- il y a 16 heures
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00:03:31Ce n'est pas tant le ridicule de cet ornement fruitier qui me navrait
00:03:35que le fait que ces slips ne séchaient jamais.
00:03:40Comme nous étions tout le temps fourrés dans l'eau,
00:03:42la laine restait gorgée d'humidité du matin au soir,
00:03:44le sable nous collait aux fesses,
00:03:47mais surtout j'avais l'entrejambe terriblement irritée.
00:03:51Je me souviens qu'au bout d'une semaine de vacances,
00:03:53j'étais obligé de marcher les jambes écartées pour ne pas hurler à chaque pas.
00:03:59J'en veux beaucoup à ma mère de nous avoir tricoté ces slips en laine
00:04:02et de nous avoir obligé à les porter quatre étés consécutifs.
00:04:07Mais je la remercie de m'avoir, sans le faire exprès,
00:04:11incité à porter mon attention sur mes parties génitales.
00:04:14Cet été-là, je me suis rendu compte que je devais prendre soin de mes couilles.
00:04:41J'avais environ douze ans et j'adorais aller chez le coiffeur.
00:04:50Il y avait dans notre ville un salon situé dans un quartier calme,
00:04:54un salon dans lequel on ne coiffait que les hommes
00:04:56et qui était tenu par une Alsacienne très belle,
00:05:00la belle Madame Schiffert.
00:05:02Il n'y avait presque jamais personne dans son salon.
00:05:05Il n'était pas utile de prendre rendez-vous,
00:05:08elle n'avait pas de mari,
00:05:10elle avait sans doute beaucoup d'amants.
00:05:12Moi, j'aimais aller chez elle.
00:05:22Bonjour.
00:05:23En poussant la porte,
00:05:25une odeur épatante envahissait mes narines,
00:05:28un mélange de lotion, de lac, d'eau de rose, de shampoing,
00:05:33une odeur d'ivresse.
00:05:39Mais l'odeur la plus extraordinaire
00:05:42était l'odeur de Madame Schiffert elle-même.
00:05:46Cette femme était rousse.
00:05:48Elle avait une odeur corporelle assez forte
00:05:51qui peut-être incommodait certains clients,
00:05:54mais qui, moi, m'enivrait.
00:05:58C'était comme si son corps tout entier sentait l'amour.
00:06:01J'adorais ça.
00:06:03Attends.
00:06:08Qu'est-ce que je vais te couper ?
00:06:09C'est ma mère.
00:06:10Elle aime que j'aie les cheveux très courts.
00:06:17Le moment du shampoing
00:06:19était déjà un délice.
00:06:22Madame Schiffert penchée sur moi,
00:06:25sa poitrine frôlant presque mon visage
00:06:28et cette odeur dont je m'imprégnais
00:06:30en prenant de longues inspirations silencieuses.
00:06:35Le soir, dans mon lit, je la respirais encore
00:06:39avec cette envie invraisemblable
00:06:41de la prendre dans mes bras.
00:06:44Alors, ça va l'école ?
00:06:45Oui.
00:06:48Toujours bonne élève ?
00:06:50Tu as de la chance.
00:06:52Moi, je n'aimais pas l'école.
00:06:53Je défais ce que c'était la sévérité.
00:06:59Sous-titrage Société Radio-Canada
00:06:59...
00:07:33Ah oui, merci. Je les ferai tout à l'heure.
00:07:40Un jour de juin 47, avant notre départ en vacances, il se passa quelque chose dont je devais me souvenir
00:07:45toute ma vie.
00:07:48Il faisait très chaud. Elle sentait encore meilleure.
00:08:39Le soir du jour où j'aperçus ce sein un peu lourd mais d'une rondeur idéale, encore bouleversé par
00:08:46cette vision, je restais parfaitement mauvais.
00:08:51Ça va pas Antoine ?
00:08:53T'as l'air drôle.
