- il y a 2 heures
Survenue en 1986, la catastrophe nucléaire de Tchernobyl a causé le plus grand rejet radioactif non contrôlé de l'histoire.
40 ans plus tard, quels sont les impacts de la radioactivité sur les populations et les écosystèmes ?
Retrouvez la « Terre au carré » sur France Inter et sur : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/la-terre-au-carre
40 ans plus tard, quels sont les impacts de la radioactivité sur les populations et les écosystèmes ?
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00:00Aujourd'hui, Tchernobyl, 40 ans après une catastrophe toujours radioactive, racontée par...
00:05Bruno Chariron, ingénieur en physique nucléaire à la CRIRAD.
00:08Émilie Massemin, journaliste à Reporters.
00:13France Inter.
00:17La Terre au carré.
00:20Mathieu Vidal.
00:22J'avais remarqué lors d'un séjour dans le nord de l'Ukraine, je travaillais sur les effets de Tchernobyl,
00:26que des milliers de personnes sortaient de forêts marécageuses autour de Tchernobyl avec des paniers pleins de myrtilles à la
00:32main.
00:33Ils les vendaient à des acheteurs qui attendaient dans des camions le long de la route.
00:36L'échelle industrielle de cette cueillette m'a intrigué.
00:39Avec mon assistante de recherche, Ola Martinique, nous nous sommes procurés des paniers et sommes allés à la cueillette aussi.
00:46Nous avons apporté nos myrtilles dans l'entrepôt, où un grossiste achetait les myrtilles apportées par les camions que nous
00:51avions vues.
00:52Chaque myrtille qu'elle testait était radioactive, certaines bien au-delà du seuil de 450 Becquerel le kilo, en vigueur
00:59en Ukraine.
01:00Mais elle a tout acheté quand même.
01:02Je me suis demandé pourquoi, jusqu'à ce que j'apprenne que la norme dans l'Union Européenne et aux
01:07Etats-Unis est de 1200 Becquerel le kilo.
01:09En mélangeant les baies dépassant le seuil avec celles restant en dessous, la grossiste pouvait également vendre ses baies dans
01:15l'Union Européenne.
01:17Bien que certaines myrtilles testées aient atteint 3000 Becquerel par kilo.
01:22Je découvrais avec étonnement cette dispersion délibérée et régulée des radiations de Tchernobyl par les marchés.
01:28La vente de produits radioactifs ne relève pas d'une logique de confinement, mais de prolifération.
01:33Et elle est organisée par de nombreux acteurs qui expédient les myrtilles, hairelles et champignons cueillies dans les forêts de
01:39Tchernobyl aux consommateurs partout dans le monde.
01:43Témoignage de Kate Brown, professeure d'histoire au MIT, interrogée à l'occasion du 40e anniversaire de la catastrophe de
01:49Tchernobyl.
01:55Du conseil des ministres de l'URSS.
02:00Comme cela a déjà été rapporté dans la presse, à la centrale nucléaire de Tchernobyl, située à 130 kilomètres au
02:07nord de Kiev, un accident s'est produit.
02:11Sur place, une commission gouvernementale est à l'œuvre sous la direction du vice-président du conseil des ministres de
02:16l'URSS.
02:18Archive de la télévision russe en avril, 29 avril 1986, traduite par Jérôme Boulet.
02:25Émilie Massemin et Bruno Chariron, bonjour à tous les deux.
02:28Bonjour.
02:28Merci d'être avec nous. Cette histoire de myrtilles, elle est assez édifiante.
02:33Émilie Massemin, on parle dans ce texte, cette historienne, Kate Brown, évoque une prolifération organisée délibérément.
02:40C'est bien ça dont il s'agit ?
02:41Oui, tout à fait. C'est une interview qu'ont réalisé Martin Denoun et Nassima Abdelgafour, qui va être publiée
02:50prochainement sur Reporters et qui montre à quel point, et en dépit de ce que racontent les autorités, il est
02:58impossible d'enclore l'activité nucléaire, ni dans l'espace, ni dans le temps.
03:03Donc ça veut dire qu'on peut manger des myrtilles radioactives au petit déjeuner, par exemple ?
03:08Tout à fait.
03:09Oui, puisqu'elles sont vendues sur le marché européen.
03:12Tout à fait.
03:13Bruno Chariron, vous publiez le nucléaire, une énergie vraiment sans danger ?
03:16Point d'interrogation, c'est aux éditions Duneau.
03:18Et Émilie Massemin, votre média reporter, publie justement une série d'articles sur les suites de cette catastrophe de Tchernobyl,
03:2540 ans plus tard.
03:26Bruno Chariron, vous vous souvenez ce que vous faisiez, vous, exactement, ce 28 avril 1986, puisque c'est le moment
03:34où on a appris justement que l'accident avait eu lieu ?
03:37À l'époque, moi, j'étais jeune étudiant en génie énergétique et nucléaire à Grenoble, justement.
03:44Et ce qu'on nous a dit à l'époque dans les cours de physique nucléaire, c'est qu'en
03:47France, il n'y aurait pas d'impact particulier compte tenu de la distance et compte tenu de la dilution.
03:53Et tout ça, c'était faux, mais je ne l'ai découvert que bien après.
03:56Donc on pouvait dormir sur nos deux oreilles à l'époque, c'est ça ?
03:59On pouvait dormir sur nos deux oreilles.
04:01Il faut se rappeler que quand même, la France est le seul pays européen qui n'a mis en œuvre
04:05aucune mesure de protection sanitaire.
04:07Il n'y a même pas eu d'informations rigoureuses sur l'intensité des retombées.
04:14Et c'est pour ça que la CRIRAD, ensuite, s'est créée pour avoir la capacité de faire des contrôles
04:22indépendamment de l'État.
04:23La CRIRAD, c'est donc cette association pour laquelle vous travaillez, commission de recherche et d'information indépendante sur la
04:30radioactivité.
04:31C'était donc le 28 avril 1986 que l'accident de Tchernobyl a été révélé au monde occidental, Antenne 2
04:39à cette époque.
04:40Un accident a donc eu lieu dans une centrale nucléaire en Union soviétique, en Ukraine exactement, non loin de Kiev.
04:47L'agent Stas, qui a annoncé exceptionnellement la nouvelle, n'a précisé ni la date, ni les conséquences de cet
04:53accident.
04:54On sait seulement qu'il y a des victimes.
