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MEDI1TV Afrique : Stratégie Togo-Sahel : l’AES au cœur des nouveaux équilibres en Afrique de l’Ouest - 23/04/2026
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02:00C'est officiel, les autorités gabonaises ont posé le cadre juridique à la régulation des réseaux sociaux.
02:07Et parmi les plateformes ciblées comme leur apporte la tribune, Facebook, TikTok, Instagram,
02:12un texte de loi donc qui fait suite à leur suspension, la suspension des réseaux sociaux
02:17qui, elle, date déjà du 17 février dernier.
02:20C'est donc une juridiction qui acte entre autres à la fin de l'anonymat.
02:25Elle va aussi durcir la responsabilité des internautes.
02:27Et surtout, elle interdit les réseaux sociaux au moins de 16 ans.
02:31Alors comment est-ce que les autorités comptent justement constater ces infractions ?
02:35C'est la question que pose Gabon Media Time.
02:38Est-ce que d'ailleurs les groupes comme Meta vont accepter de partager avec les autorités gabonaises
02:43quelques contenus privés des utilisateurs ?
02:45C'est une hypothèse qui est relevée par l'article.
02:48Mais pour mieux comprendre cette actualité, avec nous, on l'a dit,
02:51Daniela Ayem qui est notre correspondante à Médien TV depuis Libreville au Gabon.
02:56Alors Daniela, dans quel contexte cette décision intervient-elle ?
03:00Et qu'est-ce qui a poussé les autorités à franchir ce cap juridique aujourd'hui ?
03:06Bonjour Meryem.
03:08Alors ce qui pousse les autorités du pays à suspendre les réseaux sociaux de façon temporaire
03:13est la diffusion de contenus haineux, diffamatoires, dangereux pour la cohésion sociale
03:20et surtout la propagande de fausses informations, encore appelées fake news.
03:25Sans oublier le partage de messages malveillants.
03:28Meryem, il faut dire que les autorités ici mettent l'accent sur les abus en ligne,
03:34principalement la recrudescence des contenus inappropriés et menaçants
03:37pour l'unité nationale et la stabilité des institutions.
03:41A travers cette réforme, les autorités espèrent ici protéger la génération future
03:47contre les contenus inadaptés dans un contexte de volonté de réencadrer l'espace numérique.
03:54Cette décision est perçue par l'opinion publique comme une restriction de liberté d'expression.
04:01Or, ici, le gouvernement la défend comme un recadrage.
04:06Ici, à Libreville, pour le compte de Median TV, Daniela Ayum.
04:12Merci, Daniela.
04:14Donc, est-ce que ce recadrage, comme vous venez de le dire, Daniela, va réellement régler ce problème ?
04:20Du moins, l'article de The Conversation, lui, voit aussi tout de même un risque de vide informationnel.
04:27Peut-être le risque d'une montée, cette fois-ci, de rumeurs qui vont laisser place,
04:30cette fois-ci, à des contenus plus radicaux, malgré justement ces nouvelles restrictions.
04:34Il y a un autre impact, on le sait, il est bien évidemment économique, car aujourd'hui,
04:38ce sont, comme le rappelle l'article, plus de 850 000 utilisateurs qui sont concernés,
04:43ce qui peut causer un choc socio-économique dans le pays, toucher plusieurs secteurs.
04:48On a aussi, nous le rappelle The Conversation, un exemple un peu plus extrême en Tanzanie,
04:53où il y a une coupure totale d'Internet qui a eu lieu en novembre dernier,
04:57qui a coûté à l'économie, et bien plus de 13,8 millions de dollars de pertes,
05:02et cela, par jour, le chiffre est quand même conséquent.
05:05Alors, je vais me tourner vers vous, Bachir, donc on le sait, la restriction a eu lieu il y a
05:10bientôt deux mois,
05:11mais aujourd'hui, c'est le cadre juridique qui vient justement de s'établir au Gabon.
05:15Donc, est-ce que ce nouvel appareil législatif va vraiment changer les choses ?
05:21Est-ce que, comme pose la question The Conversation, est-ce que c'est vraiment la solution ?