00:08:57C'est qu'un ensemble qui reste vide longtemps est un endroit absolument dégueulasse.
00:09:02Donc un endroit évité à tout prix. T'as compris ?
00:09:05À table.
00:09:06Ah, qu'est-ce qu'un système binaire ?
00:09:10Je formule la question autrement, qu'est-ce qu'un chat binaire ?
00:09:19Bon, naturellement tu ne le sais pas.
00:09:21Bon, c'est moi une fois de plus qui vais vous dépanner.
00:09:25Et un chat normal est un chat qui a une tête, deux yeux et quatre pattes.
00:09:35Et un chat binaire possède une tête, un œil, un œil, une patte, une patte, une patte et une patte.
00:09:46Tu vois la différence ?
00:09:48Oui.
00:09:49Bon, je m'attendais à cette réponse et en plus il vaut la différence.
00:09:53Mais elle est grottable.
00:09:55Qu'est-ce que tu veux faire déjà plus tard ?
00:09:57On se échausser.
00:09:58Oh, on se échausser, pourquoi pas qu'il y briste pendant que nous y sommes ?
00:10:01Mais laisse-le, il a bien le temps de voir.
00:10:04Peut-être, mais je suis déçu.
00:10:05Quand on commence petit, il ne faut pas s'étonner d'arriver petit, c'est tout.
00:10:11Et toi, qu'est-ce que tu vas faire plus tard ?
00:10:14Plus tard, je poserai une coiffeuse.
00:10:24Mais pourquoi j'ai fait ça ?
00:10:27Expliquez-moi pourquoi j'ai fait ça.
00:10:37C'est moi, maman.
00:10:39Ouvre.
00:10:41Ton père s'excuse.
00:10:43Il a été surpris, tu comprends ?
00:10:52Tonal ?
00:10:56Réponds-moi.
00:10:59Antoine ?
00:11:00Tu m'entends ?
00:11:03Qu'est-ce que tu fais ?
00:11:06Ça va ?
00:11:10Alors ?
00:11:11Tiens, il ne répond pas.
00:11:13Il est peut-être évanoui sur la carpette.
00:11:15Oh, évanoui avec une gifle.
00:11:17Je suis inquiète.
00:11:19Il faut enfoncer la porte.
00:11:21Calme-toi, je vais lui parler.
00:11:26Antoine, c'est papa.
00:11:28Je te demande pardon.
00:11:29Je regrette ce qui s'est passé.
00:11:31Plus tard, tu feras tout ce que tu voudras.
00:11:34Je restais ainsi une heure, fixant le plafond.
00:11:38Sans le savoir, Mme Schaeffer n'appartenait déjà.
00:11:42Son corps, son odeur étaient à moi.
00:11:45J'avais gagné.
00:11:47Plus tard, je serai le mari d'une coiffeuse.
00:12:47Il va y avoir de l'orage.
00:12:48C'est possible, oui.
00:12:59Bonjour.
00:13:01Bonjour.
00:13:04Tenez, si elle poussait dans les jardins les artificiels,
00:13:07ça, ça serait une preuve.
00:13:08Et l'odeur ?
00:13:10Mais tu me fais rire.
00:13:11Tu comprends bien qu'il faut un modèle pour tout ça.
00:13:14Il n'y a rien sans modèle.
00:13:16Pour les artificiels, je veux bien, mais s'il n'y avait pas eu de naturel d'abord,
00:13:22il n'y aurait pas d'artificiel maintenant.
00:13:25Et les moulins à café ?
00:13:27Comment ? Les moulins à café ?
00:13:29Ça existait bien, les moulins à café ?
00:13:31Oui, jusque-là, je te suis.
00:13:32Les moulins à café, ça ne pousse pas sur les arbres.
00:13:34Il n'y a pas de moulins à café naturel.
00:13:36Et ça n'empêche pas les moulins à café d'exister.
