- il y a 1 semaine
Entre 1971 et 1992, le quartier Méaulens–Saint-Géry, à Arras, a connu l’une des plus importantes transformations urbaines de son histoire.
Quartier médiéval aux ruelles étroites, marqué par les guerres et le temps, Méaulens est déclaré insalubre au début des années 1970 : 63 % des logements sont jugés indignes.
Démolitions, expropriations, débats politiques, mobilisation des habitants…
Près de 180 immeubles sont détruits, 627 logements reconstruits et 405 restaurés.
Sous l’impulsion de Guy Mollet, puis de Léon Fatous, et grâce au travail de l’architecte Pierre Rousse, le quartier est entièrement repensé :
– îlots aérés
– commerces en rez-de-chaussée
– architecture limitée à trois étages
– intégration du patrimoine ancien comme l’Hospice Saint-Éloi
Mais derrière les murs reconstruits, ce sont près de 195 familles qui quittent le quartier.
Cette vidéo retrace :
📜 L’histoire du vieux Méaulens
🏚 Les démolitions de 1974
🏗 Les choix architecturaux
👥 La transformation sociale
🎉 La renaissance d’une vie de quartier
Une page méconnue de l’histoire d’Arras.
Quartier médiéval aux ruelles étroites, marqué par les guerres et le temps, Méaulens est déclaré insalubre au début des années 1970 : 63 % des logements sont jugés indignes.
Démolitions, expropriations, débats politiques, mobilisation des habitants…
Près de 180 immeubles sont détruits, 627 logements reconstruits et 405 restaurés.
Sous l’impulsion de Guy Mollet, puis de Léon Fatous, et grâce au travail de l’architecte Pierre Rousse, le quartier est entièrement repensé :
– îlots aérés
– commerces en rez-de-chaussée
– architecture limitée à trois étages
– intégration du patrimoine ancien comme l’Hospice Saint-Éloi
Mais derrière les murs reconstruits, ce sont près de 195 familles qui quittent le quartier.
Cette vidéo retrace :
📜 L’histoire du vieux Méaulens
🏚 Les démolitions de 1974
🏗 Les choix architecturaux
👥 La transformation sociale
🎉 La renaissance d’une vie de quartier
Une page méconnue de l’histoire d’Arras.
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00:03Le quartier Méolens-Saint-Géry, l'un des plus anciens d'Arras, a conservé son charme médiéval
00:09jusqu'aux années 1970, malgré le temps et les guerres. Mais cette décennie a marqué
00:14une profonde transformation architecturale. Le quartier Méolens est le siège de la Société
00:19des Jouteurs fondée le 12 juillet 1812. Tradition populaire emblématique qui anime
00:24régulièrement le bassin du port. Les fêtes nautiques, les défilés et les rassemblements
00:28contribuent à faire de Méolens un lieu de convivialité reconnu dans toute la ville,
00:32où la culture ouvrière et festive demeure très présente.
01:11Le quartier est composé de nombreux commerces dont le Père Tranquille, la boucherie, la boulangerie
01:17Pruvaux, la droguerie en berre, mais aussi des cafés, une librairie, des marchands d'articles
01:22de pêche et des épiceries de proximité. On y compte encore, au tournant des années
01:271970, plusieurs dizaines d'enseignes sur quelques centaines de mètres. La rue Méolens fonctionne
01:33comme un petit centre-ville autonome. On y travaille, on y fait ses courses, on s'y
01:37rencontre. Les commerçants accordent le crédit, connaissent leurs clients, participent
01:42aux fêtes de quartier. Cette densité commerciale entretient un esprit de village où tout le monde
01:46se connaît.
02:06Pour appréhender correctement ce bouleversement architectural qui touche à le quartier durant
02:10cette décennie, il faut remonter au début du XXe siècle. En 1919, à l'instigation du député
02:16est honoré Cornudet et voté une loi imposant des plans d'aménagement. Le quartier Méolens-Saint-Géry
02:21est directement concerné. Ses rues étroites et ses maisons anciennes ne correspondent plus
02:24aux normes modernes. Les propriétaires cessent progressivement d'investir. L'absence d'entretien
02:29accélère la vétusté, infiltration, humidité, sanitaire extérieur. En 1968, la population est
02:35vieillissante et les logements très dégradés. Les entrepôts du Quai du Rivage se vident progressivement.
