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Moselle Info, le journal du mardi 14 avril 2026 - partie 2

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00:05Vous regardez Moselle Info, merci de nous rejoindre dans l'actualité de ce mardi 14 avril.
00:11Coup de frein du gouvernement sur la proposition d'étendre le travail le 1er mai face à la pression des
00:16syndicats.
00:16Le projet visait à autoriser davantage de salariés à travailler ce jour férié.
00:20Un retrait cependant critiqué par certains acteurs économiques et qui pointent à manque de souplesse.
00:27Dans l'actualité également, un vote très attendu se tient actuellement au Parlement sur les zones à faible émission.
00:32Les députés examinent leur avenir dans le cadre d'une loi de simplification économique.
00:37Deux options sont sur la table, leur suppression ou une application laissée au choix des collectivités.
00:42Rien n'est encore tranché.
00:44Enfin, grosse perturbation à Mézières-les-Messes, une canalisation a cédé ce lundi,
00:48provoquant une fuite d'eau importante près de la gare.
00:51Résultat des routes impactées et quelques caves inondées.
00:54Les services de la ville sont mobilisés pour limiter les dégâts.
01:00Et avant de retrouver nos invités, on prend la direction de Thionville avec cette journée toujours particulière pour ces jeunes,
01:06issus notamment des maisons d'enfants à caractère social.
01:09Une centaine d'entre eux étaient réunis autour des Mex-Olympics.
01:12Objectif, les sortir quelques heures de leur quotidien à Florent-Arnold.
01:17Un moment de répit dans un quotidien parfois douloureux.
01:20Pour ces enfants placés, ces Olympiades sont un véritable exutoire.
01:26Qu'est-ce que t'as préféré ?
01:27La boxe.
01:29À la fin, j'ai vu, t'as tout donné.
01:32Ça défoule, ça fait du bien ?
01:34Oui.
01:34Comme ça, ça me fait un peu arrêter de mes écrans et tout.
01:37C'est ça que j'aime bien.
01:39Je suis beaucoup excitée parce que j'attendais ce moment de faire du sport et j'ai bien aimé.
01:45C'est pendant les vacances, du coup, un moyen de sortir un peu et respirer l'air.
01:51Une bouffée d'oxygène, mais aussi un enjeu social.
01:54On ne les sort pas assez du quotidien, ils ne voient pas assez de structures, d'autres enfants.
01:58Ils voient qu'ils sont plusieurs, que c'est compliqué pour les uns et les autres, mais entre guillemets, se
02:03serrent les coudes.
02:04En Moselle, territoire olympique, c'est aussi l'occasion de leur inculquer les valeurs sportives.
02:10De les voir s'épanouir et surtout se défouler à la boxe et être content d'être là, ça fait
02:14du bien.
02:15En fait, on sent qu'on sert à quelque chose.
02:17C'est libérateur pour eux, ils se découvrent et puis ils découvrent une communauté, on va dire.
02:23Ils découvrent déjà un club, peut-être qu'ils se découvrent une passion.
02:26Alors, qui de mieux qu'une compétitrice olympique pour être la marraine de ces jeunes confiés à l'aide sociale
02:32à l'enfance ?
02:33Moi, je suis là vraiment pour leur apporter ce petit plus dans leur vie, un peu de paillettes, un peu
02:38de joie et surtout les sortir de leur quotidien.
02:41Et ces encouragements semblent ne pas être vains.
02:44Ça nous pousse à plus nous motiver.
02:47Elles nous montrent, on va voir ses compètes, ses entraînements des fois pour apprendre, pour les soutenir.
02:54Reste à voir si la MEX, maison d'enfants à caractère social qu'elle supporte, remporte pour la quatrième fois
03:00ces MEX olympiques.
03:01Se dépasser pour obtenir une médaille, pour obtenir un titre et donc c'est aller au-delà de tout leur
03:09parcours difficile.
03:10Aucun doute que cette journée du 8 avril marquera ses enfants une journée pour rêver d'être des champions.