00:13:38Alors, vous voyez bien que si on peut fabriquer des moulins à café sans modèle...
00:13:41Mais on parle de Dieu !
00:13:42Alors, de Dieu, tu entends ?
00:13:45Qu'est-ce que des moulins à café viennent foutre là-dedans ?
00:13:47Tu peux me l'expliquer ?
00:13:49Vous avez vu la mauvaise foi ?
00:13:50Non.
00:13:55Oui, mais vous pensez, de toute façon, vous voulez toujours avoir raison.
00:13:58Vous faites ça avec tout le monde.
00:14:00Mais oui.
00:14:01Mais les moulins à café, c'est une image.
00:14:03Mais Dieu est infini, tu ne peux pas le comprendre, Dieu.
00:14:06Oui, mais oui, mais ce serait pareil.
00:14:07Il existe, Dieu.
00:14:09Merci.
00:14:09Oui, alors, mais vous dites ça, vous, toujours, mais...
00:14:12Mais il existe, Dieu.
00:14:13Oui, mais...
00:14:14Et vous l'avez vu, vous l'avez vu, Dieu.
00:14:22Il se vote depuis quelques temps.
00:14:26Non.
00:14:28C'est son veston qui fait des plis en dessous.
00:14:32Oui, mais il y a quelques mois, il aurait fait attention.
00:14:38Ne pas se pas le casse.
00:14:38Donc, je l'ai se reçut.
00:14:43Oui, mais j'ai parce qu'il y a emotions.
00:14:55Oui, au kaf.
00:14:56Oh, je sire.
00:15:01Oui, allez.
00:15:14Sous-titrage FR ?
00:15:46Sous-titrage FR ?
00:16:02Il y a dix ans, Mathilde travaillait comme employée au salon Isidore.
00:16:07Son patron, M. Isidore Agopian, régnait sur trois coiffeuses.
00:16:11Il est homosexuel, c'est pour cette raison qu'il détestait coiffer les femmes.
00:16:19Mathilde était son employé préféré.
00:16:22Sa discrétion, son charme, cette terre un peu triste, mais tellement gracieuse,
00:16:28enchantait la clientèle.
00:16:31Lorsque dans les années 60, M. Isidore se retira de la coiffure pour prendre sa retraite,
00:16:36il proposa le salon à Mathilde.
00:16:38À moi ?
00:16:40Mais je n'ai pas de quoi vous payez.
00:16:42Ce n'est pas grave, je n'ai pas besoin de cette somme tout de suite.
00:16:44Vous me peurez un peu tous les mois jusqu'à ma mort.
00:16:46Ce sera une espèce de viager.
00:16:48Je serai heureux que ce salon que j'ai créé soit repris par vous.
00:16:51Vous êtes une bonne personne.
00:16:52J'ai confiance.
00:16:53Dites oui.
00:16:58Merci.
00:17:01Mathilde accepta.
00:17:04Elle dut très vite se séparer des deux autres employés,
00:17:06qui naturellement la jalousaient.
00:17:09Aimant la solitude, elle se décida à tenir seule le salon,
00:17:12devenu trop grand pour elle, mais qu'importe.
00:17:16Et c'est à cette époque que je la connus.
00:17:44Bonjour.
00:17:46Bonjour.
00:17:49Vous pouvez me prendre ?
00:17:51Non, je suis désolée.
00:17:53J'attends quelqu'un.
00:17:55Mais excusez-moi.
00:17:57Je ne savais pas qu'il fallait un rendez-vous.
00:18:00Ben, revenez dans une demi-heure, si vous voulez.
00:18:02Si vous avez quelques courses à faire dans le quartier.
00:18:05Oui, très bien.
00:18:06C'est parfait.
00:18:10Je vous donne mon nom ?
00:18:12Non, ce n'est pas la peine.
00:18:18C'est trop dur.
00:18:19Tu abandonnes ?
