- il y a 2 jours
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.
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00:00– 33ème jour de guerre, un conflit qui pourrait se terminer rapidement
00:04si l'on en croit les dernières déclarations du président Trump
00:07qui en plus n'en finit plus d'être en colère vis-à-vis des alliés
00:11et de l'OTAN particulièrement puisqu'il menace même de sortir les États-Unis de l'OTAN.
00:15Alors Donald Trump s'adressera à la nation américaine pour nous en France la nuit prochaine,
00:19ce sera à suivre dans notre édition spéciale en direct sur BFM TV
00:23mais on va retrouver Antoine Ellard en direct de Washington justement
00:27parce que c'est vrai que le président des États-Unis n'en finit plus de parler
00:31alors peut-être que ce soir il sera encore un peu plus précis sur sa stratégie, à voir.
00:38Oui, à voir s'il annonce la fin des combats ou au contraire une intensification de la guerre.
00:44Ces dernières heures, Donald Trump a multiplié les signaux contradictoires.
00:47D'un côté, il laisse entendre que certains objectifs sont déjà atteints, notamment le nucléaire.
00:51Il explique que l'uranium enrichi est désormais profondément enterré sous terre grâce au bombardement américain.
00:57Et que les Iraniens, du coup, n'y ont plus accès.
00:59Il explique qu'il suffira désormais de vérifier par satellite qu'ils ne relancent pas leur programme nucléaire.
01:04Ce qui est donc peut-être une indication que Donald Trump n'a pas l'intention d'envoyer des troupes
01:08au sol
01:08pour récupérer ces fameux 450 kg d'uranium enrichis.
01:11Mais d'un autre côté, Donald Trump laisse entendre que la guerre peut continuer à se poursuivre
01:16et même s'intensifier tant que le détroit d'Hormuz ne sera pas rouvert.
01:20Ça, c'est une surprise parce que hier, Donald Trump disait que le détroit d'Hormuz, ça n'est plus
01:23son problème.
01:24Il indique en tout cas aujourd'hui que les Iraniens veulent un cessez-le-feu,
01:28qu'il est prêt à considérer cette demande, mais à condition que la circulation, que la navigation reprenne sur le
01:34détroit.
01:35Tout cela laisse penser que Donald Trump navigue à vue et improvise
01:39ou alors qu'il fait preuve d'une ambiguïté stratégique très fine
01:44et qu'il joue volontairement la carte de l'imprévisibilité pour déstabiliser les Iraniens.
01:49On aura peut-être une réponse ce soir plus précise de ce qu'il entend faire.
01:53Il y a une autre option aussi, c'est qu'il parle un peu de l'Iran,
01:57mais aussi beaucoup de l'OTAN pour taper sur l'Alliance.
02:00Donald Trump envisage de quitter l'Alliance Atlantique
02:03au motif qu'elle ne l'a pas aidée dans la guerre en Iran.
02:06Et ça, Donald Trump ne l'a toujours pas digérée.
02:08Alors Antoine, là, on venait de l'évoquer à l'instant, vient de l'évoquer à l'instant.
02:11Le fait que les Iraniens veulent le cesser le feu,
02:15quand on va à Téhéran et qu'on écoute les responsables iraniens,
02:19c'est hors de question, bien évidemment.
02:23Il y a des échanges de messages par l'intermédiaire d'intermédiaires.
02:28Et M. Vitkov, comme auparavant, lorsqu'il m'envoyait certains messages,
02:33continue d'en envoyer directement.
02:35Comme je l'ai dit, cela ne constitue en aucun cas une négociation.
02:40Nous n'avons pas encore donné de réponse à la proposition américaine en 15 points.
02:45Aucune réponse n'a été donnée.
02:47Nous n'avons pas non plus présenté de conditions ni de clauses à l'autre partie.
02:52Les cinq conditions ou cinq points qui ont été évoqués
02:55n'étaient que des spéculations d'un média.
02:59Ulysse Gosset, c'est intéressant, on est frappé par une sorte de sérénité
03:04que dégage ce ministre en disant, écoutez, oui, il y a des messages,
03:07mais pas vraiment de négociations.
