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  • il y a 1 jour
Chaque jour, sur nos routes, des vies sont perdues ou brisées, souvent à la suite d’excès de vitesse, d’inattention, du non-respect ou pire de la méconnaissance du code de la route .
Face à un accident de la circulation, les premières minutes sont cruciales. Savoir comment réagir, quoi faire et surtout quoi ne pas faire peut sauver des vies et limiter les séquelles.
Pour en parler, nous recevons Dr Yasmine Millogo, médecin urgentiste, qui partagera avec nous son expérience et ses conseils pratiques : comment sécuriser les lieux d’un accident, alerter les secours, porter assistance aux victimes et adopter les bons réflexes en attendant l’arrivée des professionnels.

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Transcription
00:00Bonsoir à toutes et à tous. Merci de nous rejoindre pour ce nouveau numéro de votre émission de santé.
00:06Dans cet épisode, nous allons parler d'une problématique de santé publique.
00:11Il s'agit des accidents de la route.
00:14Vous savez tous que sur une route, chaque jour, des milliers de vies sont perdues ou prisées
00:20à cause d'inattention, d'excès de vitesse, du non-respect et pire même encore, de la méconnaissance du code
00:28de la route.
00:28Face à un accident de la circulation, les premières minutes sont cruciales.
00:33Savoir comment réagir, quoi faire et surtout, quoi ne pas faire pour sauver des vies et limiter les dégâts.
00:40Pour en parler, nous recevons une fois de plus Dr. Yasmine Milogo, urgentiste au SAMU.
00:47Elle partagera avec nous son expérience et ses conseils pratiques sur comment sécuriser les lieux d'accident,
00:54alerter les secours, porter assistance aux victimes et adopter les bons réflexes en attendant l'arrivée des secours.
01:04Restez avec nous, car mieux connaître les bons gestes sur la route, c'est contribuer à sauver des vies.
01:10Sous-titrage Société Radio-Canada
01:41Bonsoir, Dr. Milogo.
01:43Bonsoir.
01:43Merci d'avoir reprendu une fois de plus présente à notre invitation.
01:48Merci à vous, c'est un plaisir d'être là une nouvelle fois.
01:51Nous allons vous demander de vous présenter à nos internautes.
01:55Je suis Dr. Yasmine Milogo, médecin urgentiste au SAMU, service d'aide médicale urgente.
02:05Comment décririez-vous la situation des accidents de la route aujourd'hui ?
02:10Il faut dire que les accidents de la route, c'est une problématique de santé publique.
02:15Quand on prend le rapport 2025 de la Brigade nationale des sapeurs-pompiers,
02:20c'est environ 15 614 interventions qui ont eu lieu, c'est-à-dire 15 600 accidents sur lesquels ils
02:29ont intervenu,
02:30pour un total d'environ 20 617 victimes.
02:35Et malheureusement, parmi ces 20 617 victimes, on déplore 700 morts.
02:40Donc en une année, 700 morts, ce n'est pas anodin.
02:42Donc c'est vraiment un problème de santé publique qui mérite qu'on y porte de l'attention.
02:50Donc c'est vraiment une occasion en or pour nous de pouvoir discuter de ce sujet-là ce matin.
02:56Une problématique de santé publique.
02:58Est-ce que les accidents de la circulation représentent une grande part dans les urgences que vous prenez en charge
03:05?
03:06Oui, les accidents de la circulation représentent une grande part des situations que nous prenons en charge.
03:15Ici, je tiens à rappeler que nous travaillons en tandem avec la BNSP.
03:19Donc il y a des cas où c'est la BNSP seule qui va y aller.
03:23Il y a des cas où c'est le SAMU qui va y aller.
03:26Et il y a des cas où on ira ensemble pour gérer la situation.
03:30Néanmoins, ça reste vraiment une activité que nous faisons et qui a une grande part en tout cas dans ce
03:37que nous faisons.
03:38Les accidents de la route, en plus de leur gravité, il faut dire aussi que ça a un impact social.
03:45Parce que ça touche la tranche d'âge active de la population.
03:49C'est-à-dire ceux qui ont entre 15 et 44 ans.
03:53C'est la tranche d'âge qui est active, c'est celle qui doit vraiment porter le pays.
03:57Et c'est eux qui sont le plus touchés par ces accidents.
04:01D'où encore l'importance vraiment de trouver les voies et moyens pour juguler en tout cas ce problème-là.
