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Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur, était l’invité du Face-à-Face de ce vendredi 3 avril sur BFMTV et RMC.

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00:02Il est 8h29 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Laurent Nunez, vous êtes évidemment le ministre
00:09de l'Intérieur.
00:09Merci infiniment d'avoir accepté notre invitation ce matin. Énormément de sujets à aborder avec vous.
00:14Mais d'abord, cette garde à vue de Rima Hassan, l'eurodéputé sorti libre hier soir après près de 15
00:21heures d'audition.
00:22Elle sera jugée, on l'a appris par le parquet devant le tribunal correctionnel en juillet prochain, pour apologie du
00:28terrorisme commise en ligne.
00:29Vous avez vous-même fait un signalement après ce tweet. Beaucoup d'insoumis se sont indignés de cette garde à
00:36vue, dont le leader insoumis Jean-Luc Mélenchon qui parle de police politique.
00:40Vous êtes directement visé, que lui répondez-vous ce matin ?
00:43Ma réponse c'est que nous sommes dans un état de droit, il y a des règles qui s'appliquent,
00:46il y a une justice qui passe.
00:49Quand un député, même un député européen, publie un tweet tel que celui qui avait été publié, on a considéré
00:57que c'est de l'apologie du terrorisme.
00:59Et c'était normal de faire ce signalement. On ne pouvait pas faire référence à un homme qui a été
01:03un terroriste, qui a été condamné pour avoir tué des personnes.
01:06Voilà, donc ça s'appelle de l'apologie du terrorisme. Et donc c'était normal de faire ce signalement.
01:10Après moi je n'ai pas de commentaire à faire sur les suites qui ont été données par la justice.
01:13Il y a le parquet qui a communiqué et qui, je le comprends, a bien poursuivi pour apologie du terrorisme.
01:18Ça veut dire que les services, l'analyse des services qui étaient les miens était la bonne.
01:23Voilà, je n'ai pas d'autres commentaires à faire.
01:25Persécution politique, persécution judiciaire, encore Manuel Bonpart ce matin, vous dites état de droit encore une fois, la justice fait
01:32son travail.
01:32L'action politique, elle doit rester dans les limites de l'état de droit.
01:35Voilà, il y a des règles à respecter.
01:36L'apologie du terrorisme, c'est une infraction qui est très grave et qui a été poursuivie à ce titre.
01:41J'entends votre grande prudence.
01:42Une garde à vue aussi, monsieur le ministre de l'Intérieur,
01:45qui a vu aussi la fouille de ses effets personnels, de son sac, comme le veut la procédure.
01:49Et dans le sac de Rima Hassan, des matières s'apparentant à du CBD, mais également, d'autre part, à
01:56de la 3MMC.
01:57Une drogue de synthèse a été retrouvée.
01:59Ça aussi, ça a été confirmé par le parquet.
02:01Des éléments que dément la principale intéressée, Rima Hassan, qui parle de CBD, mais uniquement utilisés à des fins médicales.
02:09Sur ce point précis, Laurent Nunez, avez-vous des éléments à nous donner ce matin ?
02:12Non, tout ça relève de l'enquête.
02:14Voilà, moi, je ne ferai aucun commentaire là-dessus.
02:16Je regrette d'ailleurs qu'il y a eu des fuites.
02:18Je comprends qu'il y a eu quelques fuites avant que le parquet ne s'exprime.
02:21Il n'y a que le parquet qui peut s'exprimer sur ces sujets.
02:23Et sur ce sujet, le parquet a confirmé ces éléments ?
02:25Voilà, mais je n'ai pas, moi, je n'ai pas de commentaire à faire.
02:27Je ne suis pas en charge de la procédure judiciaire.
02:29Et là encore, vous êtes prise à partie, à l'instar du garde des Sceaux Gérald Darmanin,
02:35notamment par Jean-Luc Mélenchon, qui dit
02:37« La police laisse faire un traquenard à Lyon, faisant référence évidemment à la mort de Quentin Déranque.
02:41Les juges laissent des centaines de messages racistes.
02:44Mais une députée est en garde à vue et des pseudos-infos sur la drogue circulent.
02:48Manuel Bompard, encore une fois, il demande à ce que vous dilégentiez immédiatement des enquêtes internes
02:54pour sanctionner les responsables de ces fuites, de ces pratiques.
02:57D'abord, on poursuit tout type d'infraction, tout type de délit.
03:02On ne laisse pas fonctionner, se déverser des centaines d'attaques racistes.
