Passer au playerPasser au contenu principal
Pierre Lellouche, ancien ministre et spécialiste des questions internationales, nous éclaire sur l’actualité de la semaine dans #FaceAPierreLellouche, tous les jeudis à 16h30, présenté par Nelly Daynac.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Il est presque 16h30 sur CNews, merci de nous rejoindre en direct.
00:04Nous sommes jeudi et qui dit jeudi dit face à Pierre Lelouch.
00:07Bonjour cher Pierre, merci de nous accompagner pour cette demi-heure d'éclairage
00:12sur l'actualité internationale, ancien ministre spécialiste évidemment en politique internationale.
00:16Beaucoup de choses à dire bien sûr autour des derniers développements de la guerre contre l'Iran
00:20et des dernières informations qu'on va analyser et que vous allez expertiser avec nous sur ce plateau.
00:24D'abord, le front iranien, il y a beaucoup de choses à dire.
00:27On va évoquer les discussions entre Libanais et Israéliens, le rôle de la Chine que vous voulez mettre en avant
00:33dans cette guerre.
00:34Et puis on parlera également, on fera un retour historique sur cette prise d'otages G46 qui a beaucoup conditionné
00:40les relations américano-iraniennes.
00:42Mais d'abord le front iranien, le blocage depuis 48 heures de ce stress stratégique d'étroit d'Hormuz
00:46avec les conséquences que l'on sait Pierre sur l'économie mondiale.
00:49L'armée américaine qui annonce avoir empêché 10 navires de quitter les forces iraniens au cours des dernières 48 heures
00:55de ce fameux blocus imposé par les Etats-Unis à la République islamique.
00:59Pete Exet, secrétaire d'Etat à la guerre, tenait une conférence de presse tout à l'heure au Pentagone.
01:04Avant de vous entendre, on écoute un extrait.
01:08Comme l'ont dit nos négociateurs, vous, l'Iran, pouvez choisir un avenir prospère, un pont en or.
01:14Et nous espérons que vous ferez ce choix pour le peuple iranien.
01:17Et pendant ce temps, et aussi longtemps que cela sera nécessaire, nous maintiendrons ce blocus qui est une réussite.
01:22Mais si l'Iran fait le mauvais choix, et bien ils auront un blocus ainsi que des bombes qui seront
01:29lancées sur leurs infrastructures énergétiques.
01:32Plus personne, a priori, Pierre Lelouch, n'entre ou ne sort des ports iraniens.
01:37Quel bilan tirez-vous de ces 48 heures de blocus américain ?
01:40Bon, maintenant, si vous voulez, c'est une espèce de course contre la monte de qui peut tenir la pression.
01:46Il est clair que sur Trump, il y a beaucoup de pression.
01:49L'inflation, le Congrès, qui pour la quatrième fois a essayé de le bloquer.
01:55L'opinion publique, les sondages ne sont pas bons.
01:57Et puis l'économie mondiale, qui ralentit et qui va connaître une période très compliquée partout dans le monde.
02:04Donc tout ça, ça pèse sur le président américain.
02:07Son pari, c'est que les Iraniens vont craquer en premier parce que l'économie est par terre en Iran.
02:12Il y a énormément de chômeurs. Ils viennent de sortir un billet de 1 million de rial qui pèse 7
02:18dollars.
02:19Donc la monnaie s'est effondrée. Il y a des problèmes d'eau.
02:23Et il faut savoir quand même qu'Hormuz, ça représente 96% des exportations d'hydrocarbures,
02:30lesquelles représentent 75% du budget des rentrées de l'Iran.
02:35Donc sans le Détroit, ils sont eux-mêmes dans la nasse.
02:39Et donc c'est qui peut résister le plus longtemps ?
02:45Trump a dit qu'il ne souhaitait pas une prolongation ad vitam aeternam de la trêve.
02:49Les Pakistanais essayent de négocier 45 jours. Il a dit non.
02:53Ça s'arrête le 22 avril.
02:55Alors qu'est-ce qui va se passer d'ici le 22 avril ?
02:57C'est la pression.
02:58Toujours est-il que les Américains, cet après-midi, il y avait le chef d'état-major,
03:02la marine qui ont dit qu'ils étaient locked and loaded.
03:06C'est-à-dire qu'on est prêt à tirer.
03:08Donc eux, ils sont prêt à tirer.
03:09Mais du côté iranien aussi, il y a beaucoup de divisions.