02:41Le déplacement des activités portuaires affaiblit l'économie locale et accentue la
02:46dégradation générale du quartier. Le comité de défense des habitants du quartier Méolens-Saint-Géry
02:51organise un débat en 1971 sur l'avenir du quartier, en présence des candidats au municipal,
02:58sous l'œil des médias nationaux.
02:59La commune peut elle-même, directement et sans aucune autre intervention extérieure,
03:04prendre en main la rénovation du quartier.
03:07Si vous permettez un peu, je voudrais simplement ajouter ceci, c'est qu'au fond c'est l'expérience
03:11qui nous dira la meilleure formule. On sait qu'il existe des comités de quartier.
03:16Les comités de quartier, nous ne sommes pas toujours très représentatifs de la composition
03:20sociale de ces quartiers et des désirs des gens de ces quartiers.
03:26Monsieur Delepot vient de créer dans son quartier Méolens-Saint-Géry, un comité
03:30de défense qui a invité les leaders des trois listes à venir s'expliquer.
03:33Le nom est Delepot, il est membre du Parti Socialiste. Il est membre du Parti Socialiste,
03:39sa fille est membre du PSU et lui a actuellement fait du coup de la liste.
03:43C'est du coup de la liste ce qu'il fait là, pas de doute quoi.
03:47Oui, alors c'est lui en particulier qui a essayé de soulever ensemble le quartier quoi.
03:52Alors monsieur le maire s'il vous plaît.
03:56La seule réunion contradictoire de cette campagne va commencer.
04:15Bon, mesdames, mesdemoiselles, messieurs, nous avons cru utile d'avoir les trois candidats
04:25comme ça ce soir.
04:26Nous considérons nos trois candidats comme des tiens de la main.
04:28Guy Mollet va refuser de serrer la main de Francis Jacquemont.
04:32De toute manière, je ne les vois pas, c'est Guy Mollet.
04:34Je vous en prie, saluez-vous, messieurs.
04:39Mon impression, c'est que ce quartier où les gens veulent rester, on le laisse volontairement
04:45pourrir.
04:46Pour pouvoir dire ensuite ce quartier est foutu, il faut donc le raser.
04:50Ce n'est pas seulement un problème du quartier Mollet, ce n'est pas seulement un problème
04:55d'élection municipale à la joie, c'est un problème de politique économique et sociale
05:00nationale et aussi longtemps que les Français n'auront pas changé cette politique économique
05:05nationale, le quartier Mollet ne trouvera pas de solution à ces problèmes.
05:09C'est ça la vérité.
05:11Non, on ne s'écarte pas des problèmes de Mollet, parce que les problèmes de Mollet
05:15sont directement liés à l'emprise du capitalisme sur les communes.
05:24Bien.
05:25On n'est pas ici pour parler du préfet.
05:27En ce qui concerne les propositions concrètes, il est bien évident, mais Jacquemont aura
05:33la parole quand il voudra la reprendre.
05:34C'est pas vrai, il n'a pas le droit de parler, il n'y a qu'un seul candidat
05:36qui a le
05:36droit de parler ici.
05:37Eh bien, vous m'empêchez de parler, vous-ci.
05:46Non, monsieur, à ce moment-là, demandez la carte d'électeur de monsieur Jacquemont.
05:51Dans ce problème de Mollet-Saint-Jéry, il y a un préalable, c'est celui des égouts.
06:01On ne peut pas faire, monsieur Jacquemont, un réseau d'égouts avant de connaître le
06:07plan d'urbanisme et le plan d'alignement.
06:10N'importe quel maire de France, c'est cela.