03:19Chaque jour, des dizaines de milliers de Mosellans traversent la frontière pour travailler au Luxembourg.
03:24Un quotidien rythmé par les trains bondés, les retards et la fatigue, mais aussi par des salaires plus attractifs.
03:30Dans leurs livres, Les Naufragés, aux éditions La Paulette à Yann Lindingre et Pierre Théobald, racontent cette réalité avec humour,
03:36mais aussi avec une forme de lucidité sociale.
03:38Ils sont à mes côtés pour en parler. Bonsoir messieurs.
03:41Ce livre, ce n'est pas vraiment un biopic, mais ces histoires sont tirées d'une expérience vécue.
03:46Vous êtes tous les deux des anciens frontaliers.
03:48A quel moment vous vous êtes dit qu'il fallait raconter cette vie-là ?
03:53Dès le premier soir quasiment, dès la première prise de train.
03:57En tant que Mosellans, on connaît forcément ces histoires de frontaliers usagers du TER qui sont exposés à mille et
04:03un tracas.
04:04Et puis un jour, vous mettez vous aussi les pieds dans le TER et tout à coup, vous mesurez cette
04:09épreuve quotidienne.
04:11Donc oui, il y a eu l'envie assez vite de faire un papier un peu énervé dans le média
04:17qui m'employait à l'époque.
04:19Et de là est partie l'idée de développer, de tirer d'autres fils et d'essayer de faire un
04:23livre ensemble avec Yann.
04:25Pourquoi ce titre, Les Naufragés ? Ça reflète vraiment la réalité aujourd'hui des frontaliers ?
04:30Frontaliers égale naufragés.
04:32C'est ce qu'on ressent au moins une fois par semaine, que l'on prenne la voiture ou le
04:38train.
04:39On sera forcément un naufragé à un moment donné dans sa semaine de boulot.
04:44Les complications sont nombreuses et les solutions beaucoup moins.
04:49Donc forcément à un moment donné, on va se retrouver dans une situation de naufrage, en tout cas dans les
04:54transports.
04:55Alors Yann, dans ce livre, vos dessins amènent beaucoup d'humour.
04:58C'est une manière d'adoucir une réalité qui est dure.
05:01Au quotidien.
05:02Oui, on a tous les deux une expérience de frontaliers différentes.
05:09Pierre est sur le texte avec un regard qui n'est pas cynique, qui est acerbe et assez factuel.
05:16Et donc moi, avec le dessin, je contrebalance un petit peu ce côté presque sérieux de Pierre.
05:25Encore qu'il y a beaucoup d'humour dans ses textes et donc ça permet de donner une certaine légèreté.
05:32Oui, beaucoup de second degré.
05:35Dans ce livre, vous décrivez une vie rythmée par les trains beaucoup, les retards, les suppressions.
05:40Est-ce que la situation s'est aggravée ces dernières années selon vous ?
05:45Alors pour tout vous dire, moi, mon expérience date d'il y a 30 ans où je prenais exclusivement la
05:51voiture.
05:51Je n'ai pas connu l'expérience de Pierre avec le TER.
05:55Et il y a 30 ans, ça restait relativement jouable de prendre la voiture.
06:00Je ne me levais pas trop tard le matin.
06:02Enfin bon, ça roulait relativement bien.
06:06Et j'ai arrêté, moi, en 2001.
06:10Depuis, la 31 est devenue ce que l'on sait, puisque sur le plateau de Moselle TV,
06:15on parle régulièrement du projet du serpent de mer, la 31 bis.
06:20Donc pour beaucoup de frontaliers, c'est injouable.
06:26Et donc on préfère parfois prendre le train, mais à ses risques et périls.
06:30Et là, je laisse parler Pierre, parce que c'est lui qui a vécu l'expérience intégralement en train.
06:35Non, ce qui ajoute de la difficulté au déplacement en train,
06:40c'est que d'une part, vous avez effectivement les aléas,
06:43des temps de transport qui peuvent être parfois extrêmement longs.
06:46Et puis, c'est aussi la matière humoristique du livre.