04:08Vous qui êtes sur la route, vous faites le constat.
04:11Quelles sont les causes les plus courantes de ces accidents ?
04:14Les causes les plus courantes de ces accidents, il y a déjà les excès de vitesse.
04:19Il y a le non-respect du code de la route.
04:22Il y a la méconnaissance même du code de la route.
04:26Entre autres, ce sont ces aspects-là.
04:29Il y a également l'alcool au volant qu'il ne faut pas négliger.
04:33Dernièrement, vous avez vu qu'actuellement, il y a des alcool-tests qui sont faits.
04:38Voilà, l'ONASER a introduit ça.
04:41C'est important.
04:42C'est vraiment le non-respect des règles de la circulation
04:47qui sont pour la plupart, en tout cas, les causes des accidents.
04:52Maintenant, on a les accidents qui impliquent de nombreuses victimes.
04:56C'est-à-dire les accidents de tracard, de transport en commun et autres.
05:00Ça, également, c'est des non-respects de règles de la circulation,
05:04des règles de non-dépassement.
05:06Il y a également la vétusté des engins.
05:09Donc, voilà, l'un dans l'autre, voici quelques causes d'accident qu'on peut citer.
05:15Et quelles sont les blessures les plus fréquentes qui reviennent fréquemment en urgence ?
05:21Bon, en tant qu'urgentisme, je parlerais plutôt en termes de gravité.
05:26Les blessures les plus graves, en tout cas, que nous nous redoutons,
05:30ce sont surtout les traumatismes crâniens associés aux traumatismes cervicaux.
05:36Parce que c'est eux qui engagent le plus souvent le pronostic vital.
05:40Il n'est pas dit que les autres parties n'engagent pas le pronostic.
05:43Mais quand tu as un traumatisme crânien associé à un traumatisme cervical,
05:47la gestion est beaucoup plus difficile que si c'était un traumatisme d'un membre.
05:52Voilà.
05:53Donc, il y a les traumatismes crâniens, il y a les traumatismes de tout le rachis,
05:58même on va dire, tout le rachis, que ce soit cervical, dorsal, lombaire.
06:03Voilà.
06:03Il y a les fractures de côte, il y a les traumatismes de membre.
06:07Pouvoir avoir des fractures fermées des membres, des fractures ouvertes de membre.
06:11Et il y a des fractures de membre qui peuvent engager le pronostic vital
06:15parce que ça va entraîner des saignements vraiment importants
06:19qui peuvent engager le pronostic vital de la victime.
06:22Donc, si je raisonne en termes d'urgence, on va parler des traumas crâniens,
06:28des traumas d'urachis, des traumas thoraciques.
06:30Il y a également les traumatismes des organes internes.
06:33Par exemple, quelqu'un qui a un choc à l'abdomen peut avoir une lésion de la rate,
06:37une lésion du foie qui peut entraîner son pronostic vital,
06:43engager du moins son pronostic vital parce que c'est des organes qui font saigner.
06:47Et là, on va parler d'hémorragie interne.
06:49Voilà.
06:50Donc, voici, entre autres, les lésions qu'on retrouve majoritairement.
06:55Et moi, en tant que témoin d'un accident,
06:58quels sont les gestes que je peux poser pour sauver une victime?
07:02D'accord.
07:03Nous, on aime séquencer, en fait, ces gestes-là, c'est-à-dire protéger, alerter et secourir.
07:11Protéger, il va s'agir de baliser la zone pour éviter, en fait, le sur-accident.
07:17Voilà.
07:17Il ne faut pas que quelqu'un d'autre vienne encore s'accidenter,
07:20enfin, créer un accident sur ce qui est déjà accidenté.
07:23Donc, ça, la population le sait, ils vont baliser la zone avec des feuillages.
07:28Voilà.
07:29En tout cas, la zone sera circonscrite.
07:31Ça, déjà, c'est un grand pas.
07:33On dit merci à la population pour ça.
07:35Et là, il faut alerter les services de secours.
07:38Le numéro 18 pour la BNSP, le 15 pour le SAMU.
07:43Souvent, on a la question, qui est-ce qu'il faut appeler BNSP, SAMU?
07:47Il n'y a pas de problème, en fait.
07:48Que ce soit la BNSP ou le SAMU que vous appelez, nous, nous travaillons ensemble.
07:52Nous sommes complémentaires.
07:54Si vous appelez la BNSP et que c'est un cas qui relève du SAMU, ils vont nous appeler.