00:18:21Non, je n'abandonne jamais.
00:18:23Et dis-toi bien que les grilles des mots croisés sont comme les femmes.
00:18:26Plus elles résistent, et meilleur c'est quand elles se donnent.
00:18:29Je sais de quoi je parle.
00:18:31Tu verras un jour que j'ai raison.
00:18:33Plus tard.
00:18:34Plus tard, quand je ferai des mots croisés ?
00:18:36Oui, enfin, si tu veux.
00:18:39Répète après moi.
00:18:40Plus elles résistent...
00:18:41Plus elles résistent...
00:18:42Et meilleur c'est quand elles se donnent.
00:18:43Et meilleur c'est quand elles se donnent.
00:18:45C'est bien.
00:18:46Allez, tu peux aller jouer maintenant.
00:18:48Et remonte ton maillot.
00:18:49On aperçoit tes testicules.
00:19:01Personne ne vint.
00:19:03Par la suite, Mathilde...
00:19:05Je ne savais pas encore qu'elle s'appelait Mathilde, bien entendu.
00:19:09Mathilde, donc, ne souffla mot à propos de son rendez-vous fantôme.
00:19:13L'avait-elle inventée pour stimuler inconsciemment mon désir ?
00:19:17Je ne l'ai jamais su.
00:19:19Mais ce qui me bouleversait bien davantage, c'est que pour la deuxième fois de ma vie,
00:19:24après avoir tant cherché, je tombais amoureux d'une coiffeuse.
00:19:29Au bout de 25 minutes, ne tenant plus, je me dirigeais vers cette femme avec qui j'étais
00:19:34sûr de passer le restant de mes jours.
00:19:38Oh, bonjour.
00:19:39Oh, bonjour.
00:19:43Je démarre toujours mal parce que je suis trop troublé pour ne rien dire.
00:19:46Chez le marchand de chaussures, j'entre en disant, c'est pour des chaussures.
00:19:50Et aujourd'hui, j'ai trouvé ça.
00:19:51C'est pour les cheveux.
00:19:58Vous faites une raie ?
00:20:00Je... oui, si vous voulez.
00:20:04C'est à vous de vouloir.
00:20:07Ben alors, oui.
00:20:09Pas trop net, quand même.
00:20:10Ne vous inquiétez pas.
00:20:31Vous avez un épi, là ?
00:20:33Oui, je sais.
00:20:34Je l'ai depuis toujours.
00:20:36Vous devez vous couper, les cheveux est trop court.
00:20:39Je vais souvent chez le coiffeur, j'aime ça.
00:20:41Ah bon ? Pourquoi ?
00:20:45Je sais pas.
00:20:54Bien entendu, je me demandais si sous sa blouse, Mathilde portait ou non un soutien-gorge.
00:21:01J'eus rapidement la certitude qu'elle n'en portait pas.
00:21:17Alors j'imaginais les pointes de ses seins frôlant par instant le tissu de la blouse,
00:21:23excité, dressé contre ma nuque,
00:21:26ses seins qui seraient à moi bientôt et que j'avais déjà envie de caresser.
00:22:21L'autopsie du corps de Madame Schaeffer fit état d'une absorption massive de barbituriques.
00:22:26Aucun testament, aucun mot.
00:22:28Un enterrement à la sauvette auquel, bien sûr, je n'ai pas pu assister.
00:22:34Depuis ce jour, je n'ai pas cessé un instant de penser à elle
00:22:39et d'aimer passionnément la poitrine des femmes.
00:23:11Voulez-vous m'épouser ?
00:23:3635 francs.
00:23:56Je me souviens de cette nuit blanche passée sous les fenêtres de Mathilde.
00:24:03Je voulais qu'elle s'agite, qu'elle ait trop chaud, qu'elle repousse les draps au pied du lit.
00:24:07Qu'elle se lève peut-être pour boire un verre d'eau, qu'elle se regarde dans la glace et
00:24:11qu'avant de se recoucher, elle se déshabille en pensant à moi.