05:25Une solution, je ne sais pas, en tout cas dans l'immédiat, oui,
05:28parce que la restriction était une réponse immédiate et sécuritaire.
05:31Ça, il n'y a pas de doute là-dessus, parce que tous les pays, de manière générale, le font.
05:37Quand c'est systématique, ça, c'est juste pour calmer un peu les tempéraments,
05:42c'est que ça se sert comme ça, au sortir peut-être des élections ou quelque chose de ce genre.
05:48Tout de suite, on met en place ce genre de truc.
05:50Mais après, arrive maintenant un texte comme au Gabon, c'est une réponse durable,
05:54mais potentiellement quand même intrusive, il faut le dire.
05:57Parce que, vous l'avez rappelé, ailleurs, on perd beaucoup d'argent pour ça.
06:01Et aussi, ça prive les citoyens de l'accès à l'information,
06:05c'est-à-dire l'accès libre à l'information.
06:07Parce que si on contrôle ces médias-là, on contrôle aussi l'accès à l'information.
06:13Parce que la difficulté des réseaux sociaux, c'est qu'il y a un peu de tout.
06:16Effectivement, il y a le partage d'informations, de sources fiables, de médias.
06:19Il y a aussi des réactions qu'on le considère comme abusives.
06:22Et je pense que c'est cela que le gouvernement gabonais vise.
06:26Mais comment justement faire la part des choses et ne pas non plus limiter
06:29ce que qualifie The Conversation, justement, de vide informationnel ?
06:33Mais peut-être pas de vide, moi, je ne dirais pas vide informationnel.
06:36Il y aura peut-être, parce qu'il y a toujours des canaux aussi de récupération par ailleurs.
06:40Parce que le Gabon, comme tous les pays du monde pratiquement,
06:43sauf les pourvoyeurs de ces informations-là, de ces sources,
06:48c'est eux seuls qui maîtrisent la source.
06:50Nous, nous ne sommes que des consommateurs par ailleurs.
06:52Donc on peut aussi contourner tout ça.
06:54Ailleurs, ça a été contourné par des systèmes aussi informatiques,
06:57beaucoup plus avancés en tout cas, qui existent pour contourner
07:00et accéder à cette information qui a été officiellement interdite.
07:03Donc, à la limite, ça ne sert à rien.
07:05Parce que les Gabonais, j'imagine aussi, ils sont férus des réseaux sociaux,
07:10de nouvelles technologies, comme un peu partout dans le monde.
07:12Notamment encore dans nos pays, encore beaucoup plus dans nos pays.
07:14Parce que la solution, peut-être, ce n'est pas de développer des canaux comme ça,
07:18interactifs, numériques, mais qui émanent justement du Gabon.
07:20Peut-être des solutions un petit peu plus locales, des réseaux sociaux plus locaux.
07:24Je ne sais pas, il n'y a que certains pays dans le monde qui l'ont fait,
07:26à l'instar de la Chine, qui n'utilisent absolument pas ces grands médias américains
07:31que beaucoup de personnes utilisent quotidiennement.
07:34Peut-être que c'est un déclic aussi pour l'industrie numérique.
07:37Moi, ça peut le faire.
07:38C'est-à-dire qu'on est dans une phase aujourd'hui de réflexion
07:40qui est cadrée par ce cadre législatif.
07:42Mais qui va peut-être mener à d'autres options
07:44qui ne vont pas non plus mettre à mal toute une économie numérique aujourd'hui
07:47qui est assez importante quand même.
07:48Oui, c'est important.
07:49C'est d'autant plus important qu'il y a une grosse part, en tout cas de la population.
07:55Le Gabon est un petit pays, c'est 1,5 million d'habitants
07:57et puis 2 millions au grand maximum avec tous les étrangers.
08:00Donc, vous parlez de 800 000, c'est peu à l'échelle du monde.
08:04Mais à l'échelle du Gabon, c'est énorme, 800 000 utilisateurs sur 1,5 million.
08:07C'est quasiment toute la population.
08:08C'est toute la population majeure en tout cas.
08:11Donc, si on la prive de l'accès à l'information,
08:13on la prive aussi de l'accès à certaines économies.