03:09On n'a pas encore regardé précisément les 15 points de Donald Trump,
03:13alors que de l'autre côté, on a Donald Trump qui parle matin, midi et soir,
03:16qui reparlera encore cette nuit heure française.
03:19Patience et longueur de temps.
03:21Ce n'est pas vraiment de la sérénité, mais c'est une position affichée.
03:24En tout cas, c'est ce qu'on veut montrer.
03:25Voilà, c'est l'idée de dire, Trump a beau nous supplier
03:29de conclure un cessez-le-feu et de négocier,
03:31nous, finalement, nous sommes prêts à faire la guerre.
03:33Et si l'Amérique veut envoyer des troupes au sol en Iran,
03:36eh bien, nous sommes prêts, nous les attendons.
03:38En fait, l'idée, c'est de montrer que ce régime n'est pas aux abois,
03:40même si on ne sait pas précisément comment ça se passe à l'intérieur de l'Iran aujourd'hui.
03:44Pour l'instant, le régime n'est pas aux abois, il résiste.
03:47Et il contre-attaque même.
03:49Alors, moins qu'avant, puisqu'il a réduit ses lancements de missiles et de drones,
03:54mais il est toujours là.
03:55Et en soi, c'est déjà une victoire.
03:56Vous savez, un jour de guerre passé, c'est une victoire de plus pour l'Iran.
03:59Mais néanmoins...
04:00Pardon, je vous interromps, parce qu'on a la liaison avec Téhéran.
04:03Allons-y.
04:04Avec Siavosh Ghazi.
04:05Siavosh, du côté des autorités iraniennes,
04:09on dément ces deux membres de cessez-le-feu.
04:11On vient d'entendre le ministre des Affaires étrangères.
04:13– Oui, il y a aussi le porte-parole du ministère des Affaires étrangères,
04:19mais aussi un responsable du bureau du président Pézez-Chitian,
04:23qui ont démenti toute demande de cessez-le-feu de la part de Téhéran.
04:27Pas question d'accepter un cessez-le-feu,
04:30des négociations avec les Américains.
04:32Donc la position est toujours une position de fermeté.
04:35Ici, on se moque des différentes déclarations du président Trump,
04:40qui toutes les deux heures changent de position.
04:44Et donc pour Téhéran, il n'est pas question d'accepter un cessez-le-feu,
04:48pas question de négocier.
04:49Il faudrait que les Américains acceptent leur défaite
04:53et acceptent la victoire de l'Iran
04:55et les conditions de l'Iran pour mettre fin au conflit.
05:00Des conditions qui sont très précises.
05:02D'une part, c'est que l'Iran aura le contrôle du détroit d'Hormuz,
05:10percevra des taxes pour chaque passage de navire.
05:12Pas question pour l'instant, en tant que le conflit dure,
05:15et même après, que des navires américains ou israéliens
05:18ou des alliés des États-Unis puissent traverser le détroit d'Hormuz.
05:21Ensuite, des garanties pour qu'il n'y ait pas de nouvelles attaques.
05:25L'Iran poursuivra également son programme nucléaire,
05:28son programme balistique,
05:29ne changera pas sa politique régionale.
05:31Donc, comme l'a dit il y a deux jours encore,
05:35le chef de la force forte des gardiens de la Révolution,
05:38le général Qahani,
05:39il faut que les Américains s'habituent à ce nouvel ordre régional
05:44dans lequel l'Iran est la puissance dominante.
05:48Merci, Syavosh Ghazi, en direct de Téhéran.
05:50Donc, il y a des échanges.
05:50– Ça, c'est une certitude.
05:52Quelle est l'ampleur de ces échanges ?
05:54L'importance de ces échanges ?
05:56Ça, ça reste encore à définir.
05:57– Les échanges ont effectivement lieu.
05:59Mais c'est ce qu'espéraient d'ailleurs les Américains
06:02quand ils ont commencé cette campagne de bombardement,
06:06d'avoir à la sortie des échanges avec les nouveaux dirigeants
06:10qui émergeraient après la liquidation du Guitseau.
06:12– Quels nouveaux dirigeants ?
06:13– Eh bien, à Ralibaf, par exemple,
06:15le patron du Parlement qui est aujourd'hui à la main,
06:18Raghachy, qu'on a vu là, le ministre des Affaires étrangères,
06:20et qui est aujourd'hui à la manœuvre pour tenter d'organiser
06:23via les...