00:24:16Mais peut-être était-elle aussi bien en train de dormir profondément.
00:24:20Peut-être en avait-elle aussitôt oublié.
00:24:22D'ailleurs, pourquoi l'imaginer seule dans son lit ?
00:24:25Moi qui ne sais rien d'elle.
00:24:28Sous-titrage Société Radio-Canada
00:25:06Mon père a toujours prétendu que la vie était simple.
00:25:10Parce qu'il suffisait de désirer très fort quelque chose ou quelqu'un pour l'obtenir.
00:25:16L'échec étant simplement la preuve que le désir n'était pas assez intense.
00:25:42Sous-titrage Société Radio-Canada
00:26:17Aucun rêve n'est impossible.
00:26:19Je désirais Mathilde plus que tout au monde.
00:26:22Elle serait comme ce cours d'eau, une forteresse qui devait capituler.
00:26:26Elle serait à moi pour toujours.
00:26:30Trois semaines plus tard, je retournais au salon Isidore, à peine anxieux, juste délicieusement ému.
00:26:36Mes cheveux n'avaient bien entendu pas eu le temps d'en pousser, en tout cas pas dans des proportions
00:26:40justifiant une coupe.
00:26:53Mathilde se comporta comme si elle me voyait pour la première fois.
00:26:57Mouette et distante, ce qui bien sûr excitait encore davantage mon désir.
00:27:02Elle le savait sans doute.
00:27:06Vous vous rendez compte, il n'était jamais entré chez un seul coiffeur de sa vie.
00:27:09Quand ça commençait à lui gratter la nuque, il se passait la tondeuse tout seul.
00:27:14Même pas besoin de glace, il opérait au toucher.
00:27:17Et il ne s'est jamais fait une échelle.
00:27:21Tout à la tondeuse, comme le gazon, il disait.
00:27:24Je l'entends encore.
00:27:27Un gaillard.
00:27:29Le moule est cassé des hommes comme lui.
00:27:34Voilà.
00:27:35Ça a été plus rapide que la dernière fois.
00:27:37C'est parce que je ne vous ai pas fait de balayage.
00:27:39C'était trop tôt.
00:27:41On le ferait la prochaine fois.
00:27:55Et le gonflet va rester comme ça ?
00:27:57Oui, il n'y a pas de raison.
00:27:58Monsieur Agopian faisait dormir la tête droite.
00:28:00Et alors, dites-donc.
00:28:01Non, ce n'est pas la peine.
00:28:03Passez samedi matin et je vous donnerai un coup de peigne.
00:28:06Oh, c'est gentil.
00:28:08À samedi.
00:28:09À samedi.
00:28:55Sous-titrage Société Radio-Canada
00:29:10Je ne sais pas ce que vous appris l'autre jour.
00:29:13Vous avez sans doute voulu vous moquer de moi.
00:29:14Mais si cette terre n'était pas votre intention, la moquerie,
00:29:19alors je suis sensible à votre proposition.
00:29:22Et si elle tient toujours, oui.
00:29:27Je veux bien vous épouser.
00:29:34Je m'appelle Mathilde.
00:29:46Vous ne vous souvenez pas, mais la première fois que je vous ai demandé
00:29:48si vous pouviez me prendre, vous m'avez répondu non.
00:29:51Alors qu'en fait, vous étiez justement en train de me prendre.
00:29:54Je me souviens.
00:29:55De la même manière, je vous ai demandé si je devais vous donner mon nom.
00:29:58Là encore, vous m'avez répondu non.
00:30:01En fait, vous venez d'accepter que je vous le donne.
00:30:03C'est amusant, les rencontres.
00:30:07Vous avez des muscles, là, juste au-dessus du genou.
00:30:10J'ai fait du football à l'école.
00:30:11J'ai joué arrière-latérale.
