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Moselle Info, le journal du 30 avril 2026 -partie 2

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00:00...
00:06Moiselle Info se poursuit.
00:07Si vous arrivez à l'instant, voici les titres.
00:09A Montnac, l'église Saint-Cyriac a été ravagée par un incendie cet après-midi.
00:14Après un feu de végétation, la charpente et le clocher se sont effondrés.
00:1860 pompiers ont été mobilisés pour maîtriser les flammes.
00:21Aucun blessé n'est à déplorer.
00:24Après 10 ans de combat, les prestations chômage seront-elles enfin versées par le pays du lieu de travail ?
00:29C'est en tout cas dans ce sens qu'un accord provisoire a été trouvé cette nuit
00:32entre le Conseil de l'Union Européenne et le Parlement européen.
00:35Cela représenterait 800 millions d'économies pour la France.
00:39Faut-il encore que les États membres votent majoritairement en ce sens ?
00:43L'information de proximité disparaît-elle en silence ?
00:46Fragilisé par le numérique et un modèle économique instable,
00:49les télévisions locales, plus de 90 en France, alertent après plusieurs fermetures.
00:54Le sujet est arrivé ce jeudi au Sénat
00:56avec l'intervention du sénateur Moselland Jean-Marie Mizon.
01:02Et en cette veille de 1er mai, ouvrons désormais une page importante
01:05sur cette fête du travail qui a fait couler beaucoup d'encre ces dernières semaines.
01:10Anne Leroux, secrétaire générale CGT Moselle est avec nous.
01:12Bonsoir.
01:13Bonsoir.
01:13Merci d'être là en face.
01:15Florent Arnold, journaliste de la rédaction.
01:17Bonsoir Florent.
01:18Bonsoir.
01:18Florent, demain nous serons donc le 1er mai, jour chômé et rémunéré.
01:22Lors de ce jour férié, les boulangeries et les fleuristes avaient l'habitude d'ouvrir.
01:26Mais cette année, ils se retrouvent au pied du mur.
01:29Tout à fait Jean.
01:30Demain, il vous faudra peut-être faire des détours pour aller chercher votre baguette
01:34ou acheter un brin de muguet.
01:36Ouvrir ou ne pas ouvrir, c'est la question que se posent ce jeudi 30 avril
01:40les artisans boulangers, pâtissiers et les fleuristes indépendants
01:44qui sont plus que jamais dans le flou.
01:46Alors pourquoi la question se pose cette année particulièrement ?
01:48Alors ce 1er mai 2026 sera la journée de l'incertitude pour ces artisans de proximité.
01:53Pourtant, jusqu'à il n'y a pas si longtemps, la question de leur ouverture ne se posait pas.
01:58Dans un accord de branche et dans leur convention collective des boulangers-pâtissiers,
02:03il est spécifié que les salariés peuvent travailler le 1er mai
02:07à condition que ce soit volontaire et que leur salaire soit doublé, évidemment.
02:12Jusqu'ici, tu vois bien, Franck ?
02:14Oui, mais le 1er mai 2024, il y a deux ans, des boulangers vendéens reçoivent une visite surprise.
02:19C'est l'inspection du travail qui vient les contrôler pour un motif
02:22qui n'avait jusqu'ici pas été soulevé.
02:25Dans la loi, seuls les gérants sont autorisés à travailler ce jour.
02:29Ce n'est pas le cas pour leurs salariés, même volontaires et payés doubles.
02:32Jusqu'ici, il y avait un laissé-faire, une sorte de flou juridique.
02:36Mais ce 1er mai 2024, l'inspection du travail a fait une lecture stricte de la situation
02:41et a sanctionné les gérants d'une amende de 750 euros par salarié et 1500 euros par apprenti.
02:48Une sanction qui refroidit, forcément.
02:50Oui, totalement. Et ces boulangers ont finalement été relaxés.
02:53Mais législativement, pour l'instant, rien n'a bougé.
02:56Pour un gérant, c'est impossible de faire fonctionner un commerce tout seul.
03:01Donc les boulangeries qui ouvriront demain avec des salariés volontaires pourraient reprendre des amendes.
03:07C'est une véritable épée de Damoclès.
03:08Oui, qui est une épée de Damoclès qui peut en effrayer plus d'un, malgré les propos rassurants du ministre
03:14du Travail,
03:15qui a dit, pour faire simple, que si des amendes sont dressées cette année, elles finiront à la poubelle.
03:21Mais j'ai rencontré un boulanger à Metz ce matin qui est un exemple probant de l'absurdité de cette
03:26situation.
03:27Pendant près de 20 ans, il a travaillé tous les 1er mai.
03:30Mais désormais gérant, depuis l'incident de 2024, il préfère rester fermé par principe de précaution,
03:37quitte à s'asseoir sur une journée fructueuse.
03:40Aline Leroux, qu'avez-vous pensé de ces sanctions de la part de l'inspection du travail ?
03:46Je pense que des sanctions, c'est tout à fait normal quand on ne respecte pas la loi.
03:50Donc à partir du moment où la loi précise très clairement que les patrons peuvent aller travailler si ça leur
03:57chante,
03:58mais pas leurs salariés, c'est juste une application de la loi.