06:26qui est en discussion via les Pakistanais, les Égyptiens et les Turcs
06:30pour fixer ce que pourrait être le cadre des négociations.
06:34Mais moi, je suis très impressionné,
06:36je suis d'accord complètement avec votre impression,
06:39c'est qu'on a quand même d'un côté les Iraniens
06:42qui, de manière assez sereine, vu ce qu'ils ramassent,
06:44parce qu'ils prennent, il y a eu beaucoup de destruction,
06:47gardent une ligne qui est à peu près la même,
06:49que ce soit sur le plan militaire
06:52ou sur le plan diplomatique et politique.
06:54C'est-à-dire qu'ils ont défini une ligne et ils s'y tiennent.
06:57Alors, elle est ce qu'elle est avec les moyens qu'ils ont,
06:59mais ça donne une espèce de clarté sur où ils vont.
07:03Ça ne veut pas dire qu'ils ne vont pas négocier
07:04ou qu'ils ne vont pas finalement faire un cessez-le-feu ou autre chose,
07:06j'en sais rien.
07:07Mais ils sont assez clairs dans leur façon
07:11de mener leur guerre
07:13et de mener leur diplomatie
07:15et les deux choses match.
07:16Alors qu'on a un Donald Trump
07:18dont finalement, on ne sait plus s'il veut du sol,
07:21pas du sol,
07:22il n'en voulait pas, etc.
07:23Et là, ça donne une impression désordre incroyable,
07:27peut-être pas au niveau de la planification militaire,
07:29mais ça finira par rejaillir sur la planification militaire,
07:32parce qu'on a un désordre au niveau des objectifs politiques américains
07:34qui sont très illisibles.
07:36Justement, il va donc parler à sa nation, aux Américains.
07:40Alors qu'il part tout le temps,
07:42qu'est-ce qu'il peut dire de plus,
07:44Stéphane Bureau ?
07:44Quels sont les scénarios sur la table ?
07:46Ce qu'il peut dire de plus,
07:47c'est qu'il est très fâché avec l'OTAN.
07:50Et là, c'est comme une manœuvre de diversion aussi,
07:51parce qu'on l'attendait sur l'Iran.
07:53Et aujourd'hui, dans une conversation qu'il a
07:55avec un journaliste de Reuters,
07:57il dit qu'on considère très sérieusement,
08:00nous, aux États-Unis, peut-être le divorce avec l'OTAN.
08:02Est-ce qu'il n'y arrive pas en Iran,
08:03c'est à cause de l'OTAN ?
08:04C'est ça qu'il essaie de faire croire ?
08:05Il dit évidemment qu'on n'est pas venus collectivement
08:08à la rescousse des États-Unis.
08:09Il faut voir que c'est une alliance défensive
08:11et que pour l'instant, aucun des pays n'avait été attaqué.
08:14Mais il a plus d'une fois depuis...
08:16J'ai toujours su que c'était un tigre de papier, l'OTAN.
08:18Voilà ce que dit Donald Trump.
08:19Oui, sinon que c'était un tigre de papier
08:21qui reposait aussi beaucoup sur la capacité
08:23des Américains à faire peur à l'adversaire.
08:26Or, ce qu'il dit, c'est qu'on pourrait se retirer.
08:28Mais il ne peut pas faire ça seul de toute façon.
08:29Ça lui prendrait l'appui du Sénat
08:31et de la Chambre des représentants.
08:33Démocrates et républicains, là-dessus, je dirais,
08:35font l'unanimité.
08:36C'est-à-dire que se retirer de l'OTAN,
08:37ce n'est pas un projet.
08:38Est-ce que ce soir, il peut dire aussi aux Américains
08:40que la guerre est finie ?
08:41Je pense que c'est ce qu'il travaille depuis quelques jours.
08:44Il travaille le terrain.
08:45Il laisse entendre que, désolé de la formule,
08:47mais les États-Unis vont faire un retrait préventif
08:51parce qu'il ne veut pas être le père d'une guerre
08:53qui ne sera pas populaire.
08:55Donald Trump, depuis le début,
08:57parle d'une expédition, presque d'un pique-nique.