04:56L'information est confirmée par les pays alentours, la Suède, la Norvège et la Finlande,
05:02où les scientifiques ont repéré une montée anormale de la radioactivité d'un nuage que le vent a attiré d
05:09'Ukraine vers la Scandinavie.
05:11Bruno Charayron, archive donc de 1986, 28 avril.
05:16Donc ça veut dire qu'on l'a appris indirectement grâce aux pays limitrophes ?
05:20Oui, absolument. À l'époque, on ne l'a pas appris par les autorités françaises.
05:24On l'a appris par les pays limitrophes, en particulier la Scandinavie.
05:28Et en fait, les personnes qui vont contribuer à créer la CRIRAD, dont par exemple Michel Rivasi, qui a été
05:35sa première présidente,
05:37ont aussi compris la gravité de ce qui se passait, parce que des personnes qui revenaient d'autres pays limitrophes,
05:45l'Italie, l'Allemagne, ont assez rapidement témoigné du fait que, dans ces pays européens,
05:51étaient mises en œuvre des mesures de protection sanitaire par rapport à l'intensité des retombées.
05:57Puisque l'accident s'était produit deux jours avant, en réalité, le 26 avril 1986.
06:03Donc il a fallu deux jours pour que l'information soit divulguée.
06:06Il a fallu beaucoup de temps, alors que les rejets radioactifs ont duré finalement pendant plusieurs semaines.
06:13Les rejets les plus importants ont duré au moins deux semaines.
06:16Et en fait, les rejets ont perduré pendant des jours et des jours,
06:20parce qu'il a fallu mettre en œuvre des moyens dantesques pour arriver à contrôler l'incendie
06:27et contrôler l'émission à très grande intensité de particules radioactives.
06:32Émilie Massemin.
06:33Oui, et les autorités ne se sont pas contentées de cacher la vérité aux autres pays.
06:39Elles l'ont aussi cachée à leur propre population.
06:43Donc, Kedbrun raconte dans cet entretien le rôle absolument crucial qu'ont eu les héros du quotidien.
06:51Donc des citoyennes et citoyens qui ont enquêté elles-mêmes, eux-mêmes, sur la catastrophe,
06:57pour en connaître la nature.
06:59Et notamment, c'est une enseignante en physique à Kiev qui a fait des prélèvements
07:03et qui s'est rendu compte qu'au regard de la nature de ces prélèvements,
07:08que c'était bien une explosion du réacteur qui avait eu lieu,
07:11alors que les autorités racontaient qu'il s'agissait d'un simple dégagement d'hydrogène ou de rejet chimique.
07:16Bruno Chararon, quelle est la quantité de radioactivité libérée dans l'atmosphère,
07:21donc à ce moment-là, en avril 1986 ?
07:24C'est une quantité qui se chiffre en milliards de milliards de milliards de becquerels
07:29avec des substances radioactives très très diverses.
07:34Il y a eu à la fois de l'iode-131 qui est responsable des pathologies thyroïdiennes,
07:38du césium-137, du strontium-90, du plutonium.
07:41On a affaire à des dizaines de substances radioactives différentes
07:46qui ont été libérées à haute altitude puisque ça a dépassé le kilomètre d'altitude
07:51et qui ont été dispersées par les vents, comme ça a duré pendant plusieurs semaines.
07:56En fonction de la direction des vents, les retombées ont touché des territoires très variés.
08:02Elles sont arrivées évidemment jusqu'en France.
08:04Et l'intensité des précipitations, la pluie, pour ce qui concerne la France aussi,
08:09la neige en altitude, ont évidemment augmenté la quantité de radioactivité
08:14qui a été déposée sur les sols.
08:16On parle à l'époque de 30 000 fois l'ensemble des rejets radioactifs
08:20émis par toutes les installations nucléaires en exploitation dans le monde
08:23sur la seule année 1986.
08:25Oui, la catastrophe de Tchernobyl, c'est vraiment le plus gros accident nucléaire de l'histoire.
08:32Il y en a eu d'autres. Il y a eu Kishkim, il y a eu évidemment après Fukushima.
08:36Mais là, qu'un cœur de réacteur nucléaire, le réacteur numéro 4, soit totalement éventré.
08:40C'est-à-dire que le combustible hautement radioactif,
08:44c'est une des matières les plus radioactives artificielles évidemment qui existe sur la planète.
08:48Cette matière est dispersée en altitude et va contaminer des dizaines et des dizaines de pays.
08:5540 ans après, puisqu'on va faire le point évidemment avec vous, on va parler du présent.
08:59Qu'en est-il justement de la radioactivité sur place, au-delà de la fameuse zone interdite de 30 kilomètres
09:06?
09:06Émilie Maspin, vous avez fait le voyage à Tchernobyl en 2018, c'est ça ?
09:10Oui, tout à fait.
09:11Qu'est-ce que vous avez vu à cette époque ?
09:14C'était avant la guerre. J'imagine que la situation a beaucoup évolué depuis.
09:19Déjà, c'est extrêmement impressionnant.
09:21C'est un souvenir de reportage très très fort.
09:24On rentre très progressivement dans la zone, puisque c'est extrêmement rural, extrêmement forestier.
09:30Et le silence est pesant.
09:33En rentrant, on doit monter sur une espèce de personne, poser ses mains sur des capteurs pour voir si on
09:42est radioactif.
09:43On répète l'opération en sortant.
09:46Et à l'intérieur, tout est marqué par cette présence invisible et nocive de la radioactivité,
09:53avec des panonceaux qui disent qu'il ne faut pas fumer, qu'il ne faut pas manger en extérieur, qu
09:57'il ne faut pas toucher la terre.
10:00Et comme le raconte notre journaliste Charles Guillard, qui est retourné sur le terrain bien plus récemment,
10:10les ouvriers qui travaillent sur place doivent encore faire des rotations toutes les deux semaines
10:16pour éviter d'être exposés trop longuement à cette radioactivité.
10:21Tout ça dans une ambiance de tour opérateur, parce que le site est devenu aussi un haut lieu touristique ?
10:26Oui, tout à fait.
10:27Alors évidemment, ces visites se sont arrêtées avec l'arrivée du conflit.
10:33Mais il y a eu un Tchernobyl tour qui s'est monté à peu près en 2008.
10:39Et il y a eu un pic de 124 000 visiteurs en 2019,
10:44après la diffusion de la série HBO Tchernobyl.
10:49Et voilà, moi j'ai vu ça sur place.
10:53C'est des mini camionnettes jaunes avec des touristes du monde entier
10:58qui s'amusent à écouter les compteurs Gégère crépiter près des points chauds.
