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Commission de la défense : M. Guillaume Ollagnier, directeur général des relations internationales et de la stratégie au ministère des Armées et des Anciens combattants

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00:09:10Mes chers collègues, Monsieur le Directeur Général, nous poursuivons donc nos travaux consacrés
00:09:18à l'actualisation de la loi de programmation militaire pour les années 2024 à 2030 par
00:09:24l'audition de Monsieur Guillaume Aulagné, Directeur Général des Relations Internationales et
00:09:30de la Stratégie des GRS au Ministère des Armées et des Anciens Combattants.
00:09:36La principale raison mise en avant pour expliquer l'accélération de l'actualisation de la
00:09:41loi de programmation militaire 2024-2030 est le durcissement du contexte géostratégique
00:09:48et de la préparation au scénario central privilégié par la Revue nationale stratégique de 2025, à
00:09:55savoir un engagement majeur des forces armées en soutien à un pays européen avec une multiplication
00:10:03des attaques hybrides sur le territoire national.
00:10:08Nous serons heureux, Monsieur le Directeur Général, de vous entendre développer et illustrer
00:10:14cet accroissement de la dangerosité du monde ainsi que de connaître votre appréciation
00:10:20sur la montée des ruptures et des menaces.
00:10:24La guerre au Proche et Moyen-Orient s'est ajoutée depuis quelques semaines à la guerre
00:10:29en Ukraine.
00:10:30Le retour d'expériences tirées par la France du conflit ukrainien ont été très nombreux,
00:10:39que ce soit en termes d'armement, de politique de défense, de pratiques économiques ou de
00:10:46résilience nationale.
00:10:48De nombreux éléments de cette actualisation de la loi de programmation militaire en sont
00:10:53l'illustration.
00:10:54A ce stade, nous serions intéressés de savoir si vous avez pu d'ores et déjà tirer des
00:11:01enseignements supplémentaires du conflit au Proche et Moyen-Orient.
00:11:06Et par ailleurs, quelles perspectives voyez-vous pour leur résolution ?
00:11:12Monsieur le Directeur, afin de répondre à mes deux premières questions et ainsi qu'à
00:11:17toutes les questions de mes collègues et de développer ce que vous souhaitez partager
00:11:22avec nous, je vais tout simplement vous laisser la parole.
00:11:26Monsieur le Directeur Général.
00:11:30Merci beaucoup, Monsieur le Président.
00:11:32Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les députés, d'abord, laissez-moi vous dire
00:11:36à quel point c'est un honneur pour moi d'avoir cette première occasion dans mes nouvelles
00:11:41fonctions de m'exprimer devant votre commission sur ce sujet important de l'actualisation
00:11:45de la LPM.
00:11:46En m'adressant à vous, je suis pleinement conscient du fait que la ministre des Armées,
00:11:50la ministre déléguée, le chef d'État-major des Armées et d'autres secrétaires généraux
00:11:55à la défense et à la sécurité nationale du chef d'État-major de la Marine se sont
00:11:59déjà exprimés.
00:12:00Et donc je vais essayer modestement d'apporter ma contribution à l'éclairage de vos débats
00:12:06en restant fidèle à ce que sont les missions et les responsabilités de la direction générale
00:12:11que j'ai l'honneur de diriger depuis le 8 décembre dernier.
00:12:14L'une des missions essentielles de la DGRIS est de contribuer à la définition de la
00:12:19stratégie de défense du ministère des Armées et des stratégies du ministère des
00:12:23Armées. Définir la et les stratégies, ça signifie fondamentalement connaître exactement
00:12:31le monde dans lequel nous vivons, essayer d'anticiper au mieux les crises et les conflits
00:12:36dans lesquels notre pays pourrait être impliqué à l'avenir et en déduire compte tenu de nos
00:12:41contraintes et de nos moyens les meilleures stratégies en termes d'équipement militaire,
00:12:47mais aussi de stratégie et de stratégie militaire. Et la contribution de la direction générale des
00:12:53relations internationales et de la stratégie dans des travaux comme ceux qui ont conduit à
00:12:58l'actualisation de la LPM consiste aux côtés du chef d'état-major des armées et du DGA
00:13:03essentiellement et au bénéfice de la ministre de contribuer à ce que nous veillons en interne au
00:13:09ministère des Armées à la totale cohérence entre l'analyse du contexte stratégique, la
00:13:14planification de défense et les moyens attribués aux armées au regard de la LPM. Peut-être quatre
00:13:21points rapides en espérant être aussi complémentaires que possible de ce qui a pu être dit dans cette
00:13:27salle ces derniers jours. D'abord, vous l'avez rappelé, monsieur le Président, pour redire à quel
00:13:33point le contexte stratégique global dans lequel ces travaux se déroulent est difficile. Je ne vais
00:13:40pas m'étendre tout simplement parce que la RNS, la Revue nationale stratégique, fait référence. Elle
00:13:45n'est pas si ancienne. Tout ce que nous constatons depuis juillet 2025 et sa publication ne fait que
00:13:52confirmer mais aussi amplifier les analyses qui y sont contenues. Et nous constatons en fait une
00:13:58accélération des tendances qui y sont décrites. Si je devais me risquer à une nouvelle synthèse de
00:14:07la synthèse que représente déjà la LPM, moi, j'identifierais trois points qui sont structurants
00:14:13pour les réflexions du ministère des Armées et en tout cas de la DGRIS. Premier point, une forme
00:14:19d'évidence. La compétition se durcit et les affrontements se multiplient à l'échelle internationale,
00:14:26ce qui pour moi se décline en trois éléments distincts mais qui se combinent. D'abord, on
00:14:30constate un recours désinhibé à la force. Pas besoin d'être trop long sur le sujet, mais
00:14:36de la guerre en Ukraine à la guerre au Proche et Moyen-Orient actuel, sans compter ce que
00:14:40nous observons hélas au Liban ces derniers jours. Il faut partir d'un postulat simple
00:14:46face à toute crise internationale. L'hypothèse, la pire, est systématiquement celle qui est
00:14:51retenue par les acteurs. S'agissant du Venezuela, on savait quelles étaient les intentions
00:14:56des Américains. L'option qui a été retenue est une opération de vie forte. S'agissant
00:15:00du Liban, on savait très bien les risques d'escalade auxquels nous étions confrontés
00:15:04et Israël, malgré nos efforts, a choisi l'option militaire la plus complexe. Ça fait des décennies
00:15:11maintenant que nous traitons, que nous travaillons sur la crise iranienne. Nous savions que l'option
00:15:16militaire était sur la table. Nous avons constamment considéré qu'elle n'était pas la bonne
00:15:20option. C'est celle qui a été finalement choisie. Donc en toutes circonstances, il faut partir
00:15:24tout simplement du principe que l'hypothèse, la pire, sera toujours celle qui sera retenue.
00:15:28Et au total, on constate une multiplication des recours en totale désinhibition à la
00:15:35force militaire. Premier élément qu'on ne peut pas ignorer. Deuxième élément, il
00:15:39faut constater un effort considérable, global, universel de réarmement, qui est pour moi
00:15:45un sujet à l'échelle mondiale, qui est un sujet à la fois quantitatif et qualitatif.
00:15:50Quantitatif, parce que partout dans le monde, le niveau des dépenses de défense s'accroît
00:15:54de façon parfois absolument considérable. Qualitatif, parce que ce qu'on constate, en
00:15:59fait, c'est une forme de décalage vers le haut de tous les critères. En clair, les pays
00:16:03les plus avancés militairement n'ont de cesse de développer des armements encore plus
00:16:09avancés. Je ne pourrendrai que comme seul exemple, il y en aurait d'autres, les investissements
00:16:16considérables consentis par la Russie pour développer de nouveaux armements, parfois
00:16:22à composantes ou à vocation nucléaire, qui sont des armes de rupture, disruptives, qui
00:16:28n'existent pas aujourd'hui. Et puis les pays les moins avancés sur le plan militaire,
00:16:33on le voit, ont de plus en plus accès, de plus en plus facilement, à des technologies
00:16:37qui leur étaient inaccessibles auparavant. Et le meilleur exemple, ce sont les drones.
00:16:40Et donc en fait, on a à la fois une augmentation quantitative des dépenses et donc des armements
00:16:45disponibles, mais une espèce de décalage par le haut de l'échelle qualitative des
00:16:50armements. Deuxième élément majeur de renforcement de la compétition et des affrontements.
00:16:55Et enfin, le troisième élément majeur, c'est l'effacement total du droit international
00:17:00comme référence et comme élément susceptible, non pas de contrainte, ça n'est jamais l'objectif
00:17:05du droit international, mais d'atténuer les effets des conflits. Je ne veux pas être trop
00:17:09longs non plus à ce stade, mais je pense que tout le monde a bien en tête l'effondrement
00:17:14ou en tout cas l'affaiblissement considérable de tout l'ordre juridique international qui,
00:17:20depuis les années 60 au minimum, a essayé de contraindre, d'encadrer le recours à la
00:17:26force, le développement d'un certain nombre d'armements particulièrement problématiques
00:17:29et qui, par exemple, a contribué à assurer une forme de stabilité stratégique en Europe.
00:17:35C'est le cumul, pour moi, de ces trois éléments qui permettent d'étayer le fait que la compétition
00:17:40entre acteurs se durcit et que les affrontements se multiplient tous azimés.
