Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 14 heures
On dit que l'amour ne se commande pas, et pourtant, chaque 14 février, on tente de lui fixer un rendez-vous.

Retrouvez « Le billet de Mosimann » sur France Inter et sur : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/le-billet-de-mosimann

Catégorie

🎵
Musique
Transcription
00:00Et Moziman, c'est à vous, on vous écoute.
00:02Merci.
00:03On dit que l'amour ne se commande pas.
00:05Et pourtant, chaque 14 février, on tente de lui fixer un rendez-vous.
00:08On le rend visible, donc comparable.
00:11Et dans cette comparaison, on ne sait plus très bien si l'on aime ou si l'on se rassure.
00:14Ce n'est pas l'amour qui triomphe ce jour-là, c'est sa représentation.
00:18On expose le lien, on l'éclaire, on le rend observable.
00:21Et quelque chose glisse doucement du côté de la performance.
00:24Ce qui rend tout cela légèrement ironique dans mon cas,
00:26c'est un détail biographique, je suis né un 14 février.
00:30Je ne sais toujours pas si c'est une bénédiction marketing ou une malédiction romantique.
00:34J'imagine mes parents en réunion chez le docteur, vous savez.
00:37Alors écoutez, le pauvre, ça risque d'être compliqué pour lui niveau amour.
00:39Faites-le sortir un 14 février, au moins il aura des cadeaux.
00:43Je suis la preuve vivante que le marketing ne garantit rien.
00:46Les fois où je me suis retrouvé en couple, un 14 février se compte sur les doigts d'une main.
00:50Et une main plus habituée aux platines qu'aux promesses.
00:52Alors samedi dernier, pendant que chacun s'assurait d'avoir réservé son bonheur,
00:56j'ai dîné seul avec cette sensation étrange d'être né le jour des roses,
00:59sans jamais avoir eu le jardin.
01:01Je me suis surpris à penser que finalement,
01:03le seul couple stable de ma vie, c'était moi et mon égo.
01:07Je pourrais continuer à analyser le rituel, à démonter la scénographie,
01:10à expliquer que l'amour n'a pas besoin d'un projecteur.
01:12Mais à force d'analyser la mise en scène,
01:14je me demande si je ne rate pas la pièce.
01:17Alors vous avez raison Florence, je vous vois venir.
01:19C'est vrai que si on s'aime, ça ne devrait pas être que le 14 février,
01:22ça devrait être aussi le 15, le 16 et tous les autres jours.
01:25Parce qu'au fond, ce qu'on cherche derrière la date, ce n'est pas une preuve,
01:28c'est une permanence.
01:29On veut être certain que l'autre sera encore là demain,
01:32que le lien ne dépend pas d'un calendrier,
01:34que l'amour ne soit pas un événement, mais une continuité.
01:37Je repense à cette chanson qui imaginait l'absence de l'être aimé.
01:40Retirer l'autre et le monde perd sa densité.
01:43Cette idée-là traverse les époques.
01:45Alors ce matin, j'ai eu envie de la faire voyager.
01:48De faire se rencontrer cette mélancolie-là avec la voix singulière de Lubiana
01:51et la sensibilité de Wax.
01:53De les faire traverser ces textures à la sign liqueur
01:56où le rythme retient le monde juste avant qu'il ne tombe.
01:58Comme pour vérifier si, peu importe le style ou la génération,
02:02la question reste la même et si tu n'existais pas.
02:05Je suis né un 14 février
02:06et peut-être que cette ironie-là m'aura appris quelque chose d'essentiel.
02:10L'amour n'est pas une date, ce n'est pas une mise en scène,
02:12ce n'est pas un rendez-vous annuel,
02:14mais c'est ce qui donne du poids au jour,
02:16même aux 15, même aux 16 et surtout aux autres.
02:19Bonjour, c'est Moziman et je produis le track de vos rêves sur France Inter.
02:22Et si tu n'existais pas,
02:25dis-moi pourquoi j'existerais
02:29pour traîner dans un monde sans toi,
02:33sans espoir et sans regret.
02:38Et si tu n'existais pas,
02:40j'essaierais d'inventer l'amour
02:45comme un peintre qui voit sous ses doigts
02:49naître les couleurs du jour
02:52et qu'ils n'en reviennent pas,
03:00si tu n'existais pas,
03:02si tu n'existais pas,
03:05dis-moi pour qui j'existerais
03:09des poissons dormis dans mes bras
03:12que je ne pourrais jamais.
03:18Et si tu n'existais pas,
03:21je ne serais qu'un point de plus.
03:25Et dans ce monde ne plus pas qu'il y a,
03:29je me sentirais d'une,
03:33j'aurais besoin.
03:49Et si tu n'existais pas,
03:52dis-moi comment j'existerais
03:57je pourrais faire semblant d'être moi
04:00mais je ne saurais pas.
04:23On n'a pas du tout, du tout envie de couper.
04:26C'est hyper beau.
04:27Merci beaucoup Mozymane.
04:28Sous-titrage Société Radio-Canada
04:29Merci.
Commentaires

Recommandations