00:30:13Où ?
00:30:15Vous connaissez le football ?
00:30:16Ah, très bien.
00:30:17Il y a une balle.
00:30:18On n'a pas le droit d'y toucher avec les mains.
00:30:20Et ça, je vois plusieurs.
00:30:22Je vois que vous êtes spécialiste.
00:30:25J'aime pas beaucoup le sport où ça m'énerve.
00:30:27C'est comme les voyages.
00:30:30Moi le plus, je n'ai pas à sortir.
00:30:32Alors c'est bien.
00:30:33C'est réglé.
00:30:34On restera là.
00:30:36Ce sera parfait.
00:30:38Je crois.
00:30:42Il y a les commissions, les lettres à poster, les choses comme ça, mais je m'en occuperai.
00:30:46J'aime en a.
00:30:48Je les ai tout de suite remarquées.
00:30:50Elles sont très belles.
00:30:51Merci.
00:30:52Vous avez une cicatrice, là, ça fait tout petit.
00:30:55On dirait une demi-lune.
00:30:56C'est quand je suis tombée de vélo.
00:30:58Comment ?
00:30:59Vous faites du vélo.
00:31:00Non, plus maintenant.
00:31:01C'est le passé.
00:31:02Ah, on s'en moque du passé.
00:31:04Complètement.
00:31:07Au-dessus, c'est l'appartement.
00:31:09C'est assez petit, mais...
00:31:13Vous voulez venir voir ?
00:31:15Oui.
00:31:16Je m'appelle Antoine.
00:31:21À l'annonce de mon mariage avec une coiffeuse, mon père fut terrassé dans l'heure par une crise cardiaque.
00:31:26Par solidarité funèbre, ma mère refusa de venir faire la connaissance de Mathilde et du salon Isidore.
00:31:33Mathilde, elle, n'avait pas de famille.
00:31:34Alors, gros con ?
00:31:36T'as même pas ouvert mon cadeau.
00:31:41T'as même pas ouvert mon cadeau.
00:31:43Je risque d'être surpris.
00:31:45Ah oui, oui, surpris.
00:31:46Au minimum, tu dois être surpris.
00:31:48Tu m'inquiètes.
00:31:50Nous nous sommes retrouvés avec mon frère, sa femme et monsieur Agopian.
00:31:54Ça avait l'avantage d'être intime.
00:32:00Ça m'embêterait que tu remportes un autre, tu le reconnais ?
00:32:02Ah, c'est difficile à oublier.
00:32:05À l'époque, il était un peu grand, mais maintenant, ça doit t'aller comme un gant.
00:32:08Enfin, si je peux dire, tu devrais le mettre ce soir.
00:32:11Oh, non, je t'en prie.
00:32:13Plus drôle, c'est que ça me fait plaisir.
00:32:15J'aime beaucoup les pompons.
00:32:17Mais c'est pas des pompons, c'est des cerises.
00:32:20Alors, quand il est mouillé, ça baille un peu, forcément.
00:32:23La laine, quand elle a été détricotée.
00:32:25Non, sans blague, tu devrais l'essayer pour le souvenir.
00:32:27En plus, je suis sûr qu'il te va encore.
00:32:37Tenez, votre maman m'a donné ça pour vous.
00:32:44Tu as quel âge ?
00:32:4612 ans.
00:32:47C'est drôle.
00:32:49C'est exactement toi aujourd'hui, mais un plus petit.
00:32:51Faut-moi brouillon.
00:32:53Tu avais l'air rigolo.
00:32:54Je l'étais.
00:32:56Tu montreras tes photos de toi, petite ?
00:32:59Non.
00:33:00Je n'en ai gardé aucune.
00:33:01Je n'aime pas me voir enfant.
00:33:03Mais pourquoi ?
00:33:04Le temps passe trop vite.
00:33:06Un nom qui ne convient pas, c'est la catastrophe commerciale.