06:13Ce que nous voulons, nous, c'est que la municipalité, si c'est une municipalité populaire, gère le
06:21problème de la rénovation de ce quartier avec vous, et non pas comme ça s'est passé
06:25depuis 25 ans, dans vous, et d'autre part, et d'autre part, que cette municipalité
06:29fasse ça avec vous, mais non pas contre vous, comme le ferait la municipalité qui serait
06:34gérée par Jacquemont, c'est-à-dire une municipalité.
06:37Une municipalité.
06:40Vous n'écartez pas de ce sujet.
06:42Oui, oui, mais je ne m'écarte pas de ce sujet, parce que Jacquemont est le représentant
06:46ici des patrons et des spéculateurs immobiliers, et il ne peut pas faire, il ne peut pas faire
06:52la rénovation que nous voulons et que vous voulez.
06:59Nous, c'est qu'on ne fera pas de discours, et dès le 15 mars, on se mettra à l
07:03'action.
07:11C'est qu'il faut absolument que désormais, et pas seulement dans le mois qui précède
07:15les élections, mais toujours, un comité de défense existe.
07:21Moi, je répondrai rapidement, monsieur Kimmelet, pour lui dire que ça n'est pas au comité
07:25de quartier d'aller vers le maire, c'est au maire d'aller vers ses amis.
07:30À la fin des années 1960, sous l'impulsion de commerçants et d'habitants engagés, se
07:35crée un comité de défense.
07:36Leur objectif est clair, éviter une destruction massive et préserver l'identité du quartier.
07:41Ils demandent à participer aux décisions, à être informés des projets et à défendre
07:46les habitants face au risque d'expropriation.
07:48Leur mobilisation transforme la rénovation en enjeu politique majeur.
07:52Guy Molet sera réélu, en promettant que jamais on ne permettra de raser le quartier.
08:01Face à un taux d'insalubrité dépassant 60%, la municipalité active la loi Vivien.
08:07L'État finance 70% du coût des opérations.
08:11Après un concours d'architectes, le projet de Pierre Roux s'est retenu.
08:14Il privilégie une architecture modeste, limitée à trois étages, conservant la trame urbaine
08:19existante et intégrant briques, ardoises et pierres traditionnelles.
08:23Des réunions publiques sont organisées afin d'expliquer les choix, rassurer les habitants
08:28et limiter les départs forcés.
08:29L'objectif affiché reste d'éviter les grandes tours et de préserver l'âme du quartier.
08:52Parmi beaucoup d'autres, une séance de travail avec l'architecte de la ville.
09:01La zone de résorption prévoit la démolition des immeubles jugés irrécupérables et la
09:12reconstruction de logements modernes.
09:14La zone de réhabilitation concerne les bâtiments pouvant être restaurés.
09:23Le nouveau quartier se dessine en îlots aérés, intégrant jardin intérieur et cheminement
09:28piétonnier.
09:29Chaque logement dispose d'un balcon, les raies de chaussée accueillent des commerces et
09:33l'ensemble ne dépasse pas trois étages afin de préserver l'échelle humaine.
09:38Les matériaux traditionnels sont privilégiés pour maintenir une continuité visuelle avec
09:43l'ancien quartier médiéval.
10:00En septembre 1974, les premiers engins de démolition arrivent.
10:05Le paysage urbain change brutalement.
10:08Façade murée, toiture ouverte, rue partiellement fermée.
10:12Il fallut malheureusement se séparer de certaines bâtisses comme la maison Tabony, qui se situait
10:17à une fourche au niveau de la rue au Foulon.
10:36Parmi ces bâtisses non conservées, dont la vétusté et l'état de délabrement rendaient
10:40la tâche de restauration impossible, se trouve l'hôtel du Bon Pasteur datant du 18e siècle,
10:45est située au 71 rue Méolence, mais aussi la plus vieille bâtisse du quartier, datant
10:50de 1606 et située au 97 rue Méolence.
10:54Ce fut aussi le cas de la brasserie des Planques.