03:08On répond toujours par la justice, on saisit toujours la justice.
03:12Sur les fuites dont il parle, c'est mon problème.
03:16Et vous pourriez dilégenter des enquêtes sur ces fuites ?
03:18Non, mais on n'en est pas là pour l'instant.
03:20Je veux redire qu'il y a eu un tweet de Mme Rémassane qui est grave,
03:23que je condamne, pour lequel on a saisi la justice.
03:25Et c'est normal, et ce n'est pas de la justice politique, c'est normal.
03:28Personne n'est au-dessus des lois, surtout sur des sujets aussi graves.
03:30Il n'y a pas d'acharnement judiciaire.
03:31Sur des sujets aussi graves que le terrorisme, évidemment, l'apologie en l'occurrence du terrorisme,
03:35je crois qu'il ne faut pas faiblir, c'est tout.
03:38Il ne faut rien laisser passer, c'est tout ce que je peux dire ce matin.
03:40La justice a été saisie et elle est au travail.
03:43Voilà, Mme Rémassane était en garde à vue hier, c'est ce que j'ai vu dans la communication du
03:47parquet.
03:48On va rester attentif à tous ces sujets, toujours, tout le temps.
03:50Et on entend votre grande prudence ce matin concernant aussi cette possession de drogue confirmée par le parquet.
03:56Pour le moment, pas de commentaire plus précis de votre part ou de confirmation ?
03:59Non, je ne faisais pas de commentaire.
04:00Si c'était le cas, c'est ce qu'on appelle une procédure incidente.
04:02Ce n'était pas l'objet principal.
04:04L'objet principal, c'était ce délit d'apologie du terrorisme qui, je le comprends, est poursuivi au final.
04:09Absolument.
04:10Et pour être tout à fait complet, elle dément ces informations et donnera normalement une conférence de presse dans l
04:15'après-midi.
04:16Laurent Nunez, plus d'un mois de conflit au Moyen-Orient et évidemment ces risques d'importation sur notre territoire.
04:23Un attentat déjoué en fin de semaine dernière devant une banque américaine à Paris.
04:29On a appris aussi hier que la banque Goldman Sachs était placée sur surveillance à Paris également.
04:35Et cette information qui, j'avoue, quand je l'ai lue ce matin, m'a un peu interpellé.
04:40La banque américaine, la Citi, a indiqué à certains de ses salariés de se mettre en télétravail.
04:46Je dois avouer que je me suis dit, est-ce qu'on renonce ?
04:49Est-ce qu'on cède finalement à la peur ?
04:50Où vous incitez ce type de pratique pour ces entreprises américaines notamment ?
04:54D'abord, la menace, toujours la même, c'est celle dont j'ai parlé depuis plusieurs jours.
04:59Le procureur national antiterroriste en a encore parlé ce matin sur une autre chaîne d'information.
05:04Elle est là parce qu'on sait qu'un certain nombre de services iraniens peuvent agir par l'intermédiaire de
05:09proxys
05:09pour atteindre des intérêts américains, des intérêts juifs aussi sur notre territoire.
05:12Les proxys des intermédiaires ?
05:13Des intermédiaires qui sont des délinquants de droit commun avec toute une chaîne de commandements.
05:17Manifestement, c'est ce qui s'est passé dans l'attaque qui a été déjouée dans la nuit de vendredi
05:20et de samedi.
05:20Souvent très jeune pour des centaines d'euros.
05:22Et c'est pour ça, quelques centaines d'euros, c'est pour ça qu'on reste très vigilants dans la
05:26protection de l'ensemble de ces intérêts,
05:28particulièrement ce week-end, qui est le week-end de la Pâque chrétienne et de la Pâque juive.
05:31Et de la Pâque juive également.
05:33Sur ce qui s'est passé, sur la City, c'est une décision de ces entreprises américaines, c'est leur
05:40décision.
05:40L'alerte qu'ils énoncent n'est pas recoupée par les services de renseignement français, elle n'est pas recoupée.
05:46Mais vous la comprenez ?
05:48J'ai toujours un peu de mal à le comprendre, mais c'est la responsabilité.
05:53de chacun des acteurs.
05:54Nous, on n'a pas à se mêler de ça.
05:55Ce que je peux vous dire, c'est que moi, je suis à la tête de services de renseignement français,
05:58qui évaluent la menace, notamment la Direction Générale de la Sécurité Intérieure, dont c'est le rôle, dont c'est
06:03la mission.