00:33:10Alors, pouvez-vous m'expliquer, vous,
00:33:11comment un type qui s'appelle Givenchy
00:33:14a pu réussir dans les parfums ?
00:33:18Alors, je vais vous avouer quelque chose.
00:33:19Mon nom, véritable.
00:33:21Dupré.
00:33:23Ambroise Dupré.
00:33:25Malheureusement, ragopiant.
00:33:27L'exotisme, mon cher.
00:33:29L'Arménie, c'est-à-dire l'Orient.
00:33:31Un coiffeur venu d'Orient, c'est quand même autre chose.
00:33:35Excusez-moi.
00:33:37J'ai cru que c'était ouvert.
00:33:39J'ai oublié de lever le bête de canne.
00:33:41En plus, le dimanche, c'est fermé.
00:33:43C'est vrai, c'est dimanche.
00:33:46Quel idiot je fais.
00:33:47Je vous laisse.
00:33:49Non, attendez.
00:33:50Prenez au moins un peu champagne avec nous.
00:33:52Non, je ne veux pas vous déranger.
00:33:54Je veux que vous vous mariez.
00:33:56Mais vous ne nous dérangez pas du tout.
00:34:01Si, si, je vous dérange.
00:34:03Vous êtes en famille.
00:34:06Et quand on est en famille...
00:34:08Mais non.
00:34:10Vous étiez venu pour quoi ?
00:34:12Pour la barbe.
00:34:14Je pensais la couper.
00:34:16Complètement ?
00:34:17Ben, on m'a dit que ça me donnait l'air triste.
00:34:20Alors, en passant devant chez vous, j'ai pensé que...
00:34:22Eh ben, venez.
00:34:24Il y en aura pour cinq minutes.
00:34:38Il y en aura pour cinq minutes.
00:35:15Tant pis.
00:35:20Pardon.
00:35:21Excusez-moi.
00:35:24Non, non, non.
00:35:25Pas aujourd'hui.
00:35:33Beaucoup de bonheur.
00:35:35Merci.
00:35:42Merci.
00:35:43Merci.
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00:40:10Elle a encore les coupes à la maison.
00:40:12Elle les a gagnées avec le club.
00:40:14Finalement, on va pas les couper, là.
00:40:16C'est pas la peine.
00:40:17Ah bon ?
00:40:20Je vous mets un peu de lotion, alors ?
00:40:22Oui, si vous voulez.
00:40:23Un peu de lotion, c'est bien.
00:40:25Je joue plus, maintenant, à cause des enfants.
00:40:28Trois.
00:40:30C'est du tintouin, vous savez.
00:40:32Pour ça, elle les élève.
00:40:34Je lui tire mon chapeau.
00:40:35Mais attention, c'est pas qu'une ménagère.
00:40:37Elle passe pas sa vie derrière l'aspirateur.
00:40:39Vous l'avez vue, d'ailleurs.
00:40:40Comment elle s'habille, le maquillage, tout.
00:40:46Comment vous l'avez trouvée ?
00:40:48Très bien.
00:40:49Très, très bien.
00:40:51Merci.
00:40:53Et vous, monsieur ?
00:40:54Excusez-moi, mais c'est important d'avoir l'avis d'un homme.
00:40:59Ça a été un peu rapide, mais je l'ai trouvée magnifique.
00:41:01Je suis d'accord avec vous.
00:41:03C'est une femme magnifique.
00:41:07Vous avez vu son oeil tout à l'heure ?
00:41:10Elle est encore plus belle quand elle est en colère.
00:41:12Vous ne le trouvez pas ?
00:41:12Oui, certainement.
00:41:14Ah non, c'est vraiment une femme exceptionnelle.
00:41:19Au revoir, monsieur.
00:41:22Madame, au revoir.
00:41:24Excusez-nous encore.
00:41:26Merci pour tout, en tout cas.
00:41:27Je vous dois...