00:17:43Deuxième élément de synthèse sur le contexte géopolitique global, il est très frappant
00:17:48de constater que l'affrontement est partout. En réalité, quand on regarde autour de nous,
00:17:53et avant même de parler de toute forme de confrontation militaire ouverte, tout est objet à compétition,
00:18:00à confrontation et à concurrence. L'accès à toutes les ressources, des céréales à l'eau potable,
00:18:06en passant par les terres rares, évidemment la puissance économique et commerciale, et jusque à la
00:18:13connaissance, à l'information et aux algorithmes. Donc des champs matériels jusqu'aux plus immatériels,
00:18:19tout est matière à confrontation. D'un point de vue militaire, il me semble qu'il faut être lucide sur
00:18:25le fait que nous assistons à une double évolution. Pendant très longtemps et encore aujourd'hui,
00:18:30la question a été à quel endroit du globe une crise, une guerre va-t-elle éclater ? Une forme
00:18:36de logique
00:18:36donc horizontale. S'ajoute aujourd'hui une logique verticale qui est qu'à tout moment, nous avons des fonds
00:18:46marins les plus inexplorés jusqu'à l'espace extra-atmosphérique, en passant par le milieu maritime,
00:18:51l'espace aérien, la très haute altitude. À tout moment, il y a confrontation et préparation à la
00:18:58confrontation dans toute l'échelle des altitudes, du moins 6 000 au plus 100 000. Et deuxième évolution,
00:19:07à cette évolution de l'horizontale au vertical, si je puis dire en simplifiant, s'impose une deuxième
00:19:12évolution dans laquelle on n'est plus capable d'identifier un moment ponctuel de crise ou de guerre,
00:19:18avec un début et une fin, nous sommes dans une espèce de logique à peu près permanente de
00:19:23compétition et de confrontation plus ou moins perlée. Et donc ce sont tous nos repères qui se sont
00:19:30rendus beaucoup plus compliqués. Donc deuxième évolution, deuxième élément fort, pardon,
00:19:35l'affrontement est partout, tout le temps. Et enfin, troisième élément fondamental du contexte,
00:19:40me semble-t-il, les distinctions pendant longtemps très claires entre adversaires,
00:19:46pour ne pas dire ennemis, alliés et partenaires, sont en train de s'atténuer. Là aussi, je ne veux
00:19:52pas être trop long, mais nous avons tous en tête des événements récents qui permettent ou qui
00:19:57conduisent plutôt à se poser un certain nombre de questions. Il faut avoir en tête que pour un pays
00:20:03comme la France, fidèle à ses alliances, c'est un véritable enjeu. Pour un pays comme la France,
00:20:08dont la stratégie de défense est basée sur des partenariats stratégiques très importants,
00:20:12très structurants, c'est également un véritable enjeu. Et on voit bien que le caractère extrêmement
00:20:19mouvant des intérêts, des alliances, des rapprochements rendent beaucoup plus complexe
00:20:24l'évaluation de avec qui pourrions-nous un jour, aux côtés de qui pourrions-nous un jour faire la guerre,
00:20:31sur qui peut-on véritablement se reposer. Pour moi, ce sont les trois éléments fondamentaux
00:20:37du contexte géopolitique qui sont extrêmement préoccupants. À partir de là, et dans ce
00:20:43contexte, il va de soi, c'est mon deuxième point, que notre priorité absolue en matière
00:20:49de politique de défense, c'est la sécurité de l'Europe. Pour une raison simple, nous sommes
00:20:55probablement pour 10, 15 ans, peut-être plus, dans une logique d'effet de ciseaux avec une
00:21:01menace russe longuement décrite, notamment dans la RNS mais pas que, une menace russe forte,
00:21:08durable, croissante et au même moment, pour des raisons totalement décorrélées mais qui
00:21:16se trouvent être simultanées, des incertitudes plus fortes que jamais. Là non plus, pas totalement
00:21:22nouvelles mais plus fortes que jamais sur le niveau de garantie américaine auquel on peut
00:21:27prétendre. Cet effet de ciseaux crée d'un point de vue objectif une situation d'insécurité,
00:21:36ou en tout cas une fenêtre de risque qui nous revient, nous France, nous pays européens,
00:21:42de fermer autant que possible. En conséquence, et pour être très bref sur ce sujet considérable,
00:21:49nous avons trois immenses chantiers devant nous, très largement engagés à des degrés
00:21:55divers. Premier chantier, évidemment, c'est l'augmentation significative de l'effort européen
00:22:01de réarmement. Effort, comme vous le savez, largement engagé, non seulement en France,
00:22:06bien sûr. On en discute justement avec l'actualisation de l'LPM et ce n'est pas un sujet nouveau
00:22:12mais
00:22:12c'est un sujet très largement engagé à l'échelle de l'Europe avec des variations considérables pour
00:22:17des raisons géopolitiques, géographiques, de capacité financière mais globalement un immense
00:22:22effort de réarmement à l'échelle de l'Europe dont il ne faut pas sous-estimer la difficulté.
00:22:27On a un peu tendance à résumer ou à identifier, à quantifier cet effort de réarmement par des
00:22:36données quantitatives et financières et notamment le fameux ratio dépense de défense sur PIB qui est
00:22:42évidemment un élément majeur. Soyons pas myopes sur le fait que par rapport à ce qu'est l'objectif,
00:22:49c'est-à-dire un renforcement effectif des nations européennes à se défendre, dépenser plus pour la
00:22:57défense n'est pas suffisant. Il faut dépenser plus pour la défense, ce qui en soi nécessite une prise
00:23:02de conscience et des décisions politiques parfois compliquées. Il faut s'assurer d'être capable de
00:23:06transformer cet argent additionnel en programme d'armement concret effectivement délivré dans les
00:23:11forces. Et il faut enfin, troisième étage de la fusée, s'assurer que ces équipements soient mis en
00:23:16oeuvre par des régiments, par des unités qui soient d'abord recrutées et ensuite formées et entraînées
00:23:23et enfin capables d'agir en coalition puisque de nos jours plus personne n'est capable de faire quoi
00:23:27que ce soit seul. Et donc soyons lucides sur le fait que quel que soit le caractère décisif de la
00:23:32dynamique en cours, nous n'en sommes pas totalement à ce stade-là, en tout cas dans beaucoup de pays
00:23:40européens. Deuxième grand chantier imposé par les temps et par les circonstances que je rappelais,
00:23:46il est absolument indispensable d'accélérer le développement de l'ensemble des outils dont
00:23:52l'Union européenne est en train de se doter, notamment dans le domaine du renforcement de
00:23:57l'industrie de défense et dans le domaine capacitaire avec de nombreux intérêts, de nombreux
00:24:03avantages à cette évolution que la France a largement contribué à lancer avec pour moi une utilité
00:24:11centrale qui est que cela contraindra ou en tout cas incitera les États européens à coordonner
00:24:18leurs efforts. Soyons lucides sur le fait que la somme de 27 ou de 31 budgets nationaux de défense aura
00:24:27toujours une utilité militaire un peu inférieure à ce que serait le même budget unique au service d'un État
00:24:34unique. Et donc à défaut d'une armée européenne ou de je ne sais quel projet un peu théorique, plus
00:24:41il y a de
00:24:41coordination entre les efforts de réarmement européens et plus l'efficacité globale en termes de
00:24:46renforcement de la capacité des Européens à se défendre sera élevée, les outils de l'Union européenne
00:24:52doivent aussi bénéficier ou servir ce dessin. Et enfin le troisième grand chantier, c'est l'européanisation
00:24:59de l'OTAN. Européanisation de l'OTAN nécessaire, européanisation de l'OTAN dont l'objectif est d'autant plus
00:25:06légitime et urgent que désormais les États-Unis, après parfois des hésitations et des signaux
00:25:14contraires, sont désormais très clairement en demande de ce que mon homologue américain
00:25:19Elbridge Colby a présenté comme l'OTAN 3.0. Nous sommes désormais clairement dans une position
00:25:27d'attente de Washington que les Européens prennent davantage de responsabilités. Chantier considérable
00:25:32qui, si on le décline dans toutes ses composantes, signifie que les Européens doivent faire
00:25:36entre eux, au sein de l'OTAN et en dehors de l'OTAN, un travail énorme qui ne consiste
00:25:41pas simplement à investir plus dans la défense, qui ne consiste pas simplement à acquérir
00:25:47davantage de capacités militaires, et notamment les fameuses capacités militaires critiques
00:25:52dont les Américains pourraient avoir besoin ailleurs, mais qui consiste également à repenser
00:25:57le fonctionnement de l'OTAN, avec une implication plus forte d'Européens, plus fort en son sein,
00:26:03de façon à veiller à garder ce qui est notre atout premier en Europe, à savoir la crédibilité
00:26:09de l'OTAN et de son article 5, quel que soit le degré d'engagement et d'implication
00:26:14américain.
00:26:16Vous l'avez dit, M. le Président, et c'est mon troisième point au moment de cette actualisation
00:26:20de la LPM, mais c'est par ailleurs une préoccupation constante. Nous sommes très soucieux, parce qu'il
00:26:25faut être prêt au conflit de demain et ne pas se préparer à ce d'hier, de tirer
00:26:29en temps autant que possible réel, tirer toutes les leçons que nous pouvons des conflits
00:26:35en cours, et notamment les deux principaux, la guerre en Ukraine, qui dure depuis hélas
00:26:41déjà plus de quatre ans, et la troisième guerre du Golfe, qui est en train de se dérouler
00:26:46dans la région. Pour ma part, et au risque d'être sélectif, voire incomplet, je pense
00:26:53qu'il y a quatre grandes leçons d'un point de vue strictement militaire, je ne parle
00:26:56même pas des enjeux géopolitiques, autre sujet, quatre leçons militaires principales.