08:16Parce qu'il y a beaucoup d'économies aujourd'hui qui sont liées,
08:18en tout cas dans nos pays, qui sont liées à ces systèmes d'information-là.
08:21En tout cas, il y a beaucoup d'industries qui sont liées.
08:25Mais de toute façon, par rapport à Internet, on a d'ailleurs un autre article qui en parle.
08:29C'est qu'aujourd'hui, les Gabonais réagissent et surtout contournent dès à présent ce système-là.
08:35On parle justement de VPN qui permet de se positionner numériquement en dehors du Gabon
08:41et de ne pas subir ces restrictions-là.
08:43Le Gabon aussi qui connaît beaucoup de lenteur, on va dire.
08:46Voilà, c'est Gabon Media Time.
08:47Beaucoup de lenteur aussi, Internet, depuis bientôt deux mois.
08:50Et d'ailleurs, on va essayer de comprendre comment les Gabonais s'adaptent,
08:54comment est-ce qu'ils réagissent à cet nouvel appareil législatif.
08:58Eh bien, législatif, pardon, la réponse, encore une fois,
09:01avec notre correspondante Daniela Ayem, depuis Libreville, au Gamont,
09:06qui nous partage un reportage que je vous propose de découvrir.
09:10Après l'annonce de la suspension des réseaux sociaux annoncée par le gouvernement,
09:15plusieurs citoyens réagissent.
09:16Le fait qu'on ait interrompu les réseaux sociaux,
09:19je ne pense pas qu'on nous ait donné des explications précises vis-à-vis de ça.
09:23Donc, on ne sait pas si ce sont des problèmes administratifs ou bien des problèmes politiques.
09:30Honnêtement, je ne dirais pas qu'on nous a donné des informations précises.
09:33Je ne sais pas pourquoi ils ont pris cette décision,
09:35mais c'est une décision qui impacte,
09:36parce qu'il y a plusieurs personnes qui gagnent leur vie grâce aux réseaux sociaux.
09:40Donc, c'est un peu décevant pour eux.
09:41Bon, particulièrement, je comprends qu'ils prennent toutes les dispositions pour nous protéger.
09:47En fait, je n'en sais pas trop.
09:50Et je sais qu'il doit y avoir vraiment une raison qui les pousse à nous amener à ce niveau.
09:56Face à cette réforme, certaines personnes n'arrivent pas à accéder à plusieurs plateformes numériques.
10:00Cet annoncement m'a trouvé au village.
10:03Là-bas, on n'a pas de connexion.
10:05Mais quand je suis arrivé, j'étais surpris,
10:07parce que j'ai besoin de télécharger certaines choses pour suivre.
10:12Mais j'étais tellement surpris.
10:14Même télécharger les messages WhatsApp qui sont audio.
10:17Donc, ça ne passait pas.
10:19Et ça, ça a changé quelque chose.
10:22On ne ressent pas trop la difficulté.
10:24Juste que le besoin est là.
10:26Et pour ceux-là qui utilisaient les réseaux sociaux comme moyen d'outils de travail,
10:29ça paraît quand même un peu difficile pour ces personnes.
10:32Si certains citoyens peinent à utiliser les réseaux sociaux convenablement,
10:37Maxwell, étudiant gabonais, de son côté ne rencontre pas de difficultés.
10:41Vu qu'en ce moment, on utilise tous les VPN dans les réseaux sociaux,
10:45ils ne sont pas suspendus pour nous.
10:46Au regard du contenu relayé sur les réseaux sociaux,
10:49cette plateforme représente un danger pour la population.
10:52Ça représente un danger.
10:54Un danger pour la mésinformation.
10:59Il y a trop de fausses informations.
11:01Et en plus, nous autres, nous ne maîtrisons pas l'IA, l'intelligence artificielle.
11:06Il y a trop de mensonges, des montages.
11:09On ne sait pas si c'est vrai ou faux.
11:10Cette suspension intervient dans un contexte de transition politique
11:14et de volonté de recadrage des usages numériques par les autorités.
11:20Des réactions donc assez variées des citoyens gabonais qui essaient de s'adapter.
11:25Mais on voit surtout qu'il y a un besoin aujourd'hui,
11:27un besoin de cet espace numérique dont il est difficile de se passer.
