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  • il y a 2 jours
Série "Les Fêtes Galantes", épisode 2/4
Se croyant seuls, deux gentilshommes échangent, en toute liberté, leur expérience sur les femmes autour d’un buffet. Mais, dissimulée derrière une statue,
Madame de Landry finit par surgir et à renchérir avec pertinence sur les propos des deux hommes.
Believing themselves to be alone, two gentlemen exchange, in complete freedom, their experience of women around a buffet. But, hidden behind a statue,
Madame de Landry ends up appearing and outdoing the words of the two men with relevance.
• Titre original : Critique de l'Esprit des Femmes
• Réalisation : Lionel BAILLEMONT
• Adaptation des citations et dialogues : Lionel Baillemont
• Son et prises de vues drone : Kenza Garcia
• Costumes : Nathalie Hamel / Sophia Pinelli / Océane Mallet
• Musiques : Michel-Richard Delalande
• Genre : Comédie
• Casting : Rémy BOTTIN, Léo MARTY, Nelly JILL, Sophia PINELLI, Romane HAMEL, Marthe OLIVER, Catherine RANDOUX, Karine FABIEN,
Océane MALLET, Frédérique MUSSARD, Dominique NAVARRO, Aline BIGOTEAU, Katia ILARREGUI.
Tourné au sein du "Musée à ciel ouvert" de Maria de FAYKOD :
3366 Route de Tourtour, 83630 Aups / 04 94 70 03 94
Les droits d'utilisation des sculptures de Maria de FAYKOD sont gérées par l'ADAGP ©2022
© 2022/ http://opheliafilm.com/
contact@opheliafilm.com
Transcription
00:27Sous-titrage MFP.
00:30...
01:01Ah, enfin, vous êtes là, mon ami.
01:05Si vous saviez comme je suis heureux de voir que je ne suis plus seul.
01:10Ne trouvez-vous pas surprenant que nous soyons les deux seuls représentants de la genre masculine à la petite fête
01:18de Madame de Landry ?
01:20Les seuls, dites-vous ? Vraiment ?
01:23Ah, vraiment ? J'ai eu beau faire deux fois le tour du parc avant votre arrivée, nous ne sommes
01:27toutes pas si grands, je n'y ai vu que des robes et des corsages.
01:32Comment cela est-il possible ? Ce vieux pédant de Troyes, on serait-il donc absent ?
01:37Ah oui, absent.
01:38Monsieur de Cinquin également ?
01:40Également.
01:41Et l'ennuyeux monsieur de Reims, s'il n'est pas là pour débiter ses fadaises habituelles ?
01:45Tout aussi invisible.
01:50Alors, je ne vois que deux explications possibles, mon cher ami.
01:53Oui ?
01:54Tout cela n'est qu'un mauvais rêve et nous n'allons pas tarder à nous réveiller.
01:58Ou...
01:58Où ?
02:00Où nous ne sommes pas à la fête galante de Madame de Landry, mais dans une autre réservée uniquement aux
02:07adeptes du safisme.
02:12Jardin dans lequel nous nous sommes retrouvés tous deux présents, disons, par inadvertance.
02:16Mais non, vous ne rêvez pas. Je vous assure que nous sommes réellement dans le jardin de Madame de Landry.
02:22Alors là, cela devient le plus grand des mystères.
02:27Par contre, la comtesse de Choiseul devrait être présente, telle à ce que j'imagine.
02:31Madame de Choiseul, la cul bénie.
02:34Ah oui, la cul bénie.
02:38Celle dont la religion a consisté toute sa vie à servir Dieu, sans désobliger le diable.
02:44Et qui se consacre dorénavant à Dieu depuis que le diable n'en veut plus.
02:49Elle semble croire qu'avec des prières, elle peut se dispenser d'avoir des vertus.
02:55Elle est devenue sage depuis qu'elle a cessé d'être belle.
02:59Mais elle cesserait tout aussi brusquement d'être sage si elle pouvait redevenir belle.
03:04Le miroir d'une jolie femme est le plus écouté, le plus favorisé de ses amis.
03:11Jusqu'à 30 ans.
03:13De 30 à 40 ans, un froid s'installe.
03:17Ensuite, ce n'est plus qu'un médecin brutal qui recevrait vite son congé s'il n'était nécessaire.
03:25Il est vrai que la question la plus cruelle que l'on puisse poser à une femme, c'est bien
03:29de lui demander son âge.
03:30Justement, vous me rappelez qu'en présence du marquis de Bièvre, une imprudente, une audace de lui demander quel âge
03:38il pensait qu'elle avait.
03:41Connaissant de Bièvre, je crains le pire.
03:44Vous avez raison.
03:45Alors à la question de la dame, combien me donnez-vous d'années ?