06:04Nous, on ne recoupe pas des menaces qui justifieraient que de telles mesures soient prises.
06:07Maintenant, c'est la responsabilité de chaque entreprise.
06:09Je suis en contact avec les responsables de ces entreprises, puisqu'ils m'ont prévenu de leur décision.
06:13d'inciter leur salarié au télétravail.
06:16Moi, je leur ai bien redit que nous, on assurait une protection, évidemment, de l'ensemble de ces intérêts, comme
06:20on l'a toujours fait.
06:21Et voilà, donc cette décision a été prise.
06:22C'est de leur responsabilité.
06:24Mais ça ne correspond pas à une information des services français.
06:27Parce que je sais que dans la semaine, plusieurs confrères vous ont demandé
06:30est-ce qu'on peut aller dans des enseignes de fast-food américaines ?
06:32Encore une fois, vous dites, attention, restons sereins.
06:36La menace est là, mais contrôlée, c'est ce que vous nous dites aussi ce matin ?
06:39On est toujours sereins, voilà.
06:41Donc le risque zéro n'existe pas, mais on a un dispositif de protection qui est déployé sur tout le
06:44territoire.
06:45C'est ce que m'ont demandé le Premier ministre et le Président de la République.
06:48C'est ce que je mets en place comme ministre de l'Intérieur.
06:49Sur le calendrier très précis, pour s'y faire référence, la PAC, mais également la PAC juive,
06:54là aussi, des forces de l'ordre positionnées vers les églises, vers les synagogues.
06:59C'est ça aussi ce que vous mettez en place ?
07:00Il y a un gros dispositif de protection de l'ensemble des offices, des processions,
07:04de l'entrée et sortie des fidèles dans les lieux de culte,
07:07en statique, position statique ou dynamique en fonction des lieux.
07:10Tout ça a été mis en place par les préfets de la République,
07:13que je veux évidemment saluer pour leur engagement et l'ensemble des responsables de gendarmerie et de police.
07:17Laurent Nunez, on va parler dans quelques instants de votre nouvelle loi
07:20que vous allez présenter en Conseil des ministres à la fin du mois, je crois, sur le séparatisme.
07:24Encore une.
07:25Mais d'abord, j'aimerais vous interroger sur un discours vieux de quelques semaines,
07:29que vous avez tenu le 12 mars à la Grande Mosquée de Paris.
07:33Un long discours dans lequel, au cours duquel,
07:36vous avez exprimé votre opposition à interdire le port du voile pour les mineurs
07:40dans l'espace public, je précise.
07:43Ces propos ressortent, ont été utilisés par certains de vos opposants politiques,
07:48je pense notamment à Marine Le Pen, sur certaines chaînes de télévision également.
07:52J'aimerais qu'on clarifie votre position là-dessus.
07:55Vous assumez tous vos propos, vous êtes contre l'interdiction du voile pour les mineurs.
08:00Ces propos, vous avez raison de dire, c'était dans le cadre d'un discours assez long
08:04pour l'IFTAR, la rupture du jeûne à la Grande Mosquée de Paris.
08:08Je me suis rendu comme ministre de l'Intérieur et ministre des cultes.
08:10Le ministre de l'Intérieur, c'est aussi le ministre des cultes.
08:13Et j'ai tenu un discours, d'ailleurs qui a été rendu public,
08:16qui est accessible, d'une grande fermeté.
08:18Pour rappeler, comme je le fais à chaque fois,
08:20que le gouvernement français, et moi-même, comme ministre de l'Intérieur,
08:24mais ceci l'histoire de ma vie comme fonctionnaire,
08:26je suis intraitable.
08:28Je suis intraitable sur le séparatisme, l'entrisme islamiste.
08:31La radicalisation.
08:31C'est un vrai mouvement qui vise à considérer et à imposer le fait
08:34que la loi religieuse soit supérieure aux lois de la République.
08:37Et c'est ce discours de fermeté que j'ai tenu,
08:40évidemment en indiquant qu'on allait continuer à être extrêmement ferme,
08:43tout en rappelant que c'est une mission qui est délicate à mener.
08:46On n'est pas dans la brutalité, c'est parfois difficile.
08:49Et c'est dans ce cadre-là que j'ai parlé de l'interdiction du port du voile de jeunes
08:55filles.
08:55C'est dans ce cadre-là que j'ai parlé, dans les mesures qui visent à éviter
08:58toute forme de stigmatisation.