10:56On voit ici le puits qui date du 17e siècle, qui fut mis à jour lors de fouilles préalables
11:01à la construction de l'école Victor Hugo, avant qu'elle ne devienne la maison de l'éco-citoyenneté.
11:31L'enjeu pour l'architecte urbaniste Pierre Rousse est aussi de permettre la juxtaposition
11:35de l'ancien et du nouveau à leur point de rencontre.
11:40C'est parti !
11:41C'est parti !
11:42C'est parti !
12:17Les commerces historiques sont détruits, puis parfois réimplantés ailleurs, comme
12:21le Café Le Père Tranquille ou la Boulangerie Pruveau.
12:25Comme l'a souhaité Guy Mollet, Pierre Rousse restaurera certaines bâtisses, parmi lesquelles
12:29les maisons 117 et 119, situées rue Méolence, dont l'ancien corps de garde.
12:34Ce sont d'ailleurs les seuls immeubles côté impaire de la rue Méolence à avoir été
12:38sauvegardés.
12:39Le secteur compris entre la rue du Moulinet et la grande rue du Rivage est le seul à avoir
12:43conservé toutes ses habitations.
12:46La démolition s'organise en 5 phases successives pour reloger progressivement les habitants.
12:52Malgré cela, près de 195 familles quittent le quartier entre 1974 et 1978.
12:58Certaines se relogent en périphérie, d'autres partent définitivement.
13:02Seules quelques familles reviennent dans les nouveaux logements.
13:04La population diminue fortement.
13:06Les anciens immeubles mitoyens laissent place à des ensembles plus aérés.
13:10Les nouvelles constructions offrent chauffage individuel, sanitaire intérieur, isolation
13:14et lumière abondante.
13:16Cependant, les loyers, même modérés, excluent certaines familles nombreuses.
13:20La mutation sociale s'amorce.
13:22Jeunes couples et employés remplacent progressivement les familles ouvrières traditionnelles.
13:38A passiert par COVID-19.
14:30...
15:11Le 17 mars 1975, la première pierre des 77 futurs logements est posée par Guy Mollet.
15:17Ce geste symbolise le passage du projet à la reconstruction.
15:20D'autres tranches suivent en 1977 et 1978, confirmant la transformation progressive du quartier.
15:27...
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15:47...
16:01La démolition se déroulera en cinq phases.
16:04On commence par démolir un premier secteur pour y construire des logements qui seront occupés par les habitants du second
16:10secteur, et ainsi de suite.
16:13...
16:29Les habitants apprennent à vivre entre construction et démolition.
16:34...
16:47Après le décès de Guy Mollet le 3 octobre 1975, son successeur au siège de maire, Léon Fatou, poursuit l
16:54'opération et inaugure les 77 nouveaux logements en août 1976.
17:00S'en suivront d'autres en 1977 et 1978.
17:05La dernière tranche fut inaugurée au début des années 1990, avec les 230 logements situés en bordure de l'ancien
17:15port, également pensés par Pierre Rousse.
17:17On voit sur ces photos un exemple très parlant de comparaison entre anciens et nouveaux logements.
17:21La famille Bédu, qui habitait aux cinq places de l'ancien rivage, dans un immeuble vétuste aux escaliers étroits, sans
17:27sanitaires intérieurs, avec infiltration et rats,
17:30et la famille Béguinet, qui intègre l'un des nouveaux logements fraîchement construits.
17:34Dans le nouvel appartement, chauffage individuel au gaz, salle de bain avec baignoire, ou essai intérieur, grande baie vitrée laissant
17:41entrer la lumière.
17:42Un contraste saisissant. Mais derrière cette amélioration matérielle, il y a aussi un bouleversement humain.
17:48Depuis 1974, près de 195 familles ont dû quitter le quartier. Beaucoup ne reviendront pas.
17:55Ces disparités sont pointées par une enquête de 1973, menée par l'Action sanitaire et sociale, DAS, sur 490 immeubles
18:03et 850 logements.