03:49Le marquis lui répartit tout de go.
03:51Oui.
03:53Mais vous en avez assez madame, sauf que je vous en donne davantage.
04:00Alors maintenant de plus chaque année, la femme tous les trois ans seulement, c'est bien connu.
04:06Cher ami, vous devriez goûter ce nouveau fromage, venu du village normand de Camembert.
04:11Il est délicieusement coulant et parfumé.
04:19Par contre, si vous ambitionnez dans la soirée d'embrasser une de ces dames, je vous en déconseille fortement l
04:27'usage.
04:28Oh, oui.
04:47Si les femmes soignent tant leur beauté, c'est parce que nous ne les aimons guère qu'à cause de
04:51cela.
04:52Pour nous séduire, une femme se trouvera toujours assez intelligente, mais jamais assez belle.
04:58Mais elles ont raison de vouloir être belles à quelque prix que cela soit, puisque la beauté est le seul
05:03mérite que nous ne leur contestons pas.
05:05Et pourtant, leur véritable amie n'est pas l'homme qui s'attache à leur beauté, mais celui que leur
05:13défaut attendrait.
05:15Pour être aimé des femmes, il faut leur laisser croire qu'on ne les connaît pas.
05:21Elles ne peuvent se persuader qu'un homme puisse les connaître et les aimer en même temps.
05:26Rarement vous persuaderez une femme. Il faut l'amener à vouloir, car si les discours les émeuvent, se les action
05:34ont la vertu de les convaincre.
05:37Sans oublier, cher ami, que l'or et les brillants ont une éloquence muette qui remue le cœur d'une
05:44femme, bien plus que les beaux discours.
05:48Il est vrai que pour obtenir le droit de déshabiller certaines femmes, il faut d'abord faire les frais de
05:53les habiller.
05:54Oui, et les femmes semblent supérieurement douées pour les entreprises qui coûtent de l'argent plutôt que d'en rapporter.
06:01Quant à celles qui vous disent qu'elles ne sont pas à vendre et qu'elles n'accepteraient aucun argent
06:06de vous,
06:07ce sont généralement celles-là qui vous ruinent.
06:10C'est pourquoi il nous faut y prendre garde, car leur gloire c'est de mettre en démence l'homme
06:16le plus raisonnable.
06:18Et personne, personne, vous m'entendez, n'est à l'abri d'un tel péril en les approchant.
06:26Car les femmes sont pas ses maîtresses dans l'art de souffrir et de faire souffrir.
06:35Pourquoi faut-il que le plus doux visage ne soit parfois qu'un masque menteur et que l'on doive
06:39se défier même du beau ?
06:42Parce que ce monde est un théâtre, mon cher, dont les hommes sont les marionnettes.
06:47Et c'est presque toujours une femme qui, cachée derrière le décor, dirige leur pas avec un fil, dicte leurs
06:55réponses et les fait se battre entre eux.
06:58Ce qui n'empêche pas certains novateurs d'oser réclamer l'égalité de la femme avec l'homme.
07:04La belle affaire !
07:07Je préférerais que des novateurs plus audacieux réclament l'égalité de l'homme avec la femme.
07:15Le jour où celle-ci aura acquis les mêmes droits que nous, elle aura perdu tous ses privilèges.
07:20Car trop souvent, la femme émancipée est une femme qui se dépouille des vertus de son sexe pour ne prendre
07:28que les vices d'une autre.
07:29Et encore, Dieu, dans sa divine prévoyance, ne leur a heureusement pas donné de barbe, parce qu'elle n'aurait
07:37pas su se taire pendant qu'on les eut rasées.
07:40Il se murmure que c'est le serpent du paradis qui, après avoir séduit Ève, lui prêta sa langue.
07:51Dieu a laissé parler un ange, il a eu Satan.
07:55Adam a laissé parler sa femme, il a eu la femme.
08:01Parlons bas sur le sujet.
08:02Car on m'a rapporté que la comtesse de Clermont serait peut-être invitée à cette petite fête.
08:08La comtesse de Clermont.
08:11Et aucun de ses anciens maris ni amandé là.
08:15Je n'en ai aucune idée. Je n'ai fait jusqu'à présent que la croisée.
08:18De toute façon, le jardin de Madame Delandré est trop petit pour les accueillir tous.
08:25Quand je pense qu'il existe des hommes assez hardis pour approcher ce genre de femmes,
08:31pour leur tenir la main et pour leur dire, sans mourir de frayeur,
08:36Madame, voulez-vous m'épouser ?
08:39Je ne puis m'empêcher d'admirer jusqu'où va l'audace humaine.
08:44L'on dit que quand un homme et une femme se marient, ils ne font plus qu'un.
08:48Ah, sûrement.
08:49Mais reste à savoir lequel.