11:31Merci encore une fois Daniela Eiem.
11:34Vous étiez notre correspondante à Libreville depuis le Gabon.
11:38Alors on passe de la régulation de l'espace numérique, encore une fois au Gabon,
11:41une autre forme d'équilibre à trouver cette fois-ci, l'échelle régionale direction le Sahel
11:46où les États tentent de redéfinir leurs alliances entre souveraineté, sécurité et coopération.
11:51On décrypte la question dans notre seconde partie de l'émission.
11:54Ça veut dire quoi ?
12:03Le Togo a réuni à Lomé les pays du Sahel et du Golfe de Guinée
12:07pour lancer officiellement la stratégie Togo-Sahel.
12:10Une initiative avec une ambition, faire du Togo un pont entre le Sahel et la communauté internationale.
12:17Et d'ailleurs à ce sujet, à Pannews titre que c'est une manière aussi de se recentrer sur les
12:23réalités sahéliennes.
12:24Une manière donc d'assurer une collaboration pour répondre aux enjeux du moment de la région
12:28comme sur les aspects sécuritaires mais aussi le développement économique.
12:32Et bien ce sont aussi des questions qui doivent prendre en compte l'ensemble des acteurs,
12:36en particulier les pays de l'AES.
12:39En parlant de l'AES, Maliweb annonce que le Mali était présent et représenté par son chef de la diplomatie,
12:45Abdoulaye Diop, qui plaide justement pour une coopération basée sur la souveraineté
12:48mais surtout sur la confiance, notamment pour faire face à une problématique commune
12:54dans la région qui n'est autre que la lutte contre le terrorisme.
12:59Maintenant, en termes de solutions immédiates, il est évident qu'aujourd'hui nous n'avons pas un cadre unique
13:06qui nous permet de travailler dans le cadre de la lutte contre le terrorisme.
13:09Vu cette fragmentation et cette difficulté et l'absence de confiance,
13:13dans un premier temps et de façon pragmatique, il est possible d'envisager des collaborations
13:18sur une base bilatérale là où c'est possible, là où il y a la confiance.
13:22Entre le Burkina aujourd'hui et le Togo, il y a le travail qui se fait avec le Ghana,
13:27avec d'autres pays, là où c'est possible.
13:30Et travailler plus tard à élargir la base de la confiance
13:34parce qu'on ne peut pas assurer la sécurité ensemble si nos pays ne se font pas confiance.
13:41– La question justement du terrorisme dans la région sahélienne
13:45qui est même montrée à travers une carte assez intéressante,
13:48on voit quand même un vivier de terrorisme dans cette région commune
13:52et donc on voit réellement que c'est une priorité absolue
13:55pour tous les membres qui partagent ces frontières communes.
13:58Donc pour essayer de comprendre cette stratégie Togo-Sahel
14:01qui est portée depuis cette semaine, avec nous notre invité Mamadou Lamin-Diouf,
14:05vous êtes historien et éditorialiste, vous êtes avec nous depuis justement l'OME au Togo.
14:10Bienvenue M. Diouf.
14:13– Merci Myriam.
14:15– Alors M. Diouf, est-ce que justement cette coopération régionale vise d'abord,
14:20on a vu à répondre à cette urgence sécuritaire,
14:23est-ce que quelque part c'est vraiment ça la priorité de cette volonté
14:25un petit peu de refonder les équilibres dans la région
14:28qui depuis quelque temps a été fragmenté ?
14:31Donc est-ce que ce n'est pas vraiment ça l'argument principal
14:34pour essayer de tous ensemble se retrouver autour de la même table ?
14:37– Ce qui est clair, c'est que l'objectif final,
14:43c'est que tous puissent se retrouver autour de la même table.
14:47Il est vrai que quand on regarde le contexte actuel,
14:50il y a la montée du terrorisme qui est là,
14:53il y a son extension vers les pays côtiers,
14:56le golfe de Guinée dont vous parlez,
14:58mais il y a également cet autre élément aujourd'hui
15:01qui est la recomposition au niveau régional avec la création de l'AIS.