09:00Interdiction à l'école, donc ?
09:01Non, pas interdiction à l'école, c'est dans la loi.
09:04C'est dans la loi, mais vous ne souhaitez pas qu'elle soit étendue à l'espace public ?
09:07Je termine, puisque tous les propos donnent lieu à polémique.
09:10C'est cette phrase qui a été complètement sortie de son contexte
09:12et commentée effectivement dans certains médias.
09:17Alors, est-ce que, très honnêtement,
09:19est-ce que voir des petites filles de 6-7 ans voilées sur l'espace public me choque ?
09:24Évidemment oui, évidemment oui.
09:26On peut se demander où est le libre-arbitre quand on a 6-7 ans.
09:30On peut se demander effectivement où est le libre-arbitre,
09:33ce que signifie cette différence imposée finalement, imposée par des adultes.
09:39Donc est-ce que c'est un problème ?
09:40Oui, évidemment.
09:40Mais vous êtes contre ?
09:42Laissez-moi finir.
09:42Est-ce que c'est une priorité dans l'action que je mène pour lutter contre l'antrisme et le
09:46séparatisme ?
09:47Je n'ai plus de leçons à recevoir de personne sur mon engagement sur ces sujets.
09:51Nous avons porté la loi de 2021.
09:54Nous avons évidemment porté les lois antiterroristes, mais je n'y reviens pas.
09:57C'est autre chose.
09:58Mais dans le même temps où cette polémique naît,
10:01je présente au président de la République, au Premier ministre,
10:05on a déposé d'ailleurs au Conseil d'État ces jours-ci un projet de loi qui vise à renforcer
10:09la loi
10:10pour lutter contre le séparatisme islamique.
10:12Et j'ai lancé il y a quelques jours, qui aboutit il y a 48 heures,
10:15l'interdiction du rassemblement des musulmans de France,
10:19que nous rattachons clairement à la mouvance des frères musulmans.
10:21J'ai lancé leur mesure d'interdiction.
10:23Je n'ai plus de leçons à donner de mon engagement sur ces sujets.
10:26Pas de leçons, effectivement.
10:26J'y reviens à ma question.
10:28Vous êtes contre ?
10:30Je dis qu'il faut être prudent sur ce type de mesures.
10:32Il faut mener ces actions contre les adultes, contre les structures
10:38qui essaient d'imposer les lois religieuses sur les lois de la République.
10:41Parce que vous dites quoi ? Que ça brouille le message ?
10:43Ce n'est pas que ça brouille le message.
10:45Ce sont des mesures qui peuvent conduire à stigmatiser,
10:48à donner l'impression à nos compatriotes musulmans
10:50que finalement on ne les associe pas à la communauté des nationales.
10:54Pourquoi selon vous ces propos ressortent maintenant ?
10:57Encore une fois, il y a du 12 mars.
10:59Ce sont des propos que j'ai toujours tenus.
11:02Mes propos ont toujours été dans la fermeté.
11:04Je n'ai plus à en faire la démonstration.
11:05Ça fait 15 ans que je lutte contre le séparatisme et l'entrisme islamique
11:08avec beaucoup de fermeté.
11:09Ils sortent effectivement maintenant, je ne sais pas,
11:11je ne vais pas faire de...
11:13Peut-être qu'il faut que je rapproche ça à la dénonciation que j'ai faite
11:16de propos qui avaient pu être tenus
11:18et qui avaient, en tout cas qui sont poursuivis en justice.
11:21On verra quelle suite sera donnée en matière des propos
11:24qui avaient un caractère d'injure publique
11:26contre le nouveau maire de Seine, ni j'en sais rien.
11:28Écoutez, je ne fais pas de commentaires.
11:29Ce que je veux rappeler, c'est ma fermeté.
11:31C'est votre fermeté et ce nouveau projet de loi contre le séparatisme.
11:34Ma volonté de ne pas...
11:36Vous savez, moi je suis le ministre de l'Intérieur,
11:38le ministre de l'Intérieur, ceci est le ministre du Vivre Ensemble,
11:40de la Cohésion Nationale, c'est le ministre du Lien.
11:42Moi je dois veiller à ce que tout le monde vive ensemble.
11:44Mais vous comprenez peut-être que, du point de vue de certains de vos opposants,
11:47ces propos aient peut-être le trouble.
11:49Je trouve surtout qu'ils sont sortis de leur contexte
11:50et qu'ils font fi de tout ce qui a été mon engagement
11:53en matière de lutte contre l'islamisme politique.