08:54La femme serait plus charmante si l'on pouvait tomber dans ses bras, sans tomber entre ses mains.
09:01Les catholiques vont à confesse avant de se marier.
09:05C'est après qu'ils devraient s'y rendre, pour tenter de se faire absoudre.
09:10Pardonnez-leur, car ils ne savent pas ce qu'ils font.
09:13Ce fut la conclusion du sermon que fit le prédicateur au récent mariage de Dominier.
09:19âgé de 70 ans et de sa jeune épousée d'à peine 17 ans.
09:30Le riche monsieur Dominier devrait se méfier à l'avenir de ne pas trop exposer sa femme et ses économies,
09:35de craindre qu'on ne lui emprunte plus l'une et l'autre sans jamais les lui rendre.
09:40Reste que le plus grand mal que l'on puisse faire à un homme qui vous a pris votre femme,
09:44c'est bien de la lui laisser.
09:48Personnellement, je ne suis pas fait pour le mariage.
09:51Je n'ai ni l'étoffe d'un esclave, ni celle d'un espace.
10:00Pourquoi les femmes charmantes épousent-elles toujours des hommes insignifiants ?
10:06Parce que les hommes intelligents se gardent bien d'épouser des femmes charmantes.
10:16Oh tiens, je vois que la jeune mademoiselle des Houlières est présente elle aussi.
10:21C'est cette jeune personne d'apparence virginale qui vous sourit ?
10:25D'apparence, oui.
10:28C'est une chose étrange que l'on ne puisse parler des femmes avec une juste modération.
10:33On en dit toujours trop ou trop peu ?
10:35On ne parle pas assez de celles qui sont vertueuses et l'on parle trop de celles qui ne le
10:40sont pas.
10:42L'on en dit trop de mal que parce que l'on en pense trop de bien.
10:46Et l'on fait semblant de les haïr, de craindre de trop laisser voir qu'on ne peut vivre sans
10:52elles.
10:53Souvent d'ailleurs, nous les accusons à tort.
10:56Car ce sont moins les femmes qui nous trompent que l'idéal que nous nous en faisons.
11:03Il n'y aurait pas grand mal à aimer un peu trop les femmes.
11:06Le vrai danger, c'est qu'on en vient toujours en préférer une.
11:12L'autre problème, c'est que dans l'amour, il n'y a que les débuts qui soient charmants.
11:17Il ne faut donc pas s'étonner qu'on prenne du plaisir à recommencer souvent.
11:21Et pourtant, rien n'est plus embarrassant que le premier tête-à-tête, quand on a tout à se dire.
11:27Si ce n'est le dernier, quand tout est dit.
11:31Personnellement, je me méfie surtout de celles qui vous disent
11:33« Si je n'en meurs pas, je deviendrai folle ».
11:38Elles oublient juste d'ajouter « folle d'un autre ».
11:46Lorsqu'une femme nous aime, elle nous pardonne tout, même nos bassesses.
11:51Mais lorsqu'elle ne nous aime plus, elle ne nous pardonne rien, pas même nos qualités.
11:58La nature et l'art combinés ensemble, on fait de la femme une énigme à jamais inexplicable.
12:11Messieurs !
12:16Puis-je oser interrompre votre édifiant dialogue ?
12:22Madame de l'entrée ?
12:24Mes hommages.
12:27Veuillez nous pardonner, madame.
12:29Si nous avions su que vous étiez là, nous n'aurions jamais osé tenir de tels propos en votre présence.
12:35Oui, je peux attendre.
12:37C'est au contraire ce qui fait l'attrait de cette petite mystification.
12:44Je n'entends habituellement autour de moi que des paroles mesurées et pleines de retenue.
12:52Au moins, votre petit discours m'a édifié sur bien des points qui demeuraient encore obscurs pour moi.
12:59Soyez-en remerciés.
13:02Je n'ai assez qu'à dire.
13:06C'est fort dommage, monsieur, car vous sembliez si enverve il y a quelques instants à peine.
13:13J'espère au moins que vous n'êtes pas en position de désavouer vos propos, car au-delà de leurs
13:20excès, ils m'ont semblé contenir bien des vérités.
13:23C'est trop d'indulgence de votre part, madame.
13:26Détrompez-vous, monsieur. Détrompez-vous, il n'y a aucune indulgence de ma part là-dedans.
13:33Juste de la lucidité.
13:37Si une personne comme moi osait vous reprocher de penser mal des femmes, faites-moi parler sur celle de ma
13:45connaissance.
13:47Vous seriez alors étonnés d'entendre tout le mal que je peux en penser.
13:54Approchez, mesdames. Approchez.
13:59Ces deux messieurs semblent disposer à recevoir de notre part une leçon en bonne justice.
