00:01RTL Matin
00:03Il est 7h18, l'édito d'RTL Matin, Mathilde Sirop, rédactrice en chef politique au Point.
00:08C'est devenu un grand classique de la saison, le débat sur l'ouverture des boulangeries ou des fleuristes le
00:131er mai.
00:13Gabriel Attal, le patron de Renaissance, s'est d'ailleurs mis en scène dans une petite vidéo pour illustrer sa
00:18proposition de loi qui sera débattue dans quelques jours.
00:21Bonjour madame.
00:21Bonjour monsieur.
00:22De tradition, pas trop cuite s'il vous plaît.
00:25Le travail, le jour de la fête du travail, voilà bien un sujet inflammable et propice vraiment aux démagogies de
00:30tous bords Mathilde.
00:31Et oui, en voilà une passion typiquement française Thomas, une controverse éternelle comme notre pays en a le secret et
00:38qui nous perdra tous beaucoup de temps.
00:40Parce que vous allez retrouver sur la question totémique du 1er mai comme à chaque fois les mêmes postures, le
00:46bon vieux clivage entre la droite et la gauche.
00:49Si vous êtes pour permettre de travailler le 1er mai, vous êtes forcément accusé de vouloir rogner sur le droit
00:55des travailleurs.
00:55Et si vous êtes contre, à l'inverse, vous êtes soupçonné de verser dans la caricature de la défense pavlovienne
01:02des acquis sociaux qui entravent notre économie.
01:04On comprend donc qu'il n'y a que des coups à prendre. Pourquoi Gabriel Attal décide donc de s
01:07'emparer de ce sujet ?
01:08Alors vous avez aimé François Bayrou et la suppression de deux jours fériés.
01:12Vous adorez Gabriel Attal et sa mesure sur le 1er mai.
01:15Gabriel Attal tente tout simplement ici de faire un coup politique en récupérant ce texte qui vient de la droite
01:21sénatoriale.
01:22Il crée l'actualité autour de lui sur un sujet qui fracture les forces politiques mais qui fait largement consensus.
01:28Le patron de Renaissance a forcément vu ce sondage Opinion Way qui révèle que 74% des Français sont favorables
01:37à l'autorisation du travail le 1er mai
01:39à condition que ce soit sur la base du volontariat et que ce soit payé double.
01:43Alors en se positionnant sur ce terrain, il envoie des signaux au patron, aux artisans au nom du bon sens
01:50nous dit-il
01:50et il réactive politiquement cette aspiration à libérer l'économie, à assouplir les contraintes portées avant lui par un certain
01:59Emmanuel Macron.
02:00On se souvient de la bataille homérique qui avait opposé Emmanuel Macron, ministre de l'économie à cette époque,
02:06à Anne Hidalgo, maire de Paris, sur la question du travail le dimanche et de l'ouverture des commerces.
02:12C'était en 2015, il y a plus de dix ans comme quoi on tourne un peu en rond.
02:16Bon mais au final, est-ce que le texte peut passer l'étape de l'Assemblée et donc être appliqué
02:20dans moins d'un mois le 1er mai ?
02:22Alors la droite et le centre voteront pour bien sûr, la gauche s'y opposera sans doute comme un seul
02:27homme.
02:27Le dernier mot reviendra donc au Rassemblement National qui va se retrouver en position d'arbitre dans cette histoire
02:34et ce sera intéressant Thomas de voir qui de Jordan Bardella et sa ligne pro-business
02:39ou de Marine Le Pen, défenseuse d'une position plus sociale, remportera la mise.
02:44En attendant, on aura consacré encore beaucoup de temps à une question assez secondaire, politique certes mais surtout technique
02:51et mis sous le tapis encore une fois les vrais sujets structurants, j'en cite quelques-uns.
02:56Faut-il faire évoluer le droit du travail ? Travaille-t-on suffisamment en France ?
03:01Comment réconcilier les Français avec le travail ?
03:03Bref, une liste non exhaustive.
03:05Mais ça tombe bien Thomas, il paraît que c'est bientôt la campagne présidentielle.
03:08L'épreuve que c'est un marronnier comme on dit sujet.
03:10Il y a un an, le 1er mai, c'était la ministre du Travail de l'époque, Astrid Panossian-Bouvé,
03:15qui était l'invité d'RTL matin, elle était venue nous voir avec des pains au chocolat et des croissants.
03:19C'est sa façon de dire que Panossian était pour ça mais depuis les textes n'ont pas bougé.
03:22Merci beaucoup à vous Mathilde.
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