00:00Mozymane, vous êtes là, bonjour, on vous écoute avec bonheur.
00:04Merci beaucoup.
00:06Il y a deux catégories de gens dans la vie.
00:09Ceux qui restent et ceux qui osent partir.
00:11Pas forcément loin, parfois juste un millimètre à côté de là où ils ont toujours été.
00:16On croit que partir, c'est quitter un pays, une maison, une personne.
00:19Mais parfois, le vrai départ, c'est juste arrêter de faire ce qu'on fait depuis trop longtemps, même quand ça nous fait du mal.
00:24Je vais être honnête, moi par exemple, je suis incapable d'arrêter de mal manger.
00:26Je sais exactement ce que je devrais faire, je connais la logique, les discours sur le sucre, le gras, le cerveau reptilien, tout ça.
00:32Et pourtant, je continue.
00:34Et c'est ça la grande contradiction humaine.
00:37On peut être capable de supporter des tempêtes intérieures, de se lever à 2h du matin pour préparer la revue de presse,
00:43de tenir l'antenne à la place de Nicolas Demorand avec la même aisance,
00:46et pourtant, rester tétanisé devant le simple fait de changer une habitude.
00:51Et je pensais que c'était que moi, jusqu'à ce que je regarde autour.
00:53J'ai vu ça chez ma mère, par exemple, ça fait 10 ans qu'elle adorait sa machine à café à dosettes, vous savez là ?
00:59Elle ne voulait surtout pas changer, elle me disait que ça marchait très bien, que ça faisait le job,
01:02alors qu'on sait très bien que le café n'est pas ouf, les dosettes coûtent cher, etc.
01:04Bref, à un moment donné, j'ai juste décidé de changer sa machine.
01:08Pas une machine de luxe, juste une machine à grains simple.
01:11Elle a râlé, elle a dit j'en ai pas besoin, et puis le lendemain, elle a redécouvert le café.
01:15La machine n'a rien changé au monde, mais elle a changé son monde.
01:19Et c'est ça à partir.
01:20Ce n'est pas forcément s'éloigner, c'est s'extraire de soi.
01:23C'est quitter une habitude, quitter une version de soi installée dans l'automatique.
01:27D'ailleurs, je respecte profondément les gens qui font.
01:30Même si c'est petit, même si personne ne le voit, même si ça commence par changer de café,
01:34ou de façon de se parler à soi-même.
01:36Le changement fait peur, mais le regret fait pire.
01:38Alors oui, on peut continuer à dire demain, on peut décider qu'un jour, c'est aujourd'hui.
01:43Et moi, ce matin, j'avais besoin de changement.
01:45J'avais envie d'entendre la voix de Juliette Armanet chanter « Partir un jour, sans retour »,
01:48sur la production contemporaine de Niminot.
01:51Parce que même les chansons parfois méritent une seconde vie,
01:54et qu'un peu de changement, ça ne fait jamais de mal.
01:56N'est-ce pas, maman ?
01:57Bonjour, c'est Moziman, et je produis le track de vos rêves sur France Inter.
02:00Pour l'envie que l'on a, de guider ses pas, pour garder ses émois,
02:11écouter son cœur qui bat, pour savoir regarder un ciel étoilé,
02:22tendre les mains à son destin, vouloir plus fort encore demain.
02:28« Partir un jour, sans retourner, effacer notre amour, sans se retourner,
02:38ne pas regretter, garder les instants qu'on a volé.
02:44Partir un jour, sans dédiage, oublier ton amour, sans se retourner,
02:53ne pas regretter, penser à ne pas remancer.
03:00Pour l'amour que l'on dure, mais qui s'abandonne.
03:08Amour que l'on pardonne, pour un rêve qui nous étonne.
03:14Pour le coup, retrouver de la liberté,
03:21ouvrir les yeux, sans se dire adieu,
03:25penser à rien rêver, un peu.
03:28Partir un jour, sans retour, effacer notre amour,
03:35sans se retourner, ne pas regretter,
03:40garder les instants qu'on a volé.
03:43Partir un jour, sans retourner.
03:45Eh eh, c'est très très bon, merci Maudiman.
03:49Et ça chante en studio.
03:50Exactement, ça surkiffe, je dirais même en studio.
03:53Sous-titrage Société Radio-Canada
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