08:00De toute façon, nous avons des éléments de part et d'autre dans chaque structure
08:03qui font que la collaboration, elle est vraiment fluide.
08:07Donc, 18 ou 15, et on se déporte facilement sur les lieux.
08:11Donc, ça, ça va être la partie alertée.
08:14Maintenant, la partie secourie.
08:18Malheureusement, ici, on pêche beaucoup par excès.
08:21En voulant bien faire, bon, souvent, on crée beaucoup plus de tort à la victime.
08:27On a souvent des gens qui déplacent les victimes.
08:31Il n'est pas interdit de déplacer une victime, mais quand c'est un dégagement d'urgence.
08:36Quand je parle de dégagement d'urgence, c'est par exemple parce que le véhicule qui a été accidenté,
08:41il y a un risque incendiaire qui est là.
08:43Là, il faut déplacer la victime pour qu'elle ne soit pas, en fait, victime de l'incendie qui va
08:48se produire.
08:49Là, on procède à un dégagement d'urgence.
08:52En dehors de ces cas-là, il faut vraiment éviter de manipuler les victimes d'accident,
08:57surtout quand on suspecte un traumatisme du rachis.
09:00Voilà. Par exemple, le monsieur a une blessure vraiment très importante à la tête.
09:05Il faut considérer d'office qu'il a un traumatisme du rachis cervical.
09:09Ce monsieur-là, si vous le manipulez, vous pouvez aller aggraver ses lésions.
09:14Donc, lui, c'est de rester à côté de lui.
09:17S'il y a des lésions qui saignent, vous pouvez faire quelque chose par rapport à l'hémorragie.
09:21Il y a des compressions qu'on peut faire.
09:23Il faut également rassurer la victime si elle est consciente.
09:27Parce qu'avoir ce type d'événement-là, c'est très stressant.
09:30Voilà. Donc, s'il y a quelqu'un à côté de lui qui peut le rassurer,
09:33non, les secours sont en route, ne vous inquiétez pas, tout ira bien.
09:37Ça contribue, en fait, à apaiser la victime.
09:40Voilà. Donc, il y a des cas également où on peut demander de mettre le malade en position latérale de
09:46sécurité.
09:47Voilà. Ça, c'est les victimes qui sont souvent inconscientes.
09:50Bon, chez qui on ne pense pas qu'il y a un traumatisme du rachis.
09:54Mais ça, c'est aussi péché par excès parce qu'on ne peut pas savoir.
09:58Voilà. Donc, c'est en gros ce qu'on peut faire pour secourir les victimes en attendant l'arrivée des
10:04secours.
10:05On a vraiment une très grande chance à Ouaga parce qu'il y a un maillage qui est fait,
10:09qui fait qu'il y a des bases de la BNSP, il y a le SAMU pas loin.
10:14Donc, quand vous appelez, rapidement, ils sont là.
10:16Donc, au lieu de vouloir pécher par excès en manipulant les victimes,
10:20actuellement, on est face à un phénomène où la population même prend carrément le malade
10:25pour l'amener à l'hôpital.
10:27Bon, ça ne se fait pas dans des conditions optimales.
10:30Bon, souvent, le malade arrive dans un état qui n'est pas trop ça.
10:34Donc, moi, je pense que c'est toujours mieux de séquencer comme ça, protéger les lieux,
10:41alerter, secourir la victime de la meilleure des manières possibles et attendre l'arrivée des secours.
10:48OK. Vous venez de parler du cas où on ne doit surtout pas déplacer la victime.
10:52Est-ce qu'il y a d'autres gestes à éviter au maximum en cas d'accident ?
10:57Voilà. Il y a des gestes aussi à éviter.
10:59Par exemple, on a vu des gens qui demandent au malade de se lever.
11:03Bon, ils jugent qu'il n'a pas grand-chose, il faut se lever.
11:07Bon, ce n'est pas très grave rentrer chez vous.
11:10Ça, c'est... on va dire que c'est très grave.
11:13Parce que, de façon visuelle comme ça, vous pouvez penser qu'il n'y a rien.
11:17Mais à l'intérieur, quelque chose se passe.
11:20Donc, qu'une victime d'accident se retrouve chez lui en espace de peut-être 10-15 minutes.
11:25Parce que, bon, visiblement, il n'y a rien.
11:27Ça, ce n'est pas bon.