11:03Ça interroge en fait sur la mémoire de cette catastrophe.
11:08Est-ce qu'on est vraiment dans de la sensibilisation au danger du nucléaire
11:14ou dans une sorte de Disneyland et de tourisme de catastrophe ?
11:17Bruno Charréron, 40 ans après.
11:19Alors aujourd'hui, en 2026, qu'en est-il de la radioactivité sur place ?
11:24La radioactivité sur place, elle est évidemment toujours très élevée
11:28puisque la demi-vie du césium-137, c'est 30 ans.
11:32C'est-à-dire que 40 ans après, sa radioactivité a été divisée seulement par 2,5.
11:37Et sur place, en fonction des lieux, vous avez aussi d'autres substances radioactives.
11:41Le strontium-90, certaines zones sont contaminées par du plutonium.
11:47Ce qui est très frappant dans ce territoire, c'est que l'inventaire de toutes les zones
11:53où il y a une radioactivité très élevée n'est même pas disponible.
11:56Encore, il n'y a pas si longtemps que ça, en utilisant des drones, des scientifiques étrangers
12:01ont pu mettre en évidence des points chauds qui n'avaient pas été identifiés.
12:04Donc si aujourd'hui, vous allez dans la zone interdite des 30 km,
12:08et même d'ailleurs au-delà de cette zone, vous pouvez encore évidemment être exposé
12:13à des niveaux de radiation très importants, sans parler par exemple
12:17de la dispersion à grande distance de substances radioactives par les incendies.
12:22Puisque comme par exemple la forêt rousse a été très très irradiée,
12:27les micro-organismes et les insectes qui détruisent la litière ont été très affectés
12:32et donc la litière s'accumule et en cas d'incendie, les incendies redémarrent plus facilement
12:37et encore par exemple en 2020, les poussières radioactives ont atteint la ville de Kiev par exemple.
12:43La forêt rousse, ce sont ces fameux arbres, les pins en particulier,
12:46qui ont dépéri immédiatement quasiment sous l'effet des radiations.
12:49Tout à fait, et évidemment cette zone est toujours très radioactive,
12:53ce qui pose des problèmes de gestion par exemple des incendies.
12:57Si on veut faire aujourd'hui un bilan sanitaire de Tchernobyl,
13:00sur qui on peut s'appuyer pour essayer d'avoir des chiffres exacts ?
13:04Alors il est absolument impossible d'avoir un bilan sanitaire exhaustif
13:09parce que depuis le tout début, il y a eu une volonté délibérée d'un nombre important d'organismes
13:16de minimiser les choses.
13:18Il faut savoir que par exemple, rien que sur la seule question des cancers de la thyroïde,
13:23il a fallu que des scientifiques indépendants et des scientifiques officiels,
13:27je pense au docteur Baverstock à l'OMS, se battent pour faire reconnaître une évidence,
13:32c'est-à-dire que oui, il y avait bien une épidémie de cancers de la thyroïde autour de Tchernobyl.
13:36Bruno Charer, on va faire une expérience en direct avec les auditeurs et les auditrices de la Terre au Carré
13:41puisque vous avez apporté un appareil que vous allez nous décrire avec des champignons de Tchernobyl, c'est ça ?
13:47Oui, alors cet appareil, ça s'appelle un scintillomètre gamma,
13:51il enregistre des rayonnements invisibles qu'on appelle les rayons gamma.
13:54Le césium-137 qui est dans beaucoup d'objets, beaucoup d'aliments autour de Tchernobyl,
14:01émet ces fameux rayons gamma.
14:02Et si je l'approche de ce scintillomètre, évidemment, le niveau de radiation augmente.
14:08Il faut bien avoir à l'esprit que ce sont des champignons qui ont été cueillis,
14:13même pas dans la zone interdite, au-delà de la zone interdite des 30 km,
14:16en 1998.
14:18Et vous voyez bien qu'ils sont toujours radioactifs.
14:22Il faut bien comprendre que ce genre de champignons sont consommés par les gens.
14:26C'est-à-dire que la radiation que nous mesurons là, à l'extérieur de cette boîte de pétri qui
14:31contient les champignons,
14:33si vous les ingérez, ces radiations sont émises depuis l'intérieur de votre corps.
14:37Et aujourd'hui, des centaines de milliers de personnes en Russie, au Bélarusse et en Ukraine
14:43sont toujours exposées à cette contamination par ingestion.
14:47Alors, on va juste refaire cette petite manipulation très rapidement.
14:50D'abord, il faut dire qu'il y a de la radioactivité naturelle dans ce studio.
14:53Donc, qu'est-ce que repère justement votre appareil avec la radioactivité naturelle ?
14:57Est-ce que vous pouvez nous faire juste entendre le bruit lorsque l'environnement est à peu près normal, entre
15:02guillemets,
15:02pour qu'on voit la différence ?
15:03On a une radioactivité naturelle.
15:05Je peux la faire entendre en changeant le potentiomètre.
15:13On va l'entendre.
15:15Voilà, vous entendez un très léger craquement.
15:19Et quand on apporte le champignon radioactif ?
15:22Une source artificielle de radiation.
15:26Le niveau de radiation augmente.
15:29Et c'est ce qui permet de révéler la présence de radioactivité.
15:33C'est toute la difficulté avec la radioactivité.
15:35C'est que si vous n'avez pas d'appareil de mesure, portatif ou de laboratoire,
15:39vous ne savez pas qu'il y a une contamination de l'air, de l'eau, des aliments.
15:42On va faire la même manipulation dans quelques minutes avec de la terre du mercantour
15:47pour évoquer aussi les retombées radioactives en France.
15:50Et puis vous répondrez bien sûr aux messages et aux questions qui arrivent pour vous
15:54de la part des auditeurs et auditrices à l'occasion de ce dossier aujourd'hui sur les 40 ans de
15:57Tchernobyl.
15:58« Je suis pas la fille qui ose, je suis pas la fille qui pose, pas la fille qui fait
16:06rire, pas de grandes choses à dire, pas la fille à la mort, jamais compris les codes, pas vraiment de
16:18conviction, quelques bêtes addictions, pas comme ça, un peu folle, pas de conviction. »
16:28« Je suis tout une idole, pas une briseuse de cœur, j'avais trop souvent peur, pas une grande sportive,
16:40pas vraiment combattie, voilà tout ce que je ne suis pas, alors moi je suis quoi ? »
16:52« Je suis la fille qui coule, pas une briseuse de cœur, pas une binthyeuse de cœur, pas une crème
17:06»
17:06« Je suis la fille qui coule, pas une briseuse de cœur, pas une briseuse de cœur, pas une briseuse
17:21de cœur.