04:02Et j'ai d'ailleurs entendu pas plus tard qu'en venant là tout de suite à la radio des
04:07inspecteurs du travail
04:07qui disent qu'effectivement, s'ils pressentent que des commerces qui ne devraient pas ouvrir
04:14ou en tout cas ne pas faire travailler de salariés seront ouverts demain le 1er mai,
04:18ils iront les contrôler, ce qui est normal en fait.
04:21Alors Florent, comment apaiser ces tensions et résoudre cette situation ?
04:25Oui, parce qu'on l'a entendu, il y a une différence entre la volonté des commerçants
04:29et ce qu'il y a concrètement dans la loi.
04:32Et pour ce faire, les représentants des artisans boulangers pâtissiers
04:35dénoncent une psychose qui a créé l'inspection du travail, selon eux, sur ce sujet depuis deux ans.
04:40Alors pour y mettre fin, ils espèrent une clarification juridique,
04:44un projet de loi dans leur sens, passera prochainement en deuxième lecture au Sénat.
04:48Et c'est notamment la ligne que défend Julien Frolich, vice-président de la Fédération Mosellane des boulangers.
04:56Regardez.
04:56Nous, on veut simplement rendre un service à la population en tant que profession de l'alimentaire.
05:02Nous, notre objectif et ce qu'on veut, c'est donc en deuxième lecture au Sénat,
05:07que ça soit de nouveau positif et que ça revienne à l'Assemblée nationale
05:09et que ça se passe comme normalement toutes les lois, qu'il y ait des débats, etc.
05:14Mais qu'on ressorte avec quelque chose de positif
05:16et qu'on arrive à pouvoir avoir un texte de loi clair, net et précis et officiel pour le 1er
05:25mai 2027.
05:26Donc il y a nouveau un an devant nous, mais il faut quand même que les choses s'activent très
05:30rapidement
05:30pour qu'une fois pour toutes, ce soit officiel et officialisé.
05:34Et bien sûr, les fleuristes y sont aussi concernés.
05:38Donc en effet, pour l'instant, le gouvernement s'est engagé en priorité
05:42envers les artisans boulangers et les fleuristes indépendants.
05:45Et pour les fleuristes particulièrement, c'est une journée à enjeu, Florent.
05:48Bien sûr, le muguet est le symbole de la journée internationale de lutte
05:52pour les droits des travailleuses et des travailleurs.
05:54Une fleur majoritairement cultivée en France qui fait travailler toute une filière,
05:58mais qui doit être commandée aux fournisseurs plus d'un mois à l'avance.
06:02Et surtout, c'est un porte-bonheur particulièrement plébiscité,
06:05ce qui représente un enjeu financier majeur pour ces artisans.
06:09Pour Perrine Inderer, fleuriste à Mulhouse et membre de la Fédération française des artisans fleuristes,
06:15elle, son chiffre d'affaires quotidien est multiplié par 3, voire 4 lors du 1er mai.
06:21Pourtant, elle est dans le même flou que les boulangers regardaient.
06:24Disons que là, actuellement, le cadre juridique actuel est quand même source d'incertitude pour nous, fleuristes.
06:33Alors, on a été autorisés il y a quelques jours de pouvoir faire quand même travailler nos salariés cette année.
06:42Il y a eu une dérogation.
06:45Mais voilà, nous, ce qu'on aimerait, c'est que la loi puisse être modifiée
06:50et que pour les futurs 1er mai, on puisse travailler dans des conditions plus pérennes pour nous
06:56et pour nos salariés, qu'ils puissent être sécurisés.
07:03Donc, Aline Leroux, vous venez de l'entendre, ces deux professions argumentent que travailler un 1er mai
07:08peut être intéressant et pour la clientèle et aussi pour leurs salariés, financièrement parlant.
07:13Mais pourrait-il y avoir des dérives et quel garde-fou faut-il imaginer pour garder l'essence du 1er
07:19mai ?
07:20Bien sûr qu'il peut y avoir des dérives puisqu'on est déjà dans une dérive, en fait.
07:24À partir du moment où la loi est très claire, actuellement, le projet de loi n'est pas validé.
07:28Donc, en fait, la question de faire travailler des salariés demain ne devrait pas se poser.
07:33Les chefs d'entreprise qui veulent ouvrir leur commerce le peuvent.
07:37Donc, ils peuvent vendre leur muguet, ils peuvent vendre leur pain s'ils le souhaitent.
07:41Les dérives, c'est principalement quand on parle de volontariat.
07:44Par exemple, chez les salariés, il faut quand même savoir que le volontariat dans le monde du travail, ça n
07:48'existe pas.
07:49On est soumis à un contrat de travail.
07:51Il y a un lien de subordination avec son employeur.
07:54À partir du moment où votre employeur prévoit de vous faire travailler un 1er mai, je ne vois pas bien
07:58comment on peut encore parler de volontariat.
08:01Ça n'existe pas.
08:02C'est une légende, le volontariat dans le monde du travail.
08:05Et clairement, je pense qu'aujourd'hui, les salariés ne souhaitent pas travailler plus.