15:05Vous avez bien entendu ce qu'a dit le ministre malien des Affaires étrangères,
15:09il y a encore un problème de confiance qui se pose entre des pays de l'AIS
15:13et d'autres pays membres de cet espace appelé CDAO.
15:18Il est clair que cette rencontre ne réglera pas tous les problèmes,
15:22mais le but final, c'est de pouvoir faire en sorte
15:25qu'on dépasse les clivages qui existent plutôt au sommet de nos États
15:29pour se rendre compte que comme la carte que vous avez indiquée l'a montré,
15:34la question du terrorisme est devenue une priorité dans cet espace
15:37au niveau de l'Afrique de l'Ouest.
15:39Vouloir faire fi de cette question,
15:42c'est tout simplement saboter tous les efforts
15:44qui ont déjà été faits pour le développement de ces pays
15:46et compromettre également l'avenir de ces pays
15:48parce qu'il est clair que si le terrorisme se développe davantage dans cette zone,
15:53il ne sera plus question de parler de développement.
15:56Merci M. Diouf.
15:57On a aussi l'autre logique, on va dire, de confiance,
15:59mais cette fois-ci qui s'est habillée à l'échelle continentale.
16:03D'ailleurs, la tribune revient sur une déclaration
16:05de l'émissaire de l'Union africaine pour le Sahel
16:08qui parle, lui, d'un destin inextricablement lié,
16:12notamment avec l'AES.
16:14On le sait bien d'ailleurs, cette semaine, le lundi,
16:17même il y a eu le président de l'Union africaine
16:20qui était à Ouagadougou,
16:21toujours dans cette perspective-là
16:22de vouloir recréer un lien de confiance
16:25qui remet sur la table cette histoire commune
16:28que la région partage de toute façon
16:29avec l'ensemble de son continent.
16:31L'AES rappelle également l'opinion
16:33que l'AES a participé également au Niger.
16:38Non, l'AES a participé plutôt
16:41à la 24e Assemblée générale annuelle
16:44de la Banque d'investissement et de développement
16:46de la CDAO qui s'est tenue dernièrement à Accra.
16:49Donc, au-delà de la question de sécurité,
16:52il y a aussi la question économique
16:54sur laquelle on veut trouver aussi un consensus
16:56basé sur la confiance.
16:58Et d'ailleurs, lors de cette réunion à Togo,
17:01le chef de la diplomatie togolaise
17:02a même fait une déclaration.
17:04Il a indiqué que pour le Togo, le Mali,
17:06le Burkina Faso et le Niger,
17:09ce ne sont pas des partenaires de circonstances,
17:11mais des membres à part entière de notre famille ouest-africaine.
17:14On voit très bien, Bachir,
17:16que le phrasé aujourd'hui est différent.
17:18On parle donc de lien de confiance,
17:20de famille, de destin.
17:22L'idée, voilà, c'est de remettre cette relation,
17:26remettre le naturel dans cette relation
17:28alors qu'il avait été perdu depuis quelques temps.
17:31Celle, on le sait, qui montre qu'il pèse
17:34même dans les dynamiques continentales.
17:37Alors, Bachir, j'ai cette question pour vous.
17:39Est-ce qu'on est aujourd'hui en train d'assister
17:41à une sorte de rééquilibrage entre l'Afrique,
17:44la CDAO, voire l'Union africaine ?
17:45Est-ce qu'on est en train de dessiner
17:47un petit peu les nouvelles lignes
17:49d'une nouvelle collaboration,
17:51que ce soit régionale ou continentale ?
17:53En tout cas, je pense que vous l'avez tous deux décrit.
17:55Je pense que M. Diouf l'a dit aussi
17:57que la CDAO, aujourd'hui,
17:59en gros, on est passé maintenant
18:00à ce qu'on appelle la réelle politique,
18:03en fait, parce qu'on est passé
18:04d'une posture coercitive du côté de la CDAO
18:07qui disait aux pays de l'AES, aux États de l'AES,
18:10donc l'Alliance des États du Sahel,
18:12que vous allez vous mettre,
18:14vous rentrez dans les rangs,
18:15sinon vous êtes exclu.
18:16Punitive, surtout.
18:17Oui, coercitive.