17:21J'ai sauté mes pas-haut, assoiffé mes bateaux
17:28A confondre-moi au faux, toujours chercher ma place
17:35En ce banal et trop classe, au milieu de quelque part
17:41Je me rends compte tout le temps, je fuyais les fous
17:57Je fuyais les fous
18:03C'est la vie qui court
18:15La fille pas cool, c'était Yael Naïm
18:21France en terre
18:24Mathieu Vidard
18:27La terre au carré
18:28Alors en France, on ne s'inquiète pas pour l'instant
18:32Avec raison semble-t-il
18:33Car notre pays jusqu'à présent a été complètement protégé
18:36De ces retombées radioactives
18:37L'anticyclone des Açores s'est développé
18:39La météo affirme qu'il restera jusqu'à vendredi prochain
18:43Suffisamment puissant pour offrir une véritable barrière de protection
18:47Ces mesures ont été faites en France et sont faites en permanence
18:50En particulier par le service central de protection contre l'arrêtement ionisant au ministère de la Santé
18:55Ces mesures sont tout à fait négatives
18:57Et il n'y a de fait aucune raison de par les conditions météorologiques elles-mêmes
19:02Que quoi que ce soit soit mesuré en France
19:04Voilà une archive d'Antenne 2 le 29 avril 1986
19:07Avec à l'instant un représentant du commissariat à l'énergie atomique en France
19:11Nous sommes avec Bruno Charéron, ingénieur en physique nucléaire
19:14Chef du laboratoire de la CRIRAD
19:16Et Émilie Massemin, journaliste à Reporters
19:19Reporters.net, le quotidien de l'écologie
19:21Vous allez sortir une série d'articles sur Tchernobyl
19:24Et puis il y a un certain nombre d'archives également
19:26Qui sont consultables sur la question
19:28On parle évidemment des conséquences de la catastrophe de Tchernobyl
19:3140 ans après Bruno Charéron
19:33Ces retombées qui auraient épargné la France en avril 1986
19:38Ça c'était le discours officiel
19:41Nous n'avions rien à craindre de ce nuage radioactif
19:44La communication en France à l'époque a été quand même assez mauvaise
19:48La communication a été désastreuse
19:51Alors évidemment les autorités n'ont pas dit
19:53Le nuage s'est arrêté à la frontière
19:55Mais ils ont fait, ou plutôt ce qu'ils n'ont pas fait
19:58C'est comme si le nuage s'était arrêté à la frontière
20:00Puisque la France n'a mis en oeuvre aucune mesure de protection sanitaire
20:04Alors que les capteurs autour des centrales nucléaires par exemple
20:07Montraient une contamination très forte
20:09Simplement en France l'information était verrouillée
20:12Par le fameux professeur Pellerin du service de protection contre les rayonnements ionisants
20:16Et c'est pour cela que des citoyens dans la vallée du Rhône
20:20Ont décidé de créer un laboratoire de mesures indépendant
20:24Pour contrôler par eux-mêmes la radioactivité
20:26Et les premiers échantillons que ces citoyens créateurs de la CRIRAD ont apporté
20:31A un laboratoire de physique nucléaire à Lyon
20:33Ont révélé une contamination très forte
20:35Ça c'était combien de temps après l'accident en fait ?
20:37C'était dans les jours qui ont suivi
20:38Et ensuite Michel Rivasi, présidente fondatrice de la CRIRAD
20:41A lancé un appel à l'émission de Michel Polak
20:44Qui a permis de recueillir suffisamment d'argent
20:47Pour acheter le premier appareil de mesures professionnelles
20:50Et commencer petit à petit à créer un laboratoire
20:53Qui existe toujours aujourd'hui
20:55Et qui a à peu près six scientifiques dans son équipe
20:58Donc il y avait de grosses lacunes à l'époque
21:01C'est moins qu'on puisse dire
21:02C'est vraiment, c'est plus que des lacunes
21:04Enfin pour nous c'est quasiment
21:06Je vais dire peut-être un mot qui est exagéré
21:08C'est quasiment criminel
21:09Parce que quand on voit aujourd'hui
21:11Quand on sait l'intensité des retombées
21:13Le fait que les autorités ont laissé consommer des aliments
21:18Qui dépassaient très largement
21:20Les limites sanitaires en vigueur à l'époque
21:23Et que du coup des doses de radiation subies
21:26Par des personnes à risque
21:28En particulier les jeunes enfants
21:29Doses de radiation à la thyroïde
21:31Dépassaient largement les limites acceptables à la thyroïde
21:35Qui étaient de 15 millisieverts à l'époque
21:37Pour la France par exemple
21:39Et 50 millisieverts au niveau européen
21:41Pour nous c'est très grave
21:42Et c'est très grave que ça
21:43Ce ne soit pas clairement reconnu aujourd'hui
21:46C'est-à-dire que 40 ans après
21:48Le combat pour une reconnaissance
21:50De la gravité des retombées
21:52Et surtout de l'incapacité des pouvoirs publics
21:55A nous protéger
21:56Cette reconnaissance n'est toujours pas acquise
21:59Sauf que qu'est-ce qu'on sait vraiment
22:01Sur les retombées sanitaires de cette catastrophe
22:04Sur la population française aujourd'hui
22:06Qu'est-ce qu'on a vraiment comme chiffre solide
22:08Sur lesquels se baser ?
22:09On n'a pas de chiffre solide
22:11Je vais vous donner un exemple très concret
22:12C'est simplement la question des hypothyroïdies néonatales
22:17Le docteur par exemple Fauconnier
22:20Médecin généraliste en Corse
22:21Qui a contribué aussi à la création de la CRIRAD
22:24A constaté sur des chiffres officiels
22:27Un pic de ce type de pathologie en 1986
22:31Seulement pour pouvoir démontrer ou pas
22:33Que c'est lié à Tchernobyl
22:34Il faudrait avoir les résultats mois par mois
22:37Pour comparer avant et après
22:39Ces résultats nous ne les avons jamais obtenus
22:42Y compris d'ailleurs les chercheurs italiens
22:44Qui ont été mandatés par la collectivité territoriale Corse
22:47Pour faire une expertise
22:48N'ont pas eu accès à ces données
22:50Donc ça veut dire qu'aujourd'hui
22:51Alors qu'il est 40 ans plus tard
22:53On ne peut toujours dresser aucun bilan alors ?