03:13Mais il y a des gens qui vous disent, par exemple le vice-président de l'Assemblée,
03:17il dit ceci.
03:18Tant que nous contrôlons le Détroit d'Hormuz, aucun pays ne pourra plus nous sanctionner.
03:23Or nous sommes la seule nation sanctionnée dans la région.
03:26À partir du moment où nous contrôlons le Détroit,
03:30c'est nous qui déciderons qui nous allons sanctionner.
03:33C'est pour ça qu'on parle beaucoup d'élargir du côté iranien le blocus du côté de Bab el
03:39-Mandab.
03:40Est-ce qu'ils peuvent le faire ? C'est une autre question.
03:42Mais la direction iranienne, elle est divisée.
03:45Au point d'ailleurs que Trump a dit que lors de la prochaine réunion,
03:50il voulait être sûr d'avoir une délégation qui puisse signer au nom de l'Iran.
03:53C'est-à-dire à quel point tout le monde est divisé côté iranien.
03:56Il y a beaucoup de divisions en Amérique et en Europe,
03:58mais il y en a probablement autant du côté iranien.
04:01Là encore, on va développer tout ça.
04:02Mais c'est vrai que ce qui nous frappe depuis le début de ce blocage,
04:05c'est cette contradiction entre un régime iranien forcément exsangue,
04:10en tout cas affaibli par ce blocage et ces cibles,
04:15ces milliers de cibles qui ont été touchées dans le pays,
04:18et de l'autre, ces menaces.
04:19La nouvelle menace, vous l'avez rapidement évoquée il y a un instant,
04:22menace développée hier de bloquer la mer Rouge,
04:25que l'Iran ne borde pas, rappelons-le bien sûr,
04:28en cas de maintien du blocus américain de ses ports,
04:30estimant que ce blocus pourrait mener à une violation du cessez-le-feu.
04:34L'Iran, alors qu'on voit ce fameux détroit de Bab el-Mander,
04:39cet Iran qui active un nouveau levier de pression.
04:43Alors là, on ne voit pas le détroit de Bab el-Mander.
04:46Il est cerclé de vert.
04:47Voilà.
04:49Bon, ce qui est sûr, c'est qu'ils essayent d'entraîner les outils dans la guerre,
04:53de façon à bloquer l'autre porte de sortie du pétrole,
04:56parce que les Saoudiens ont un pipeline qui va de l'autre côté sur la mer Rouge,
05:03et ça, ils veulent le bloquer également.
05:06Maintenant, est-ce qu'ils sont capables de le faire ?
05:07On ne le sait pas.
05:08Pour l'instant, les outils ne sont pas entrés en guerre.
05:12Il est probable aussi que l'acheminement des missiles, tout ça, a dû cesser.
05:16Donc, pour l'instant, le gros de l'affaire se joue sur cette histoire de détroit d'Ormuz.
05:23Et cette image est en direct.
05:24Le détroit de Bab el-Mander, dont on voit l'activité en direct,
05:28avec chaque point qui représente un navire vert, commercial, rouge,
05:32chargé d'hydrocarbures, de gaz ou de pétrole.
05:35Il y a un millier de bateaux bloqués.
05:38Les Américains ont décidé de remettre les sanctions sur le pétrole iranien qui était dans les bateaux.
05:43Ils ont démarré de nouvelles sanctions contre des hommes d'affaires iraniens
05:47qui s'occupent de contourner les sanctions.
05:50Donc, on en est là.
05:53Moi, je dirais que les Iraniens vont beaucoup, beaucoup hésiter
05:58avant de relâcher la pression sur le détroit,
06:01parce que pour eux, c'est une source de richesse et de contrôle de la région
06:05qui est inespérée.
06:06Et c'est un peu là que l'opération américaine a été un peu, comment dire, activement préparée,
06:12parce que la fermeture du détroit, elle était inscrite sur les murs,
06:15sauf que le président Trump n'a pas voulu en entendre parler,
06:19et elle se réalise aujourd'hui.
06:20Il y a ce blocage, et puis il y a le blocage aussi sur le nucléaire,
06:23parce que là aussi, il y a une grande division chez les Iraniens,
06:26entre ceux qui sont prêts à céder, en tout cas sur un espace-temps de 5 ans, par exemple,
06:33pour s'interdire d'enrichir, et puis les autres qui ne veulent absolument pas s'interdire d'enrichir,
06:37et les Américains qui disent pas d'uranium du tout.
06:39Trump n'a pas, il redit, il redit qu'il n'y aura pas de bombe atomique iranienne.