00:27:01D'abord, ce qu'on constate, c'est que les conflits modernes durent, les guerres éclairs
00:27:05n'existent plus. Je mets le Venezuela à part, s'agissant des événements récents
00:27:09qui enlèvent plus d'une police, une opération de police internationale sans mandat d'arrêt
00:27:14que d'une véritable guerre. Et tous les autres conflits durent alors même que ce qui les initie
00:27:20les pense toujours être court. La guerre en Ukraine dure depuis quatre ans. Et sur
00:27:25le strict plan militaire, je pense qu'il n'est pas absurde de constater que la guerre
00:27:29entre l'Iran et les États-Unis pourrait très bien se poursuivre. Si elle s'arrête,
00:27:33ce sera pour des raisons politiques. Sur le plan militaire, il y a encore des moyens
00:27:36de part et d'autre de continuer ce conflit. Et l'atteinte des objectifs militaires n'a
00:27:41pas eu lieu. Et donc les conflits durent, ça signifie plusieurs choses. D'abord qu'on a
00:27:45besoin de massifier nos stocks d'armement parce qu'il faut durer et on ne dure pas
00:27:49sans stock. Ensuite qu'il faut améliorer notre efficacité à générer des flux. Grosso
00:27:54modo, renforcer notre industrie de défense. Le ministre des Armées l'a encore redit
00:27:59devant vous la semaine dernière. Première arme de ce point de vue, c'est l'usine. Et
00:28:04enfin, il faut travailler et être extrêmement vigilant à la résilience de la nation parce
00:28:09que tout conflit significatif dans lequel la France pourrait être engagée à l'avenir
00:28:13sera un conflit qui durera et qui nécessairement demanderont des ressources qui ne sont pas
00:28:18simplement celles des armées. Sur cet enseignement, je pense que tout ce que le gouvernement,
00:28:25depuis le discours du Bourget du président de la République et depuis, a engagé sur le
00:28:31sujet de l'économie de guerre et tout ce que vous savez très bien qui se trouve dans
00:28:36l'actualisation de la LPM en matière d'augmentation de la ressource, notamment attribuée à l'acquisition
00:28:41de munitions, répond à cet enseignement. Deuxième grand enseignement, la dronisation
00:28:46massive du champ de bataille dans tous les milieux pour toutes les gammes de prix et d'efficacité
00:28:52et de portée. C'est évidemment un élément significatif, extrêmement difficile à décrire
00:28:59et à quantifier parce que nous sommes dans un domaine extrêmement rapide en termes d'évolution
00:29:04et donc il est très difficile de savoir exactement à quoi ressemblera la dronisation du champ de
00:29:09bataille de demain. En tout cas, on voit bien que les grands déterminants sont là et dans ce
00:29:14domaine aussi. Vous savez ce qui est prévu dans l'actualisation de la LPM, le chef d'état-major
00:29:19des armées, notamment l'a longuement présenté. Troisième élément fondamental, peut-être encore
00:29:24plus pour la guerre en cours dans le Golfe qu'en Ukraine, le développement extrêmement rapide
00:29:29du rôle de l'intelligence artificielle. Nous constatons avec la guerre du Golfe actuel la
00:29:35mise en oeuvre concrète, ouverte, assumée, de logiciels d'IA, d'entreprises bien identifiées,
00:29:42sur l'ensemble du spectre de la conduite des opérations et notamment sur le cycle identification,
00:29:49identification et targeting, définition des cibles. Il est, je crois, de source ouverte connu qu'il a été
00:29:56possible pour l'armée des États-Unis de frapper un nombre considérable de cibles dans un délai
00:30:02extrêmement court, avec au total 10% d'agents et de militaires dédiés à cette tâche, de moins que dans
00:30:11le passé, et uniquement en raison de l'utilisation de modèles d'IA d'aide à la décision. Et enfin,
00:30:19le quatrième
00:30:19élément que je retiens pour ma part des leçons militaires, toute l'histoire militaire, sous le contrôle
00:30:24de mes meilleurs experts, c'est l'histoire de la dialectique entre le glaive et le bouclier. À tout moment,
00:30:32un armement trouve sa parade et toute parade trouve un armement plus efficace. S'y ajoute, me semble-t-il,
00:30:38de façon assez nouvelle, une dimension d'efficience économique de cette dialectique du glaive et du bouclier.
00:30:46Et on voit bien que de l'Ukraine à la guerre du Golfe actuel, la question n'est plus simplement
00:30:51d'être certain
00:30:52d'avoir la technologie qui permet de se prémunir d'une menace, mais nous sommes inévitablement, pour un
00:30:57certain nombre de raisons, conduits à nous demander si nous avons bien trouvé l'arme la moins coûteuse
00:31:02au regard de ce que coûte à l'adversaire l'arme avec laquelle il nous attaque. C'est toute la
00:31:07question
00:31:08bien identifiée de ces drones de fabrication sommaire qui coûtent 20 000 dollars et que les puissances
00:31:15militaires très développées, dont nous faisons partie, peuvent avoir tendance à essayer de les détruire avec
00:31:20des armements qui coûtent 10 ou 15 fois leur prix. Et donc, je trouve que c'est un élément
00:31:24assez nouveau. On ne se pose plus la question simplement de l'efficacité militaire, de savoir
00:31:29si nous avons les bons boucliers face aux bons glaives, mais aussi la question de savoir si nous
00:31:32avons la technologie la plus efficace et la moins coûteuse pour le faire, ce qui est extrêmement
00:31:38cohérent avec la notion de guerre durable. Dès l'instant qu'on est dans une logique de guerre
00:31:43longue, dès l'instant qu'on est dans une logique systématiquement d'attrition, dès l'instant
00:31:47que la question est de savoir qui va pouvoir durer 24 heures de plus, il est logique de
00:31:51se poser la question de l'effecteur qui sera le plus efficace pour détruire une arme
00:31:57qui coûte éventuellement très peu cher. Voilà, me semble-t-il, sous réserve de quelques
00:32:03impasses, les principaux enseignements militaires que l'on peut tirer des principaux conflits
00:32:11en cours. De notre point de vue, évidemment, vous le savez, l'actualisation de la LPM qui
00:32:17vous est soumise répond non seulement à ce contexte international, à cette urgence,
00:32:23mais aussi à ces enseignements en temps réel de la conflictualité que nous identifions.
00:32:29Je ferai peut-être pour ma part, et en essayant de n'empiéter sur les compétences d'aucun
00:32:34des grands subordonnés de la ministre, deux remarques très générales. La première, c'est qu'au
00:32:40moment où on débat d'un effort additionnel de la nation pour sa défense et des inévitables
00:32:46arbitrages, sacrifices, choix qu'il faut faire parce que la ressource n'est jamais illimitée,
00:32:51je pense qu'il faut être conscient, et je le dis pour parler à longueur de journée
00:32:56avec nos partenaires européens, non-européens, de ces questions, de ce qu'en termes d'efficience,
00:33:03nous sommes probablement sur le podium international en matière d'efficience de dépenses militaires.
00:33:10Il faut mesurer, indépendamment de toute autre considération, ce que notre pays, et il faut en
00:33:16être fier, son industrie, sa DGA, ses armées, sont capables de faire avec un effort qui est
00:33:21de 2% du PIB. Je ne jugerai pas de savoir si 2% du PIB, c'est beaucoup ou
00:33:25très insuffisant.
00:33:26La réalité, c'est que quand on regarde les pays qui dépensent 2% de leur PIB, ils sont
00:33:32incapables de faire un centième de ce que fait la France, et que des pays qui font beaucoup
00:33:36plus que la France, ont des efforts budgétaires qui sont infiniment supérieurs à 2% du PIB.
00:33:40Et je pourrais vous citer des pays qui sont à 4-5% du PIB, mais qui n'ont pas
00:33:44les capacités
00:33:45militaires que nous avons. Et donc, en termes d'efficience, indépendamment de toute autre
00:33:50considération extrêmement importante, être capable, avec 2% du PIB de notre richesse
00:33:55nationale, est fort considérable. Mais être capable d'entretenir une dissuasion strictement
00:33:59indépendante et totalement crédible, une armée conventionnelle parmi les plus importantes,
00:34:06les plus efficaces, les plus crédibles d'Europe, et être capable, et c'est l'objet notamment
00:34:10de cette actuelle peine, à la fois d'explorer les domaines technologiques et les armements
00:34:15du futur dont on ne dispose pas encore, mais dont la France veut disposer le moment venu
00:34:19lorsque ses adversaires les auront aussi, de gagner, de garantir, de pérenniser, parfois
00:34:24de renforcer la crédibilité de grandes plateformes très traditionnelles que sont la trame-chasse,
00:34:30les avions de combat, les navires de surface, travailler au porte-avions du futur.
00:34:35Et dans le même temps, troisième effort, densifier en masse les équipements que nous
00:34:39avons mais en volume insuffisant. Et enfin, dans le même temps, quatrième effort, développer
00:34:44les équipements low-cost mais qu'il faut créer de toute place, drones, munitions téléopérées,
00:34:51de façon à s'adapter à la conflictualité de demain. Tout ça, encore une fois, avec
00:34:55un effort national de 2% du PIB, indépendamment, encore une fois, de toute autre considération
00:35:00et la reconnaissance de toutes nos insuffisances dans le maint domaine. Je pense qu'il faut
00:35:06être conscient que c'est assez unique. Il faut d'autant plus en avoir conscience que
00:35:09dans cet effort dont je parlais de réarmement européen, qui appelle à une véritable coopération
00:35:15entre nations européennes, je pense que nous avons à cet égard aussi un savoir-faire
00:35:19assez unique, dont il faut être fier et dont il faut se servir pour accompagner nos
00:35:25partenaires et partager cette expérience et cette capacité qui est réelle.
00:35:29Deuxième remarque que je ferai, très générale, et je m'en excuse, je pense qu'il y a deux
00:35:33points saillants, peut-être moins relevés dans les auditions précédentes de cette
00:35:38LPM, sur lesquelles je me permettrai de faire un petit focus. D'abord, le développement,
00:35:44le lancement d'un programme de développement d'un missile balistique. C'est une évolution
00:35:51assez significative et c'est une réponse, me semble-t-il, assez majeure à un autre
00:35:56enseignement parmi les innombrables enseignements que nous pouvons tirer des crises et des conflits
00:36:02récents, à savoir le fait que le missile balistique est le vecteur le plus susceptible
00:36:09de percer le plus grand nombre de défenses antimissiles. Et de ce point de vue-là, lancer
00:36:15ce programme fait véritablement sens, outre toutes les autres dimensions d'un tel programme.
00:36:20Le deuxième élément que je voulais citer, c'est l'acquisition par la France de l'avion
00:36:24radar Global Eye, fabrication suédoise. Évolution assez significative, comme vous le savez,
00:36:30nous remplacerons donc des capacités historiquement américaines par des capacités suédoises.
00:36:35Je pense que c'est important, d'abord parce que c'était, je m'en remets aux armées,
00:36:40elle a déjà le meilleur choix pour nos forces armées, mais d'un point de vue politique,
00:36:43je pense qu'il ne faut pas sous-estimer à quel point dans les discussions européennes
00:36:48du moment, et compte tenu de l'image que la France peut parfois renvoyer, c'est quelque
00:36:52chose dont on doit être fier, qu'on doit assumer en matière de conviction de la France
00:36:58qu'il faut renforcer l'autonomie stratégique européenne, qu'il faut assumer des critères
00:37:02de préférence européenne. Nous faisons la démonstration dans les faits que la préférence
00:37:06européenne, ça n'est pas une obsession française de préférence française, c'est un choix
00:37:12raisonné d'aller chercher autant que possible les technologies en Europe lorsqu'elles sont
00:37:17disponibles et de contribuer à les y développer lorsque ça n'est pas le cas.