22:55On ne peut toujours dresser aucun bilan sérieux
22:57Et c'est pour ça que la CRIRAD a écrit il y a quelques jours
22:59Au ministère de la Santé
23:00Et au président de la République aussi
23:01Pour que ce type est au président de la République
23:02Pour que ces données soient rendues publiques
23:06Et vous avez eu une réponse pour l'instant ?
23:07On n'a pas eu de réponse pour l'instant
23:08Émilie Massemin pour reporter
23:11Oui, monsieur Chariron a parlé du docteur Fauconnier
23:14Il nous a écrit il y a quelques jours
23:16Pour nous rappeler ces découvertes
23:18Qu'il avait faites sur son territoire en Corse
23:23La moindre des choses aurait été de vérifier
23:25De faire une enquête épidémiologique
23:27De contrôler que tout allait bien
23:30Et rien n'a été fait
23:31Et sur le niveau de radioactivité en France
23:36L'ACRO, l'Association pour le contrôle de la radioactivité dans l'Ouest
23:40En partenariat avec l'association Les Enfants de Tchernobyl
23:43A fait une récolte participative de champignons en 2015
23:47En 2025 pardon
23:48Dans quelles régions ?
23:49Tout récent
23:50Toutes les régions
23:51C'était international
23:53Ils ont reçu 90 échantillons
23:55Et parmi les échantillons français
23:5880% contenait du césium-137
24:01Issu des retombées de Tchernobyl
24:04Et il y a eu des bolets en Alsace
24:06Dont on a découvert qu'ils présentaient deux fois la norme
24:13Parce qu'on a beaucoup parlé de la frontière de l'Est
24:15Bruno Chariron
24:17Quand on évoquait les champignons
24:19C'était particulièrement sur la bordure Est de la France
24:22Le territoire français a été particulièrement touché
24:24Sur le tiers ou un quart Est de la Corse à l'Alsace
24:28En passant par la région en Alpes-le-Jura
24:30La carte des retombées qu'a établi l'ACRIRAD à l'époque
24:33En s'appuyant sur des carottages de sol
24:35A permis de montrer que les retombées effectives
24:39De césium-137
24:41Étaient plusieurs centaines de fois
24:43Et parfois plus de 1000 fois supérieures
24:45Aux chiffres officiels
24:47Aujourd'hui on parle surtout du césium-137
24:49Mais à l'époque, il faut dire, et vous l'avez dit
24:51Qu'il y avait d'autres radionucléides
24:53Qui étaient passés sous les radars
24:55Alors passés sous les radars, je ne sais pas
24:57Disons que si on veut être rigoureux
24:58A l'époque, sur les retombées en France
25:01Il y a plus d'une dizaine de substances radioactives différentes
25:03Dont le fameux césium-137
25:05Il y a le césium-134
25:07L'iode-131
25:08D'autres variantes de l'iode
25:10On a beaucoup parlé du 137
25:11Parce qu'il avait une durée de vie très longue
25:13Alors si aujourd'hui on parle toujours du césium-137
25:16C'est parce qu'il a une demi-vie effectivement de 30 ans
25:18C'est-à-dire qu'aujourd'hui, mathématiquement
25:20Sa radioactivité n'a été divisée que par 2,5
25:24C'est pour ça qu'il est toujours là
25:25Mais dans les champignons par exemple
25:27Nous en avons analysé également ainsi que des sols récemment
25:30Le césium-137 que l'on trouve aujourd'hui
25:33Ce n'est pas toujours que Tchernobyl
25:35C'est aussi les retombées des essais nucléaires militaires des années 50-60
25:40Et comment on fait la part des choses alors ?
25:42Alors aujourd'hui, ça devient très difficile de faire la part des choses
25:45A l'époque, quand on a établi à la création des premières cartes de retombées
25:49On avait encore la possibilité de discriminer
25:52Parce qu'il existait le césium-134
25:55Qui a une demi-vie de 2 ans
25:57Et qui permettait par son rapport isotopique
26:00Césium-137-134
26:01De discriminer les deux
26:02Aujourd'hui, c'est un peu plus difficile
26:04Sauf si on a un suivi dans le temps
26:06Parce qu'on prend les mêmes échantillons, les mêmes endroits
26:09Et que là, on voit bien comment cela évolue
26:11Bruno Charréron, on va faire une deuxième expérience
26:14On a donc entendu tout à l'heure votre appareil
26:17Révéler la radioactivité de ce champignon
26:20Qui avait été prélevé à Tchernobyl il y a plusieurs années déjà
26:23Et là, vous avez un autre échantillon qui concerne le sol français
26:27Oui, là je vais vous montrer un échantillon de terre
26:30Du Mercantour
26:31Qui a été récolté à quel moment ?
26:33Les Alpes françaises
26:33Celui-ci a été récolté en 1997
26:37Mais aujourd'hui, la radioactivité est pratiquement la même
26:41Disons un facteur par rapport à cet échantillon
26:44Même pas un facteur 2 de diminution
26:46Et je vais vous montrer qu'en approchant de l'appareil
26:49On enregistre toujours une forte radioactivité
26:51Ce type de sol qui a été pris dans la nature
26:54Dans un parc naturel
26:56Est tellement radioactif
26:57Qu'on peut utiliser le terme de déchet radioactif
27:01Et que lorsque nous devrons nous en séparer
27:03Nous devrons payer l'agence nationale
27:06Pour la gestion des déchets radioactifs
27:09Et personnellement, je dois dire que
27:11Lorsque j'ai l'occasion de faire des mesures
27:14Dans ces milieux naturels
27:15Et de sentir cette radiation très importante
27:19Et très variable
27:20En fonction des lieux à quelques mètres près
27:23C'est quelque chose qui est vraiment très frappant
27:25On a une question, enfin une remarque de Florence
27:28Que je vous donne déjà
27:29Elle nous dit
27:30Merci de donner les valeurs mesurées
27:32Effectivement car on peut régler le seuil d'alarme
27:34Comme on veut sur un appareil comme celui-là
27:36J'ai vu en vrai et dans des reportages
27:38Beaucoup de manipulations en mettant en seuil bas
27:41Seules les valeurs sont objectives
27:44Vous confirmez Bruno Charayron ?