11:29Voilà. Donc, il y a le fait de déplacer le malade.
11:31Il y a le fait de lui demander de partir parce qu'il n'y a pas grand-chose.
11:34Ou bien, il y en a qui prennent peur.
11:36Surtout si la personne est à l'origine de l'accident.
11:39Il se dit que quand la police va venir, les constats et autres,
11:42bien, il sera blâmé.
11:44Il fuit.
11:45Il fuit.
11:46Et derrière, on se retrouve avec des situations très malheureuses
11:49où le monsieur, il allait bien, il est rentré chez lui.
11:52Et quelques heures après, on le retrouve malheureusement décédé.
11:56Parce que peut-être, il saignait dans le crâne.
11:58Il n'a pas su.
11:59Voilà. Parce que ce ne sont pas des signes qui se manifestent immédiatement.
12:02Voilà.
12:03Ou demain, on donne à boire à des malades qui sont en état de choc.
12:07Vraiment, il faut essayer de faire le minimum.
12:11Le minimum pour secourir la victime sans vraiment aller dans l'abus, quoi.
12:17Donc, geste à ne pas faire.
12:19Comme je disais, c'est geste à faire plutôt.
12:21Séquencer les interventions.
12:24Vous avez balisé les lieux.
12:26Vous avez alerté les secours.
12:28Vous avez porté cette assistance à la victime.
12:30Comme il se doit.
12:32Attendez simplement l'arrivée des secours.
12:35S'il y a une hémorragie qui est là.
12:37J'insiste sur les hémorragies.
12:38Parce que ça, ça peut rapidement engager le pronostic vital.
12:42Alors que sur place, on peut faire quelque chose.
12:45Si le malade est conscient, on peut lui demander lui-même, avec sa main qui est saine, s'il a
12:50une main qui n'est pas blessée, de comprimer la zone qui saigne.
12:54S'il n'est pas conscient et qu'il y a quelqu'un à côté, on peut se munir rapidement
12:58d'un sachet ou en tout cas quelque chose pour se protéger.
13:01Comprimer la zone pour essayer d'arrêter le saignement.
13:03En tout, en attendant l'arrivée des secours.
13:07Dans les gestes à ne surtout pas faire, vous avez parlé de ne pas donner à la victime de l
13:12'eau à boire.
13:13Et si c'est la victime elle-même qui demande à boire, on lui donne ou pas.
13:18Donc je vais essayer d'expliquer un peu pourquoi la victime pourrait être amenée à demander à boire.
13:25Ça, ça rentre en fait dans le cadre d'un état de choc.
13:28Ça veut dire que la victime est en train de saigner quelque part.
13:32Et le fait que la victime est en train de saigner quelque part, ça lui donne cette sensation de soif
13:37là.
13:38Voilà, qui n'est pas une vraie sensation de soif.
13:40Si vous vous remarquez, il y aura peut-être des sueurs profuses.
13:44Quand l'équipe médicale viendra à son pouls, il sera difficile à prendre.
13:48Donc c'est un malade potentiellement qui sera opéré.
13:51Quand vous lui donnez à boire comme ça, quand on va arriver au bloc avec ce malade là,
13:56c'est un malade qu'on aura du mal à endormir.
13:58Parce qu'il a l'estomac plein avec de l'eau.
14:02Donc, bon, je ne vais pas rentrer dans les détails pour tout ce qui est anesthésie,
14:06mais il y a un malade qui a l'estomac plein et très difficile à intuber.
14:10Donc cette sensation de soif que le malade manifeste n'est pas en réalité une sensation de soif,
14:15mais ça rentre dans le cadre en fait d'un état de choc.
14:19État de choc qui signifie qu'il y a un saignement important qui est quelque part,
14:23qu'il va falloir prendre en charge probablement au bloc opératoire.
14:28Donc c'est dans l'optique de cette prise en charge là qu'on demande de ne pas donner à
14:32boire souvent au malade.
14:34Mais si c'est quelqu'un par exemple qui a juste le poignet qui est luxé,
14:38qui vous demande à boire, il n'y a pas de problème, vous pouvez lui donner à boire.
14:42Mais si c'est un malade grave qui demande à boire,
14:44c'est mieux d'éviter justement de lui donner cette eau là,
14:48parce que ça peut compliquer en fait la suite de sa prise en charge.
14:51Et vous verrez que cette quantité d'eau même que vous allez lui donner
14:54ne peut pas étancher cette soif là, parce que ce n'est pas une question de soif.