11:55Et ceux qui les ont tenus n'ignorent pas mon engagement.
11:57Et c'est très clair sur le projet de loi contre le séparatisme,
12:00mais pardonnez-moi, je le disais, encore un.
12:03Parce qu'une loi a été votée en 2021, ce n'était pas suffisant ?
12:07Il en faut encore un aux téléspectateurs qui nous regardent,
12:09qui se demandent, est-ce qu'on empile les textes les uns sur les autres ?
12:11C'était suffisant.
12:12On a fermé énormément de structures associatives
12:15qui étaient dans le séparatisme islamiste.
12:17On a fermé aussi des lieux de culte.
12:19On continue à le faire.
12:19Il y a énormément de contrôles d'accueil collectif de mineurs.
12:22Il y a un certain nombre, et c'est pour ça qu'il y aura un nouveau projet,
12:24il y a un certain nombre de structures
12:26que l'on ne peut pas atteindre à droit constant.
12:27Donc on modifie, on a un sujet sur les fonds de dotation,
12:31on a un sujet sur le contrôle de l'accueil collectif des mineurs.
12:33Il faut qu'on puisse tous les contrôler, ça n'est pas le cas aujourd'hui.
12:35Et ce texte le permettra ?
12:36On a un sujet sur les publications aussi, les publications pour les plus jeunes.
12:39C'est la protection des mineurs.
12:40Pour les publications des plus jeunes, on a des polices spéciales,
12:44mais on voudrait pouvoir plus généralement interdire
12:46des ouvrages qui comportent des propos qui sont
12:50des appels à la haine, à la violence ou discriminatoire.
12:52Rapidement, est-ce que vous aurez le temps ?
12:54On a compris dans la bouche du Premier ministre
12:55que cette année avant la présidentielle ne devrait pas être une année pour rien.
12:59Mais on s'interroge sur le calendrier législatif.
13:01Est-ce que vous irez au bout de l'examen de ce texte ?
13:04On verra à quel moment on l'inscrit.
13:06En tout cas, on le dépose et on continue à travailler sur ce sujet.
13:08Mais dans le même temps, vous savez, on n'est pas les bras ballants.
13:10On a des textes juridiques qui nous permettent d'agir.
13:11On le fait tous les jours.
13:13Et les préfets en font la démonstration tous les jours sur le territoire de la République.
13:15Laurent Nunes, les récentes élections municipales ont été le révélateur d'une violence contre les élus.
13:22Il y a parfois des actes de violence, mais également la violence dans les mots.
13:26Hier soir, on a appris que le parquet de Paris ouvrait une enquête pour injure à caractère raciste
13:31après que le maire de Saint-Denis, Bali Bagayoko, a été visé sur la chaîne de télé CNews.
13:37Est-ce que l'ouverture de cette enquête vous satisfait ce matin ?
13:42Ça va permettre d'éclaircir les choses.
13:44Vous avez parlé d'attaques ignobles, d'injures ignobles à l'Assemblée nationale.
13:48Bien sûr, il y a des propos qui ont été tenus.
13:51Tout le monde a en tête ces propos.
13:54Je l'ai dit, je l'ai qualifié, je vous redis.
13:56Ce sont des attaques qui sont ignobles.
13:57La justice a été saisie.
13:59C'est le maire de Saint-Denis qui a porté plainte.
14:02Et le préfet de la Seine-Saint-Denis va se porter partie civile.
14:05Un rassemblement doit se tenir, d'ailleurs, dans la ville de Saint-Denis, demain, samedi à 14h.
14:09Vigilance, là aussi, particulière.
14:11Pas d'interdiction, vous laissez ce rassemblement soutenir ?
14:14C'est un appel contre le racisme.
14:16Il y a un certain nombre d'associations qui appellent à ce rassemblement.
14:22Ce que je veux rappeler, évidemment, il n'y aura pas d'interdiction de ce rassemblement qui sera encadré.
14:27C'est un rassemblement contre le racisme.
14:28Je ne voudrais pas, eu égard aux structures qui appellent à se réunir ce jour-là,
14:32que ce rassemblement se transforme en rassemblement anti-police,
14:35ou qu'on entend des slogans anti-police.
14:37Il y a une cause, la lutte contre le racisme, qui est une cause juste.
14:39Ne mélangeons pas tout.
14:41Et je souhaite vraiment qu'il n'y ait pas de débordement, évidemment, sur l'espace public,
14:46mais pas non plus de débordement dans les slogans.
