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  • il y a 5 mois
Dans son édito du 28/08/2025, Agnès Verdier-Molinié revient sur l'économie française.

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Transcription
00:00Oui Romain, malheureusement on sait que dans dix jours on aura un gouvernement démissionnaire.
00:05On a l'impression de vivre vraiment dans un disque rayé.
00:07Cette instabilité politique, elle nous ronge économiquement depuis 2022.
00:12A l'origine, on s'en souvient Romain, le fait qu'il n'y a pas de majorité à l'Assemblée nationale
00:16et que finalement les politiques n'ont pas été capables de monter une coalition
00:20comme dans n'importe quel autre pays d'Europe.
00:22Ce serait ça qui serait passé, il y aurait une coalition et il y aurait eu une majorité
00:26qui aurait été trouvée et une stabilité.
00:29Mais le président de la République, le premier, est responsable de ce fait
00:32puisqu'il n'a pas vraiment cherché à aller créer cette coalition.
00:37Et puis derrière, on a eu quoi ? On a eu la dissolution qui a rajouté de l'instabilité
00:40et puis ensuite la motion de censure sur le gouvernement Barnier, on s'en souvient.
00:44Et maintenant, cerise sur le gâteau, ce vote de confiance avec ce siège éjectable du Premier ministre.
00:50Alors c'est vrai que depuis 2022, on a été gâté en termes d'instabilité politique.
00:54Oui, on ne peut que constater qu'à chaque fois la croissance, elle en prend un coup.
00:58C'est-à-dire que si on s'en souvient, en 2024, le gouvernement attendait 1,4% de croissance.
01:05Nous n'avons eu finalement que 1,2% de croissance.
01:08Cette année, pour 2025, on tablait initialement sur 1% de croissance, puis sur 0,9%.
01:13Et maintenant, la Banque de France nous dit que ce serait 0,6%, voire moins.
01:18Oui, oui.
01:18Le 8 septembre, nous serons de nouveau plongés dans le bain acide de l'incertitude.
01:25Oui, à chaque fois que nous rentrons de nouveau dans l'incertitude, c'est une catastrophe pour notre économie.
01:30Éric en parlait tout à l'heure.
01:31Les entreprises arrêtent ou freinent les embauches.
01:34Idem pour les investissements.
01:36Quant aux ménages, ils thésorisent de manière maladive.
01:39C'est absolument incroyable.
01:41Ce taux d'épargne des Français est entre 18 et 19%, alors que dans la zone euro, la moyenne, c'est à 15%.
01:46On voit qu'on a un gros problème.
01:47On voit qu'il y a une énorme inquiétude de nos concitoyens.
01:51Et là encore, Romain, c'est de la croissance en moins.
01:55Ce sont des milliards de PIB en moins.
01:57Oui, alors c'est difficile à évaluer parce qu'on ne sait pas exactement comment chiffrer tout ça.
02:02Mais si on regarde la croissance qu'on aurait dû avoir par rapport à la croissance qu'on a eue,
02:06rien qu'en 2025, ça fait environ une vingtaine de milliards de richesses nationales perdues, envolées,
02:12à cause de cette incertitude politique, à cause de cette instabilité.
02:17Et le paradoxe, Romain, c'est ça qui est incroyable, c'est que cette incertitude née de l'instabilité politique,
02:22elle va encore plus creuser derrière le budget, le déficit et la dette publique.
02:27Pourquoi ? Parce que tout simplement, si nous n'avons pas de croissance en 2026,
02:32parce que vous voyez, à chaque fois, la croissance, elle baisse de plus en plus chaque année.
02:35Et bien, qu'est-ce qu'on va avoir ? Une croissance à zéro ?
02:37Pas d'économie qui était prévue dans le budget Bayrou.
02:42Qu'est-ce qu'on va faire ?
02:43Et bien, on va avoir potentiellement, c'est là nos estimations de la Fondation IFRAP,
02:47un déficit de la France qui va être au-delà des 6% de richesses nationales,
02:51donc quelque chose de gigantesque, entre 180 et 200 milliards d'euros de déficit public.
02:57Et on va aller taper dans les 3600 milliards de dettes.
03:01Donc, on est clairement dans un cercle vicieux.
03:04Et ce qu'on peut dire aujourd'hui, c'est que le politique, il ne résout pas la crise.
03:08En fait, il continue à casser la croissance, à enliser toujours plus nos finances publiques.
03:14Et la moralité, ce qu'on peut dire, c'est que le politique, il ne résout pas la crise,
03:18il la crée, malheureusement.
03:20Et ça, c'est extrêmement dommageable, parce que finalement, si on avait de la stabilité,
03:24on aurait beaucoup plus de croissance, on aurait beaucoup moins de problèmes de finances publiques,
03:29on aurait moins de problèmes de déficit, on aurait moins de problèmes de dettes.
03:32Donc, voilà, à un moment, peut-être, un peu de responsabilité.
03:36Arrêtons de casser, en fait, l'économie de ce pays.
03:39Éric Doré de Matelaine.
03:41Ce qui est extraordinaire, c'est que la tentation du gouvernement, c'est de quoi ?
03:44C'est d'aller prendre encore plus d'impôts aux entreprises pour combler, justement,
03:48cette perte prévue en 2026.
03:50Augmenter l'impôt sur les entreprises, poursuivre la CVAE, l'ISF, pourquoi pas, de retour.
03:56Vous voyez, l'impôt, aujourd'hui, c'est la solution pour combler les trous.
04:00C'est quand même vraiment sidérant.
04:00Mais c'est même pas sûr que les politiques aient conscience du fait que leur incurie
04:04accélère et augmente cette situation.
04:09C'est-à-dire, là, on est quand même dans une...
04:11Vous nous dites quoi ? Ils comprennent pas l'économie ? Ils s'en foutent ? Ils s'en fichent ?
04:15Bah, c'est pas forcément leur priorité.
04:18C'est-à-dire que la priorité, c'est les calculs...
04:19Alors, on se demande bien ce qu'est leur priorité, parce que si l'économie n'est pas leur priorité,
04:23la sécurité, visiblement, c'est compliqué.
04:25L'immigration, c'est compliqué, on se demande quelle est la priorité.
04:27Non, mais on le voit de tous bords ces derniers jours.
04:30Malheureusement, on vous donne raison, mais...
04:32On le voit de tous bords ces derniers jours.
04:33À quoi ils pensent ? Ils sont en train de penser aux municipales de 2026,
04:36aux présidentielles de 2027,
04:38à leur positionnement par rapport aux alliances potentielles avec d'autres parties, etc.
04:42et pas du tout à la question de comment on crée des emplois en France,
04:47comment on crée de la valeur ajoutée.
04:48C'est bienvenu.
04:49Non?
04:54Non.
04:54Non.
04:55Non.
04:55Non.
04:55Non.
04:56Non.
04:56Non.
04:56Non.
04:57Non.
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