06:43Donc, tout ça est complètement bloqué.
06:46Et encore une fois, tout va dépendre de la pression.
06:49Si la pression devient trop lourde sur l'Iran, le régime risque d'être déstabilisé.
06:56Si, à l'inverse, la pression continue sur Trump,
06:59dans quelle mesure il peut, lui, tenir une planète qui va lui faire porter le chapeau ?
07:04Il y a beaucoup de gens qui sont prêts à payer, en gros, pour sortir leur pétrole.
07:08Mais d'un autre côté, vous avez, et vous l'avez évoqué très rapidement,
07:11vous avez le médiateur pakistanais qui s'agite également pour tenter de prolonger le cessez-le-feu de 45 jours.
07:16D'accord, Trump dit non, c'est le 22 avril et ça restera le 22 avril.
07:21Pourquoi est-ce qu'il le refuse ? Parce que le temps plaide en faveur de l'Iran.
07:25Quand on a vu ces images, peut-être qu'on peut revoir d'engins de chantier en Iran
07:30qui semblent déblayer la terre, déterrer des missiles et des lanceurs.
07:33On se dit que, d'un point de vue strictement militaire, cette trêve se cessez-le-feu.
07:37Il profite à l'Iran qui est en train de se réarmer ?
07:40Oui, enfin, le ministre américain de la Défense a dit, on sait exactement ce que vous faites.
07:44On sait que vous êtes en train de déblayer les tunnels,
07:46on sait que vous êtes en train de sauver vos derniers lanceurs et missiles,
07:49mais vous ne pouvez pas les reconstituer parce qu'on a cassé vos usines.
07:53Par contre, nous, nous avons reconstitué nos stocks.
07:56Donc, il y a une partie de bluff qui se joue là-dessus.
07:59Les services pensent qu'il reste au moins une centaine de lanceurs et autant de missiles.
08:04Ces missiles, on va y revenir quand on va parler de la Chine,
08:06deviennent de plus en plus précis.
08:08Juste après, justement.
08:08Et donc, bon, rien n'est joué encore.
08:12Et sur la côte iranienne, on est bardé de grottes.
08:17À l'intérieur des cales, il y a des missiles anti-navirs.
08:20Et donc, le passage va être très difficile.
08:21C'est très difficile de jauger et de savoir exactement la puissance militaire encore du régime iranien.
08:27Vous évoquez la Chine.
08:28Parlons-en.
08:29Le président Donald Trump qui affirme que la Chine a accepté de cesser d'armer l'Iran.
08:34Il lit cette information aux initiatives visant à rouvrir définitivement le détroit d'Hormuz.
08:39Le président Xi me fera un gros câlin.
08:42Un gros câlin.
08:43Dans quelques semaines, dans ce message publié sur son réseau social hier,
08:47le locataire de la Maison-Blanche écrit que la Chine est ravie que j'ouvre Donald Trump.
08:52Personnellement, j'ouvre le détroit d'Hormuz.
08:54Aucune contestation, selon lui, de la part de la Chine.
08:57Le problème, cher Pierre, c'est que Pékin dit l'inverse.
09:00Exactement l'inverse.
09:00Ils disent que le blocus est dangereux et irresponsable, qu'il ne faut pas revenir à l'État de Jiang.
09:06Ça, c'est lui-même qui le dit.
09:08Voilà.
09:11Cela dit, il y a eu un pétrolier chinois appartenant aux Chinois qui a quand même fait demi-tour.
09:16Donc, ils ne sont pas allés jusqu'à tester le blocus.
09:18Par contre, là où ils ont fait une petite contre-attaque juridique, c'est sur Panama.
09:24Vous vous souvenez que Trump a repris la main sur Panama pour sortir les Chinois qui s'étaient installés.
09:29Et là, les Chinois attaquent deux sociétés qui sont Merckx et MSC, qui sont des sociétés européennes,
09:36qui ont pris possession des ports jadis occupés par les Chinois.
09:40Et les Chinois sont en train de les traîner en justice.
09:43Donc, ils ont réagi sur Panama.
09:44Pour l'instant, c'est que Panama.
09:46Si demain, ils réagissent sur Taïwan, on sera dans une autre situation.
09:50La Chine a accepté de cesser d'armer l'Iran, nous dit hier Donald Trump.
09:56Sauf que, notamment le Financial Times, hier, journal très sérieux américain,
10:04qui publie un article, image à la pluie, pour dévoiler comment la Chine aide concrètement l'Iran,
10:11notamment à travers les satellites.
