- il y a 30 minutes
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Avec Karen Achkouty, responsable des projets de l’association SOS Chrétiens d’orient au Liban
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##LE_FAIT_DE_LA_SEMAINE-2026-04-10##
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NewsTranscription
00:00André Bercoff, Céline Alonso.
00:03Et oui, et cette semaine André Bercoff qui vous met surtout dans tous vos états,
00:06et bien cette trêve au Moyen-Orient arrachée entre Washington et Téhéran,
00:10ce cessez-le-feu, il faut le dire, ne met pas fin aux hostilités sur l'ensemble des fronts.
00:15C'est le moins que l'on puisse dire, Céline, c'est le moins qu'on le puisse dire,
00:19parce que, effectivement, alors une trêve ou un cessez-le-feu, deux semaines,
00:25mais en même temps, ça continue, le territoire d'Hormuz, lorsqu'il est fermé,
00:29il n'est pas fermé, est-ce qu'on applique des taxes, on n'applique pas les taxes,
00:33alors ça commence à se bagarrer là-dessus, mais beaucoup plus important et grave,
00:38c'est ce qui se passe avec le Liban, entre Israël et le Liban.
00:41Effectivement, pour Israël et les Etats-Unis, le Liban ne fait pas partie du cessez-le-feu,
00:47enfin la confrontation avec le Liban ne fait pas partie du cessez-le-feu,
00:50en revanche, pour l'Iran et puis pour les Libanais, en tout cas une partie des Libanais,
00:56évidemment, cela fait partie et ça aurait dû s'arrêter au Liban.
01:00Hier, il y a eu une des opérations les plus importantes faites par l'État d'Israël contre le Hezbollah,
01:08il y a eu une campagne de frappe, il y a eu exactement en l'espace de 10 minutes,
01:13100 lieux du Hezbollah, 100 lieux qui ont été visés, effectivement, à Beyrouth, dans le sud-Liban, dans la BK,
01:24etc.
01:26Et ça a été, disent les Israéliens, une des opérations les plus importantes après les Bippers,
01:31rappelez-vous qu'il y a quelques mois, effectivement, ils avaient piégé des Bippers appartenant à des militants du Hezbollah,
01:37des cas du Hezbollah, ça avait fait beaucoup de victimes, là aussi, il y a aussi des victimes civiles,
01:41et effectivement, ce n'est pas fini, c'est le moins que j'ai plaisir au Liban.
01:47Et pendant ce temps-là, c'est vrai, et il faut le savoir, et on le sait, il y a
01:51des gens qui soignent,
01:55il y a des gens qui ravitaillent, notamment l'association SES, que nous avons reçue à plusieurs reprises,
02:02et toujours avec plaisir, parce qu'ils travaillent, que ce soit au Liban, en Syrie, dans tous les pays du
02:06Proche-Orient et du Moyen-Orient.
02:08Alors, aujourd'hui, dotation alimentaire à 250 familles de tir, dotation de 690 alimentaires à Zaharni, au Sud-Liban,
02:18préparation de colis alimentaires pour les déplacés, parce qu'il y a évidemment des dizaines de milliers de déplacés,
02:24soutien médical, etc.
02:27Bonjour, Karen Hachkouti.
02:29Bonjour, André Bercoff.
02:30Bonjour. Merci d'être avec nous. Vous êtes à Beyrouth, en ce moment ?
02:35Actuellement, je vous parle. Actuellement, je suis dans le Sud, en direct d'une de nos donations.
02:40D'accord. Et vous êtes en train de distribuer que de donations alimentaires, en ce que vous faites en ce
02:46moment ?
02:46Exactement.
02:47Nous sommes dans le Sud, en train de distribuer les 690 colis alimentaires de Zaharni.
02:51Là, actuellement, on est dans le village de Hage, en train de faire cette distribution-là.
02:55D'accord. Et vous faites aussi des distributions aussi d'équipements, de produits médicaux, etc. ?
03:03C'est ce que vous faites également ?
03:05Exactement. On a différents projets avec la situation humanitaire catastrophique au Liban.
03:10Bien sûr.
03:11Comme vous le savez, on a différents axes de travail.
03:14On travaille dans l'urgence, donc on a des colis alimentaires, on a des colis d'hygiène,
03:19on a une clinique mobile qui se donne des villages du Sud.
