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  • il y a 10 minutes
Le mix de Mosimann, épisode 27. La chronique de Mosimann et son mix prennent place dans la Matinale de France Inter, moment de passage entre fin de la nuit et début de la journée. Le DJ confie préférer la nuit et son lâcher-prise au jour et son contrôle. Ce matin, il est dans un entre-deux.

Retrouvez « Le billet de Mosimann » sur France Inter et sur https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/le-billet-de-mosimann

Catégorie

😹
Amusant
Transcription
00:00On se concentre maintenant parce qu'on écoute Mozyman, c'est à vous.
00:03Bonjour Florence, qu'est-ce que j'aime la nuit.
00:06Je voudrais que la nuit dure toute la journée.
00:08Déjà parce qu'elle ne me demande jamais d'être raisonnable.
00:10Elle me laisse aller là où le jour me retient sans arrêt.
00:14Et surtout parce que je crois que je suis vraiment moi-même la nuit, uniquement.
00:17Le jour, j'ai toujours l'impression qu'il faut rentrer dans un cadre,
00:20dans une attente, dans une version de soi qui est plus acceptable.
00:22Il faut être à l'heure, être à la hauteur,
00:24il faut croire à une stabilité que l'on ne possède pas.
00:27Et je crois que je ne suis pas très à l'aise avec ça.
00:29Encore hier, j'étais invité à un événement pour le retour de ma chanteuse préférée à Paris.
00:33J'avais le sentiment que tout le monde savait quoi faire,
00:34où se mettre, comment agir, comment être, sauf moi.
00:37Je me planquais derrière mes lunettes noires,
00:39derrière une coupe de champagne et une vogue menthol.
00:41Comme si ça suffisait à me rendre légitime.
00:43Mais la nuit, la nuit c'est l'inverse.
00:46Elle n'explique pas, elle expose.
00:47Et moi j'aime quand les certitudes, les postures, les rôles se cassent la gueule.
00:51On dit que la nuit transforme ?
00:53Je ne pense pas, je pense qu'elle élève.
00:55Et elle enlève.
00:56Elle enlève ce qui dépasse, ce qui sonne faux, ce qui tient mal.
00:59Et ce qui reste souvent, c'est plus fragile, mais c'est vrai.
01:02Il est 3h45, je suis dans mon studio, l'instrumental de Synapse sont en boucle, un café, et j'écris.
01:083h45, c'est le moment où tu sais déjà que c'est demain, mais tu continues quand même, sans raison.
01:13Alors, je pense aux parents, debout dans les salons encore froids, à pieds nus sur le carrelage, à trébucher sur
01:17une Barbie, à bercer une nuit qui refuse de s'éteindre.
01:20À ceux qui, avant l'aube, pétrissent le silence pour fabriquer nos matins.
01:24Aux chauffeurs de taxi qui deviennent les confidents d'une nuit.
01:26À ces moments dans le métro où l'on comprend tout de suite que l'autre commence sa journée là
01:29où on termine la nôtre.
01:31Bref, la nuit mélange tout.
01:33Les gens, les états, les intentions, ceux qui échappent au sommeil et ceux qui échappent à eux-mêmes.
01:38Moi, je crois que la nuit, c'est fait pour séduire.
01:40C'est fait pour aimer trop vite, pour faire l'amour, pour baiser, pour se brûler légèrement, pour s'oublier
01:44complètement, et pour se retrouver.
01:46Ou pas.
01:47Et qu'est-ce que serait la nuit sans musique ?
01:49Sans ces regards, ces sourires, ces corps qui lâchent, ces gens qui font des cœurs avec les mains jusqu'au
01:53lever du soleil.
01:54J'aime pas le lever du soleil.
01:56Je ressens toujours ce truc bizarre, vous savez, cette espèce de faux mot, comme si j'étais en train de
01:59rater quelque chose,
02:00comme si la nuit continuait sans moi, comme si quelque chose m'échappait.
02:03Alors parfois, je préfère partir avant, pour garder l'illusion que la nuit existe encore.
02:07Et ce matin, ou devrais-je dire cet entre-deux, je suis en nuit blanche.
02:11Un peu fatigué, un peu ailleurs, alors réveillez-vous, il fait nuit.
02:16Synapson rencontre Clou, sur les échos de Faceless, Insomnia.
02:19Bonsoir, c'est Moziman, et je produis le track de vos rêves sur France Inter.
02:22Bonne nuit.
02:22Les neons brillent comme les étoiles, c'est juste mon amie.
02:30Ils allument leur feu infernal, c'est juste mon amie.
02:38I can't get no sleep.
02:42J'amance, j'amance et je fais tout ce que je désire.
02:49Je balance, balance mes effets.
02:54Le corps est nuit.
02:57Sans nuance, je danse et je vais vers tout ce qui me grise.
03:04C'est la nuit qui sera blanche et pourra ne jamais, ne jamais finir.
03:11Je vis tout ça pour oublier que je ne suis pas grand-chose.
03:19Le diable en main pour habiter le décor qui se décompose.
03:26Les nuits appartiennent sur eux, à ces airs de ceux qui osent, qui osent, qui osent.
03:40I can't get no sleep.
03:44Get no sleep.
03:45J'avance, j'avance et je fais tout ce que je désire.
03:52Je balance, balance, je te fais tout ce que je fais.
03:58Le corps est nuit.
04:01La nuit est éternelle grâce à Mozyman.
04:05Merci beaucoup.
04:06Merci beaucoup.
04:06Merci beaucoup.
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