se concentrait, si vous voulez,
06:21dans un espace restreint sur le corps de l'individu, et à l'intérieur et en profondeur.
06:28Alors que les dents de la victime ont disparu, l'expert retrouve son alliance intacte.
06:33Elle n'est même pas déformée par la chaleur.
06:43La cuisinière était un élément qui était important, puisqu'il y avait une bouteille de butane.
06:48Cette bouteille de butane était fermée, et les boutons de la cuisinière étaient fermés.
06:52Donc a priori, pas de flammes de ce côté-là.
06:55Par contre, on a trouvé une bombe insecticide.
07:03Elle était tombée sur le sol, la bombe elle-même était tombée sur le sol,
07:06et le bouton pressoir était, lui, sur la gazinière.
07:14Ce qui est intéressant pour cette bombe, c'est qu'il y avait du noir de fumée sur la haute,
07:19sauf sur l'emplacement où se trouvait la bombe.
07:21Ce qui voudrait dire, a priori, que cette bombe n'a rien à voir avec la mort de Mme Cachemersac.
07:28Consciencieusement, l'enquêteur inspecte chaque recoin de l'appartement pour trouver un indice.
07:32Il est particulièrement intrigué par une robe en très bon état, presque neuve, qu'il retrouve dans la poubelle.
07:39La question qu'on se pose, c'est suicide, c'est accident, c'est meurtre, c'est autocombustion.
07:48Donc, il fallait essayer de trouver les personnes qui avaient les derniers vues ou entendues Mme Cachemersac.
07:57Étape par étape, la gendarmerie tente de reconstituer l'emploi du temps de Ginette Cachemersac avant le drame.
08:04D'après les dépositions, elle était toujours en vie à 19h30, puisque Éric Léonard l'a vue.
08:20Qui est là?
08:23Oui?
08:24Bonsoir, madame.
08:25Qu'est-ce que c'est?
08:25Elle est là?
08:26Non, il est à Nancy.
08:28Je pensais...
08:28Non, non, non. Demain, il rentre demain.
08:31D'accord. Bon.
08:36Les témoins ont aussi donné quelques indications sur les habitudes et la personnalité de la victime.
08:41Elle avait très peur des insectes et utilisait fréquemment des bombes insecticides.
08:56C'est en général vers 20h que Mme Cachemersac faisait sa toilette avant d'aller se coucher.
09:00Et pourtant, ce soir-là, elle va bizarrement changer ses habitudes.
09:06Elle va jeter sa robe neuve dans la poubelle, puis s'habiller comme si elle devait recevoir une visite ou
09:13sortir.
09:20À 20h20, Jean-Michel Chion et Michel Potier se rendent à l'appartement.
09:25Ils ont besoin de peinture pour la préparation d'une fête communale et viennent naturellement faire appel à l'instituteur
09:30du village.
09:31Qui est là ?
09:32Oui, bonjour, c'est Jean-Michel. Est-ce qu'Alain est là ?
09:34Alain, il est à l'ancien. Revenez demain.
09:37Oui, on reviendra demain, alors.
09:39J'étais parti voir M. Cachemersac. C'est sa mère qui m'a répondu.
09:43Mais elle ne m'a pas réouvert la porte.
09:45Elle m'a juste répondu que son fils n'était pas là.
09:49La gendarmerie m'ont appelé à la mairie.
09:54J'avais été discuté, enfin, j'avais discuté avec la femme là, à travers la porte, puisqu'elle n'a
09:58pas ouvert.
09:59Et puis, bon, d'après la gendarmerie, je serais le dernier à avoir parlé à les hommes là.
10:04Le parquet de Nancy a prononcé une ordonnance de non-lieu concernant la cause et l'origine de la mort
10:09de Mme Cachemersac.
10:10Mais pour certains, le phénomène de combustion humaine spontanée s'explique par l'effet bougie.
10:16Un corps humain brûle mal spontanément.
10:19Si vous essayez d'enflammer avec un briquet ou un chalumeau un corps humain, c'est très difficile à brûler.
10:24Ça va s'enflammer un tout petit peu au niveau de la graisse, mais mal.
10:28Et par contre, si la graisse imprègne un tissu, un autre tissu un petit peu plus solide et moins combustible,
10:35là, il y aura cet effet bougie, la mèche va permettre la combustion.
10:39Ça, on le comprend.
10:40Mais ce qu'on comprend mal, c'est qu'une autre partie du corps, notamment les jambes revêtues de bas,
10:47ne soit pas affectée par la chaleur.
10:51Alors qu'il se trouve à quelques centimètres d'un foyer profond.
10:56La combustion profonde du corps.
10:58Ça, on ne comprend pas.
11:00Certains psychiatres avancent une autre explication.
11:02Une personne en état de dépression extrême pourrait prendre feu spontanément de l'intérieur.
11:07Il s'agirait donc d'une sorte de suicide inconscient.
11:12Madame Cachemersac était fragile, puisqu'elle avait fait deux fois des tentatives de suicide,
11:19notamment par le gaz.
11:24Les spécialistes sont divisés.
11:26Effet bougie, suicide psychique, l'autocombustion humaine demeure aujourd'hui encore un mystère.
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