03:22Hier, par exemple, on était en visite aussi pour cette clinique mobile.
03:25qui reçoit à peu près 40 patients par jour, entre populations locales et déclassées,
03:31pour des consultations médicales, pour des médicaments chroniques.
03:36Et vous avez combien de médecins vous avez avec vous ?
03:40On a deux médecins par jour.
03:42D'accord.
03:43Voilà, on reçoit à peu près 80 patients par jour.
03:46Ce qui est très important, c'est les médicaments chroniques,
03:49parce que malheureusement, avec la situation économique,
03:53les besoins médicaux ne sont plus considérés comme une nécessité chez les gens.
03:57Donc, on vient leur assurer ces médicaments-là.
04:01Oui.
04:02Alors, dites-moi, Karen Ashkouti, puisque vous êtes là-bas,
04:04vous êtes au cœur du réacteur, si l'on peut dire.
04:08Comment, aujourd'hui, après le raid, après tout ce qui se passe, etc.,
04:13il y a aussi, alors je ne veux pas vous faire parler politique,
04:15au sens politique du terme,
04:17mais on sait qu'il y a des contacts avec...
04:19Il y a eu pas mal de, quand même, de discussions au sein du gouvernement libanais.
04:24On a eu vent d'un certain nombre de confrontations
04:27entre le Premier ministre et d'autres ministres.
04:30On sait qu'il y a des tractations entre Israéliens et Libanais.
04:33Mais, aujourd'hui, au lendemain du raid,
04:35qu'est-ce que vous pouvez constater ?
04:36Comment vit...
04:38Comment la population, en tout cas, vit cela ?
04:42La situation reste extrêmement tendue.
04:45Pour vous dire concrètement, les frappes continuent.
04:48Les gens ont peur.
04:49La vie quotidienne est totalement bouleversée.
04:53Oui.
04:53Aujourd'hui aussi, les frappes ont continué.
04:56Alors, on vous parle ?
04:58Oui.
04:58Alors, on vous parle, oui, dans le sud,
05:00depuis tôt le matin, depuis 6h du matin.
05:03Les confrontations, elles continuent.
05:05Oui.
05:06Et la population, il y a eu...
05:09Alors, justement, vous avez une idée du nombre de déplacés
05:12depuis, justement, quelques jours ?
05:14Est-ce qu'on a eu une idée, sans avoir de chiffre exact,
05:17Karen H. Couty ?
05:18Est-ce qu'on a eu l'idée du nombre de déplacés,
05:20par rapport à, surtout, dans le sud-Liban ?
05:22Depuis le début de la guerre, jusqu'à maintenant,
05:25on part d'à peu près 1,3 million déplacés.
05:281,3 million ?
05:30Oui.
05:30Un minimum d'1,3 million, qui sont divisés, soit dans des centres d'hébergement,
05:36on a à peu près 670 centres d'hébergement,
05:39et il y a des familles qui sont dans des appartements,
05:42dans des maisons, chez des proches, chez des parents.
05:46Donc, on peut dire que c'est une situation très alarmante.
05:49Oui.
05:50On parle de plus d'un quart de la population libanaise qui est déplacée actuellement.
05:54Oui.
05:55Un quart de la population libanaise, oui.
05:57Et il y a aussi des déplacements, parce qu'effectivement,
06:00il y a eu les bombardements du côté, dans le sud,
06:04il y a eu des commandements dans la BK,
06:05il y a eu des commandements dans les quartiers, effectivement,
06:08de Dahye à Beyrouth, enfin, dans la banlieue de Beyrouth, etc.
06:13Est-ce qu'il y a eu des déplacements à tout niveau, de ce point de vue de l'heure,
06:16ou c'est surtout le sud ?
06:19Du sud, même le sud, la BK, d'Arche, et actuellement...
06:25Allô ?
06:26Ah, on ne vous entend plus, là.
06:29Ah oui, d'accord.
06:32Écoutez, en tout cas, on va retrouver Karen H. Couty,
06:35et merci, le recevoir, vous savez, c'est extrêmement compliqué en ce moment,
06:38c'est une zone qui est en... c'est la guerre, et c'est en pleine guerre.
06:44Karen H. Couty, vous êtes à nouveau avec nous ?
06:46Oui, désolé, on a été coupé.