27:45Ah bien sûr, avec un appareil comme celui-ci
27:47En fonction du réglage de la sensibilité
27:50On peut lui faire dire à peu près ce qu'on veut
27:51C'est pour ça que là
27:52J'ai choisi un certain réglage
27:54Pour vous donner une vision comparative
27:56Entre le niveau naturel
27:57On n'entend à peu près rien
27:59Et puis les valeurs sur ces échantillons
28:01C'est ce qu'on entendait effectivement tout à l'heure
28:03Avec le champignon de Tchernobyl
28:05Avec un taux de radioactivité comme il est là
28:08Dans cette terre du Mercantour
28:10Est-ce qu'il faudrait normalement
28:12Prendre des mesures particulières ou pas ?
28:14Alors c'est ce que nous avions
28:16Nous étions allés sur place à l'époque
28:18Avec monsieur Kouchner
28:19Qui était à ce moment-là secrétaire d'Etat
28:22A la santé
28:23Et nous avions demandé que
28:25Les zones en tout cas qui étaient fréquentées
28:27C'est-à-dire pas exactement cet échantillon-là
28:30Mais il y a des tables de pique-nique dans certaines zones
28:32Qui sont proches de secteurs assez contaminés
28:35On avait demandé que ces zones soient balisées
28:37Parce qu'enlever toute cette terre
28:39C'est tout à fait impossible
28:39Bon ça n'a pas été fait
28:41Probablement parce que c'est assez complexe
28:43Alors je ne voudrais pas non plus faire peur à tout le monde
28:45Mais simplement que les gens se disent bien
28:48Que même à plus de 2000 km
28:50De la centrale de Tchernobyl
28:52Il y a eu des retombées vraiment très très importantes
28:55Et qu'aujourd'hui notre environnement globalement
28:59Garde plus que la trace de cet impact
29:0240 ans après dans les sols
29:04Dans les champignons
29:05Dans les gibiers
29:06Et à des niveaux plus faibles
29:07Dans le lait
29:08Dans certaines régions
29:08Donc cet impact est bien toujours présent
29:11Y compris dans l'Hexagone et en Corse
29:13Le césium 137 une fois ingéré
29:15Justement comment il se comporte dans le corps humain ?
29:17Alors ce césium 137
29:19Il va se diffuser de façon très
29:21Très générale dans le corps humain
29:23Il va aller dans l'ensemble de la masse musculaire
29:25Et il va aussi aller peut-être un peu plus dans certains organes
29:28Bon le coeur étant un muscle
29:29Il va aller dans le coeur
29:31Il va aller dans le foie
29:31Et il va émettre ces radiations
29:34Beta et gamma à très long terme
29:36Tant qu'il n'est pas éliminé
29:37Et c'est pour ça que des chercheurs
29:40Comme Yuri Bandajewski
29:42Qui a été emprisonné
29:44Il faut le savoir quand même pendant 8 ans
29:45A cause en réalité de ces recherches
29:47Ce type de chercheur a montré
29:49Une corrélation entre
29:51Des pathologies cardiovasculaires
29:53Et la quantité de césium 137 ingérée
29:56Émilie Massemin
29:57Oui c'était tout à fait effrayant
29:59Yuri Bandajewski
30:00Je l'ai rencontré lors d'un colloque
30:02En juillet 2018
30:04Donc il avait mené un programme de recherche
30:07A Ivan Kif
30:08Qui est une commune
30:09Qui est à 50 km du réacteur accidenté
30:12Où il avait fait tout un tas de mesures
30:13Sur les enfants du district
30:15Parmi ces enfants
30:16Plus de 80%
30:18Avaient des anomalies cardiaques
30:21Des pathologies cardiaques
30:23Et plus de 35%
30:25Avaient des problèmes de foie
30:27C'est absolument considérable
30:29Il faut savoir que c'est une zone
30:30En plus les populations
30:31N'ont pas les moyens de se protéger
30:33C'est une zone qui est extrêmement pauvre
30:35On imagine bien que les gens
30:36Qui sont restés vivre à proximité
30:38C'était des personnes
30:39Qui n'avaient pas la possibilité de partir
30:42En plus l'Ukraine a connu
30:44Tout un tas de soubresauts
30:45Géopolitiques, politiques, économiques
30:47Qui ont fait que
30:48C'était très compliqué
30:49De mettre en oeuvre
30:50Des politiques de santé publique
30:52Et les gens sur place
30:54Mangent les champignons
30:56Les baies
30:57Et le gibier
30:58Des forêts contaminées
30:59Parce que c'est leur seul moyen
31:01De se nourrir
31:01Ils vont chercher du bois de chauffe
31:03Dans des bois contaminés
31:05Et ensuite ils les mettent
31:06Dans leur chaudière
31:07Ils inhalent les particules
31:08Et ensuite ils épandent
31:10La cendre
31:10Dans les potagers
31:12Où ils cultivent leurs légumes
31:13La contamination est multifactorielle
31:16Et elle est chronique
31:17Sur des années et des années
31:19On va parler dans un instant
31:20Du futur du site de Tchernobyl
31:22Et plus largement
31:23De la sûreté nucléaire
31:24Et puis vous répondrez aux messages
31:26Et aux questions qui arrivent pour vous
31:27Sur franceinter.fr
31:28Et pour vous entendre directement
31:29Avec l'appli Radio France
31:53Sous-titrage Société Radio-Canada
32:11Sous-titrage Société Radio-Canada
32:41Sous-titrage Société Radio-Canada
32:53Sous-titrage Société Radio-Canada
33:05Sous-titrage Société Radio-Canada
33:19Sous-titrage Société Radio-Canada
33:45Sous-titrage Société Radio-Canada
34:11Sous-titrage Société Radio-Canada
34:22Sous-titrage Société Radio-Canada
34:52Les images ont laissé craindre le pire
34:55L'arche de l'ancienne centrale de Tchernobyl
34:57A été frappée par un drone russe
35:00Le sarcophage protégeant le réacteur
35:02Numéro 4 accidenté
35:03A été endommagé
35:04Selon le président ukrainien
35:05Volodymyr Zelensky
35:06Une équipe de l'agence internationale
35:09Pour l'énergie atomique
35:10Présente sur place
35:11A confirmé une explosion
35:12Provenant de l'arche de conférence
35:14De son côté
35:15Le porte-parole du Kremlin
35:16Dmitri Peskov
35:17A lui démenti
35:18Tout attaque russe
35:18Sur la centrale de Tchernobyl
35:20Archive d'Euronews
35:21En février 2025
35:22Nous sommes 40 ans
35:24Après la catastrophe de Tchernobyl
35:25Pour en parler
35:26Avec Bruno Charerron
35:28Ingénieur en physique nucléaire
35:29A la Crirade
35:30Et puis vous
35:31Émilie Massemin
35:32Reporter
35:33C'est votre média
35:34Vous êtes journaliste
35:36Un mot justement
35:37Sur la situation aujourd'hui
35:38Parce que depuis
35:39L'accident de Tchernobyl
35:40Il y a eu donc
35:41La construction de ce sarcophage
35:43Et puis récemment
35:44Ce sarcophage a été visé
35:46Par les Russes
35:47Ça c'est une source
35:48D'inquiétude réelle
35:49Aujourd'hui ?