10:13C'est intéressant de s'arrêter là-dessus et que vous nous expliquiez de quoi il s'agit.
10:16Bon, d'abord, il y a eu l'histoire. Depuis la révolution iranienne, les Chinois ont aidé à plein l
10:22'Iran.
10:23Y compris pendant la guerre Iran-Irak.
10:24D'ailleurs, pendant la guerre Iran-Irak, ils vendaient aux deux parties, les Chinois, sans problème.
10:28Ensuite, ils sont passés à une phase beaucoup plus coopérative à partir de 2006,
10:33avec nous, les Européens, les Américains, les Russes, pour essayer de stopper le programme nucléaire iranien.
10:38Et donc, ils ont arrêté de vendre des armes.
10:40Mais, depuis peu, ils vendent, un peu comme en Ukraine,
10:44ils aident les Russes.
10:46Alors, ils disent, on ne vend pas d'armes aux Russes,
10:48mais ils vendent tout pour faire les armes.
10:49Les composants, les systèmes informatiques.
10:53C'est la même chose avec l'Iran.
10:54Avec l'Iran, ils leur ont donné de quoi faire des missiles.
10:57Et puis, maintenant, ils leur donnent de quoi les rendre extrêmement précis.
11:01Parce que...
11:02On joue avec les règles.
11:04Alors, le fameux satellite TEE-01B a été acheté par l'Iran fin 2024,
11:11moyennant 36 millions de dollars.
11:12Alors là, c'est très important parce que ces satellites, ils ont une précision...
11:15Et ce sont les images de ce satellite que l'on voit à l'image ?
11:18De 50 centimètres.
11:19C'est pour ça qu'ils ont réussi à péter littéralement des avions sur les bases.
11:23Donc, ils ont donné toutes les bases, 5 bases, on n'a pas le temps,
11:28mais en Arabie, au Koweït, dans les Émirats, à Qatar et autres,
11:32avec une précision de 50 centimètres.
11:34C'est pour ça qu'ils ont réussi à casser plusieurs avions, des tankers,
11:38mais surtout un AWACS volant qui vaut 700 millions de dollars, l'appareil.
11:43Donc ça, ils l'ont fait grâce à cette aide qui est transmise,
11:46tenez-vous bien, par des installations au sol qui ne sont même pas en Iran.
11:51Donc, les Israéliens et les Américains tapent les installations satellitaires au sol,
11:55mais ça ne sert à rien puisque les Chinois les transmettent par d'autres voies.
11:58Et donc, il y a une aide massive sur les satellites et un transfert de data
12:04qui fait que les missiles qu'ont maintenant les Iraniens sont infiniment plus précis.
12:10Est-ce qu'on doit imaginer que si le F-15 américain a été abattu,
12:14le fameux F-15 dont l'un des navigateurs a été retrouvé après une opération extraordinaire,
12:21on peut imaginer que c'est grâce à la Chine que le F-15 a été abattu ?
12:25Il est question de missiles portatifs antiaériens, ce qu'on appelle des Manpads.
12:31Alors, les Russes ont prévu de leur en livrer aussi aux Iraniens,
12:34qui s'appellent Verba.
12:35Apparemment, il y a déjà des missiles chinois,
12:37puisque c'est avec ça que le F-15, semble-t-il, était abattu.
12:41Donc, les Chinois sont les premiers clients de l'Iran,
12:44mais en même temps, ils ne sont pas complètement absents de cette guerre.
12:48Tout ça à la veille d'un sommet entre les Américains et les Chinois.
12:52On voit bien que l'engrenage fait que depuis l'Ukraine,
12:55on est maintenant dans cette situation avec les mêmes jours.
12:57Dans mon livre sur l'Ukraine, je vais appeler ça les quatre cavaliers de l'apocalypse.
13:00Les Russes et les Chinois, plus les Nord-Coréens et les Iraniens.
13:04Et on voit que cette alliance, elle résiste encore.
13:06Passons à l'autre front, si vous le voulez bien.
13:08Celui qui oppose le Hezbollah libanais, enfin, le Hezbollah au Liban,
13:14mais affilié bien sûr à l'Iran et l'État israélien.
13:17Pierre Lelouch, si cette émission avait eu lieu il y a 30 minutes,
13:20j'aurais discuté avec vous d'une rencontre à venir
13:23entre le Premier ministre Benyamin Netanyahou et le président libanais,
13:27Joseph Aoun.