08:59Et là, on semble comprendre qu'il prépare l'opinion
09:02à ce que, peut-être unilatéralement,
09:05il imposera le cessez-le-feu.
09:06Sinon, il ne peut pas l'imposer aux Iraniens.
09:08Il peut dire que les armes américaines vont se taire.
09:10Puis, il y a toute la variable importante
09:12de l'allié israélien.
09:14Est-ce que les Israéliens, eux, refuseront d'aller à la guerre ?
09:18Pour les Iraniens, ils ont annoncé les couleurs
09:20il y a déjà une semaine.
09:21Ils ont dit...
09:22À la guerre, à la paix.
09:23Oui, pardon.
09:23Les Iraniens ont annoncé les couleurs en disant
09:25nous, si on parle de règlement,
09:26c'est un règlement global,
09:27ils veulent parler du Liban, du Hezbollah aussi.
09:30Donald Trump ne peut, là, pas faire grand-chose, en fait.
09:33Jean-Louis Bourlange, bonsoir.
09:35Merci d'être avec nous.
09:36Ancien président de la Commission des affaires étrangères
09:37à l'Assemblée nationale.
09:38Je n'ai plus une question de tout ça.
09:39Il vous fatigue, là, Donald Trump ?
09:41Oui, il me fatigue, il me fait penser à ces gens
09:43dont on dit qu'ils parlent continuellement
09:46jusqu'à ce qu'ils aient quelque chose à dire.
09:49Et effectivement, on ne voit pas,
09:51c'est derrière cette espèce de volume sonore
09:55qui nous est administré quotidiennement,
09:57quelles sont les lignes.
09:58Et on comprend bien qu'il n'y en a pas.
10:01Parce que quelles sont les options
10:03pour les uns et pour les autres ?
10:05Pour les Iraniens, c'est de tenir.
10:07Ils sont en face d'une puissance
10:09qui ne peut pas, pour des raisons stratégiques,
10:12les envahir.
10:14Faire ce que les alliés ont fait à l'Allemagne
10:18en 1944-45, ils ne peuvent pas.
10:20Bon.
10:21Donc, il s'agit de tenir.
10:23Quelle est l'option pour...
10:25Et puis c'est aussi, tiens, à un moment,
10:27pour des tas de raisons,
10:28notamment des raisons politiques,
10:30des raisons financières,
10:32Trump est obligé de lâcher.
10:34Quelle est l'option pour Trump,
10:36pour éviter ça ?
10:37Ça ne peut être que de surenchérir.
10:39Alors, de temps en temps,
10:40il professe des menaces apocalyptiques.
10:43De surenchérir, ça veut dire qu'à ce moment-là,
10:45il s'attaque directement et massivement
10:48à la population iranienne.
10:50Soit en l'affamant, soit en l'assoiffant
10:53quand il menace de détruire les usines de désolidation.
10:56Et là, ça n'est plus du tout possible.
10:58Il ne peut pas s'en prendre à une nation
11:00de 93 millions et vivre comme ça.
11:03Donc, il n'a pas l'option.
11:04Alors, je crois qu'il faut comprendre son discours
11:08en l'inversant.
11:09Quand il dit, il demande un cessez-le-feu
11:12et je dis qu'il n'y aura pas de cessez-le-feu
11:15tant que le détroit d'Ormus sera fermé.
11:19Il faut comprendre l'inverse.
11:21Il faut comprendre que je veux le cessez-le-feu
11:23et je suis prêt à le conclure
11:26si, en échange de la libération du détroit d'Ormus,
11:30qui commence évidemment,
11:32ce sera forcément les Américains
11:35qui commenceront à accepter le cessez-le-feu.
11:38Enfin, c'est ça.
11:38La négociation, elle me paraît tourner là-dessus.
11:41Alors là, c'est quand même aberrant
11:42puisque le but de guerre américain
11:44devient simplement le rétablissement
11:47de la situation antérieure à la guerre.
11:50Est-ce qu'on doit lui donner un coup de main, nous,
11:51dans cette histoire ?
11:52Non, alors, il y a un autre problème.
11:54Pourquoi voulez-vous qu'on donne un coup de main ?
11:55Il n'y a aucun problème militaire dans la coalition.