14:48Mais c'est une crainte que vous pouvez avoir ?
14:50Vous, en tant que ministre de l'Intérieur, ou des remontées, vous avez des renseignements ?
14:52Ce n'est pas une crainte que j'ai. Je rappelle la règle et ça me paraît important de le
14:56rappeler.
14:56Laurent Nunez, Saint-Denis, mais comme d'autres villes aussi conquises par les insoumis à l'occasion de ces élections
15:03municipales,
15:03qui ne souhaitent pas que leur police municipale soit armée, ou en tout cas remette en cause ce principe.
15:10Vous avez présenté en Conseil des ministres un projet de loi sur la sécurité du quotidien.
15:14Plus de répression envers les infractions troublant, le quotidien des Français donne plus d'outils aux forces de l'ordre.
15:20On s'interroge sur son application des libertés individuelles aussi, des associations s'en inquiètent.
15:25Est-ce que vous craignez peut-être que certains articles puissent être retoqués ?
15:29Ou tout a été fait pour que l'application soit possible ?
15:32Non, il y a déjà des mesures qui visent à durcir certaines infractions qui empoisonnent la vie de nos concitoyens,
15:39qui sont des infractions graves, les rodéos, l'usage des mortiers, les rêves parties illicites, les squats, l'utilisation du
15:44protoxyde d'azote.
15:45Je ne pense pas que ce sont des sujets assez consensuels.
15:48Et puis il y a une seconde partie à ce projet de loi, donc il y a un choc d
15:52'autorité, on réprime plus sévèrement des infractions,
15:55on crée des procédures administratives pour avoir un effet immédiat pour lutter contre toutes les infractions que je viens de
15:59citer.
15:59Et puis il y a un volet qui vise à renforcer les moyens des forces de sécurité intérieure,
16:04avec notamment l'usage d'électeurs automatiques de plaques d'immatriculation.
16:10On a des possibilités accrues de réaliser des fouilles, des contrôles, pour lutter contre la délinquance et la criminalité organisée.
16:17Évidemment que ces mesures seront plus débattues, mais c'est mon rôle de porter le texte,
16:21et c'est mon rôle de l'expliquer à la représentation nationale,
16:24toute l'utilité des mesures que nous proposons pour mieux lutter contre la délinquance et la criminalité organisée.
16:28Et c'est ce que tout le monde souhaite.
16:29Mais vous entendez les appels de certaines associations qui disent,
16:32notamment sur la vidéosurveillance algorithmique, que peut-être, on va trop loin,
16:37que sur les libertés individuelles précisément, il y a peut-être des failles et des choses qui ne vont pas
16:43dans le bon sens.
16:43Je pense que vous pointez la seule mesure qui sera discutée,
16:46comme elle l'avait été quand elle a été expérimentée pendant les Jeux Olympiques,
16:49comme elle a été introduite pour les Jeux Olympiques d'hiver à venir,
16:54et elle sera évidemment commentée, elle avait été adoptée,
16:57et nous expliquerons qu'il ne s'agit que d'une assistance aux opérateurs vidéo
17:02pour leur permettre de mieux détecter des événements anormaux,
17:05et ce, pour lutter contre le terrorisme ou les menaces et les atteintes graves à la sécurité des personnes.
17:11Voilà, je défendrai ce texte, je vais le porter jusqu'au bout,
17:17mais vous citez effectivement la mesure qui mérite une pédagogie renforcée,
17:22et c'est ce que je ferai.
17:23On arrive à la fin de cette interview, je fais une dernière question,
17:25vous êtes allé en Algérie il y a quelques semaines,
17:28avez-vous des nouvelles de notre compatriote Christophe Gleize quant à sa libération ?
17:33L'affaire est suivie par le ministère de l'Europe et des Affaires étrangères,
17:38évidemment j'avais évoqué ce dossier, je l'avais dit,
17:41mais je vous le redis, en accord avec la famille de Christophe Gleize,
17:44je ne souhaite pas évoquer publiquement les échanges que j'ai pu avoir là-dessus,
17:48ce que je peux vous dire c'est que la relation policière-judiciaire
17:51et la coopération migratoire avec l'Algérie repart.
17:54Mais on a une pensée pour notre confrère encore ce matin,
17:58avec Christophe Gleize toujours emprisonné.
18:00Merci infiniment Laurent Nunez d'avoir été notre invité ce matin,
18:03il est 8h47 sur RMC et BFM TV.
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