35:50Tout à fait
35:51En décembre dernier
35:52L'agence internationale
35:53Pour l'énergie atomique
35:55A confirmé
35:56Que le sarcophage
35:57N'était plus étanche
35:59Il a été inauguré
36:00En 2019
36:01C'était hier
36:02Il a fallu
36:0310 ans pour le construire
36:04Et il a fallu
36:05D'une frappe de drone
36:06Et d'un trou
36:07De 15 mètres carrés
36:08Pour anéantir
36:09Ce travail
36:10Et on ne sait même pas
36:11Exactement
36:12Quand est-ce qu'il va pouvoir
36:12Être sérieusement réparé
36:14Au regard du conflit
36:15Mais on pense
36:16A ce trou
36:17Mais il faut aussi rappeler
36:19Que la centrale nucléaire
36:21De Tchernobyl
36:21A été plusieurs fois
36:23Déconnectée du réseau électrique
36:24Depuis le début du conflit
36:25Au moins deux fois
36:26Elle a été occupée
36:27Cinq semaines
36:28Par les Russes
36:29En 2022
36:31Et il y a quand même
36:32Encore 20 000
36:33Près de 20 000
36:34L'assemblage de combustibles
36:35Qui sont entreposés là-bas
36:36Ils sont encore
36:37Ils nécessitent encore
36:39Un refroidissement
36:40C'est ultra dangereux
36:41Et il y a plus de 700 dépôts
36:43De matières et déchets
36:44Radioactifs
36:44Dans la zone
36:45Donc c'est un endroit
36:46Qui est absolument sensible
36:48Et le conflit
36:49Avec la Russie
36:52Rang
36:53Enfin vraiment
36:54Affecte la sécurité nucléaire
36:56Du site
36:57Bruno Charéron
36:58Sur cette question
36:59Justement
36:59Cette arche de confinement
37:02Visée
37:02Évidemment
37:03Parce que ça devient
37:03Un enjeu aussi stratégique
37:05Pour la guerre
37:05Par les Russes
37:07Vous êtes inquiet
37:08De ce qui s'y passe
37:09Autour de cette centrale
37:09Aujourd'hui ?
37:10Bien sûr
37:10Parce que
37:11Tout ça
37:12Ça nous rappelle
37:13Que Tchernobyl
37:1340 ans après
37:14C'est pas fini du tout
37:15Il faut bien avoir à l'esprit
37:17Que les liquidateurs
37:19Ont construit
37:19Au péril de leur vie
37:20Un premier sarcophage
37:21Dans des conditions
37:22Absolument dantesques
37:23Ce sarcophage
37:24Menace depuis très longtemps
37:25De s'écrouler
37:25D'où la construction
37:26De la fameuse arche
37:27Tellement grande
37:28Qu'on pourrait y faire entrer
37:29Notre-Dame de Paris
37:30Elle a coûté plus de 2 milliards
37:32Cette arche
37:33Ça a été dit
37:33A été abîmée gravement
37:34Par un drone russe
37:37Les réparations
37:38Sont estimées aujourd'hui
37:38A un demi-milliard d'euros
37:40Oui absolument
37:41Cette arche avait été faite
37:42Pour permettre
37:43De durer 100 ans
37:43Pour laisser peut-être
37:45Le temps
37:45D'arriver à mettre en sécurité
37:46Les matières
37:47Hautement radioactives
37:48Qui sont dedans
37:49On n'est pas 100 ans après
37:50Elle est déjà abîmée
37:51Donc on voit bien
37:52Qu'une catastrophe comme ça
37:54Elle crée des défis
37:55Qui sont
37:56En fait
37:57Probablement insurmontables
37:58Dans un pays comme la France
37:59Très pro-nucléaire
38:00Évidemment
38:00On a une histoire
38:02Dans notre pays
38:03Très forte
38:03Avec l'atome
38:04Est-ce que la perception
38:06De la population
38:07A changé
38:08Après
38:09Après Tchernobyl
38:10Et qu'en est-il
38:11Aujourd'hui
38:12En 2026
38:12Oui la perception
38:14De la population
38:14Elle a changé
38:15Dans le sens
38:15De prendre conscience
38:16Des risques
38:17Je pense qu'aujourd'hui
38:19Beaucoup de gens
38:19Sont conscients
38:20Du fait que
38:21La catastrophe nucléaire
38:22Est possible
38:23Y compris en France
38:25Mais d'un autre côté
38:26Il y a un tel matraquage
38:29Pour dire que finalement
38:30Le nucléaire
38:31Ce serait parfait
38:32Et que c'est la bonne solution
38:34Par rapport au défi
38:35De la transition
38:36Du changement climatique
38:37Pardon
38:37Que les gens
38:39Commencent de nouveau
38:40A se dire
38:40Mais finalement
38:41Le nucléaire
38:42Ce n'est pas si délicat
38:43Que ça
38:44En fait si
38:44L'énergie nucléaire
38:46Pose de très nombreuses
38:47Problématiques
38:48Et pour être informé
38:49Correctement
38:50Il faut absolument
38:51Pouvoir compter
38:52Sur des médias indépendants
38:54Sur des chercheurs indépendants
38:55Alors c'est le discours
38:56De Jean-Marc Jancovici
38:57Avec beaucoup de gens
38:59D'ailleurs
38:59Qui le suivent
39:00Pour dire que
39:01Le risque d'accident
39:01Il est très marginal
39:02Aussi au regard
39:03Du bénéfice climatique
39:05Aujourd'hui
39:05Et nous sommes d'ailleurs
39:07Émilie Massemin
39:07Dans un calendrier
39:10Aujourd'hui
39:10Qui relance
39:11Aussi
39:11Les centrales
39:12En France
39:13Oui tout à fait
39:14Puisqu'il y a un programme
39:15De construction
39:16De six nouveaux
39:17EPR2
39:18En France
39:18Et puis aussi
39:19La volonté
39:21De développer
39:21Les petits réacteurs
39:22Modulaires
39:23Après
39:25Indéniablement
39:25Les accidents nucléaires
39:28Que ce soit
39:28Tchernobyl
39:57Ou Fukushima
39:59Desconnectés du réseau
40:00Au moins 13 fois
40:01Depuis le début du conflit
40:03Le nombre de personnes
40:05Qui travaillent là-bas
40:06De personnel ukrainien