00:41:28Non, non, ça va, merci.
00:41:29Bon, excusez-nous.
00:41:33Au revoir.
00:41:42Perder 5 kilos en 15 jours
00:41:45en ne mangeant que des concombres
00:41:47et en buvant du thé.
00:41:50Tu y crois, toi ?
00:41:52Où tu dis ça ?
00:41:53Ici.
00:41:54Ça c'est un danger.
00:41:56Ils disent que c'est médical.
00:41:58Quelle heure est-il ?
00:42:01Ça termine encore.
00:42:05On ferme.
00:42:38Si tu maigris,
00:42:39ne serait-ce que 300 grammes,
00:42:40je me fous sous un tralibus.
00:42:46Alors,
00:42:47promets-moi une chose,
00:42:49une seule.
00:42:51C'est que le jour
00:42:52où tu ne m'aimeras plus,
00:42:54tu ne verras pas semblant.
00:43:08C'est un million.
00:43:11Ça sera un million pour demain.
00:43:35Ça suffit.
00:43:37Tu t'es tuée,
00:43:39tu m'en pètes.
00:43:41Non !
00:43:43Non !
00:43:44Edouard !
00:43:45Edouard !
00:43:46Arrête,
00:43:46tu sais ce que t'as pris.
00:43:48Edouard !
00:43:49Edouard,
00:43:49tu sais ce que papa a appris.
00:43:52Edouard,
00:43:52ça suffit maintenant.
00:43:53Regarde ce joli livre.
00:43:54Il y a des bateaux
00:43:55dans celui-ci
00:43:56et des chevaux.
00:43:58Regarde,
00:43:58tu as même les chevaux.
00:44:00Oui.
00:44:00Tu vois comme elle est gentille,
00:44:01la dame ?
00:44:01Edouard,
00:44:02elle te prête ses livres.
00:44:03Toi aussi,
00:44:03t'es gentille, Edouard.
00:44:04Oui ?
00:44:05T'es très gentille maintenant.
00:44:06Vous n'avez pas des mitraillettes,
00:44:07plutôt ?
00:44:08Je ne sais pas,
00:44:08des trucs en plastique comme ça
00:44:09qui pétaradent
00:44:10en faisant des étincelles.
00:44:11Non, j'ai une locomotive.
00:44:12Ah oui, non,
00:44:12mais ça,
00:44:13il s'en fout.
00:44:13Bon,
00:44:13allez,
00:44:13on va aller s'asseoir maintenant.
00:44:14Regarde,
00:44:15on t'a préparé un banc,
00:44:15Edouard.
00:44:16Regarde le banc
00:44:17avec le coussin.
00:44:18Oh,
00:44:19mais comme il est beau,
00:44:20le coussin.
00:44:25Et en plus,
00:44:25il n'est pas à nous.
00:44:26On l'a adopté.
00:44:28Erreur du siècle.
00:44:29Vous avez des enfants,
00:44:29vous ?
00:44:30Non.
00:44:30Vous avez bien raison,
00:44:31mais alors surtout,
00:44:32n'adoptez jamais.
00:44:33Parce qu'on ne peut pas choisir.
00:44:34Alors,
00:44:34il vous refile n'importe quoi,
00:44:35et une fois qu'on a signé,
00:44:36on ne peut plus les rendre.
00:44:37Allons, Edouard,
00:44:38sois gentil.
00:44:39J'ai des très beaux moments
00:44:39dans ma peau.
00:44:40Allez,
00:44:41il faudrait une corde,
00:44:42l'attacher sur le fauteuil,
00:44:43moi,
00:44:43tu tiens la tête
00:44:43et puis vous,
00:44:44clic-clac.
00:44:44Non,
00:44:44vous allez voir,
00:44:45elle passe comme elle.
00:44:46Bien,
00:45:13et puis vous allez voir,
00:45:21Sous-titrage MFP.
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