00:37:22Voilà, je m'arrêterai peut-être là. Je veux juste en conclusion dire à quel point
00:37:26nous sommes absolument convaincus, quand je dis nous, le ministère des Armées, la
00:37:31DGRIS, de la nécessité donc de l'accélération de ce rehaussement nécessaire que nous essayons
00:37:37de notre effort de défense, que nous essayons de faire en fonction de notre cap qui est
00:37:44d'être prêt au conflit de demain plutôt que de se préparer à ce d'hier. Nous essayons
00:37:48de le faire dans le respect de ce qui fait notre force, un modèle d'armée cohérent
00:37:53avec une efficience permanente dans l'utilisation des moyens et enfin nous essayons de le faire
00:37:59en conformité avec notre ambition pour l'Europe et notre ambition européenne. Je vous remercie.
00:38:05Merci beaucoup, monsieur le directeur général, pour ce propos luminaire très fluide et très
00:38:12intéressant qui nous met en jambes pour commencer cette audition et cette série de questions.
00:38:18Alors je vais commencer par les deux rapporteurs et je passe dès à présent la parole au premier
00:38:23co-rapporteur, Yannick Chenevar.
00:38:26Merci, monsieur le président, monsieur le directeur général. Alors pour la mise en jambes,
00:38:29on va faire une mise en natation. Je pense que la situation internationale nous ramène sur
00:38:35des fondamentaux. Les fondamentaux, c'est l'influence de la puissance maritime sur l'histoire.
00:38:41C'est marrant. On pourrait d'ailleurs citer plus près de nous Castex avec un petit rappel.
00:38:48Qui possède la puissance maritime maîtrise le commerce maritime et qui maîtrise le commerce
00:38:54maritime maîtrise le monde. Et ça n'est pas inutile à rappeler compte tenu de la situation.
00:39:01Alors évidemment, ma question va porter sur la capacité de la France à garantir dans la durée
00:39:06ces approvisionnements stratégiques qui sont nécessaires à nos armées, en particulier
00:39:12s'agissant du transport maritime. Et donc à ce titre, je souhaite souligner la disparition
00:39:16de la flotte de superpétroliers. Vous avez dû suivre évidemment cela, comme un certain
00:39:21nombre d'entre nous, dit VLCC, sous pavillon français, qui interroge à la fois notre sécurité
00:39:26d'approvisionnement et le maintien de compétences maritimes critiques. Dans un contexte de choc
00:39:33énergétique et de tensions internationales majeures, alors que l'Union européenne renforce
00:39:38ses initiatives en matière de compétitivité et de mobilité militaire, comment la DGRIS
00:39:44évalue-t-elle nos besoins en transport stratégique et les risques associés en termes
00:39:48de dépendance ? C'est ma première question. La deuxième, comment ces enjeux sont-ils
00:39:54intégrés dans notre stratégie de défense, dans la perspective de répondre aux besoins impérieux
00:39:59de nos armées ? Et enfin, quelles sont pour vous les limites des dispositifs en place
00:40:05auxquels nous pourrions prioritairement nous intéresser dans l'examen de ce texte ?
00:40:10Je vous remercie.
00:40:11Merci, M. le rapporteur. Et je passe à présent la parole à Jean-Louis Thiriot,
00:40:18notre deuxième rapporteur.
00:40:20Merci, M. le Président. M. le Directeur général, heureux de vous voir en audition
00:40:27après les fonctions que vous venez de prendre.
00:40:32Je partage totalement l'analyse mahanienne de mon excellent co-rapporteur.
00:40:40La sécurité des flux est évidemment primordiale et un outil de contrôle et d'influence majeure.
00:40:49Deux séries de questions très différentes.
00:40:52L'une sur les moyens propres de la Dégérisse.
00:40:56Le rapport annexé de l'actualisation de la LPM ne donne aucun indicateur sur ce sujet.
00:41:04J'aurais souhaité savoir si, de votre tour de contrôle, les besoins de la Dégérisse sont satisfaits.
00:41:12On avait eu, au moment de l'adoption du budget 26, une discussion sur le rôle des think tanks,
00:41:19qui ne semblait pas forcément bien dotée, mais peut-être par des questions d'écriture.
00:41:24Donc, comment voyez-vous ça dans le cadre de l'actualisation ?
00:41:27Enfin, au niveau de notre diplomatie de défense absolument essentielle,
00:41:31est-ce qu'il y a une évolution prévisible du format des postes, du niveau des postes, etc.
00:41:36Sur la situation géopolitique, je ne peux que saluer un vieux combat que je portais,
00:41:47le développement de missiles balistiques terrestres susceptibles de frapper très loin dans la profondeur.
00:41:55J'aurais souhaité savoir les différentes analyses doctrinales à ce stade de nos partenaires européens,
00:42:02puisque ce sera au moins partiellement dans le cadre d'Elsa,
00:42:08et comment la France s'articule dans ce dispositif.
00:42:11Je vous remercie.
00:42:13Merci beaucoup, mes chers collègues.
00:42:15Monsieur le directeur général, vous avez la parole pour cette première salve de questions.
00:42:22Merci beaucoup, monsieur le rapporteur.
00:42:24Puissance maritime, évidemment totalement fondamentale.
00:42:28Je ne résiste pas à la tentation au titre des grands auteurs de rappeler que l'amiral Vaujour
00:42:34vient de publier son propre ouvrage, qui s'inscrira sans doute à la lignée de Mahan et Castex.
00:42:41Évidemment, élément d'autant plus central que nous avons, un, le constat que nous sommes étroitement dépendants,
00:42:47nous, France, nous, Europe, de la liberté de circulation maritime.
00:42:52On a bien vu ce qui s'est passé lorsque les outils ont décidé de porter atteinte à la fluidité
00:42:58de circulation de le Bab el-Mandeb.
00:42:59On voit très bien la situation dans laquelle nous sommes aujourd'hui avec le détroit d'Hormuz.
00:43:04Nous avons tous en tête les risques autour du détroit de Malacca.
00:43:08Et vous connaissez la position constante de la France de volonté de faire prévaloir le droit international de la mer,
00:43:17et notamment la Convention de Montego Bay avec la liberté de circulation.
00:43:20Donc c'est une dépendance fondamentale, évidemment très forte, qui est partagée d'ailleurs par tous les pays européens.
00:43:24La deuxième raison pour laquelle c'est fondamental, c'est notre territoire maritime, notre domaine maritime,
00:43:29le deuxième plus important du monde.
00:43:32Évidemment, la puissance navale est absolument considérable.
00:43:35La puissance navale, ça veut dire d'abord et avant tout être capable de préserver l'intégrité de nos espaces
00:43:41maritimes.
00:43:42Et vous savez qu'un certain nombre de décisions ont été prises pour remplacer, rehausser nos capacités maritimes
00:43:48dédiées à nos zones maritimes autour des DROMCOM.
00:43:51Et c'est d'autre part entretenir la capacité navale à projeter de la force et à, encore une fois,
00:43:57préserver la circulation maritime.
00:43:59De ce point de vue-là, soyons par ailleurs lucides.
00:44:02Les États-Unis ont la première puissance navale du monde.
00:44:05La situation à Hormuz n'est toujours pas totalement réglée.
00:44:09L'évolution de la conflictualité et notamment la massification de moyens très peu coûteux
00:44:15avec lesquels on peut saturer les défenses anti-aériennes et la dronisation, y compris navale et sous-marine,
00:44:22rend considérablement compliquée, plus compliquée que dans le passé, la préservation des accès.
00:44:28C'est la raison pour laquelle la dimension politique est extrêmement importante.
00:44:32En tout état de cause, la puissance navale est donc toujours importante, même fondamentale.
00:44:36Je le dis avec d'autant plus de tranquillité que l'une des dernières décisions militaires du président de la
00:44:42République
00:44:42à la fin de l'année dernière a été d'engager le programme de porte-avions de nouvelle génération,
00:44:46qui est, je crois, à titre symbolique, la meilleure expression que l'on puisse apporter
00:44:52de l'attachement de la France à préserver son statut très rare de puissance dotée de grands porte-avions catobars.
00:45:00Si on ajoute à cela tout ce qui est prévu dans la LPM et dans l'actualisation de la LPM,
00:45:05sur le durcissement des moyens d'attaque et de défense de toute notre flotte de surface,
00:45:09la dronisation systématique avec un certain nombre de drômes minimum pour chaque bâtiment,
00:45:16y compris les BRF, bâtiments ravitailleurs de force,
00:45:19je pense qu'il y a la manifestation très claire de la conscience de l'importance fondamentale
00:45:25de cette dimension maritime pour nos armées.
00:45:30Monsieur le rapporteur, sur le programme 144, il n'y a pas d'éléments dans le rapport à un excès,
00:45:34effectivement, comme vous le savez, la LPM et l'actualisation de la LPM
00:45:37portent au niveau de la mission défense, sans détail au niveau des programmes,
00:45:43et donc en particulier sans détail s'agissant du programme 144,
00:45:47dont j'ai l'honneur d'avoir la responsabilité,
00:45:49mais merci néanmoins d'avoir insisté sur deux éléments qui sont extrêmement importants pour ce programme.
00:45:55D'abord la recherche stratégique et le soutien au think tank,
00:45:58mais plus largement à la recherche universitaire stratégique dans le domaine des affaires stratégiques.
00:46:04C'est un élément fondamental.
00:46:05Vous vous rappelez tous que dans la Revue nationale stratégique,
00:46:08au titre des éléments qui appellent à un réarmement, il y a le réarmement intellectuel.
00:46:13Et c'est absolument fondamental, parce qu'on voit bien qu'il n'y a plus un seul élément de
00:46:17notre défense
00:46:18qui ne soit pas réinterrogé dans ses fondements.
00:46:21La doctrine de dissuasion évolue extrêmement rapidement.
00:46:23Vous avez tous en tête le discours du président de la République à l'île-long.
00:46:28Les alliances ne sont plus perçues et perceptibles de la même façon.
00:46:31Le rôle de l'Union européenne dans la défense de l'Europe n'est plus la même.
00:46:34La conception qu'on peut se faire de notre capacité à coexister pacifiquement avec la Russie n'est plus la
00:46:39même.
00:46:39La conflictualité évolue.
00:46:41L'un des éléments clés pour être prêt au défi de demain,
00:46:44et c'est le rôle de la DGRIS au sein du ministère des Armées,
00:46:47c'est d'être capable de penser, de penser les conflictualités futures,
00:46:51de penser nos partenariats, de penser le monde dans lequel on va travailler.
00:46:56Et il n'y a pas une administration qui, à elle seule, soit capable de le faire de façon complète
00:46:59en autarcie.
00:47:01Nous avons besoin d'avoir des spécialistes qui réfléchissent avec nous,
00:47:05avec leur angle propre à ces questions, pour nourrir notre propre réflexion.