13:28Sauf que cette émission a lieu à 16h42, passée de 55 secondes
13:32et qu'une dépêche de l'agence France Presse, parvenue il y a une trentaine de minutes,
13:37nous dit que le président libanais refuse finalement tout contact direct
13:41avec Benjamin Netanyahou.
13:43Comment expliquer ce refus libanais quand on sait que ces deux-là,
13:47que les deux États n'ont pas discuté officiellement de manière directe
13:51depuis plus de 40 ans et qu'il y avait une occasion de créer un moment historique
13:56et qu'il y ait une avancée peut-être historique dans les discussions ?
13:59Eh bien sans doute parce que politiquement le président libanais ne peut pas avoir un Israélien.
14:06Il faut savoir que dans le gouvernement libanais, il y a deux ministres du Hezbollah
14:11et qu'il y a une armée encore en pleine...
14:14Ça veut dire que vous êtes en train de dire que le Hezbollah continue de faire la loi aujourd'hui
14:17au Liban, pardonnez-moi ?
14:19Oui, tant qu'il ne sera pas désarmé, il continuera à faire la loi.
14:21Et pour le désarmer, l'armée libanaise n'y arrive pas
14:24et c'est la raison pour laquelle les Israéliens font le travail.
14:28Mais c'est dommage, ils le font pour protéger le nord d'Israël.
14:32Je rappelle que dans le nord d'Israël, 60 000 personnes ont dû quitter leur logement.
14:36C'est l'équivalent de la ville de Lyon qui serait partie parce qu'en permanence soumis à des attaques
14:41de roquettes.
14:43Donc les Israéliens essayent de faire le job, mais de toute façon ce n'est que temporaire.
14:47Ça passe par une zone de sécurité qui est très impopulaire, y compris parce qu'il y a aussi des
14:52chrétiens dans le sud-Liban.
14:53Donc tout ça est très messi, comme on dit.
14:56Et puis les forces de l'ONU, la finule, les prix en sandwich et ne peut pas intervenir.
15:02Mais c'est là qu'il y aurait une opportunité pour les Européens d'aider le gouvernement libanais
15:07à se débarrasser de cette pression du Hezbollah.
15:10Mais pour l'instant, il ne se passe pas grand-chose non plus.
15:12C'est-à-dire que nous, Européens, on n'agit pas dans le Golfe, on n'agit pas non plus
15:15vraiment dans le Liban.
15:16On n'agira pas du tout d'ailleurs sur les négociations en tout cas entre le Liban et Israël.
15:21Deux réactions que je voudrais de votre part, Pierre, alors qu'il nous reste peu de temps.
15:25D'abord, encore sur ce dossier Israël-Liban.
15:27Depuis Washington, hier, les mots de l'ambassadeur israélien aux Etats-Unis,
15:32avant-hier, pardonnez-moi, sont terribles pour la diplomatie française qui était déjà un genou à terre.
15:37L'ambassadeur israélien qui dit que tout peut se passer,
15:40mais ce qui est sûr, c'est que ça se fera sans nous les Français.
15:44Nous ne voulons certainement pas que les Français s'immiscent dans ces négociations.
15:48Nous aimerions les tenir aussi éloignés que possible de pratiquement tout,
15:51mais surtout lorsqu'il s'agit de négociations de paix.
15:54Ils ne sont pas nécessaires, ils n'ont pas d'influence positive, surtout pas au Liban.
15:59Quel camouflet, Pierre Lelouch. Incroyable.
16:01C'est triste pour nous parce que l'histoire fait que non seulement on a des relations avec le Liban
16:08depuis cinq siècles,
16:09mais surtout parce qu'on a inventé ce pays.
16:12En 1916, la ligne Saïx-Picot, c'est nous qui avons eu la responsabilité de la Syrie et du Liban.
16:18On a voulu protéger un Liban chrétien.
16:20Malheureusement, aujourd'hui, le Liban est moitié tenu par les chiites et le Hezbollah.
16:24Et il n'arrive pas à s'en sortir.
16:26C'est là qu'il faudrait mettre le poids de la diplomatie française et européenne.
16:29On aurait un intérêt à entrer dans ces négociations ?
16:31Est-ce qu'il ne vaut mieux pas être justement en retraite ces négociations en Liban-Israël ?
16:35Si on s'intéresse au sort des chrétiens d'Orient et au sort du Liban,
16:38bien sûr qu'il faudrait le faire.
16:40Mais je pense qu'on s'y est très très mal pris.
