00:00Le Grand Matin Sud Radio, 7h10, Maxime Liedot.
00:05Il est 7h13 sur Sud Radio et à la une ce matin, une maman qui interpelle directement le Président de
00:10la République pour empêcher la fermeture d'une classe.
00:13Bonjour Audrey.
00:15Bonjour.
00:15Merci beaucoup d'être avec nous ce matin. Vous êtes la maman d'un élève à Genouillac, c'est dans
00:19la Creuse.
00:20Et l'élève en question, c'est votre petite merveille qui s'appelle Rémi, qui a 4 ans.
00:25Et donc vous avez interpellé le Président de la République qui était en déplacement près de chez vous.
00:29On y reviendra. Mais quelle était l'urgence à laquelle vous faisiez face, Audrey, pour que vous alliez interpeller directement
00:36le Président de la République ?
00:38Eh bien, nous, on veut nous fermer une classe sur 4 classes et on va se retrouver avec des classes
00:43à 4 niveaux.
00:44Donc c'est pas sympa pour les enfants, c'est pas sympa pour les enseignants et les ADSEM.
00:49Et voilà, on est dans la Creuse, un petit village.
00:52Et si on nous ferme une classe, l'année prochaine, on nous fermera peut-être une autre.
00:56Et puis après, l'école finira par fermer, puis c'est la mort d'un village, tout simplement.
01:00Mais il faut dire que la situation est particulièrement délicate chez vous,
01:03parce qu'à Genouillac, c'est ce qu'on appelle la fameuse carte scolaire
01:07qui va vous faire passer d'un établissement de 67 élèves à un projet seulement d'avoir une classe à
01:1430 élèves,
01:14totalement regroupés. C'est ça l'idée ?
01:18Non, là, on serait passé à 3 classes pour le moment, 3 classes de 23 élèves,
01:23au lieu d'actuellement un peu moins de 20 élèves par classe.
01:27Donc c'est une qualité aussi d'enseignement et tout ça.
01:29Mais des classes de 30, oui, c'est ce que ça aurait donné en maternelle, effectivement.
01:34Et l'idée, c'était donc d'interpeller le président de la République,
01:38et vous avez réussi à attirer son attention sur ce sujet.
01:41Racontez-nous un peu votre échange, sachant que je crois que ce n'était pas gagné au début,
01:45parce que les policiers ont un peu peur de vous.
01:48Ben, peur, je ne sais pas, je suis un mètre 56.
01:51Mais non, non, c'était difficile, parce qu'ils m'ont dit,
01:53ah non, ça ne va pas être possible, non, non, vous ne pouvez pas l'approcher,
01:56pas d'accord et tout ça.
01:58Et puis finalement, j'ai attendu, attendu, attendu, je me suis mis au bon endroit.
02:01Et M. Macron, on a eu la chance qu'il prenne un bain de foule à la sortie,
02:05qu'il vienne au contact du public.
02:07Et donc, j'étais au bon endroit, et il a fini par me voir avec mon affiche,
02:11et il m'a demandé ce qui se passait, ce que c'était que cette affiche et tout ça.
02:15Et donc, il a quand même pris le temps de m'écouter,
02:17et j'ai pu lui parler de l'école de Genouillat.
02:19Qu'est-ce que vous aviez marqué sur l'affiche pour qu'ils soient interpellés ?
02:22Eh bien, c'était une affiche de mobilisation qui disait non à la fermeture
02:26d'une classe de Genouillat, avec des arguments et tout ça.
02:28C'est les affiches qui avaient été faites par le collectif des parents d'élèves
02:31depuis le début du mouvement,
02:33parce que depuis le 2 avril, qu'on a connaissance de la fermeture de cette place,
02:37il y a des mouvements, des actions qui avaient été montées.
02:41Et au dos, je lui avais mis les coordonnées de la DAZEN.
02:45Bon, je me doute qu'il doit les avoir mis personnellement.
02:48Au tout cas, on espère.
02:51Oui.
02:51Je lui avais mis un petit mot de remerciement par avance de ce qu'il pourra faire pour nous.
02:55Et en bas, je lui ai mis mon numéro de portable,
02:57parce que je dis qu'en fait, il ne sait pas qui je suis.
02:58Et si jamais il y avait des informations complémentaires à me demander,
03:02je ne sais pas, j'ai mis mon numéro.
03:04Et dans la discussion, comment ça s'est passé avec le président de la République ?
03:07Il a été attentif, il a posé des questions.
03:09Est-ce que vous l'avez senti quand même un peu concerné,
03:11un peu empathique avec cette situation ?