11:59Il y a un problème politique.
12:01Et ce problème politique, il l'a créé...
12:03On a bien envoyé le Charles de Gaulle en Méditerranée.
12:05Oui, on avait certaines obligations
12:08vis-à-vis de nos amis dans les Émirats.
12:12On a des responsabilités au titre de l'Union européenne avec Chypre.
12:16Donc, on a mis un certain nombre de moyens.
12:18Et on a le souci d'aider le Liban.
12:21Quand Donald Trump dit aujourd'hui
12:24qu'il envisage de retirer les États-Unis de l'OTAN,
12:27bon, ce n'est pas nouveau non plus.
12:28Il a toujours été très critique contre l'OTAN.
12:30C'est un tigre de papier.
12:32Pour faire diversion ?
12:33Ou est-ce qu'effectivement, il pourrait passer aux actes ?
12:35Non, mais il déteste l'OTAN.
12:36Mais c'est totalement aberrant.
12:39Moi, je crois que ça a toujours été l'intérêt des États-Unis
12:42d'être dans l'OTAN.
12:45Pourquoi ?
12:45Parce que c'est un moyen de pression.
12:48sur les Européens qui est considérable.
12:50Regardez par exemple la façon dont il a pu négocier
12:55les tarifs douaniers.
12:57Il nous a mis quand même dans une situation très difficile
13:00parce que justement, il était dans l'OTAN.
13:04Mais il faut voir.
13:04– Vous trouvez que les Américains donnent trop d'argent à l'OTAN,
13:07que les autres ne contribuent pas assez ?
13:08– Non, mais ça, c'est évident, mais il n'est pas le seul à l'avoir dit.
13:13Ça a été le cas de tous les présidents des États-Unis et à juste titre.
13:17C'est absolument évident qu'on n'a pas contribué.
13:21– Ça repose trop sur les Américains.
13:22– Je reviens à l'OTAN.
13:23Le problème, c'est que l'OTAN, c'est un traité défensif.
13:28L'Amérique n'a pas été attaquée.
13:30C'est elle qui attaque.
13:32Et c'est quelque chose qui couvre une zone assez précise.
13:35Moi, dans l'histoire, on a un précédent qui est important.
13:39C'est l'expédition de Suez.
13:41On a fait cette expédition, à mon avis, à tort.
13:44Enfin, c'était très aventureux.
13:46Les Américains nous ont laissés tomber.
13:49Et les Russes nous menaçaient à ce moment-là.
13:51Et les Américains ont dit, c'est vous qui avez attaqué.
13:54Premier point, et c'est hors zone.
13:57Résultat, on est partis de façon très humiliée.
14:00On a installé un casque bleu.
14:01Et le président Nasser s'en est sorti très bien.
14:05Bon, c'est exactement la même chose.
14:06L'OTAN, ça ne sert pas.
14:08Ça ne sert pas à ça.
14:09En plus, il n'a.
14:10Donc, l'OTAN n'a rien à voir avec ce conflit.
14:12Non, mais alors, en revanche, c'est vrai que ce qui mine l'OTAN, au-delà de ça,
14:18c'est effectivement toujours les incertitudes sur l'article 5,
14:21qui n'engagent en fait en rien.
14:24Rappelez ce que c'est, l'article 5.
14:25L'article 5, c'est l'obligation de prendre des mesures pour aider.
14:29Si l'un des membres est attaqué.
14:30Si l'un des membres est attaqué.
14:31Mais c'est extrêmement imprécis.
14:33Ça n'était puissant que parce qu'il y avait la volonté de présidents américains,
14:37comme Truman, comme Eisenhower, comme Kennedy, comme les autres.
14:40On était en pleine guerre froide aussi.
14:42On était en pleine guerre froide aussi à l'époque.
14:44Oui, mais on est à nouveau dans une attitude de conflit.
14:49Mais il y a une variable politique aux États-Unis.
14:51Vous me pardonnerez l'adaptation du vieil adage.
14:54Mais l'OTAN, c'est de l'argent.
14:55Et pour les Américains, l'OTAN, c'est de l'argent.
14:59C'est-à-dire qu'il y a un ressentiment aux États-Unis à l'idée que les Américains aient
15:03payé des programmes sociaux aux Européens.
