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📝 86 Togolais ont été rapatriés de Libye après avoir tenté de rejoindre l’Europe. Pris en charge à leur arrivée, beaucoup restent marqués physiquement et psychologiquement. Mais le vrai problème reste entier : sans emploi ni perspectives, certains pourraient repartir. Le défi n’est plus seulement de les ramener… mais de leur offrir une vraie réinsertion.

#Migration #ActuLome #Togo #Afrique

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Transcription
00:00Ils avaient tout quitté pour rejoindre l'Europe.
00:02Ils se sont retrouvés piégés en Libye.
00:05Mercredi 2 avril, 86 togolais ont atterri à l'Omé, rapatriés, vivants mais brisés.
00:11Et derrière ce chiffre, une question que personne ne pose vraiment.
00:15Pourquoi nos compatriotes continuent-ils de prendre cette route malgré tout ?
00:20Ce que ça veut dire concrètement ?
00:21Ce rapatriement a été organisé par l'Organisation internationale pour les migrations, l'OIM,
00:27avec le soutien de l'Italie dans le cadre du programme MPRR qui signifie Protection, Retour et Réintégration des Migrants.
00:36A leur arrivée à l'aéroport de l'Omé, ces hommes et ces femmes ont reçu des kits de première
00:41nécessité.
00:42Les plus vulnérables ont bénéficié d'une assistance psychosociale et médicale.
00:47Ce n'est pas la première fois.
00:48En octobre 2024, ce sont 131 togolais, dont 28 enfants, qui sont rentrés de Libye dans des conditions similaires.
00:55En septembre 2025, 23 autres revenaient d'Algérie.
00:59Ce sont donc des rapatriements réguliers, presque routiniers.
01:02Et c'est précisément cette régularité qui doit nous alerter.
01:06La question qu'on se pose ici à Actulomé.
01:09On parle du retour, mais on parle rarement du départ.
01:12Pourquoi ces Togolais ont-ils choisi de traverser le Sahara,
01:16de passer par la Libye, un pays en guerre,
01:19où des migrants africains sont vendus comme esclaves,
01:23où des femmes sont victimes de violences pour tenter de rejoindre l'Europe ?
01:27La réponse est inconfortable, mais nécessaire.
01:30Parce que, pour eux, ce risque extrême valait mieux que de rester.
01:34Ce n'est pas un manque d'informations.
01:37Des compagnes de sensibilisation existent.
01:39L'OIM, elle-même, communique sur des dangers de cette route.
01:43Mais quand le quotidien ne laisse entrevoir aucune perspective,
01:48le danger lointain paraît moins effrayant que l'immobilisme, certes.
01:52Ces 86 compatriotes ne sont pas des inconscients.
01:55Ce sont des gens qui ont fait un calcul tragique et qui ont perdu.
01:59Les implications pour les Togolais et l'Afrique de l'Ouest.
02:02Le vrai enjeu aujourd'hui, ce n'est pas le rapatriement, c'est la réintégration.
02:06Rentrer au Togo sans ressources, sans emploi,
02:09parfois marqué psychologiquement par des mois de violence et d'exploitation,
02:14c'est risqué de repartir.
02:16Des études sur l'immigration en Afrique de l'Ouest
02:18montrent que sans programme de réinsertion solide,
02:22une partie des migrants rapatriés reprend la route
02:25dans les deux ans qui suivent leur retour.
02:28L'OIM a identifié les besoins de ces 86 personnes.
02:31Mais identifier ne suffit pas.
02:34Il faut des emplois, des formations, un accompagnement durable.
02:37Et surtout, il faut s'attaquer aux causes profondes.
02:40Le chômage des jeunes, le manque de perspectives économiques,
02:45l'absence de voies légales, de migration
02:47pour ceux qui veulent construire leur vie ailleurs.
02:50Ces 86 Togolais sont rentrés.
02:52C'est une bonne nouvelle.
02:53Mais tant que les conditions qui les ont poussées à partir
02:56n'auront pas changé, d'autres prendront la même route.
02:59Le défi qui se pose maintenant au Togo et à toute l'Afrique de l'Ouest,
03:03c'est de construire un avenir assez solide
03:06pour que nos jeunes n'aient plus à risquer leur vie
03:09pour en trouver un ailleurs.
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