14:57Ça rentre dans le cadre d'un syndrome en fait.
15:00Ok. Et à vous attendre, il faut forcément appeler les secours en cas d'accident.
15:08En cas d'accident, c'est mieux d'alerter les secours.
15:12Mais bien sûr, il y a des accidents légers, par exemple collision vélo-vélo.
15:17Bon, il n'y a pas vraiment, en fait, il n'y a pas de vélocité intense.
15:22C'est juste que, bon, quelqu'un voulait traverser et tout.
15:25C'est juste des égratignures, il n'y a pas eu de choc à la tête.
15:29Personne n'est tombé.
15:30Bon, voilà.
15:31En tout cas, c'est des gens qui se disputent pour savoir qui et qui ont raison.
15:35Là, peut-être, on peut se dire qu'on n'appelle pas les urgences.
15:38Mais dans l'idéal, pour tout accident, il faut appeler les urgences parce qu'on ne sait pas comment ça
15:44va évoluer, en fait.
15:46Voilà.
15:47L'idéal, c'est d'appeler les urgences.
15:49Mais bon, il y a des cas légers où les malades même refusent d'aller aux urgences.
15:54Voilà.
15:55Donc, mais l'idéal, ce serait vraiment d'aller aux urgences, d'appeler les services d'urgence qui peuvent même
16:00venir sur place, évaluer le malade.
16:03Bon, il n'y a pas grand-chose.
16:05Ils vont le laisser, voilà, repartir, voilà.
16:09D'accord.
16:09Et lorsqu'on appelle les urgences, quelles sont les informations essentielles à fournir?
16:14D'accord.
16:14Quand vous appelez les urgences, les informations essentielles, c'est déjà le lieu de l'accident, le nombre de victimes
16:21impliquées.
16:22Voilà.
16:22Le mécanisme de l'accident, est-ce que c'était une collision moto-moto, véhicule-moto, en tout cas, comment
16:29est-ce que ça s'est passé?
16:30Voilà.
16:31L'état des victimes, est-ce que c'est des victimes qui sont conscientes, est-ce qu'elles sont inconscientes,
16:36est-ce qu'elles saignent beaucoup, quelle est la partie qui saigne beaucoup?
16:40Voilà.
16:40Ça, c'est des informations qui permettent à l'équipe qui est en train de venir de se préparer, en
16:45fait.
16:46Parce que si vous appelez, vous dites qu'il y a peut-être quatre ou cinq victimes qui saignent énormément,
16:51ce ne sera pas le même matériel que si vous appelez pour dire que ce sera une victime, par exemple,
16:56qui saigne, qui a peut-être une fracture, le cou déformé ou quelque chose.
17:01Donc, il faut toujours donner les informations que l'on peut, parce que c'est évident que le citoyen lambda
17:06ne peut pas donner toutes les informations dont on a besoin, mais ce qu'il voit, il peut le dire.
17:12Et dans le cas où la victime est inconsciente après l'accident, comment prendre en charge cette victime-là en
17:19attendant les secours?
17:20D'accord. Cette question, elle est un peu délicate, on va dire, parce que c'est un peu, il faut
17:29peser le pour et le contre.
17:31Une victime inconsciente, ça suppose qu'elle a eu un traumatisme, en tout cas crânien, peut-être que ce n
17:37'est pas visible, mais peut-être qu'il y a eu quelque chose au cerveau.
17:41Nous, on relie toujours le cerveau au cou. Donc, la peur vraiment qu'il y ait une lésion rachidienne.
17:50Donc, cette victime-là, si vous la retrouvez, par exemple, dans un véhicule, c'est-à-dire qu'elle est
17:55inconsciente, elle est dans le véhicule, il y a un risque que ce véhicule-là prenne feu.
18:00Vous êtes obligés de procéder à un dégagement d'urgence. Et quand cette victime-là sera au sol, il y
18:07a des mesures à prendre.
18:09Les gens aiment dire, s'il y a quelqu'un qui est formé au secourisme, parce qu'il y en
18:13a plein qui ont des brevets de secourisme et tout,
18:17il sait vraiment comment est-ce qu'on peut mobiliser cette victime-là, comment on peut garder cette rectitude tête
18:23-coutron-là,
18:24qui permet de ne pas majorer s'il y en a des potentielles lésions rachidiennes.
18:30Donc, lui, il peut diriger les autres sur comment manipuler cette victime-là pour la mettre en position latérale de
18:37sécurité.