06:48Non, je vous en prie.
06:49Malheureusement, on n'a pas une bonne couverture de ces zones.
06:52Je comprends très bien, il n'y a pas de problème.
06:54Ce que je voulais savoir, là, par exemple,
06:56quand vous vous retrouvez, et ce n'est pas la première fois que SOS Chrétien d'Arien
06:59se retrouve dans des zones de guerre, que ce soit au Liban,
07:02ça s'est passé en Syrie, ça s'est passé ailleurs,
07:07il y a, parlons, il y a une population chrétienne encore importante dans le sud Liban ?
07:13C'est des gens, les témoignages des gens sont vraiment touchants.
07:18C'est des gens qui veulent rester,
07:19c'est des gens qui sont un rattachement, qui ont une résilience remarquable,
07:24et malgré toutes les conditions de vie devenues extrêmement précaires,
07:28ils ne veulent pas partir.
07:30Là, oui, c'est des témoignages vraiment touchants,
07:34aujourd'hui, par exemple, on a eu des témoignages très marquants,
07:39beaucoup de gens disent une chose très simple,
07:42partir, c'est facile, mais revenir devient presque impossible.
07:46Donc, si on quitte nos villages, on meurt.
07:50Donc, c'est un rattachement, c'est un attachement à la terre qui est vraiment très fort,
07:54et on est là, on essaie de les aider de n'importe quelle façon, voilà.
07:59Oui, oui, bien sûr.
08:01À travers nos aides humanitaires, parce que c'est des gens qui veulent rester sur leur terre.
08:04Qui veulent rester, oui, oui, bien sûr.
08:06Mais en même temps, comme vous dites, il y a un million, un million et demi de déplacés,
08:10évidemment, quand ça devient très, très, très dur.
08:13Ça se passe différemment, et ça se passe, évidemment, de façon tragique.
08:17Mais, Karen H. Couty, vous, par exemple, comment ça se passe ?
08:20Vous acheminez, parce que c'est très important de souligner que pendant cette guerre,
08:24pendant qu'il y a des morts, il y a des gens qui sauvent,
08:26il y a des gens qui se battent, et non seulement qui veulent rester,
08:29mais qui doivent se faire soigner, qui doivent manger, etc., etc.
08:33Vous, vous passez votre temps, comment ça se passe ?
08:35C'est-à-dire que vous vous organisez tous les jours à aller dans telle ou telle manifestation,
08:39dans tel ou tel, pardon, dans tel ou tel lieu, ou village, ou région.
08:44Comment vous vous organisez ? Expliquez-nous un peu la logistique, comment ça se passe ?
08:49Actuellement, on est en état d'urgence, donc les besoins changent d'une minute à l'autre.
08:54Donc, là, je vous donne un petit exemple.
08:56On était censé l'usurer des colis d'hygiène pour tir, le mercredi,
09:01mais malheureusement, tir a été complètement coupé du reste du Liban.
09:05Donc, on a changé.
09:06Là, actuellement, on est en train de donner des bons d'achat pour ces familles-là.
09:10D'accord.
09:11Donc, il y a tout un changement, toute une identification des besoins,
09:17dépendamment de l'évolution de la situation.
09:19C'est ça. Là, vous pouvez aller, ou c'est impossible et interdit d'aller, c'est ça ?
09:23C'est en fonction.
09:25Et vous faites ça sur tout le territoire libanais, c'est ça ?
09:27Exactement, exactement.
09:30Et dites-moi, vous êtes en permanence, évidemment, avertis de ce qui se passe,
09:36d'où on peut aller, etc.
09:37Mais l'impression que vous avez, vous m'avez dit, d'un côté, il y a ces personnes,
09:41ces hommes, ces femmes qui veulent rester.
09:43Évidemment, c'est leur village, ils ont toujours vécu là.
09:46Et le Liban, ce n'est pas nouveau.
09:48Ça fait déjà, hélas, 50 ans, ou presque, qu'il y a cette situation,
09:54pour des raisons diverses.
09:56Est-ce que les gens ont l'impression, une question que je vous pose,
09:59et vraiment, en-delà de tout parti, et de toute préférence, et de tout camp,
10:03est-ce que les gens ont l'impression, les Libanais,
10:07que le Liban, en fait, les gens règlent leurs problèmes sur le dos du Liban ?