00:47:09Et donc les think tanks et les filières universitaires dédiées autant que possible aux questions stratégiques et aux questions militaires,
00:47:17c'est une priorité fondamentale pour ma direction générale.
00:47:21Je sais les doutes, parfois les interrogations, les inquiétudes, parfois les polémiques qui peuvent avoir lieu.
00:47:29S'agissant du niveau d'effort que le ministère des Armées consent sur cette question,
00:47:33je veux dire que c'est vraiment absolument pour nous prioritaire,
00:47:36parce que nous avons absolument besoin d'entretenir en interne pour nous-mêmes, France,
00:47:42cette capacité interne à réfléchir à notre avenir, à anticiper les choses
00:47:45et à repenser certains éléments de notre modèle de défense.
00:47:48Mais par ailleurs, c'est un enjeu d'influence à l'étranger.
00:47:50Nous avons besoin de relais, nous avons besoin de gens qui portent une vision proprement française
00:47:56des questions de défense et des questions stratégiques.
00:47:58Donc c'est... Je ne peux pas m'engager sur des chiffres, mais c'est, et ça restera,
00:48:02une priorité majeure pour le programme 144.
00:48:05Le réseau diplomatique de défense, comme vous le savez, il évolue en permanence
00:48:11au bénéfice d'une comitologie intégrée avec tous les partenaires du ministère des Armées,
00:48:16toutes les armées, directions et services, de façon à s'assurer que nous fassions vivre ce réseau
00:48:20qui, ces dernières années, s'est plutôt assez significativement développé.
00:48:25Et le faire vivre, cela veut dire avoir une capacité à définir de façon très lucide et très pragmatique
00:48:32où sont nos intérêts, de très court terme parfois, de moyens, parfois de très long terme,
00:48:37et de déployer des missions de défense là où c'est le cas.
00:48:42Et comme vous le savez, nous avons régulièrement, ces dernières années, ouvert un certain nombre de missions de défense
00:48:47dans les endroits où c'était le cas.
00:48:49Enfin, s'agissant du balistique en Europe, monsieur le député,
00:48:54Comme vous l'avez sans doute relevé, la tendance est assez nette à travers le continent européen
00:49:02au développement des moyens de frappe dans la profondeur,
00:49:06étant entendu que cette notion recouvre des technologies extrêmement différentes
00:49:11de la MTO aux missiles balistiques longues portées, en passant par différentes versions de missiles de croisière.
00:49:18C'est une tendance lourde.
00:49:20Un certain nombre de pays font le choix de missiles balistiques, comme nous.
00:49:26Cette tendance globale à la relance des réflexions capacitaires sur la frappe à la longue portée
00:49:31nous a effectivement conduits, il y a deux ans, à lancer l'initiative ELSA,
00:49:35qui avait vocation à faire converger autant que possible les analyses militaires sur le besoin,
00:49:42les réflexions sur les capacités précises qui étaient nécessaires,
00:49:47et essayer de faire émerger des projets de coopération concrètes.
00:49:51Cette initiative est toujours en cours, elle a été enrichie, détaillée en un certain nombre de clusters,
00:49:5713 si je ne dis pas de 12.
00:50:01La logique même de l'initiative consiste à tirer les conséquences à un moment
00:50:06que certains sujets en fait n'ont abouti à aucun projet concret.
00:50:09D'autres, à l'inverse, vont donner lieu à des projets concrets.
00:50:12Concrètement, en s'agissant du programme français qui est lancé,
00:50:17nous allons évidemment, dans ce cadre, rechercher des partenaires avec lesquels travailler
00:50:21sur tout ou partie d'un programme de ce type.
00:50:26Merci M. le Directeur Général.
00:50:28Nous passons à présent aux orateurs de groupe,
00:50:31et nous commençons par Julien Limangy pour le groupe Rassemblement National.
00:50:36Merci M. le Président, M. le Directeur Général.
00:50:39Mon Général, avec mon groupe, nous avons toujours une conviction claire.
00:50:42Le monde dans lequel nous évoluons est dangereux,
00:50:44structuré par des rapports de force et appelle de notre part lucidité et constance.
00:50:47C'est pourquoi nous avons défendu de manière continue un effort accru en faveur de nos armées,
00:50:51considérant que la crédibilité de la France passe d'abord par sa capacité à se défendre et à peser.
00:50:56Cette ligne, nous continuerons à la porter à l'occasion de l'actualisation de la loi de programmation militaire.
00:51:00L'actualité nous le rappelle avec force, notamment au Proche-Orient.
00:51:02La situation au Liban est aujourd'hui extrêmement préoccupante.
00:51:05Ce pays traverse une nouvelle épreuve,
00:51:07prise dans des tensions régionales qui le dépassent et subit des frappes massives,
00:51:10y compris sur sa capitale.
00:51:11Dans une région marquée par de profondes tensions,
00:51:14où Israël reste la seule démocratie de la région,
00:51:16ce qui implique, même si nous avons pleinement conscience des défis sécuritaires majeurs auxquels il est confronté,
00:51:21une responsabilité particulière,
00:51:22il est devoir de la France de se tenir aux côtés du Liban,
00:51:25de sa population, de sa souveraineté, comme l'a précisé Marine Le Pen.
00:51:28Ce pays n'a pas à être l'éternelle victime collatérale des conflits de la région,
00:51:31et la fille nulle n'a pas à être ciblée par les belligérants.
00:51:34Il est essentiel que toutes les initiatives visant à une désescalade soient soutenues
00:51:37et que le Liban soit pleinement intégré dans toute dynamique de cessez-le-feu à l'échelle régionale.
00:51:41Par ailleurs, je souhaite également saluer l'importance de nos partenariats stratégiques dans la région,
00:51:45nos alliés comme Djibouti ou les Émirats Arabes Unis,
00:51:47également mis à dure épreuve récemment,
00:51:49jouent un rôle essentiel dans la stabilité régionale et dans la projection de notre influence.
00:51:52La France doit continuer à être pour eux un interlocuteur crédible, fiable et opérationnel,
00:51:56capable d'agir concrètement à leur côté.
00:51:58Dans ce contexte de monde de plus en plus conflictuel,
00:52:00avec une désinhibition de la violence et des recours à la force que nous n'aurions pas imaginé,
00:52:04ma question sera la suivante.
00:52:05Comment la dégérisse, analyse-t-elle l'évolution du rôle de la France au Proche-Orient ?
00:52:09Et quels leviers identifiez-vous pour renforcer durablement notre crédibilité stratégique
00:52:13et opérationnelle auprès de nos alliés dans la région,
00:52:15tout en contribuant à la stabilisation de foyers de crise comme le Liban ?
00:52:18Je me permets une remarque sur votre propos introductif sur le fait
00:52:22qu'on serait dans les trois champions du monde potentiel de l'efficience de la dépense publique.
00:52:26Je me permettrais quand même un peu de mesure quand je vois certains programmes
00:52:29comme le SCAF, le MGCS, qui malgré tout a coûté cher
00:52:32ou pourraient coûter cher à nos finances publiques pour un peu plus de modestie malgré tout.
00:52:35Merci beaucoup.
00:52:38Merci, monsieur le directeur général.
00:52:41Vous avez la parole pour cette première question de groupe.
00:52:46Merci beaucoup, monsieur le député.
00:52:47Juste pour clarifier, je parlais de l'efficience de la dépense publique française militaire,
00:52:52pas globalement, juste les 2% du budget de la défense.
00:52:55Et par ailleurs, vous avez cité deux programmes très complexes.
00:52:59La complexité commence en particulier quand on est plus de 1.
00:53:03Et en l'occurrence, je dois dire qu'une bonne partie des difficultés des deux programmes que vous citez
00:53:08relèvent de difficultés partenariales, plus encore peut-être qu'industrielles.
00:53:15Vous avez évidemment raison, monsieur le député.
00:53:18La situation au Liban est extrêmement préoccupante.
00:53:20Vous connaissez la constance et la clarté des positions de la France sur le sujet.
00:53:26D'abord sur le fait qu'il est inacceptable que des contingents des Nations unies en général,
00:53:31ceux de la finule en particulier, puissent être ciblés de façon manifestement délibérée.
00:53:37A cet égard, nous avons avec constance fait passer ces messages à nos interlocuteurs israéliens.
00:53:42Et croyez bien que nous n'avons épargné et nous n'avons ignoré aucun canal pour faire passer les mêmes
00:53:48messages aux autorités israéliennes.
00:53:51Et on ne peut que regretter d'un mot faible.
00:53:54On ne peut que déplorer que ces incidents répétés d'intensité croissante aient pu conduire ultimement à la mort de
00:54:024 soldats indonésiens.
00:54:05La situation au Liban, plus généralement, vous savez l'implication de la France à tous les niveaux pour essayer de
00:54:10contribuer d'abord à une désescalade,
00:54:12ensuite à une solution politique.
00:54:15Il faut, je pense, prendre la mesure du fait que nous avons au Liban, avant cette guerre, une configuration inédite
00:54:24qui était porteuse d'espoir pour une évolution beaucoup plus favorable de ce pays en interne.
00:54:33Malheureusement, la situation en cours ne facilite pas ces évolutions.
00:54:39Comme vous le savez, donc encore une fois, nous plaidons pour l'arrêt des frappes israéliennes au Liban.
00:54:46Nous plaidons pour la reprise de discussions directes entre les autorités libanaises et israéliennes.
00:54:52Et de ce point de vue-là, nous ne pouvons que saluer, me semble-t-il, l'annonce de discussions
00:54:57directes,
00:54:58même si nous savons à quel point elles seront difficiles. S'agissant de notre crédibilité, que faire pour garder, renouveler,
00:55:05renforcer notre crédibilité au Proche et Moyen-Orient ?
00:55:08D'abord, je pense que nous sommes crédibles et que la réaction qui a été la réaction de la France
00:55:13après le lancement par les États-Unis
00:55:15de cette guerre, en réponse aux attentes de nos partenaires dans la région, notre contribution à leur défense,
00:55:23à la défense de leur territoire, a montré que nous étions capables de faire un certain nombre de choses rapidement,
00:55:30que nous étions crédibles, opérationnels, déterminés, être fidèles à nos partenariats et militairement capables d'y répondre.