18:18Je parlais de coercition,
18:19franchement, c'est encore beaucoup plus fort.
18:21Parce qu'au fait, ils ont compris
18:22que finalement, on ne peut pas isoler ces pays-là
18:24simplement parce qu'ils sont hors la loi,
18:27entre guillemets.
18:28Simplement, on ne peut pas le faire
18:29parce qu'aujourd'hui, l'enjeu est autrement
18:30beaucoup plus important.
18:31Ça va au-delà de ces postures-là,
18:33parce que ce n'était que des postures politiques,
18:35finalement, et aujourd'hui, tout doucement
18:37et de manière allée, on va dire,
18:40peut-être inaudible, d'abord pour commencer,
18:43on va vers une sorte de recomposition,
18:45en tout cas, quelque chose de nouveau qui va naître,
18:47peut-être au sortir de tous ces rencontres-là.
18:48Et au-delà de ça, l'AES n'a jamais remis en cause
18:52la région même,
18:54mais c'était une autre manière de voir sa politique,
18:57interne déjà, avant même de se poser la question,
19:00sur les dynamiques régionales.
19:02Donc, ce n'est pas quelque chose que l'AES a remis en cause.
19:04Mais aujourd'hui, justement, on revient sur une idée
19:06de façon, quels que soient les choix souverains
19:09des États qui composent géographiquement la région,
19:12la seule manière de fonctionner,
19:13c'est justement ce naturel de refonctionner ensemble,
19:15tout en respectant, on va dire, les dynamiques
19:17et les visions de chaque État de la région.
19:19Je pense que c'est la conclusion à laquelle est arrivée
19:21aujourd'hui tant la CDAO que l'Union africaine.
19:24Parce que justement, de part et d'autre,
19:26on a compris que finalement,
19:28la question qui nous intéresse tous,
19:30en tout cas dans cette région,
19:31elle ne peut pas s'y limiter à des frontières.
19:34Elle n'est sans frontières, parce que la sécurité
19:36se pose à tous ces pays-là.
19:38On a parlé du Golfe du Guinée aujourd'hui,
19:40qui est menacé, qui est même attaqué.
19:41Le Togo, s'il s'investit de cette manière-là,
19:44ce n'est pas pour la beauté du Mali.
19:45– C'est un enjeu commun.
19:46– C'est ça.
19:47– Et c'est assumé.
19:47– Et d'ailleurs, en parlant encore une fois du Sahel,
19:50on voit qu'il montre aussi qu'il pèse
19:53aussi dans la dynamique internationale.
19:55Et d'ailleurs, on a Sahel Intelligence
19:57qui parle aussi d'un retour diplomatique
20:00des États-Unis, de Washington,
20:02vers les capitales de l'AES.
20:03C'est donc une approche, cette fois-ci,
20:05centrée sur les échanges et les partenariats économiques.
20:08On a su le Canada, qui entre également
20:10dans la même dynamique.
20:11On le voit avec Kappa News.
20:13L'idée, c'est de renforcer les liens,
20:14notamment cette fois-ci avec Bamako,
20:16pour les questions liées, bien sûr,
20:18au développement, mais aussi
20:19sur différents secteurs humanitaires,
20:21éducatifs, sanitaires.
20:23Et donc, je vais me retourner vers vous,
20:27M. Mamadou Diouf.
20:28Est-ce qu'aujourd'hui, on en parlait
20:30par rapport à la région,
20:31est-ce qu'aujourd'hui, l'AES,
20:33on va dire, montre qu'il y a un réel enjeu
20:38à collaborer avec eux ?
20:39Et est-ce que ces partenariats,
20:41même à l'échelle de la diplomatie internationale,
20:44sont vraiment axés sur le côté économique ?
20:46Ou bien, il y a un autre enjeu,
20:48on va dire, au fait de recréer des liens,
20:50de renforcer les liens avec la région de l'AES ?
20:55En fait, il y a plusieurs enjeux qui sont là
20:57quand on regarde ce qui s'est déroulé
21:00au niveau de la conférence.