06:49Il y a aussi le fait que, tout à coup, vous fréquentez aussi des dizaines et des dizaines d'autres
06:54frontaliers.
06:55Et tout le monde est réuni sous un même toit.
06:58On n'a pas fait le choix de son voisin ou de sa voisine.
07:00On n'a pas fait le choix de se retrouver avec un coup dans l'œil
07:04ou un sac à dos contre soi quand les conditions sont encore plus problématiques que d'habitude.
07:09Quelques odeurs nauséabondes.
07:11Quelques odeurs nauséabondes et on s'en amuse dans le livre.
07:14Donc, en fait, c'est aussi cette espèce d'humanité qu'on a cherché à décrire dans le livre.
07:20On l'espère avec dérision, un peu de cynisme, certes, mais surtout de la dérision et aussi de l'auto
07:26-dérision.
07:27Parce qu'on s'amuse de nous-mêmes et on s'amuse aussi de ce que sont les frontaliers.
07:32Parce qu'à mon sens, rien n'est plus insupportable qu'un frontalier puisqu'il passe sa vie à parler
07:36de sa condition de frontalier
07:38et à saouler son entourage avec ça.
07:41Une autre question que vous abordez dans ce livre, c'est que vous évoquez un gain financier,
07:45mais aussi une perte de temps et donc d'argent.
07:48Est-ce que finalement le statut de frontalier est vraiment rentable ?
07:53C'est une des grandes questions que vous vous posez.
07:56Il y a une espèce de jauge, de balance.
08:00À partir d'un moment, ça peut devenir intéressant quand on gagne très très bien sa vie.
08:05Quand on bosse peut-être dans une fiduciaire, c'est dans le secteur bancaire à un haut niveau.
08:09Et là, on va se dire qu'on peut supporter les aléas des transports.
08:14Après, comme le fait remarquer Pierre, de plus en plus, le Luxembourg n'est plus le paradis,
08:21je ne parle pas fiscal, mais le paradis des transfrontaliers.
08:24À savoir, on est déjà content de trouver un poste qu'on ne trouverait pas en Moselle.
08:28Ma foi, payer un peu plus que ce qu'il serait ici en France, mais qu'on ne trouverait pas.
08:35Alors, on fait parfois beaucoup de trajets pour juste bosser à peu près au même tarif qu'en France.
08:42Et là, ça devient très très dur parce qu'il n'y a pas la contrepartie, forcément, sonante et trébuchante.
08:49Sur la problématique spécifique du train qui règle le bouquin,
08:54si on se rend compte, je peux me tromper, ce n'est évidemment pas une étude sociologique qu'on a
08:57menée.
08:59J'ai quand même l'impression que dans le TER, on retrouve davantage une classe moyenne.
09:04Les très gros salaires, a priori, sont davantage sur la 31 à bord de véhicules en leasing qu'à bord
09:10du TER.
09:11Et donc, pour cette, me semble-t-il, pour cette classe-là de salariés,
09:16oui, il y a sans doute un gain par rapport à ce qu'on gagnerait côté Moselland ou côté Meurthe
09:20et Moselland.
09:21Mais une fois qu'on met tout sur la table et qu'on commence à calculer son taux horaire,
09:25on n'est pas forcément toujours gagnant.
09:26Ou si on l'est, ça se joue vraiment à pas grand-chose.
09:29Et quand on met ça en balance avec le temps que l'on y consacre,
09:33mais aussi l'usure mentale, parce qu'aujourd'hui, on parle beaucoup de santé mentale
09:39et ce n'est pas un sujet anecdotique.
09:42Quand on met tout dans la balance,
09:44pas certain que ça soit une situation si avantageuse que ça.
09:47Oui, parce qu'on met de côté tout un pan de sa vie quand on passe beaucoup de temps dans
09:50les transports.
09:52Est-ce que vous avez eu déjà des retours de frontaliers qui ont lu ce livre ?
09:57Il est paru la semaine dernière.
09:59Oui, on a fait un lancement, pour ainsi dire, lors du Salon du Livre, le Livre à Metz.