18:38La position latérale de sécurité permet l'écoulement des liquides pour que le patient ne s'étouffe pas.
18:45Voilà. Mais si dans... Enfin, ceux qui sont autour, il n'y a personne qui a cette notion-là.
18:51Une fois que ce dégagement d'urgence-là est fait, c'est mieux d'attendre l'arrivée des secours.
18:58Et de regarder si le monsieur a un pouls.
19:02Ça dit, le pouls, ça, ça peut s'apprendre facilement.
19:04Chacun sait comment on voit si le cœur bat toujours.
19:07Voilà. Idéalement, c'est au niveau des carotides qu'il faut prendre.
19:10Si ça ne bat pas, ça veut dire que c'est un monsieur qui a un arrêt cardiaque ou une
19:14dame qui a un arrêt cardiaque.
19:16Et là, la seule chose que vous pouvez faire, c'est débuter le massage cardiaque.
19:21Voilà. Avec les fréquences qu'il faut... Bon, je ne sais pas s'il faut donner tout ça ici.
19:26C'est une fréquence de 120 compressions par minute.
19:31Voilà. Environ. En attendant l'arrivée des secours.
19:34Comme je dis, c'est un couteau à double tranchant.
19:36Le risque de le laisser comme ça, il peut s'étouffer avec toutes ses sécrétions.
19:41Le risque de ne rien faire aussi.
19:43Oui, les urgences viennent donc trouver qu'il n'y a pas grand-chose à faire.
19:47Donc, une victime qui est inconsciente, si possible, on la met en position latérale de sécurité.
19:53Si vraiment on suspecte qu'il y a une lésion rachidienne, c'est mieux de la laisser telle qu'elle
19:57est et de l'assister si besoin sur le plan respiratoire et sur le plan cardiaque.
20:03S'il y a une hémorragie, essayez de comprimer la zone.
20:06Il y en a même qui ont des astuces.
20:08Avec des morceaux de pain, ils font une sorte de garrot pour limiter l'hémorragie.
20:13Donc, la gestion de la victime inconsciente, elle est plus propre au service d'urgence, j'allais dire, qu'à
20:21la population.
20:24Mais bon, personne n'aimerait s'arrêter comme ça, regarder quelqu'un qui est inconscient.
20:28Donc, on peut faire un minimum qui est là, les dégagements d'urgence, la position latérale de sécurité et attendre
20:35l'arrivée des secours.
20:37Donc, vous qui êtes sur le terrain, vous voyez les différentes causes des accidents.
20:42Quel comportement simple peut aider vraiment à réduire le nombre d'accidents en situation?
20:48Je pense que le comportement, d'abord le premier, c'est le respect du code de la route.
20:53Le respect du code de la route, la vérification périodique des engins qui roulent.
21:00Parce que souvent, tu as beau respecter le code de la route, si tu as un pneu qui a crevé
21:03sans que tu ne t'en rendes compte,
21:06bon, rapidement, ça peut créer des situations.
21:09Et puis bon, donc, respect du code de la route.
21:12Et puis, il y a également le cas de certains qui font des malaises au volant, ce qui peut provoquer
21:17un accident de la circulation.
21:19Là, ce serait bien que ce type de malade-là soit porteur d'une carte, par exemple, qui indique ce
21:24qu'il a et tout.
21:25Comme ça, à l'arrivée des secours, on sait ce qui se passe, si c'est quelqu'un qui a
21:29une tendance à l'asthme, par exemple,
21:31ou bien ça permet de mieux l'aider.
21:34Mais sinon, pour réduire les accidents, respect du code de la route, vérifier régulièrement les engins
21:40et vraiment avoir une attitude responsable, on va dire, en circulation.
21:46Sur la route, une seconde d'inattention peut coûter une vie.
21:50Respecter le code de la route, c'est déjà sauver des vies.
21:53Merci, Dr. Yasmine Milogo, d'être venue une fois de plus nous édifier sur les accidents de la route.
22:00Je vous en prie, c'est un plaisir pour moi.
22:03Merci également à vos chers antennes de nous avoir suivis.
22:07Et surtout, n'oubliez pas, prendre soin de vous, c'est prendre également soin des autres.
22:11Merci et rendez-vous est prêt la semaine prochaine pour un nouveau sujet.
22:16Merci.
22:43Sous-titrage MFP.
22:46Merci.

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