00:55:37Donc je pense que notre crédibilité militaire est plutôt bonne. Pour renforcer encore cette crédibilité,
00:55:46c'est tout l'enjeu, notamment de l'actualisation de la LPM et des efforts en cours. Il faut rester
00:55:53une puissance militaire crédible aujourd'hui
00:55:56pour être un acteur crédible. Je ne dis pas que ça suffit, mais il est clair que quand on n
00:56:00'a pas de crédibilité militaire,
00:56:01il est beaucoup plus difficile de peser. Je dois dire aussi que la présence d'un certain nombre de points
00:56:08d'appui,
00:56:09la présence d'un certain nombre de bases et de facilités dont nos armées disposent, elles-mêmes résultats de partenariats
00:56:16de longue date,
00:56:17savamment entretenus, contribuent beaucoup à cette crédibilité militaire, puisqu'elle contribue beaucoup à la réactivité
00:56:24de nos réponses lorsque les circonstances l'exigent.
00:56:29Merci Monsieur le Directeur Général. La parole est à Nathalia Pouziref pour le groupe Ensemble pour la République.
00:56:37Merci Monsieur le Président. Monsieur le Directeur Général, tout d'abord, permettez-moi de vous souhaiter la bienvenue au nom
00:56:42du groupe Ensemble pour la République
00:56:44à l'occasion de cette première audition devant notre commission dans vos nouvelles fonctions de dégérisme.
00:56:50Par la déclaration du sommet de l'AE, les pays de l'OTAN ont pris l'engagement de porter à
00:56:555% d'ici 2035 la part du PIB consacrée chaque année à la défense,
00:57:00dont un premier volet de 3,5% pour les dépenses militaires et 1,5% aux infrastructures de sécurité
00:57:06au sens large.
00:57:07L'OTAN est une alliance au fondement solide. Si les déclarations tonitruantes du Président Trump troublent quelque peu la relation
00:57:15transatlantique,
00:57:15elles sont quand même loin de faire l'unanimité aux États-Unis, que ce soit au sein du Congrès ou
00:57:21au sein des instances militaires.
00:57:24Cependant, les États-Unis l'ont bien écrit dans leur revue stratégique. Ils alloueront moins de moyens à la défense
00:57:32de l'Europe.
00:57:33Et ils nous appellent de facto à assumer davantage de responsabilités dans la sécurité du continent européen.
00:57:39D'où ma première question. Le rapport annexé au projet de loi prévoit qu'il s'agit, pour la France
00:57:45avec ses partenaires, d'être prêt à répondre à un engagement majeur.
00:57:48La trajectoire actualisée de la LPM permettra-t-elle de respecter cet objectif ?
00:57:52Compte tenu de la dégradation rapide du contexte stratégique, le calendrier prévu est-il adapté ?
00:58:00Pour rester crédible, justement, ne faudrait-il pas viser davantage de dépenses, encore 3,5%, 3% avant 2035 ?
00:58:08Et en référence au discours de Colby sur l'OTAN 3.0, comment se préparer au mieux avec nos alliés
00:58:16à cette transformation majeure de l'OTAN qui est une OTAN plus européenne ?
00:58:21Enfin, les tensions actuelles sur la production et la livraison d'armements, notamment en provenance des États-Unis, ouvrent de
00:58:28réelles fenêtres d'opportunités pour notre base industrielle de défense.
00:58:32Au titre de l'action internationale du ministère, notamment à travers son réseau de correspondants de défense, que voyez-vous
00:58:39comme opportunité de commande regroupant plusieurs pays,
00:58:42leur permettant de mutualiser leur capacité de soutien ? Je pense par exemple aux offres de frégates, FDI, qui peuvent
00:58:49intéresser à la fois le Danemark et la Suède,
00:58:50ou encore des projets de mutualisation en matière de défense solaire sur le flanc oriental.
00:58:56— Merci, M. le directeur général.
00:59:00— Merci beaucoup, Mme la députée. Sur votre première question, je pense que la réponse tient en deux temps.
00:59:08D'abord, nous nous sommes engagés à atteindre 3,5% du PIB sans horizon de temps.
00:59:14Mais c'est un engagement que la France a pris. Et la France est toujours soucieuse de respecter ses engagements.
00:59:19Comme vous le savez, la trajectoire actuelle nous mène à 2,5% en 2030. Deuxième chose, je ne peux
00:59:25que citer les propos du Premier ministre,
00:59:27qui était alors ministre des Armées, sauf erreur, sur le fait que le poids de forme des armées françaises est
00:59:34probablement autour de 100 milliards d'euros.
00:59:36Je ne fais que citer des propos publics. Sur votre deuxième question, que faut-il faire pour que l'OTAN
00:59:45soit plus européenne ?
00:59:46Encore une fois, c'est un enjeu considérable qui se décline en plusieurs volets. Il y a un volet capacitaire.
00:59:57Évidemment, on ne peut plus se satisfaire d'une situation dans laquelle, grosso modo, 70% des forces militaires de
01:00:05l'OTAN sont américaines.
01:00:08Et donc il faut absolument que les Européens renforcent l'effort capacitaire.
01:00:13Il faut par ailleurs réfléchir à toutes les implications d'une OTAN dans laquelle les États-Unis seraient moins impliqués,
01:00:20compte tenu de la place des États-Unis, non seulement dans ce qu'on appelle le C2,
01:00:25mais également dans la philosophie militaire qui prévaut à l'élaboration de la stratégie militaire de l'OTAN
01:00:32et en conséquence à l'élaboration de ces plans militaires, par domaine comme géographique,
01:00:39il est indispensable de réfléchir.
01:00:41Et la France prend toute sa part à cette réflexion, de réfléchir à toutes les conséquences,
01:00:46pas simplement capacitaires, mais aussi opérationnelles, stratégiques,
01:00:50qu'il faut tirer d'une situation dans laquelle l'OTAN pourrait être amenée à faire face à une situation,
01:00:57comme on dit en anglais, avec un degré variable, éventuellement faible, d'implication des États-Unis.
01:01:02C'est un travail, encore une fois, considérable.
01:01:04La bonne nouvelle, c'est que la conscience des Européens de la nécessité de cette réflexion,
01:01:12trop longtemps repoussée, la conscience est désormais extrêmement large entre Européens
01:01:16du fait que c'est ce qu'il faut faire et ce vers quoi il faut aller.
01:01:19Et encore une fois, la France essaie de remplir pleinement son rôle de catalyseur de cette réflexion.
01:01:24Enfin, vous l'avez dit, effectivement, il y a beaucoup d'opportunités en Europe en termes d'acquisition.
01:01:31Le premier enjeu, c'est d'être capable de converger sur l'identification des besoins.
01:01:37On a beaucoup dit, je ne sais d'ailleurs même pas si ces chiffres sont toujours vrais,
01:01:41que nous avons je ne sais plus combien de modèles de char,
01:01:43je ne sais plus combien de modèles d'hélicoptère en Europe.
01:01:46Il y a un moment où l'urgence et la nécessité doivent conduire à un véritable rapprochement
01:01:55entre pays européens sur des besoins communs ou rapprochés,
01:02:00quitte à ce que chacun fasse une petite part de sacrifice pour avoir un matériel un tout petit peu différent
01:02:04de celui qui le souhaite.
01:02:05Il y a ensuite un effort à faire d'achats en commun, de regroupements en commun,
01:02:11ce qui est absolument nécessaire pour envoyer à l'industrie de défense européenne le bon signal de demande.
01:02:18Si on veut développer l'industrie de défense européenne, il est absolument indispensable que les entreprises européennes de défense
01:02:25aient la claire perception qu'il y a un vrai besoin de long terme.
01:02:29La meilleure façon de le faire, c'est de passer des commandes groupées,
01:02:32qui nécessairement donnent une visibilité aux entreprises européennes sur le long terme.
01:02:36De ce point de vue-là, tout ce que nous faisons déjà, mais qui doit être amélioré entre États de
01:02:42l'Union européenne
01:02:42au sein de l'AED, l'Agence européenne de défense, mais également tout ce que les instruments de la Commission
01:02:47européenne vont imposer,
01:02:49puisque la plupart des instruments vont être basés sur la nécessité d'acheter à plusieurs,
01:02:54tout cela va nécessairement, en plus du contexte géopolitique qui théoriquement fait émerger un sentiment d'urgence et de besoin,
01:03:02tout cela va nous permettre de converger dans cette direction.
01:03:05Et tout cela est absolument, encore une fois, essentiel pour donner de la visibilité à l'industrie de défense,
01:03:11de façon à ce que cela rende nécessaire et, comment dirais-je, rationnel d'investir dans les chaînes de production,
01:03:17de façon à atteindre l'objectif qu'on se fixe, qui est une accélération des délais de production
01:03:21et une baisse des délais de livraison. Et par ailleurs, je constate, dernier point, comme vous l'avez évoqué,
01:03:29que les choses bougent. Nous acquérons du global high, mais dans le même temps,
01:03:34nombre de pays européens s'intéressent à des équipements militaires français.
01:03:38Nous avons tous en tête le fait que nous avons franchi une forme de mur conceptuel il y a quelques
01:03:43années
01:03:43avec la vente pour la première fois de Rafale, non pas à l'export, mais en Europe.
01:03:47Nous avons un succès considérable avec les canons César. Nous avons vendu notre système antimissile de DSA
01:03:54Santé à un certain nombre de pays européens, encore récemment le Danemark.
01:03:58Donc tout cela montre bien qu'il y a une dynamique collective qu'il faut maintenant structurer et systématiser.
01:04:03Et évidemment, vous l'avez à très juste titre rappelé, c'est l'une des missions de nos attachés de
01:04:08défense,
01:04:08renforcées lorsque cela s'impose par des attachés d'armement.
01:04:13Merci. La parole est à Aurélien Saint-Toul pour le groupe La France Insoumise Nouveau Front Populaire.
01:04:22Merci, M. le Président. Merci, M. le Directeur Général.
01:04:26Je voudrais d'abord rebondir quand même sur vos propos concernant le Moyen-Orient,
01:04:30parce qu'au nom de mon groupe, je ne peux pas me satisfaire simplement d'entendre dire
01:04:35que la France regrette que des soldats de la Finule d'Indonésien aient été tués délibérément en réalité par les
01:04:41forces israéliennes.
01:04:42Je préférerais que la France condamne.
01:04:44Cela me paraîtrait plus approprié.
01:04:46Et de même, j'entends notre crédibilité militaire,
01:04:49mais je pense qu'elle n'est peut-être pas au point que nous puissions aussi parler d'efficacité,
01:04:55puisque de nombreux objectifs que nous avons dans la région n'ont pas été atteints,
01:05:00et en particulier les cesser le feu.