10:06Et de nombreux frontaliers sont venus.
10:09Alors, Pierre parlait de l'usure mentale,
10:12mais il y a une dame qui disait qu'elle a été usée mentalement, mais physiquement,
10:15parce qu'à force de travailler debout, de voyager debout,
10:20son dos ne tient plus.
10:22Elle est foutue au bout de 30 ans.
10:24là, elle ne tient plus physiquement.
10:27Parce que, deux fois sur trois, être debout parce qu'il n'y a pas suffisamment de rame,
10:34c'est faire de l'espèce de hula-hop pour essayer de tenir sur ses deux jambes
10:40avec les accélérations et tout ce qu'on voudra.
10:45Et donc, il y a le mental, mais il y a aussi même le physique qui tue dans ses transports.
10:51Oui, est-ce que cette petite dame, parce que, du coup, on ne s'était pas concerté avant,
10:55mais c'est effectivement le premier visage qui me vient quand on évoque les trois jours de Salon.
11:00Cette dame avait les larmes aux yeux, on peut le dire.
11:04Et ce qu'on sentait, en fait, c'était un peu cette face cachée de la vie de frontalier.
11:09Encore une fois, les anecdotes de transport, ça ne va pas,
11:12les embouteillages pour la bagnole,
11:15ou alors le train qui n'est pas là, qui est supprimé, qui est en retard,
11:19qui a tapé un sanglier, il y a des présences d'individus sur les voies, etc.
11:22Tout le monde connaît ces histoires-là.
11:23Et à un moment donné, vous les vivez.
11:25Et ce sont deux heures qui s'ajoutent par-ci, deux heures qui s'ajoutent par-là,
11:29de l'incompréhension, de ne pas savoir quand est-ce que le train repartira.
11:33Les petits, qu'on ne peut pas aller chercher à la crèche,
11:36parce que la crèche ferme à 18h30,
11:37et que vous, à 18h30, vous êtes encore bloqués à hauteur des tanches grandes, etc.
11:42Et on sentait chez cette dame,
11:44alors nous, on essaye d'en rire dans le livre,
11:46on essaye d'en sourire en tout cas,
11:48on sentait beaucoup de souffrance de ce parcours long,
11:51nous a-t-il semblé, en tout cas c'était son témoignage.
11:54Et régulièrement, comme ça, pendant trois jours sur le salon,
11:56on a eu des gens qui venaient nous voir en disant
11:58« J'ai lu des extraits, je m'y reconnais, je me reconnaissais à chaque passage. »
12:04Parce que oui, les gens qui se déplacent chaque jour au Luxembourg
12:06vivent la même chose.
12:08– Effectivement, ça illustre parfaitement la réalité du quotidien des frontaliers.
12:13Rapidement, pour conclure, il y a des séances de dédicaces qui sont prévues
12:16dans les prochaines semaines, après ce week-end de Livre à Metz, le week-end dernier.
12:20– Le 25 avril, au Carré des Bulles, la librairie centre-ville de Metz.
12:26Nous serons à la brasserie Bon Poison également le 2 mai.
12:28Il y a des dates qui sont prévues à la Culture Fabrique à Ech
12:32et à la Chambre des salariés du Luxembourg,
12:34puisque c'est un sujet qui évidemment l'intéresse.
12:37Mais on aura encore toute une autre programmation.
12:40Ce sera à découvrir sur le site, notamment Internet de la maison d'édition,
12:44les éditions La Paulette.
12:45– Voilà, n'hésitez pas, vous avez toutes les clés en main pour découvrir ce livre.
12:49Merci à tous les deux d'avoir été sur le plateau de Moselle TV
12:52pour éclairer avec humour et lucidité,
12:54comme à chaque fois le quotidien de milliers de Mosellans.
12:57dans les naufragés aux éditions La Paulette,
12:59un livre à la fois drôle et très parlant sur une réalité bien de chez nous.
13:05Allez, on souffle un instant et Moselle Info revient juste après.
13:07– Sous-titrage Société Radio-Canada
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