21:02Quand on regarde également
21:03ceux qui ont participé à la conférence,
21:05puisque vous avez des gouvernants du Sahel,
21:08vous avez des organisations régionales
21:10et internationales,
21:11l'ONU était représentée,
21:13l'Union européenne était représentée,
21:15l'Union africaine était représentée,
21:17il y a eu des envoyés spéciaux du Canada,
21:19ces pays que vous avez cités,
21:20il y a eu des représentants également
21:22de la société civile.
21:23C'est-à-dire une façon de ramener
21:25les gens à la réalité.
21:26Je suis tout à fait d'accord
21:27avec ce que Bachir dit.
21:29On est en train de faire du réalisme
21:31sur le plan politique,
21:32parce qu'on s'est rendu compte
21:33qu'un affrontement entre l'AES et la CEDEAO
21:36ne fera ni l'affaire de l'AES,
21:38ni l'affaire de la CEDEAO,
21:39ni l'affaire des populations.
21:41Comment faire ?
21:42Il faut qu'on trouve un moyen
21:44de coopérer à nouveau,
21:45à travers quel canal ?
21:47Certainement, c'est cette réflexion
21:48qui commence et qui pourra trouver
21:50un organe qui permettra
21:51à ces structures géographiquement liées
21:54de pouvoir continuer ensemble.
21:56Merci infiniment, M. Diouf,
21:57pour toutes ces précisions.
21:59Je rappelle que vous êtes historien
22:01et éditoriste
22:01et que vous étiez avec nous
22:02depuis l'OMÉ au Togo.
22:06C'est moi qui m'a dit.
22:07Et pendant que le Sahel
22:08se redessine sur le plan politique
22:10et stratégique,
22:11une autre forme de rayonnement
22:12plus culturel,
22:13cette fois-ci,
22:13continue de s'imposer
22:14à l'échelle du continent,
22:16voire au-delà,
22:17celle de la rumba congolaise
22:18avec une de ses stars
22:20qui fête ses 20 ans de carrière.
22:21Vous le connaissez sûrement,
22:22c'est Fali Iboupa.
22:24On revient sur ses réalisations
22:25dans la dernière partie de l'émission.
22:27Ça raconte quoi ?
22:3620 ans de carrière
22:37déjà pour la star congolaise,
22:38Fali Iboupa.
22:39Plus qu'un simple artiste,
22:40il a révolutionné
22:41la rumba congolaise
22:42pour en faire une musique
22:43appréciée dans le monde entier.
22:45Et d'ailleurs,
22:45consécration de show
22:47au Stade de France
22:48le 2 et le 3 mai prochains.
22:50Une arène
22:50où les plus grandes stars
22:52du monde se sont produites.
22:53C'est donc un accomplissement
22:54qu'il qualifie lui-même
22:55de légendaire.
22:56Alors,
22:56quels sont ses secrets de réussite ?
22:58On a un article
22:59qui nous parle de son histoire.
23:01Lui,
23:01enfant de Kinshasa,
23:03ancien membre du groupe
23:04du quartier latin,
23:05c'est donc une identité
23:06qui célèbre justement
23:07l'authenticité congolaise
23:10lui-même qui chantait
23:11le Lingala,
23:12plus belle langue du monde.
23:14On a aussi une musique
23:15qui inspire maintenant
23:16le monde entier.
23:17C'est notre autre article.
23:19Fali,
23:19qui a réussi cette prouesse,
23:21nous dit
23:21Abidjan.net.
23:22C'est hisser le Congo
23:23au sommet des productions
23:25mondiales et internationales.
23:26Une musique qui inspire
23:27et nourrit le monde musical
23:29à l'échelle internationale.
23:31Alors,
23:31Bachir,
23:32vous connaissez Fali Poupa.
23:33C'est un grand nom
23:34aujourd'hui pour nous
23:34mais pour le monde entier.
23:36Mais c'est une musique
23:37réellement 100% congolaise.
23:39Qu'est-ce qui fait
23:40qu'aujourd'hui,
23:40elle se chante,
23:41elle se danse
23:42dans le monde entier ?
23:43Qu'est-ce qui a fait
23:43son succès d'après vous ?
23:44C'est l'influence
23:45d'abord de cette musique-là
23:46parce qu'avant Fali Poupa,
23:48vous avez parlé de Kinshasa.