10:14C'est-à-dire que c'est une guerre en procuration, à chaque fois,
10:18on a l'impression que c'est la guerre des autres,
10:19et que ce soit tel ou tel ou tel pays,
10:21c'est au Liban que ça se passe, à un moment donné,
10:24parce que le Liban n'a pas les moyens, évidemment,
10:26de répondre comme il pourrait répondre.
10:29On le sait pour des raisons évidentes.
10:31Est-ce que ce ressenti-là, qui n'est pas nouveau,
10:34est-ce qu'il est toujours très fort ?
10:36Karine Hachkouti.
10:38Honnêtement, oui, les gens veulent la paix.
10:41Donc, la journée du 8 avril, par exemple,
10:45les gens étaient contents, ils croyaient avoir une traîche,
10:49mais malheureusement, c'était une journée noire.
10:53Donc, on a eu plus de 230 morts.
10:56Parmi eux, on a 40 enfants, 60 femmes,
10:59on a plus de 1 000 blessés.
11:00Les gens l'ont comparé à l'explosion Beyrouth.
11:03Donc, vu l'ampleur, vu les terres,
11:06donc c'était vraiment le chaos, c'était la peur.
11:09Donc, ils se sont vraiment rendus compte,
11:11qu'il n'y a pas une fin.
11:14Il n'y a pas de fin, mais nous, on veut la paix.
11:16Oui, c'est ça.
11:17Et puis, enfin, le Liban a été pendant tellement longtemps
11:21un pays paisible, jusqu'à ce qu'il se passe ce qui se passe,
11:23mais on ne va pas refaire l'histoire.
11:26Et dites-moi, vous, par exemple,
11:28vous, Karine, vous travaillez aussi bien au Liban,
11:30actuellement, évidemment, sur le Liban,
11:32qui est au cœur des choses,
11:33mais demain, vous seriez en Syrie ou ailleurs,
11:36ou vous travaillez uniquement, vous, sur le Liban ?
11:39Moi, je travaille au Liban.
11:41Je suis chaque deux projets au Liban, principalement.
11:43Donc, en temps de paix,
11:46on travaille sur des projets de développement,
11:49sur des projets d'enracinement,
11:51sur des projets médicaux, éducation, etc.
11:54Mais en temps de guerre,
11:55on est là pour l'urgence,
11:57on est là pour travailler,
11:58pour aider les gens,
11:59pour être aux côtés des Libanais,
12:01pour essayer d'alléger leur quotidien.
12:04D'accord.
12:04Et c'est contre aux urgents.
12:07Écoutez, Karine Hachkouti,
12:08d'abord, hommage à votre courage,
12:11hommage au courage de tous ceux qui travaillent,
12:13effectivement, dans des circonstances extrêmement difficiles.
12:17Et on reste vraiment en contact avec vous,
12:21SOS Chrétien d'Orient,
12:23d'autres organisations au travail.
12:24Mais, encore une fois,
12:26nous, nous sommes ici,
12:27nous sommes au chaud,
12:28nous sommes protégés,
12:29et vous vous êtes exposés.
12:31Donc, encore une fois,
12:33bravo pour votre courage.
12:34Et merci.
12:35Merci beaucoup.
12:35Merci André Bercoff.
12:36Merci à vous, chers auditeurs.
12:38Il faut soutenir, effectivement,
12:39les actions de SOS Chrétien d'Orient.
12:41Rendez-vous sur leur site internet
12:43pour les aider.
12:45André Bercoff,
12:45on va se retrouver dans un instant sur Sud Radio.
12:47Et c'est d'un tout autre sujet
12:49dont nous allons parler,
12:51à savoir deux études explosives
12:53sur la France.
12:54On marche sur la tête.
12:56Vous allez voir.
12:57Restez avec nous.
12:58on revient dans quelques instants.
12:59Et, chers auditeurs,
13:00nous sommes en direct
13:01avec André Bercoff.
13:02Jusqu'à 14h,
13:04réagissez à tous ces sujets
13:05au 0826 300 300.
13:08Et dans un instant,
13:09effectivement,
13:10on vous le rappelle,
13:11Boilem Sansal,
13:12le grand écrivain,
13:13est notre invité.
13:14A tout de suite.
13:16Sud Radio.
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