03:13Ou vous avez senti la phrase un peu bateau de dire
03:16« Bon, je m'en occupe et on n'en parlera plus ».
03:19En tout cas, c'est ce qu'il a montré, de l'empathie et de l'écoute.
03:22Il a posé des questions, il a demandé s'il y avait moins d'élèves.
03:25J'ai expliqué que non, il y en aurait même plus,
03:27parce qu'il y avait des nouvelles inscriptions.
03:29Je lui ai expliqué aussi qu'on avait quand même 22% d'enfants
03:33aux besoins particuliers ou en situation de handicap,
03:35ce qui est quand même beaucoup.
03:37Donc nous, on a des besoins.
03:39Bon, il a demandé s'il pouvait prendre mon affiche.
03:41Je lui ai dit que oui, je l'avais sorti pour lui.
03:44Et il a fini par dire « Bon, ok, on va s'en occuper ».
03:47Sachant que vous venez de décrire tout un contexte,
03:50mais il y a aussi un élément important,
03:52contrairement à ce qu'on a pu entendre toute la semaine
03:54avec cette fameuse démographie en baisse
03:56et donc des écoles qui auraient moins besoin de professeurs,
03:59vous, dans la Creuse à Genouillac,
04:00c'est totalement l'inverse,
04:01parce que vous parlez même de nouvelles inscriptions
04:03pour la rentrée qui arrive.
04:05Oui, oui, en fait, tout à fait.
04:07On a eu des inscriptions supplémentaires,
04:08donc ils sont venus sur un tard,
04:10mais effectivement, on n'a pas moins d'enfants, en fait.
04:12On en a autant, voire plus.
04:13Et est-ce que, depuis cet échange,
04:15je crois que c'était mercredi, c'est bien ça, Audrey ?
04:18Oui.
04:18Est-ce que vous avez été recontactée à nouveau par son cabinet ?
04:22Est-ce que vous avez eu des nouvelles ?
04:24Alors, moi, personnellement, non.
04:26J'ai su qu'il y avait eu un appel,
04:27un échange d'appel avec la mairie de Genouillac,
04:29mais je ne sais pas du tout si c'est en lien
04:30avec mon action de mercredi, ça, par contre.
04:33Mais un appel entre votre mairie et les services de l'Elysée ?
04:38Eh bien, apparemment, il y aurait un ministère,
04:40un des ministères qui aurait contacté la mairie de Genouillac hier matin.
04:44Mais je ne sais pas du tout si c'est lié à mon intervention de mercredi.
04:48Et votre curiosité n'a pas été piquée ?
04:50Vous n'avez pas eu envie d'appeler la mairie
04:51en demandant si c'était bien suite à votre interpellation de mercredi
04:54que ce coup de fil avait été déclenché ?
04:56Si, mais en fait,
04:57parce que si vous êtes à l'origine du sauvetage de l'école,
04:59c'est pas mal.
05:00Alors, monsieur le maire,
05:01il m'a vaguement expliqué le contenu de l'appel,
05:05mais sans trop...
05:06Enfin, voilà, moi, après, ça ne me regarde peut-être pas complètement.
05:08Et quand je lui ai demandé si ça avait un lien avec mon action de la veille,
05:11il m'a dit, je ne sais pas.
05:13Bon, il faut espérer, en tout cas,
05:15qu'avec un peu de bon sens,
05:16ce soit quelque chose qui se soit déclenché grâce à vous.
05:19Si on est optimiste,
05:21globalement, le délai qui vous reste
05:23pour empêcher cette fermeture d'une classe,
05:25vous avez à peu près jusqu'à quand, Audrey ?
05:27Ah ben, c'est très court,
05:28parce que ça va être définitif lundi,
05:30la nouvelle carte scolaire.
05:31Ah oui, donc vous avez encore quelques heures et quelques jours.
05:35En tout cas, espérons que votre interpellation
05:37ait pu faire bouger les choses,
05:38et que l'appel, notamment à votre mère,
05:40soit lié à votre interpellation du président de la République.
05:42Merci beaucoup, ma chère Audrey, d'avoir été avec nous.
05:45Une pensée, donc, pour votre petit Rémi,
05:47en espérant que cette carte scolaire
05:49ne vienne pas perturber le fonctionnement des classes
05:51dans la creuse du côté de Genouillac.
05:53Merci beaucoup d'avoir été avec nous ce matin.
05:55Il est 7h18.
05:55Sous-titrage Société Radio-Canada
05:56Sous-titrage Société Radio-Canada
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