23:50Déjà des grands noms
23:50de la musique congolaise.
23:51Voilà, justement,
23:52ça a influencé
23:52la musique africaine
23:53de manière générale
23:54et aujourd'hui,
23:54toutes les musiques africaines,
23:55en tout cas dansantes,
23:56qui font ce buzz,
23:58comme on dit,
23:59ont cette connotation
24:01de musique congolaise
24:02à la base.
24:02Donc,
24:03quelque part,
24:03ils ont influencé
24:04le monde de la musique africaine
24:05d'abord,
24:06pour commencer,
24:06et puis ensuite,
24:07ils se sont ouverts au monde.
24:08Et ça a été modernisé
24:09et porté justement
24:10au plus grand rendez-vous
24:12musicaux dans le monde.
24:14Il a aussi collaboré
24:14avec beaucoup de stars
24:16internationales
24:16qui ont repéré
24:17ce qu'ils faisaient
24:18et je pense aussi
24:18que ça fait en sorte
24:20que sa musique évolue
24:21avec aussi un monde
24:23qui reprend du plaisir
24:25à reconsommer
24:26de la musique africaine
24:27un petit peu partout.
24:28C'est vraiment
24:29la musique du monde.
24:30Justement,
24:31ce n'est plus de la musique africaine,
24:32c'est la musique du monde
24:33parce qu'en fait,
24:34elle est saupoudrée
24:35à toutes les sauces.
24:36Aujourd'hui,
24:36elle est mélangée
24:37à toutes les sauces
24:37parce qu'on a vu
24:39des boeufs
24:43entre, par exemple,
24:44une musique orientale
24:46et une musique complètement africaine
24:47et qui donne un produit
24:48dansant simplement
24:49parce qu'aujourd'hui,
24:50on est sur du dancefloor,
24:52on n'est plus sur
24:53que de la musique classique
24:54à écouter.
24:55C'est la musique qui danse,
24:56qui fait danser
24:57et qui est une musique festive.
24:58Donc, aujourd'hui,
24:59je pense qu'elle passe
25:00dans toutes les sauces
25:01quoi musicales.
25:02En tout cas,
25:02ceux qui ont l'occasion
25:03de le voir en concert
25:04auront beaucoup de chance.
25:05On leur souhaite, bien sûr,
25:06de prendre du plaisir
25:07à écouter ces musiques
25:08de Félie Popa
25:08et bien sûr,
25:09on félicite cet artiste
25:10pour toute sa carrière.
25:12On arrive déjà à la fin
25:13de notre grande revue
25:14de presse africaine.
25:15Merci beaucoup, ma chère,
25:16pour toutes ces analyses
25:17et précisions.
25:18Alors, ça dit quoi cette semaine ?
25:20Ça dit que la régulation
25:21du numérique
25:21devient un véritable enjeu
25:23de société
25:23où se joue l'équilibre
25:25entre liberté d'expression
25:26et responsabilité
25:27comme on le voit
25:28aujourd'hui au Gabon.
25:29Ça dit aussi que le Sahel,
25:30loin d'être en marge,
25:32est en train de se repositionner
25:33au cœur des dynamiques régionales
25:34ainsi qu'internationales
25:36en affirmant
25:36ses propres logiques
25:37de coopération.
25:38Et ça dit enfin
25:39que la culture, elle,
25:40reste l'un des vecteurs
25:42les plus puissants
25:43d'influence capables
25:44de faire rayonner
25:45une identité bien au-delà
25:46des frontières
25:47à l'image de la carrière
25:48de Fanny Poupa
25:49qui a réussi un exploit
25:50oui, 20 ans
25:51après ses débuts.
25:52Bref, la presse africaine
25:54ne se contente pas
25:55que de raconter le continent.
25:56Elle montre aussi
25:57comment il s'organise,
25:58s'affirme et s'exporte.
26:00Merci de nous avoir suivis
26:01dans Sadipois
26:02et on se retrouve
26:02la semaine prochaine
26:03pour continuer à lire
26:05entre les lignes
26:05de l'actualité
26:06toujours avec un regard
26:07bien africain.
26:18Sous-titrage ST' 501
26:19Sous-titrage ST' 501
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