18:05Elle déclare que 72 immeubles sont désormais interdits à l'habitat, et que le taux d'insalubrité du quartier atteint
18:11les 63%, une maison sur 5 ayant dévoissé à l'extérieur.
18:14Cette enquête s'appuie sur les critères définis par la loi Vivien.
18:18Humidité, ventilation, éclairage, état des escaliers, raccordement à l'eau et à l'égout, sécurité.
18:24Chaque immeuble est évalué. Il suffit que 60% d'un îlot soit jugé insalubre pour que l'ensemble soit
18:30classé en zone à résorber.
18:31Au-delà du projet architectural, la municipalité comprend très vite qu'il ne s'agit pas seulement de reconstruire des
18:37murs, mais de préserver un tissu social.
18:40Au-delà du projet architectural, on veut la création d'un projet social, en créant par exemple des lieux dans
18:46lesquels les générations peuvent se croiser.
18:47Car la rénovation ne bouscule pas seulement des rues, elle transforme un groupe humain entier.
18:52En septembre 1974, une cellule d'animation Méolence s'ingérit et créée.
18:57Elle est installée dans un ancien café au cœur même de la zone en démolition.
19:01Elle est animée par Christian Bultet, animateur socio-culturel diplômé.
19:06Sa mission ? Accompagner les habitants dans cette période brutale.
19:09Informer, rassurer, orienter, expliquer les droits au relogement, aider à comprendre les procédures, maintenir le lien avec les 105 familles
19:18déjà parties.
19:18Il rédige également dans ce tumulte, un journal de quartier, Mon quartier, diffusé à 800 exemplaires.
19:25Pendant que les bulldozers avancent, les camions des premiers nouveaux arrivants arrivent.
19:30La cellule est un espace où chacun peut s'exprimer, poser ses questions, partager ses inquiétudes.
19:35Elle accueille aussi des permanences de la CAF, de l'action sanitaire et sociale, des services HLM.
19:41Elle devient un véritable lieu de coordination sociale.
19:43Il faut éviter que le quartier ne devienne une juxtaposition d'inconnus.
19:47L'Association des nouveaux locataires organise l'accueil des nouveaux venus.
19:51L'Association des nouveaux locataires installe un stand avec des informations sur le quartier et un prêt d'outillage.
19:57Le ciné-club AGM fait sa publicité depuis un stand rue Méolence.
20:01Tous gardent le souvenir du premier bal folk, 5 rues des 11 000 vierges, avec l'association La Fustanelle.
20:08Jadis, une église du XIXe siècle s'élevait place Sainte-Croix, devenue aujourd'hui place Guimolet.
20:14Vendue comme bien nationale à la Révolution, elle fut détruite pour laisser place à des habitations des XVIIIe et XIXe
20:19siècles.
20:20Mais dans le cadre de la restructuration urbaine, il est décidé de construire un centre administratif municipal au cœur du
20:27quartier rénové.
20:28En 1975, ces maisons anciennes sont à leur tour livrées au bulldozer de l'entreprise Delabie.
20:33La mairie est à cette époque située à l'hôtel de ville historique.
20:36En 1976, des fouilles archéologiques sont menées.
20:40On découvre des sépultures de l'ancien cimetière, des caves, des souterrains.
20:44Les habitants viennent photographier ces vestiges.
20:54Le 2 octobre 1976, après avoir rebaptisé la place en hommage à Guimolet,
21:04Léon Fatou pose la première pierre de la future mairie d'Arras sur les plans de l'architecte Émile Coué.
21:11La ville souhaitait depuis 1971 acquérir ce terrain stratégique.
21:16Avec cette construction, la municipalité affirme une volonté forte, replacer Méolence au centre de la ville.
21:23On peut encore voir cette première pierre au niveau moins 1 de la mairie.
21:29Construit en 1746 sous le nom d'Hôtel Laurent, le bâtiment est très délabré au moment de la réhabilitation.
21:44Plutôt que de le démolir, on choisit de le restaurer.
21:53Il devient le foyer soleil, puis résidence soleil, ouverte le 1er mai 1978.