15:05Alors, vous me direz, c'est une ancienne, on l'a déjà entendue.
15:07Mais pour Donald Trump, en ce moment, à défaut d'avoir les succès qu'il espérait en Iran,
15:11cette capacité à dire, vous savez, finalement, ce truc qui nous a coûté très cher,
15:15on s'est substitué aux Européens.
15:18Dans le fond, on a payé leurs propres programmes sociaux.
15:22Ça résonne auprès d'une partie de l'électorat américain.
15:24C'est vrai, mais les autres présidents l'avaient dit,
15:28et de toute manière, on pouvait très bien avoir une négociation équilibrée et sereine sur ces questions.
15:33Mais il y a autre chose sur l'OTAN.
15:35C'est que la caractéristique de l'OTAN, c'est l'alliance de la vaillance militaire,
15:40ce sont des pays qui se défendent,
15:43et le refus du nationalisme avec un ciment idéologique extrêmement fort.
15:50Ce qui a donné la force à l'OTAN, c'est la base idéologique, la démocratie, le respect des droits
15:55face à l'Union soviétique.
15:57Or, ce qui se passe actuellement, notamment depuis le fameux discours du vice-président Vance à Munich,
16:04c'est la rupture de tout lien idéologique.
16:07L'idéologie européenne est considérée, et là, ça devient très très difficile d'avoir une véritable solidarité.
16:14Il y a là quelque chose, à mon avis, de très profondément pervers.
16:18Et le président Trump, on voit comment il traite ses amis.
16:21Il a une relation privilégiée avec le prince héritier d'Arabie saoudite,
16:26et il le traite publiquement de l'échecule.
16:29Donc on voit bien que le problème de Trump, c'est que la communauté internationale est composée de trois catégories
16:35de gens.
16:36Les adversaires, comme l'Iran, à qui il faut administrer des frappes, essayer de les détruire.
16:43Les alliés qu'il suffit de mépriser, de mépriser, comme les Européens ou le prince héritier,
16:51et les comparses avec lesquelles on doit se partager le butin provisoirement sur un mauvais coup.
16:56On va aller au Liban retrouver Nicolas Kouadou en direct pour BFMTV,
16:59parce que le Liban, ou plutôt le sud du pays, est toujours sous les frappes, les frappes israéliennes,
17:04d'où l'angoisse bien évidemment des habitants qui, quand il le peut, s'enfuient d'ailleurs, Nicolas.
17:11Oui absolument, vous avez raison de le dire, il y en a déjà une grande majorité qui ont quitté le
17:15sud du pays,
17:16un petit peu plus de 700 000 qui sont remontés vers le nord du pays,
17:20mais il y en a toujours qui choisissent de rester pour différentes raisons.
17:24Il y a bien évidemment des personnes de confession chiite qui préfèrent rester par soutien,
17:29notamment pour le Hezbollah, mais il y a également beaucoup de monde qui ne part pas.
17:32Pourquoi ? Parce qu'ils voient très bien que les conditions dans lesquelles sont accueillis les réfugiés,
17:36que ce soit à Beyrouth ou un petit peu plus au nord dans le pays, ne sont pas forcément confortables.
17:41Ils sont souvent dans des écoles ou voire même directement dans la rue.
17:46Le système humanitaire au Ciel Liban ne peut pas du tout absorber tout cela.
17:50Donc oui, beaucoup de gens restent ici et on a pu en rencontrer beaucoup avec Théo Touché ces derniers jours,
17:56des musulmans, des chrétiens également.
17:58Et il y a déjà cette angoisse de vivre dans un environnement où la guerre se rappelle à vous à
18:03absolument chaque instant
18:04avec des avions qui passent le mur du son avec des bombardements sur tous ces villages-là.
18:10Et donc la peur aussi de voir l'armée israélienne continuer à avancer parce que ces gens-là,
18:15ils regardent quand même les réseaux sociaux, notamment tous les jours presque frénétiquement.
18:20Ils voient des images qui remontent du front et notamment une image qui a marqué beaucoup de personnes
18:24avec qui on a pu discuter aujourd'hui et les jours derniers.