14:10Leçon que nous aurons le courage d'exprimer en leur présence et à voix haute, contrairement à d'autres.
14:33Je crois que vous ne réalisez pas à quel point vous nous jugez à tort, messieurs.
14:41Car, en vérité, les deux sexes n'ont vraiment rien à se reprocher l'un l'autre.
14:50Ne contribuent-ils pas de manière égale à la corruption de leur siècle ?
14:57Certes.
14:57Certes, certes.
15:02Au lieu de nous constituer des droits, vous ne nous avez toujours imposé que des devoirs.
15:11Et dans la triste privation de toute autorité où vous nous avez maintenu, que nous reste-t-il ?
15:17Que nous reste-t-il ?
15:23Sinon, l'artifice de devoir vous plaire à tout prix, ou bien de vieillir seul.
15:33Vous croyez si bien gouverner le monde, messieurs, et en être les maîtres.
15:42Alors que vous n'en êtes que les esclaves.
15:48Et si quelques femmes arrivent à gouverner leur mari ?
15:55Heureusement pour nous, il n'est pas un mari qui ne parvienne à gouverner sa femme.
16:03Il est vrai que sans qu'il n'y paraisse, un mari se laisse facilement mener par sa femme.
16:10Pour autant, pour autant, mesdames, j'en ai connu un qui ne l'était pas.
16:16Ah !
16:18Il était gouverné par la femme d'un autre.
16:25Et vous conviendrez, madame de Landry, que ce n'est pas vraiment être un homme que de n'avoir ni
16:31le goût, ni le besoin des femmes.
16:34Laquelle, grand Dieu ! Laquelle d'entre nous oserait-vous dire le contraire ?
16:41Mais vous êtes bien singulier, vous autres, hommes.
16:46Vous vous tenez pour offenser si l'on ne répond pas avec empressement au regard que vous daignez jeter sur
16:55nous.
16:58Votre orgueil nous accuse d'être sans cœur.
17:03Et comme si c'était de notre faute si la tête vous tourne.
17:07Comme si nous étions obligés de nous trouver au même instant, saisis du même mal que vous.
17:16Chez nous, la fidélité est une vertu.
17:23Alors que chez vous, messieurs, cela confère visiblement de l'effort.
17:33Car pour vous, une seule femme, ce n'est pas assez.
17:38Ou bien, c'est trop.
17:45Vous nous jugez bien sévèrement, madame de Landry.
17:47Oui.
17:49Ne croyez-vous pas que l'on juge mieux un homme d'après sa femme que d'après ses amis
17:53?
17:55Et cela, cela, grâce à ce génie particulier que nous possédons toutes.
18:06De mieux comprendre ces messieurs qui ne se comprennent souvent eux-mêmes.
18:11Je crois que les femmes sont faites pour être mariées.
18:15Et que les hommes sont faits pour être célibataires.
18:19Et que c'est de là que vient tout le mal.
18:24Le mal peut aussi venir du fait que la plupart des hommes désirent plus être admirés que d'être aimés.
18:36Apprenez, messieurs, que l'amour n'est pas mesurable.
18:39Il vient sans raison, sans mesure et repart d'eux-mêmes.
18:45N'est-il pas vrai, mesdames ?
18:47Absolument.
18:53En conclusion,
18:56je dirais qu'il faut quand même que l'homme soit une rude machine.
19:01Puisqu'il est à l'épreuve de nous autres, femmes.
19:08Et maintenant,
19:13mangeons et buvons, mes amis.
19:16En l'honneur de la Concorde retrouver entre nos deux sexes.
19:22D'un côté, le beau, c'est-à-dire nous.
19:26Et de l'autre, un moins bon, mais, mais,
19:33qui peut se révéler parfois fort utile.
19:37Le vôtre, messieurs.
20:05Chez nous,
20:07la fidélité
20:10est un avion.
20:11Il est bienvenu, l'avion.
20:13Parce que là, j'ai plus de bras.
20:18Je vous laisse réfléchir à cela.
20:22Je crois que
20:24le problème
20:26vient...
20:26Non.
20:28Tu m'as dit le problème, c'est pas ça.
20:31Non, non, il n'y a pas de problème.
20:32Je crois que les femmes sont faites pour essayer de battre.
20:35Je crois
20:36que les femmes sont faites pour être mariées.
20:40Et les hommes
20:41sont faits pour être célibataires.
20:44En fait, excuse-moi, mais
20:45je crois que les femmes sont faites pour être mariées
20:47et que les hommes sont faits pour être mariées
20:48et que
20:49c'est de là que vient le problème.
20:50Il y a quatre que.
20:51Je ne crois pas qu'il y en ait autant.
20:53Puis-je oser interrompre votre édifiant dialogue ?

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