01:05:02Je voudrais vous interroger, puisque vous nous avez précisé,
01:05:05et on a raison, que la Dégéris a pour objectif de penser et d'anticiper.
01:05:09J'aimerais que vous nous expliquiez un peu davantage, de façon un peu plus approfondie,
01:05:16quels effets il faut attendre de l'acquisition de capacités que nous n'avions pas,
01:05:21de frappes dans la profondeur, de défense antiaérienne et d'alerte avancée.
01:05:24D'abord, c'est un peu délicat de vous le demander comme ça,
01:05:27mais on a entendu dire pendant des années que nous avions un modèle complet,
01:05:30et en réalité, on découvre qu'on a trois capacités dans lesquelles on n'était pas capable.
01:05:35Donc c'est un peu délicat, mais j'aimerais surtout savoir
01:05:40quelles perspectives de coopération sont aujourd'hui déjà considérées dans ces domaines-là.
01:05:45Et comme je l'ai dit à plusieurs reprises déjà,
01:05:48ce sont des briques, disons, très importantes,
01:05:51qui sont de nature à modifier une sorte d'équilibre stratégique qui existe,
01:05:55notamment s'agissant de la dissuasion et de notre vis-à-vis, si on peut dire, avec la Russie.
01:06:03J'aimerais savoir comment nos partenaires peuvent éventuellement s'insérer sans déséquilibrer cette situation.
01:06:12La dernière question est quand même assez massive aussi.
01:06:15Compte tenu de ce que sont les États-Unis aujourd'hui,
01:06:17faut-il penser à se protéger des États-Unis à l'avenir ?
01:06:20Et quelle implication budgétaire cela devrait-il avoir ?
01:06:23Merci, M. le directeur général.
01:06:27La parole est à vous.
01:06:31Merci beaucoup, M. le député.
01:06:33D'abord sur la finu, juste pour dire, parce que nous partageons évidemment le sentiment d'une grande gravité.
01:06:38J'ai bien insisté, nous ne pourrons pas simplement regretter.
01:06:41Nous avons déploré, nous avons demandé une réunion immédiate du Conseil de sécurité des Nations Unies.
01:06:46Je pense que je ne peux qu'abonder dans votre sens.
01:06:49Un modèle complet s'entend à un moment donné au regard des menaces auxquelles nous devons être confrontés.
01:06:56Et il n'est pas illégitime, compte tenu de toutes les évolutions que j'ai rappelées,
01:07:00de vouloir, un, limiter des dépendances qui, dans le passé, ont pu être considérées comme plus acceptables qu'elles ne
01:07:07le sont aujourd'hui,
01:07:08et d'autre part tenir compte de l'évolution, de la menace que représente la Russie.
01:07:14En termes d'alerte avancée, c'est-à-dire de détection très précoce de tir d'un missile,
01:07:22en termes de capacité de frappe de la profondeur, y compris, pas uniquement évidemment, mais y compris avec des éléments
01:07:27balistiques,
01:07:29c'est le résultat, comme je l'ai dit, de l'analyse que l'accélération et le développement des défenses
01:07:38antimissiles,
01:07:39le développement de ce qu'on appelle, parfois de façon un peu exagérée, des bulles de déni d'accès,
01:07:44rendent nécessaire de compter sur une capacité de perforation plus importante.
01:07:49Nous ne nous reposons pas d'ailleurs uniquement sur le balistique pour ce faire.
01:07:53Les MTO, ça sert aussi à saturer par du low cost des défenses antimissiles.
01:07:58Pour certains objectifs, pour certains adversaires, disposer d'une capacité balistique peut être absolument nécessaire.
01:08:06Ce sont les raisons pour lesquelles, dans ce contexte dans lequel, si on regarde le théâtre européen,
01:08:13je ne m'étends même pas sur d'autres théâtres, si on regarde le théâtre européen,
01:08:16enfin, il y a quand même en Europe une multiplication à l'Est, si je puis dire.
01:08:24Je ne vais pas paraphraser une célèbre phrase des années 80, mais enfin, il y a quand même beaucoup de
01:08:28missiles à l'Est.
01:08:29Il n'aura échappé à personne qu'à des fins essentiellement de démonstration.
01:08:36Un certain nombre de ces missiles, avec des vocations un peu ambiguës, ou même pas ambiguës du tout,
01:08:40d'ailleurs, sont utilisés d'une façon ambiguë.
01:08:42Il n'aura échappé à personne que, parfois, la meilleure façon de casser une flèche est de tuer l'archer.
01:08:49Et donc, pour toutes ces raisons, il a apparu nécessaire, non pas de compléter un manque du modèle d'armée
01:09:09de la veille,
01:09:09mais de développer un modèle d'armée qui inclut des capacités devenues nécessaires dans le nouveau contexte.
01:09:19J'ajoute que la cohérence doctrinale d'ensemble de ces questions ont été présentées très en détail par le président
01:09:27de la République
01:09:27dans son discours de l'île-longue, ce qui me permet de préciser qu'elles ne correspondent pas,
01:09:32elles ne répondent pas à un changement total de doctrine, en aucun cas.
01:09:35Il y a, encore une fois, juste d'une adaptation sur la nécessité de renforcer l'épaulement conventionnel de la
01:09:41dissuasion,
01:09:42de multiplier les modes de gestion d'une éventuelle escalade,
01:09:47et, encore une fois, de rester dans une logique strictement défensive.
01:09:53Merci, M. le directeur général.
01:09:55La parole est à Catherine Hervieux pour le groupe écologiste et social.
01:10:02Monsieur le président, M. le directeur,
01:10:05la DG RIS joue un rôle central dans l'anticipation des menaces
01:10:09et la coordination des travaux prospectifs à l'échelle du ministère
01:10:12et en lien avec les états-majors, la DGA et le secrétaire général pour l'administration.
01:10:18Dans ce contexte, l'article 19 du projet de loi
01:10:21introduit une nouvelle obligation déclarative
01:10:24applicable à certaines personnes exerçant au sein de zones à régime restrictif.
01:10:30Cette obligation poursuit un objectif clair,
01:10:33prévenir les transferts non maîtrisés de savoir-faire sensibles,
01:10:37mieux encadrer les mobilités professionnelles de détenteurs de connaissances critiques,
01:10:42notamment dans une logique de lutte contre le terrorisme et la prolifération.
01:10:46Toutefois, ce dispositif suscite de fortes réserves.
01:10:50Les instances consultatives compétentes ont exprimé des avis défavorables.
01:10:55Le Conseil national de l'engagement supérieur et de la recherche le 10 mars 2026,
01:10:59puis le Conseil commun de la fonction publique le 11 mars de la même année,
01:11:03où l'ensemble des organisations syndicales représentatives se sont opposées au texte.
01:11:09Plusieurs critiques structurantes ont ainsi été formulées.
01:11:12Un champ d'application jugé et des notions insuffisamment définies
01:11:17comme expériences significatives ou niveaux d'importance critique.
01:11:22Une estimation incertaine du nombre de personnes concernées entre 2 000 et 4 000.
01:11:27Une durée d'obligation déclarative pour voir aller jusqu'à 5 ans après la cessation des fonctions.
01:11:34Des sanctions pénales perçues comme disproportionnées.
01:11:35Et enfin, un risque d'effet dissuasif sur les carrières scientifiques
01:11:40qui irait à rebours de l'objectif même de protection du potentiel technique et scientifique national.
01:11:46Alors, dans ce contexte, quelles évolutions ou garanties envisagez-vous
01:11:50afin de répondre à ces préoccupations,
01:11:53tout en préservant l'efficacité d'un dispositif, évidemment,
01:11:57dont la finalité relève de la sécurité nationale ?
01:12:00Je vous remercie.
01:12:01Merci.
01:12:03Monsieur le directeur général, je vous en prie.
01:12:05Merci beaucoup, Madame la députée.
01:12:08J'espère ne pas donner le sentiment d'esquiver,
01:12:11mais comme c'est le cas pour la quasi-totalité des dispositions normatives
01:12:16du projet d'actualisation de la LPM,
01:12:18c'est le secrétariat général à la Défense et la Sécurité nationale
01:12:22qui est en charge de ce genre de questions.
01:12:24Je crois d'ailleurs que Nicolas Roche a eu ici même l'occasion
01:12:28de longuement expliquer les raisons qui ont conduit à cette mesure
01:12:34au même titre que les autres, qui sont prévues dans le texte.
01:12:39Et je ne voudrais surtout pas dire quelque chose d'inexact
01:12:42sur un sujet aussi sensible.
01:12:43Donc je me permets de décliner ma compétence sur ce point précis.
01:12:48Merci, monsieur le directeur général.
01:12:50Et je passe à présent la parole à Michel Criot
01:12:53pour le groupe Horizons et Indépendants.
01:12:57Merci, monsieur le président.
01:12:59Monsieur le directeur général,
01:13:01les récentes élections en Hongrie,
01:13:03sujet d'actualité marquée par la victoire de l'opposition à Viktor Orban,
01:13:09constituent un tournant politique majeur dans ce pays
01:13:12et plus largement pour l'équilibre interne de l'Union européenne.
01:13:16Ce changement de cap dans un État membre
01:13:18qui entretenait jusqu'alors des relations souvent conflictuelles
01:13:22avec des institutions européennes,
01:13:25pourrait ouvrir une nouvelle phase de rapprochement politique,
01:13:29mais aussi susciter des ajustements, voire des incertitudes,
01:13:32notamment en matière de politique étrangère et de sécurité.
01:13:36Cette évolution intervient dans un contexte stratégique
01:13:39particulièrement tendu pour l'Europe,
01:13:41confronté à la poursuite de la guerre en Ukraine,
01:13:45à la montée des menaces hybrides
01:13:48et à la nécessité de renforcer son autonomie stratégique
01:13:52tout en consolidant le lien transatlantique.
01:13:57Et dans ce cadre,
01:13:58l'Union européenne s'efforce de structurer davantage
01:14:01sa politique de défense à travers des instruments
01:14:04comme le programme SAF
01:14:07et le développement de coopérations capacitaires ambitieuses.
01:14:13Toutefois, ces avancées reposent sur une cohérence politique
01:14:16et une continuité des engagements des États membres
01:14:20qui peuvent être mises à l'épreuve
01:14:25lors de transitions politiques nationales,
01:14:28surtout lorsqu'elles sont aussi significatives
01:14:31que celles que connaît aujourd'hui la Hongrie.