18:26Ce sont ces chars israéliens qui démolissent méthodiquement des routes et des maisons
18:31dans les villages qui ont été conquis dans le sud du Liban.
18:34Il y a bien évidemment la peur que cela arrive dans les villages de ces habitants
18:39qui restent toujours chez eux, qui pour beaucoup vivent ici, souvent depuis plusieurs générations
18:45et qui malgré tout cela nous expliquent qu'ils ne veulent pas partir, qu'il s'agit de leur terre.
18:50Bien évidemment, on leur a posé la question, que feriez-vous si l'armée israélienne arrivait jusqu'à votre porte
18:55puisque c'est bien l'objectif de Tzahal qui continue d'envahir totalement le sud Liban jusqu'au fleuve Litani.
19:01Du moins, c'est son objectif annoncé.
19:03Ils nous répondent que dans ces cas-là, s'ils n'avaient pas d'autre choix, ils finiraient par partir.
19:07Mais c'est vrai qu'il y a l'agenda américain et l'agenda israélien aussi, Ulysse Gosset.
19:12Oui, alors d'abord une chose importante, ce soir et à partir de demain, les Israéliens s'apprêtent
19:17comme les Juifs à célébrer les Pâques Juifs, Passover.
19:20Et donc c'est une fête religieuse extrêmement importante.
19:23La question est de savoir, est-ce que la guerre va se poursuivre avec la même intensité pendant cette fête
19:27?
19:27On verra.
19:28Mais ce qui m'a frappé surtout aujourd'hui, c'est la déclaration du Premier ministre Netanyahou
19:32qui a dit, Urbi et Torbi, un, nous avons détruit les deux menaces qui pesaient sur Israël.
19:39La première, c'était la fabrication et le lancement de missiles iraniens.
19:42Et la deuxième, c'est l'arme nucléaire que nous avons détruite.
19:45Donc d'une certaine manière, il rejoint ce que dit Donald Trump.
19:49Il rejoint aussi ce que dit Marco Rubio concernant l'Iran.
19:53Marco Rubio qui a dit exactement la même chose.
19:55On a détruit le régime, on a détruit les capacités de lancement.
19:59Donc sous-entendu, la campagne est finie.
20:03Et Marco Rubio, comme Donald Trump, critique absolument l'OTAN en qui ils n'ont plus confiance.
20:09Donc je crois que ce soir, le discours de Trump, ça va être peut-être l'annonce d'un retrait
20:14de l'OTAN,
20:14ou en tout cas la volonté de le faire.
20:16Sauf qu'il ne peut pas le faire sans le Congrès américain.
20:20D'où l'importance des élections de novembre prochain, parce qu'actuellement, il a la maîtrise du Congrès.
20:25Mais il risque de ne plus l'avoir en novembre.
20:27Et donc ça l'empêcherait de quitter l'OTAN formellement.
20:29Mais ça va secouer.
20:30Et ça, il faut que les Européens le sachent sur l'OTAN.
20:33La deuxième chose, c'est qu'il va effectivement pouvoir dire
20:36la campagne que j'ai menée, et non pas la guerre,
20:38mais la campagne que j'ai menée est victorieuse.
20:41Ça a été une petite excursion entre guillemets en Iran.
20:43Et donc maintenant, on peut préparer le retour des boys à la maison
20:48sans forcément permettre des opérations au sol.
20:51C'est ça que les Américains attendent ce soir de leur président,
20:54pour qu'ils fixent de façon claire et précise la ligne directrice.
20:59Ce qui n'a pas été le cas au cours des prochains jours.
21:01Mais on va quand même dans cette double direction.
21:02Il n'a jamais pris la parole officiellement depuis le début des hostilités.
21:05C'est la première fois qu'il va parler.
21:09Et d'ailleurs, il n'a jamais déclaré officiellement la guerre à l'Iran.
21:1220 secondes, simplement, parce que Donald Trump a dit
21:14« Je me retire », et il y aurait des frappes ponctuelles.
21:18Ça peut être un scénario aussi.
21:19Oui, de finir en queue de poisson, en quelque sorte,
21:21avec une forme d'obligation d'aller taper de temps en temps.
21:25pour éviter qu'il y ait des tirs de missiles balistiques.
21:28Mais ça serait la pire des conclusions, en fait.
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