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  • il y a 2 minutes
Le général Serge Cholley était invité sur le plateau de BFMTV. Il a notamment expliqué en détail comment pouvait se dérouler la décision d'une frappe américaine. 

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Transcription
00:00Alors, ayant présidé et participé à ce qu'on appelle des targeting boards, vous avez un effet attendu.
00:06Donc là, on peut imaginer qu'ils sont passés à la destruction de la base industrielle et technologique de défense
00:11iranienne.
00:12Ils ont peut-être traité le nucléaire, ils ont peut-être traité le balistique.
00:14Maintenant, ils considèrent qu'il faut attaquer ce qu'on appelle la BITD.
00:17Et donc, tout ce qui alimente en énergie et en matériaux, cette fabrication, ce réseau qui fabrique les armes.
00:25Donc, un effet attendu, on détruit la BITD.
00:27Alors, qu'est-ce qui se passe ? Vous avez un officier de renseignement qui vient vous proposer un dossier
00:32de cible, une cible.
00:34Et dans le langage américain, on appelle ça une baseball card.
00:38Pourquoi baseball card ? Parce que dans la fédération de baseball, mais comme le hockey, comme le basket, aux Etats
00:43-Unis, en football,
00:44vous avez des descriptions dans lesquelles il y a la photo du joueur, son âge, sa taille, son poids.
00:49C'est un peu les cartes paniniens à l'américaine.
00:50Les cartes paniniens bien plus détaillées.
00:51Et donc, on vous apporte ce qu'on appelle une baseball card.
00:54Et là, celui qui dirige le targeting board, il dit « Ok, le renseignement est suffisamment précis, le renseignement est
01:01suffisamment frais, je prends ».
01:03À ce moment-là, il passe la main à ce qu'on appelle un « weaponner », c'est-à
01:07-dire le spécialiste des armes.
01:09Et qui va dire « Moi, ça, je peux le traiter avec 250 kg, avec 500 kg, avec 1000 kg.
01:15Je peux l'attaquer avec un angle de tant de degrés, ou comme ça, ou comme ça, pour éviter les
01:21dommages collatéraux. »
01:22Et c'est là qu'intervient ce qu'on appelle le « collateral damage estimate », le CDE.
01:28Et là, le « weaponner », il vous dit qu'il y a un risque de tuer 10, 15, 200
01:34civils.
01:35Et là, le directeur du board, il a ce qu'on appelle le NCVS, ça veut dire qu'il a
01:39une limite de ce qu'on lui autorise.
01:42Au niveau opératif, c'est comme ça.
01:45Et puis, si c'est au-dessus, on appelle Washington ou on appelle Paris en disant « J'ai une
01:50cible, pour atteindre l'effet attendu, il y a un risque de tuer des civils ».
01:54Et à ce moment-là, on passe au dernier, et ce n'est pas le dernier le moins important, c
01:58'est ce qu'on appelle le « legal advisor ».
02:01Et en France, c'est un commissaire qui est spécialiste en droit et qui vous rappelle quatre notions fondamentales.
02:07Et qui disent au directeur du board, mon général, est-ce que cette cible est légitime ?
02:12Alors d'habitude, nous, on s'engage toujours avec la légitimité de l'ONU, donc on peut dire oui.
02:17Est-ce que cette cible est nécessaire ? Est-ce que cette cible, il y a suffisamment de distinction avec
02:23le reste,
02:24et est-ce que cette cible est proportionnelle ?
02:26Et qu'une fois que vous avez réuni ces quatre critères, vous dites « Ok, j'achète ».
02:31Et elle est mise, ça s'appelle un « deliberate targeting », elle est mise dans la planification
02:35pour qu'elle soit ciblée 24 heures, 48 heures ou 72 heures après.
02:38Merci.
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