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  • il y a 14 heures
En 2014, Corentin, 11 ans, décède des suites d'une opération de l'appendicite. Après des années de batailles judiciaires, le procès des deux chirurgiens s'ouvrira mardi 28 avril, au tribunal de Reims.

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Transcription
00:00Pierre Géras, bonjour. Vous êtes le papa de Corentin, 11 ans, qui est décédé en 2014
00:06des suites d'une opération de l'appendicite. Si vous le voulez bien, on va revenir à ce
00:11moment-là, à ce 1er de novembre 2014. Est-ce que vous pouvez nous raconter un petit peu
00:15cette histoire-là ? Oui, écoutez, on a emmené notre fils à la
00:22clinique Claude Bernard pour vérifier effectivement s'il ne commençait pas un début d'appendicite
00:32parce qu'il avait des douleurs abdominales depuis quelques jours et qu'il avait des globules
00:36blancs qui étaient montés, donc ça pouvait traduire une infection. Et donc, comme le
00:41médecin habituel de Corentin n'était plus là, il nous a proposé de passer par les urgences
00:48de la clinique Claude Bernard. Et là, je dirais, on a perdu le contrôle de la situation
00:54puisque, d'un seul coup, on s'est retrouvés séparés. La mère et le petit à un endroit,
00:59moi à un autre. Et d'un seul coup, il fallait faire intervenir le chirurgien de garde, alors
01:06que nous, notre idée, c'était de repartir avec une prescription d'un antibiotique.
01:11Bon, Salabène Larrière nous est tombé dessus en expliquant qu'il fallait opérer tout de
01:15suite. Alors, bon, moi, je sortais du scanner où on m'avait dit non, je n'ai pas besoin,
01:20il n'y a pas d'indication. Donc, il débute son intervention. Alors, il a effectivement,
01:26dès l'introduction du trocard, provoqué une hémorragie. Là, il a préféré retirer son
01:31trocard, mettre un sparadrap, laisser l'enfance vider de son sang, en niant finalement le fait
01:36que c'était évident pour tout le monde, ce qu'on a appris dans les différentes confrontations
01:41qu'on a eues avec les anesthésistes, avec les personnels du bloc opératoire, que tout
01:47le monde, visiblement, était convaincu que c'était une hémorragie. On a obtenu qu'il
01:51puisse être transféré quand même avec difficulté sur l'hôpital pour enfants à Nancy. Bon,
01:58là, on a compris. Enfin, je veux dire, on a vu le chef de service de chirurgie viscérale
02:06qui m'a pris à partie, qui m'a dit « c'est très très grave ». Mais il ne
02:10voulait pas parler
02:10de l'état uniquement de Corentin. Il voulait parler de ce qui s'était passé à la clinique
02:15Claude Bernard. Bon, et donc après, on a porté plainte, la maman d'abord, moi après, et c'est ce
02:23qui
02:23nous a amené à rencontrer un premier juge d'instruction. Alors, très surprenant, la justice est
02:31vraiment un fonctionnement quasi autistique. En fait, le juge d'instruction qui nous explique
02:38« je n'ai pas ouvert le dossier, mais vous serez déçus ». Ça ne me paraissait pas très
02:42professionnel. Donc, c'est comme ça que toute l'affaire a commencé.
02:46Ça fait près de 12 ans que vous êtes pris dans cette justice, dans cette affaire judiciaire.
02:53Vous y croyez encore aujourd'hui ? Il n'y a pas une lassitude aussi, au bout de 12 ans,
02:57de se dire qu'on est passé par des tribunaux, des avocats, des juges d'instruction.
03:04Qu'est-ce que vous espérez aujourd'hui au niveau de la justice ?
03:07Je crois que c'était important de faire toutes ces démarches, de les amener devant
03:12un tribunal pénal, de confronter le corps médical et aussi le système judiciaire à leurs insuffisances.
03:21Et puis, parce que je pense que c'est utile pour la mémoire de mon fils, indispensable
03:26pour la mémoire de mon fils, mais c'est aussi nécessaire pour toutes les personnes
03:33qui pourraient se retrouver dans des situations similaires.
03:36Ce procès qui s'ouvre mardi prochain, 28 avril, au tribunal de Reims, qu'est-ce que vous attendez
03:42vraiment de ce procès ? Est-ce qu'il y a un point final peut-être à cette histoire de
03:47se dire
03:48c'est bon, justice a été rendue à Corentin et on peut enfin souffler ?
03:52Le point final pour nous, je vous dis, notre vie sera toujours vide.
04:00Et donc, si au moins ça a permis d'éviter d'autres drames et qu'il y ait une prise
04:08de conscience
04:10au niveau du corps médical, des établissements de santé, qu'il faut faire attention,
04:15on ne peut pas faire n'importe quoi. On espère, de toute façon, je pense qu'il y aura
04:21une condamnation. Ce sera probablement du sursis et puis une amende pour que la justice
04:28retrouve ses fonds. Bon, mais je vous dis, il manque pour moi les autres responsables,
04:40qui sont la clinique qui savait qu'elle avait embauché n'importe qui, le conseil de l'ordre
04:45des médecins qui savait la dangerosité de ce type-là et qui n'a rien fait. Et tout ça,
04:53on va le cacher. Et puis, le fait qu'il ne sera que des médecins, des gens qui se disent
05:04médecin,
05:04à nouveau, par cupidité, par orgueil, ils préféraient finalement jouer la vie d'un enfant à la roulette,
05:10quoi. Je veux dire, et ça, pour nous, c'est intolérable. Et c'est là-dessus qu'on va revenir.
05:16Donc, bon, je pense que la maman du petit et moi, on est assez remontés et que, voilà,
05:24on va s'expliquer. On verra le comportement de la justice française, mais ce sera probablement conflictuel,
05:31quoi.
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