40:07Il a été divisé par trois
40:08Ils travaillent au milieu
40:09Des armes
40:10Sous la pression russe
40:11Le risque pour la sécurité
40:13Est majeur
40:14C'est des conditions
40:15Qui sont épouvantables
40:16Le nucléaire
40:17Nécessite une très grande
40:18Stabilité politique
40:19Et géopolitique
40:20Ce qui est loin d'être
40:21Le cas aujourd'hui
40:21On ne peut pas l'avoir
40:22Actuellement
40:23Allez on passe aux questions
40:30Annie nous dit merci
40:31Pour cette émission
40:31Parce que je suis effaré
40:33Écrit-elle
40:33De constater que
40:34L'acceptation
40:35De nouvelles centrales nucléaires
40:37Deviennent une évidence
40:38En France
40:39Même si ça reste partagé encore
40:41Il y a toujours débat
40:42Évidemment
40:42Dans la population
40:43Sur cette question
40:44Nathalie demande
40:45Bruno Charréon
40:46S'il y a un risque
40:46A consommer des champignons
40:47Aujourd'hui en France
40:48Ou pas
40:49Oui effectivement
40:50On a encore des champignons
40:51Qui ont un niveau
40:52De contamination
40:52En 16e 137
40:54Qui induit
40:55Des doses
40:56Qui ne sont pas négligeables
40:57Et comment on peut le savoir
40:58Parce qu'on n'a pas tous
40:59Un compteur gégère à la maison
41:00La seule chose qu'on peut le savoir
41:00C'est de faire des analyses
41:01Après vous avez des espèces
41:03Plus ou moins à risque
41:04Vous pouvez trouver des infos
41:05Là-dessus
41:05Sur le site internet
41:06De la Crirade
41:07Par exemple
41:07Les bolébés
41:08Les chanterelles en tube
41:09Les pieds de mouton
41:10Sont plus à risque
41:11Que les coulmèles
41:12Ou les mousserons
41:13Allez on a un message vocal
41:14Pour vous
41:15Bonjour
41:16Qu'en est-il
41:16De la radioactivité
41:17Qui s'est déposée
41:19Dans les hautes salles
41:20Pas Superkine par exemple
41:21Dans les lacs de Côme
41:23Et probablement ailleurs
41:25Dans d'autres régions de France
41:27Est-ce qu'on pourrait avoir
41:28Une idée
41:29De la carte
41:30De la dispersion
41:31De cette radioactivité
41:33Merci Michel
41:34Pour votre message
41:35Bruno Chararon
41:36Vous répond
41:36Il y a une carte
41:37Qui est clairement établie
41:37On peut consulter ou pas ?
41:38Sur le site internet
41:39De la Crirade
41:40Vous trouverez un atlas
41:42Des retombées
41:44Enfin de la quantité
41:45De césium 137
41:46Dans les sols
41:46Atlas qui a été établi
41:47Par un géologue indépendant
41:49André Paris
41:50Avec la Crirade
41:51Au début des années 2000
41:52Et qui vous donne
41:53Une vision
41:54De cette quantité
41:55De césium 137
41:56Un peu partout
41:57En France
41:58Et d'ailleurs en Europe
41:59Et effectivement
42:00Dans les territoires
42:01Que vous avez cités
42:02En altitude
42:02Dans cette partie des Alpes
42:04Vous avez encore des zones
42:05Qui ont des niveaux
42:05De retombées
42:07Enfin une concentration
42:09En césium dans le sol
42:10Qui peut dépasser
42:11Des centaines
42:12De becquerels
42:13Par kilogramme
42:14Sur certains
42:15Points d'accumulation
42:17Très particuliers
42:18Et on peut même avoir
42:19Plus de 10 000 becquerels
42:21Par kilo
42:21Sur des points
42:22Très particuliers
42:22On termine avec
42:23Olivia et Fabien
42:24Qui vous demandent
42:25De nous indiquer
42:26Les unités de mesure
42:26Des appareils utilisés
42:27Dans l'émission
42:28Les deux manips
42:29Que vous avez faites
42:30Pour mesurer la radioactivité
42:31A la fois des champignons
42:32De Tchernobyl
42:32Et de la terre
42:33Du Mercantour
42:34Oui alors
42:34Puisqu'on parle chiffres
42:35Je me suis aperçu
42:36Qu'en début d'émission
42:37Pour quantifier les rejets
42:39De Tchernobyl
42:39J'ai dit des milliards
42:40De milliards
42:40De milliards
42:41Il y a un milliard
42:42De trop
42:42Concernant cet appareil
42:44Il est gradué
42:45En coups par seconde
42:46C'est à dire
42:47Chaque fois qu'un rayon
42:48Gamin est intercepté
42:49Il compte un coup
42:50Au contact
42:51De certains
42:52De ces échantillons
42:53On a
42:53600
42:54700 coups par seconde
42:56Maintenant
42:56Si votre auditrice
42:58Ou auditeur
42:58Veut des becquerels
42:59Dans le sol
43:01Ce sol
43:01Du Mercantour
43:02On est à
43:03Plusieurs dizaines
43:04De milliers
43:05De becquerels
43:05De césium 137
43:07Par kilogramme
43:08Par rapport à la moyenne
43:10Dans l'absolu
43:11De césium 137
43:12Le niveau naturel
43:12C'est zéro
43:13Il n'y a pas de césium 137
43:14Dans la nature
43:15C'est du césium 137
43:17Artificiel
43:18Forcément
43:18Merci beaucoup
43:19En tout cas
43:19A tous les deux
43:20D'être venus
43:21A ce micro
43:21Je renvoie sur les articles
43:23De reporter
43:24Reporter.net
43:25Pour en savoir
43:26Un petit peu plus
43:27Et pour aller
43:28Également sur les archives
43:29Autour de ce 40ème
43:31Anniversaire
43:31De la catastrophe
43:32De Tchernobyl
43:32Merci à Lucie Sarfati
43:34Qui a préparé ce dossier
43:35On se quitte
43:35Avec le fil de l'histoire
43:36Stéphanie Duncan
43:37Sous-titres par Jérémy Diaz
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