22:09Elle propose 42 logements pour personnes âgées, avec des espaces collectifs.
22:19L'objectif est double, offrir un cadre digne aux seniors et maintenir leur présence dans le quartier.
22:28Les étages supérieurs accueillent des salles d'animation, projection, lecture, gymnastique, bricolage.
22:38Le lieu devient un pilier de la reconstruction sociale.
22:43En 2025, la maison des seniors y est inaugurée. Preuve que l'esprit du projet de 1978 perdure.
22:59Derrière la résidence soleil est construite la halte garderie Méolence.
23:03Elle répond à l'évolution démographique du quartier.
23:06De jeunes couples s'installent dans les nouveaux logements.
23:08Le quartier ne doit pas devenir uniquement un secteur administratif ou résidentiel,
23:12mais un espace de vie intergénérationnel.
23:15Elle est aujourd'hui occupée par le centre social Nord-Est-Centre.
23:20L'hospice Saint-Éloi, place de l'ancien rivage, est le plus ancien édifice de la place.
23:30Construit au début du XVIIe siècle par Robert Leriche, hors fèvre à Rajoy, il est reconnaissable à sa tourelle en
23:36briques.
23:39Classé monument historique en 1946, il est restauré dans le cadre de la réhabilitation.
23:47Il devient un équipement collectif majeur.
23:51Salle d'animation, réunion, projection.
23:55Un symbole fort.
23:57Le patrimoine ancien n'est pas effacé.
23:59Il est intégré au nouveau quartier.
24:04Peu à peu, entre 1978 et le début des années 1980, le paysage urbain change profondément.
24:10Les immeubles ne dépassent pas trois étages.
24:13Briques, pierres et ardoises rappellent l'architecture traditionnelle à Rajoy.
24:17Les cages d'escalier donnent sur des courrettes intérieures, favorisant une échelle plus humaine.
24:22On cherche clairement à éviter l'image froide et anonyme des grands ensembles.
24:25La rénovation transforme donc l'espace.
24:28Mais elle ne suffit pas à recréer du lien.
24:30Car derrière cette amélioration du cadre de vie, la cohésion sociale a été fragilisée.
24:34Entre 1968 et 1975, la population chute de plus de 600 habitants.
24:40Seuls 32% des habitants vivent encore dans le même logement.
24:43Cela signifie que près des deux tiers ont déménagé.
24:46Les repères disparaissent, les voisins changent, les habitudes se perdent.
24:50La vie commerciale recule fortement.
24:52Sur 71 boutiques autrefois présentes, seules quelques-unes subsistent.
24:57Les activités portuaires déclinent également.
24:59Le port fluvial, qui structurait l'emploi local et rythmait la vie du quartier, est progressivement déplacé vers Saint-Laurent
25:05-Blangy.
25:06Autrement dit, ce ne sont pas seulement des bâtiments qui disparaissent.
25:09Ce sont des lieux de rencontre, des espaces de sociabilité, une mémoire collective.
25:14Alors dans ce contexte, l'animation devient essentielle.
25:17Elle ne vient pas simplement divertir, elle vient recréer de la proximité.
25:21Le bal du 14 juillet, les braderies, le cinéma de quartier, ceux de la Saint-Jean, les réunions d'habitants.
25:29Ces moments permettent aux anciens et aux nouveaux habitants de se rencontrer, d'échanger, de se reconnaître.
25:35Ils redonnent une visibilité à chacun.
25:36Ils recréent un sentiment d'appartenance.
25:39Une équipe d'une dizaine d'habitants prend progressivement le relais de l'animateur.
25:43C'est un point fondamental.
25:44L'objectif est atteint lorsque l'animateur peut s'effacer.
25:55Cela signifie que la dynamique collective ne dépend plus d'une intervention extérieure,
25:59mais qu'elle est portée par les habitants eux-mêmes.
26:02Entre 1974 et 1992, le quartier change profondément.
26:06Mutation sociale, baisse du nombre de familles nombreuses,
26:10arrivées de jeunes couples et d'employés,
26:12tout en maintenant une forte proportion de personnes âgées.