01:14:33Dans ce contexte, ma question est la suivante.
01:14:36Comment appréciez-vous, du point de vue du ministère des Armées,
01:14:39les conséquences à ce changement politique en Hongrie
01:14:41sur les équilibres européens en matière de sécurité et de défense ?
01:14:46Peut-on en attendre un renforcement de la cohésion stratégique européenne ?
01:14:5127, tout à l'heure, vous l'avez rappelé, ou 31.
01:14:54Ou bien des phases d'adaptation susceptibles
01:14:57de ralentir certains projets structurants ?
01:15:00Enfin, comme la France peut-elle s'adapter au mieux
01:15:04à cette recomposition
01:15:06afin de consolider l'unité et l'efficacité de l'Europe de défense ?
01:15:11Merci, M. le directeur général.
01:15:14Une question d'actualité.
01:15:16Merci, M. le député.
01:15:18Je ne commenterai pas, évidemment,
01:15:20les résultats des élections dans un État membre de l'Union européenne.
01:15:23Je pense qu'au minimum,
01:15:25ce que l'on peut se dire d'un point de vue français,
01:15:28si on considère que l'unité fait la force,
01:15:32en particulier dans la situation dans laquelle nous sommes
01:15:35et face à la Russie,
01:15:37si l'on considère la succession de positions
01:15:40défendues par le précédent gouvernement hongrois
01:15:43sur un certain nombre de sujets
01:15:45structurants pour nos intérêts de sécurité,
01:15:48on ne peut que se dire
01:15:50qu'il y a probablement une évolution positive
01:15:54à attendre dans les semaines qui viennent.
01:15:56On verra au demeurant
01:15:58ce qu'il en est dans les enceintes
01:16:00où se constituent les positions européennes
01:16:04et où s'expriment les positions des différentes capitales.
01:16:07À minima, je pense que s'agissant du soutien à l'Ukraine,
01:16:11qui est un enjeu d'autant plus fondamental
01:16:14que d'une part soutenir l'Ukraine,
01:16:16c'est nous soutenir nous-mêmes
01:16:18et qu'ensuite nous savons que la tendance
01:16:21consiste pour les États-Unis à être moins actifs
01:16:25sur le soutien à l'Ukraine.
01:16:27Je pense que si nous évoluons vers des conditions plus porteuses
01:16:33d'un consensus sur la question du soutien à l'Ukraine
01:16:37et en particulier sur la question du prêt européen
01:16:40au bénéfice de l'Ukraine,
01:16:42c'est évidemment totalement au bénéfice de la sécurité du continent.
01:16:48Merci Monsieur le Directeur Général.
01:16:51À présent, nous allons passer aux questions individuelles
01:16:54et nous en avons deux,
01:16:55donc je vais les prendre toutes les deux
01:16:57et je commence par Franck Giletti.
01:17:01Merci Monsieur le Président.
01:17:02Monsieur le Directeur Général, une question très très rapide.
01:17:05Vous l'avez évoqué dans votre propos,
01:17:06vous avez parlé de Global Eyes,
01:17:09mais aussi de Missile Ballestique.
01:17:10Je pensais avoir la réponse dans la question
01:17:14de l'excellent rapporteur, Monsieur Thieriot,
01:17:17mais je ne l'ai pas eu.
01:17:19S'agit-il de Missile Ballestique ou Aéro-Ballestique
01:17:22sur lequel vous travaillez ?
01:17:24Parce que, même si je pense que
01:17:27la politique des États étant dans leur géographie,
01:17:30c'est déjà répondre en partie à la question.
01:17:34Merci. La parole est à Constance Legrippe.
01:17:40Merci beaucoup, Monsieur le Président.
01:17:42Merci, Monsieur le Directeur Général,
01:17:43pour la clarté de vos propos,
01:17:46dont les travaux de notre commission
01:17:51et de la commission des affaires étrangères
01:17:52que j'ai le plaisir et l'honneur
01:17:55de représenter cet après-midi
01:17:56seront certainement être éclairés.
01:17:59Vous nous avez tracé les conséquences,
01:18:03je dirais, militaires,
01:18:05de l'environnement géopolitique actuel,
01:18:09extrêmement conflictuel, extrêmement bouleversé.
01:18:11Vous avez dit, et j'ai bien compris
01:18:13que vous estimez que ce n'était pas forcément
01:18:15le lieu cet après-midi,
01:18:17mais quand même j'aurais voulu vous entendre
01:18:18un tout petit peu sur les conséquences
01:18:21en termes d'analyse géopolitique, géostratégique
01:18:25que l'on doit tirer sur lesquelles travaille
01:18:29la Dégérisse.
01:18:30Et alors, notamment, il y a un absent
01:18:32dans vos propos, mais ça n'est pas du tout
01:18:36un reproche, mais vous n'avez pas parlé
01:18:39de la République populaire de Chine,
01:18:41de ce que l'on peut, y compris dans le contexte
01:18:44géopolitique actuel, dire au sujet
01:18:48du durcissement, entre guillemets,
01:18:50de la politique de la République populaire de Chine.
01:18:54Merci.
01:18:54Merci. Et nous avons une toute dernière question
01:18:56qui s'est ajoutée. La parole est à Yannick Schoenbach.
01:18:59Merci, M. le Président.
01:19:01M. le Directeur Général, je reviens sur la partie
01:19:05de ma première question tout à l'heure.
01:19:06Ça concerne, en fait, le dépavillonnage
01:19:10et le fait que plusieurs pétroliers,
01:19:14des VLCC français, aient été vendus à la Corée.
01:19:20Probablement, battront-ils le pavillon de conflésence ?
01:19:23Ça pose une interrogation sur le plan stratégique.
01:19:26Et c'était le sens de ma question tout à l'heure,
01:19:29mais peut-être l'ai-je mal posé.
01:19:31Dans l'article 15 de ce texte et dans l'article 21,
01:19:35il y a quelques petites pistes qui font qu'à un moment donné,
01:19:37on doit être capable de retenir, sous pavillon français,
01:19:40et en tout cas dans l'environnement français,
01:19:44un certain nombre de capacités stratégiques
01:19:46en matière d'approvisionnement.
01:19:48Est-ce que vous pensez que ce que nous trouvons
01:19:50à l'intérieur du projet de loi est suffisant
01:19:53pour nous permettre de le faire à terme ?
01:19:56Merci pour ces questions, mes chers collègues.
01:19:59La parole est à vous, M. le Directeur Général.
01:20:02Merci beaucoup, M. le député.
01:20:04Sur votre question sur la nature balistique
01:20:07ou aérobalistique du programme,
01:20:09nous lançons un programme.
01:20:11Un certain nombre de paramètres restent à clarifier.
01:20:14A priori, nous savons le type de portée
01:20:16que nous souhaitons atteindre.
01:20:18Il y a plusieurs options de missiles,
01:20:23soit strictement terrestres, soit multimilieux.
01:20:26Ça dépendra d'une part d'une étude qui est en cours à la DGA
01:20:31et d'autre part des modalités, on en parlait tout à l'heure,
01:20:35d'inclusion ou pas de ce programme dans l'ensemble ELSA.
01:20:38Ça dépendra beaucoup du dialogue que nous devons avoir
01:20:41avec les partenaires qui pourraient nous rejoindre sur ce programme.
01:20:44Pour l'instant, c'est une option ouverte.
01:20:45Nous avons bien en tête tous les avantages
01:20:48des missiles aérobalistiques.
01:20:50Il y a des études en cours pour trouver
01:20:53la meilleure articulation portée,
01:20:56charge utile et en conséquence,
01:20:59volumétrie de l'engin,
01:21:00qui ensuite détermine un certain nombre d'éléments
01:21:02et notamment sa capacité à être un missile aérobalistique,
01:21:05sujet à traiter techniquement
01:21:08et ensuite en termes de coopération avec nos partenaires.
01:21:11Donc je ne peux pas vous répondre à ce stade.
01:21:13C'est une piste qui reste ouverte.
01:21:14S'agissant de la Chine,
01:21:16je n'en ai pas parlé,
01:21:17effectivement, je n'ai d'ailleurs pas parlé de beaucoup de choses,
01:21:20souhaitant me concentrer sur une question de défense européenne
01:21:23et de retexte.
01:21:25Évidemment, nous suivons avec beaucoup d'intérêt
01:21:30un certain nombre de sujets liés à la Chine.
01:21:33L'une d'entre elles, je dois le dire,
01:21:36porte sur l'évolution de l'arsenal nucléaire chinois,
01:21:40sujet bien connu,
01:21:42qui ne peut pas ne pas être source de questions,
01:21:47voire d'inquiétudes.
01:21:48Comme vous le savez, nous avons par ailleurs
01:21:51une position constante, très claire,
01:21:53sur le respect du droit international
01:21:55et de la liberté de navigation,
01:21:57notamment dans l'environnement maritime immédiat de la Chine,
01:22:03sujet sur lequel nous sommes constants
01:22:05dans nos propos, dans nos actions,
01:22:07pour manifester notre attachement
01:22:10à la liberté de circulation.
01:22:13Et puis nous avons évidemment en permanence
01:22:18un suivi des questions liées à la Chine.
01:22:22S'agissant enfin, monsieur le député,
01:22:25de votre question,
01:22:27j'avoue n'avoir pas forcément de réponse très précise,
01:22:30d'abord parce que s'agissant d'une disposition législative,
01:22:33ça n'est pas suivi directement
01:22:36par ma direction générale.
01:22:39Et puis parce qu'au fond, je dois dire,
01:22:40je n'ai pas de détails.
01:22:41Je ne sais pas si quelqu'un de l'équipe a peut-être
01:22:46contre ça.
01:22:47Non, c'est une question de vos jours.
01:22:49Voilà, je suis vraiment navré,
01:22:50mais je ne crois pas être le mieux placé
01:22:52pour répondre à cette question aujourd'hui.
01:22:56Merci, monsieur le directeur général.
01:22:59Nous arrivons au terme des questions.
01:23:03Merci beaucoup, monsieur le directeur général,
01:23:05pour votre participation et vos réponses nourries.
01:23:09A très bientôt.
01:23:10Et puis bravo pour le travail que vous faites
01:23:12avec toute votre équipe qui est très précieux.
01:23:15Merci.
01:23:15Merci.
01:23:45Merci.
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