16:42Le président de la République a essayé de donner des leçons de morale à la classe politique libanaise.
16:47Alors que ce n'était pas ça le sujet.
16:48Le sujet depuis le début, c'est l'Iran.
16:50Et sur l'Iran, on n'a pas fait grand-chose,
16:52sauf à se faire prendre des otages et donc être un peu paralysé.
16:56Justement, en parlant d'otages,
16:57on dit souvent que le présent s'écrit à l'aune de l'histoire
17:01et de ce que le passé a pu nous raconter.
17:04Vous vouliez finir avec cet événement historique, cher Pierre.
17:07Je voudrais rappeler à nos téléspectateurs
17:09que ce qui s'est passé il y a un peu plus de 40 ans, 46 ans plus tôt,
17:13explique en partie les tensions exacerbées entre les USA et l'Iran.
17:17Le 25 avril prochain, ça fera pile 46 ans
17:20que les États-Unis ont connu l'un des échecs les plus cuisants de leur histoire,
17:24un désastre militaire que fut cette opération...
17:28Oui, tentative, en tout cas,
17:29une opération destinée à secourir les 43 otages retenus prisonniers
17:32dans l'ambassade américaine à Téhéran.
17:34Huit militaires américains avaient trouvé la mort pendant l'évacuation.
17:37Des documents compromettants de la CIA ont été laissés
17:39dans des appareils abandonnés sur place.
17:41Une opération qui a influencé évidemment très négativement
17:45la réélection de Jimmy Carter à l'époque.
17:47En quoi ce qui s'est passé ce jour-là, le 25 avril 1980,
17:51a conditionné l'état des relations entre l'Iran et les États-Unis aujourd'hui ?
17:54Moi j'ai voulu, vous l'avez tout dit, donc je vais être très bref.
17:58Vous avez deux minutes.
17:59C'est quand même un incroyable télescopage dans le temps.
18:03Le 25 avril 1980, quelques mois après l'arrivée du chat aux États-Unis
18:10parce qu'il avait un cancer du sang,
18:12les gens, les mollas à Téhéran ont pris prétexte pour attaquer l'ambassade
18:16et prendre l'ambassade.
18:17Et ensuite Carter a eu la mauvaise idée d'essayer de monter une opération
18:22extraordinairement complexe en plein désert
18:24avec des hélicoptères qui sont tombés en panne,
18:26des avions qui se sont enlisés.
18:27Des tempêtes de sable.
18:28Et puis ensuite un accident, oui en plus un autobus iranien
18:32qui passait par là, qu'il a fallu capturer.
18:34Enfin une horreur.
18:35L'opération a été un désastre.
18:37Ils ont perdu des hommes.
18:38L'image états-unie a été épouvantable.
18:40Carter a perdu les élections.
18:42Et le grand Satan, comme disent les Iraniens,
18:44avait été défait une deuxième fois.
18:46Donc c'était tout bon pour Rouménie.
18:49Et cette histoire, elle reste dans le background de la guerre actuelle.
18:54Parce que, vous savez, les Iraniens ont une mémoire longue.
18:58Ils se rappellent de Mossadegh en 1953 et du rôle de la CIA.
19:01Ils se rappellent de la prise d'otages et de l'échec de cette entreprise en 1980.
19:08Et on y est toujours.
19:10Et cette image, je me permets, parce qu'on voit cette image,
19:14ces otages qui ont finalement relâché après 444 jours de captivité le 20 janvier 1981.
19:21C'est-à-dire le jour de l'investiture du succès de Carter, c'est-à-dire Ronald Reagan.
19:26Ils ont poussé le vice.
19:28D'abord, l'attaque, rappelez-vous, l'attaque de l'ambassade a été faite un 4 novembre,
19:31jour de l'élection précédente, ou jour des élections aux Etats-Unis.
19:37Et là, c'était après l'élection de Reagan que ces gens étaient 444 jours de captivité.
19:45Ça passe vite, hein ?
19:46C'est 20 minutes ensemble.
19:48Ce n'est pas les 444 jours.
19:49Non, pas les 444 jours.
19:51Non, mais il ne vaut mieux pas non plus.
19:53Merci beaucoup, cher Pierre.
19:56Punchline, dans un instant, avec Laurence Ferrer.
19:58Rendez-vous jeudi prochain pour un nouveau décryptage de l'actualité internationale avec vous, cher Pierre.
20:03120 minutes info revient demain, 15h.
20:04À demain.
Commentaires

Recommandations