26:15La rénovation a amélioré l'habitat.
26:17Elle a modernisé l'espace urbain.
26:18Mais elle a aussi transformé l'identité du quartier.
26:20Et pourtant, à travers les fêtes, les permanences,
26:24les cafés partagés sur le trottoir, quelque chose subsiste.
26:27L'idée que Méolence n'est pas seulement un ensemble de logements rénovés,
26:30mais un lieu de solidarité vivante,
26:32où le lien social se reconstruit, jour après jour,
26:35par l'engagement et la présence des habitants.
26:39Les quatre tranches principales sont achevées.
26:42627 nouveaux appartements sont construits dans la zone de résorption,
26:46et 405 logements restaurés en zone de réhabilitation,
26:49dont le monde piété, ainsi que l'ancien hôtel du Bois de Fosseux,
26:52ou encore l'hôtel de Wisme situé rue Saint-Jacques.
26:57Les 24 cellules commerciales sont livrées.
27:01Les dernières opérations, le long de l'ancien port,
27:04aboutissent au début des années 1990, avec 230 logements supplémentaires.
27:10Entre 1974 et 1992,
27:1317 années ont profondément transformé Méolence-Saint-Géry.
27:16La rénovation fut architecturale, mais aussi sociale.
27:20Elle modernise l'habitat,
27:21tout en modifiant durablement la composition et l'identité du quartier.
27:26Trois récents chantiers dans le quartier Méolence méritent également d'être cités.
27:32Les aménagements réalisés au niveau du pont de Grès,
27:34le long du canal Saint-Michel à Arras,
27:36s'inscrivent dans une démarche de mise en valeur du patrimoine fluvial et urbain.
27:40La création d'un chemin de halage permet aujourd'hui
27:42de redonner toute sa place au canal dans le paysage arageois.
27:46Autrefois espaces utilitaires liés à la navigation,
27:48la berge devient un lieu de promenade et de découverte,
27:50favorisant les mobilités douces et le lien entre les quartiers.
27:53Ces travaux participent à la valorisation du cadre historique du canal,
27:57la réappropriation des berges par les habitants
28:00et l'amélioration de la qualité paysagère du site.
28:03Rue des Archers, un diagnostic archéologique préalable au futur projet immobilier,
28:08a mis en lumière une occupation continue du site du Xe siècle à nos jours.
28:13Sur 4500 m², les fouilles ont révélé un ancien bras du crinchon,
28:17des vestiges de ponton, une chaussée et une grange médiévale,
28:20enrichissant la compréhension de l'évolution urbaine du quartier Méolence.
28:24Le projet architectural s'inscrit dans cette mémoire patrimoniale.
28:28Le corps principal de l'ancien lycée Baudimont-Saint-Charles sera restauré à l'identique,
28:32tout comme les rez-de-chaussée des maisons voisines.
28:34Des surélévations contemporaines en zinc rétabliront la continuité de la rue.
28:38Deux bâtiments neufs structureront l'ensemble autour d'un jardin intérieur,
28:42organisé autour d'un platane multicentenaire conservé.
28:47Suite à 6 mois de travaux de rénovation, la place de l'ancien rivage a été inaugurée ce samedi 25
28:53octobre 2025.
28:56Axe important du projet, il fallait adapter la place au dérèglement climatique,
29:00car le quartier s'était retrouvé sous les eaux après un fort orage en juin 2021.
29:05Les aménagements réalisés par la ville d'Arras et la communauté urbaine d'Arras
29:09ont permis de faire de ce lieu un véritable espace de convivialité pour tous.
29:14Le public a pu découvrir Joute Poétique, la sculpture de l'artiste Catherine Millet,
29:19avec la collaboration technique de Marc Nave, métallier,
29:22une œuvre qui raconte l'histoire et la vie du quartier.
29:24L'artiste Catherine Millet
29:27L'artiste Catherine Millet
29:33L'artiste Catherine Millet
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