08:10Ce n'est pas la priorité, surtout pour une journée dans l'année qui, souvent, est même plutôt une demi
08:16-journée sur la question du 1er mai.
08:18Je veux dire, si l'économie du pays tient une demi-journée d'activité, je pense que là, il faut
08:21s'inquiéter quand même.
08:23Là, la question, c'est que les salariés, aujourd'hui, leur problématique, c'est leur salaire.
08:28Eux, ce qu'ils veulent, c'est être payés dignement pour le travail qu'ils font.
08:31Alors, faire travailler les gens le 1er mai, ce n'est clairement pas la priorité.
08:35D'ailleurs, il y a beaucoup de commerces où je ne suis pas sûre que les salariés seraient vraiment prêts
08:40à travailler ce jour-là.
08:43On va aborder avec vous, Aline Leroux, ce 1er mai plus globalement.
08:47Pouvoir d'achat sous pression, conditions de travail dégradées, inquiétudes sur l'emploi, le climat social reste tendu en Moselle,
08:53comme partout en France d'ailleurs.
08:54À quoi s'attendre demain en termes de mobilisation en Moselle ?
08:58Écoutez, on espère qu'on va être très, très, très nombreux, notamment puisqu'on est sur une remise en question
09:05de ce jour férié-chômé.
09:08Donc, on espère qu'on sera massivement nombreux demain à la manifestation.
09:15Et puis, bon, également l'après-midi, on organise une fête du chiffon rouge à Voipi et on espère que
09:21la population sera présente.
09:25Il faut aujourd'hui, alors il y a la remise en question du 1er mai, mais effectivement, comme vous l
09:29'avez dit, il y a des grosses, grosses tensions actuellement, socialement.
09:32Quels sont les sujets de tension aujourd'hui les plus importants, mis à part ce qu'on vient d'évoquer
09:36pendant 5 minutes ?
09:37Alors, en Moselle, j'ai envie de dire qu'on est quand même un territoire particulièrement sinistré.
09:42Donc, la question, je vous l'ai dit tout à l'heure, il y a les salaires.
09:45Les salaires, c'est vraiment pour nous une priorité là actuellement.
09:49Mais il y a aussi la question des emplois en Moselle ces dernières années, notamment dans le secteur de la
09:57métallurgie, la sidérurgie et dans le secteur automobile.
10:00Il y a des milliers d'emplois qui disparaissent dans le plus grand des calmes.
10:05On a eu très récemment beaucoup d'entreprises qui se sont mobilisées.
10:11Je pense à Baomarque, par exemple, il y a quelques jours encore.
10:16Il y a eu une mobilisation devant chez Stellantis il n'y a pas longtemps aussi.
10:20Parce que, prenons l'exemple de Stellantis, il y a des emplois qui disparaissent, mais il n'y a pas
10:23de licenciement.
10:25Et pourtant, c'est des milliers et des milliers d'emplois qui s'en vont du territoire de la Moselle.
10:31Et évidemment, je ne peux pas ne pas parler de la fermeture de Novasco, qu'on ne digérera jamais.
10:38C'est vrai que c'est un gros dossier du département.
10:40Oui, donc beaucoup d'emplois.
10:41Et puis, bon, il y a aussi une autre question, c'est la paix.
10:45Aujourd'hui, le contexte international, il est quand même très, très compliqué, très tendu.
10:49Donc, premièrement, pour les populations de ces pays qui sont concernés et qui meurent aujourd'hui sous des bombes et
10:56des balles.
10:56Mais aussi parce que toutes les conséquences économiques de ces guerres-là, en fait, c'est aujourd'hui nous qui
11:03les subissons aussi.
11:05Les travailleurs et les travailleuses, quand ils vont à la pompe à essence actuellement, ils peuvent s'en rendre compte
11:10très clairement.
11:11On doit s'attendre à une grosse mobilisation, donc demain, une démonstration de force, vraiment ?
11:20On l'espère, en tout cas.
11:23Sachant qu'en plus, demain, la manifestation sur Metz est intersyndicale, ce qui n'est pas toujours le cas.
11:29Donc, c'est aussi un indice du fait que le contexte social est tendu.
11:36Et qu'il va falloir aussi que le gouvernement, les politiques entendent et ressentent cette mobilisation.
11:44D'ailleurs, quand on entend aujourd'hui un ministre qui dit très clairement, c'est interdit de travailler un 1er
11:51mai,
11:52mais si vous le faites, vous ne serez pas contrôlés, s'il y a des amendes, elles seront jetées à
11:56la poubelle.
11:56Qu'est-ce que c'est ce signal qu'on envoie ?
11:58Ça veut dire que les salariés, en fait, on les méprise.
12:02Et donc, ça continue.
12:03Donc, j'espère effectivement que demain, nous serons très nombreux et nombreuses dans la rue.
12:07Merci beaucoup, Aline Roux, d'avoir été avec nous ce soir dans Moselle Info.
12:11Merci aussi beaucoup, Florent.
12:13Et Moselle Info se poursuit dans quelques instants.
12:15Restez avec nous, à tout de suite.
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